jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104187 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 7 août 2021, 28 juin 2022, 22 mai 2023 et 8 septembre 2023, la société par actions simplifiées (SAS) GGL aménagement, représentée par Me Duhil de Bénazé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 8 juin 2021 par laquelle le conseil municipal de Bages a prononcé la résiliation de la concession d'aménagement conclue le 28 février 2020 relative à l'aménagement du secteur " A " ;
2°) d'ordonner la reprise des relations contractuelles à compter de la décision à intervenir et de lui transmettre, ainsi qu'à l'établissement public foncier d'Occitanie, un cahier des charges précisant les droits et obligations de l'acquéreur conformément à la convention opérationnelle ;
3°) à titre principal, dans l'hypothèse d'une reprise des relations contractuelles, de condamner la commune de Bages à lui verser une somme de 5 000 euros au titre du retard d'exécution du contrat de concession d'aménagement ;
4°) à titre subsidiaire, de condamner la commune de Bages à lui verser une somme de 184 788 euros au titre de l'indemnité de résiliation pour motif d'intérêt général de la concession d'aménagement du secteur " A ", outre les intérêts au taux légal capitalisés à compter du 23 mars 2022 en application des dispositions de l'article 1343- 2 du Code civil ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Bages une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en méconnaissance du principe du contradictoire prévu par les stipulations de l'article 20 de la convention d'aménagement et les articles L. 121-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision de résiliation n'est pas suffisamment motivée en fait dès lors qu'elle ne mentionne pas les griefs reprochés ;
- la commune de Bages a méconnu le principe de loyauté contractuelle en décidant de résilier la convention ;
- les motifs d'intérêt général justifiant la résiliation ne sont pas établis ;
- elle est en droit de demander la reprise des relations contractuelles ;
- dans l'hypothèse d'une reprise des relations contractuelles, elle est fondée à demander l'indemnisation du préjudice résultant du retard d'exécution du contrat de concession d'aménagement à hauteur d'une somme de 5 000 euros ;
- subsidiairement, elle est en droit d'obtenir le versement d'une somme de 184 788 euros au titre de l'indemnité de résiliation pour motif d'intérêt général ainsi que stipulé à l'article 20 de la convention d'aménagement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 février 2022 et 31 juillet 2023, la commune de Bages, représentée par Me Faure-Tronche, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société GGL aménagement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'indemnisation sont irrecevables faute d'avoir été précédées d'une demande préalable de nature à lier le contentieux ;
- le projet d'aménagement envisagé a été définitivement abandonné par une délibération du 19 juillet 2021 devenue définitive et le préfet de l'Aude a abrogé l'arrêté du 5 juillet 2019 déclarant l'utilité publique du projet par un arrêté du 3 juillet 2022 également devenu définitif ;
- la décision de résiliation est suffisamment motivée ;
- la procédure contradictoire est régulière dès lors que la société a été mise à même de présenter ses observations plus d'un mois avant la décision de résiliation et qu'elle a pu présenter toutes observations sur les motifs envisagés ;
- le motif de résiliation est fondé dès lors que le projet ne pouvait être réalisé au regard des contraintes du plan local d'urbanisme et que le coût de la construction de la micro-crèche était excessif au regard de ses capacités financières.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, l'établissement public foncier d'Occitanie, représenté par Me Gilliocq, conclut au rejet de toutes les demandes présentées par la société GGL Aménagement et la commune de Bages et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la partie tenue aux dépens, ou à défaut la partie perdante, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir :
- qu'il n'est pas partie au contrat de concession conclu entre la commune de Bages et la société GGL aménagement ;
- que la société GGL aménagement n'est pas partie à la convention opérationnelle passée entre lui-même, la commune de Bages et la communauté d'agglomération du Grand Narbonne ;
- que la convention de portage foncier est devenue sans objet, eu égard l'abrogation de l'arrêté du préfet de l'Aude du 5 juillet 2019 déclarant d'utilité publique le projet d'aménagement, que l'ordonnance d'expropriation est désormais dépourvue de base légale et que les parcelles devant recevoir le projet ont été rétrocédées à leurs propriétaires initiaux, dès lors qu'il n'a jamais été envoyé en possession des parcelles destinées à recevoir le projet d'aménagement au sens de l'article L. 222-1 du code de l'expropriation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada,
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public,
- et les observations de Me Duhil de Benazé représentant la société GGL aménagement, les observations de Me Faure-Tronche, représentant la commune de Bages et celles de Me Gilliocq représentant l'EPF d'Occitanie.
Une note en délibéré, présentée par la société GGL aménagement, représenté par
Me Duhil de Benazé, a été enregistrée le 18 janvier 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de l'aménagement du secteur dit " A " située sur la commune de Bages, le maire de la commune, après un appel à candidature, a conclu le 28 février 2020 avec la société GGL aménagement, une convention d'aménagement du secteur afin d'y réaliser un quartier à vocation d'habitat ainsi que d'un équipement public dédié à la petite enfance. Après avoir été autorisé par le conseil municipal à initier une procédure de résiliation anticipée de la concession pour motif d'intérêt général, le maire a invité la société GGL aménagement à présenter ses observations par courrier du 24 mars 2021, ce que celle-ci a fait par courrier du 14 avril 2021. Par une délibération du 8 juin 2021, le conseil municipal de la commune de Bages a décidé de prononcer la résiliation du contrat de concession d'aménagement pour un motif d'intérêt général. Par sa requête, la société GGL aménagement, qui en demande l'annulation, demande en outre qu'il soit ordonné la reprise des relations contractuelles et sollicite enfin l'indemnisation de son préjudice.
Sur les conclusions à fin d'annulation et tendant à la reprise des relations contractuelles :
2. Le juge du contrat, saisi par une partie d'un litige relatif à une mesure d'exécution d'un contrat, peut seulement, en principe, rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité. Toutefois, une partie à un contrat administratif peut, eu égard à la portée d'une telle mesure d'exécution, former devant le juge du contrat un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation de ce contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles. Dans un tel cas, lorsque dans le cadre de l'examen de conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles présentées par un cocontractant de l'administration dont le contrat a fait l'objet d'une résiliation, il résulte de l'instruction que le terme stipulé du contrat est dépassé, le juge constate un non-lieu à statuer sur ces conclusions.
3. D'une part, il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à " l'annulation de la décision de résiliation " d'un marché public doivent être regardées comme contestant, en réalité, la validité de cette mesure de résiliation et tendant à la reprise des relations contractuelles, comme d'ailleurs le demande la société GGL aménagement au titre de ses conclusions à fin d'injonction.
4. D'autre part, il résulte de l'instruction que par délibération devenue définitive du 19 juillet 2021, la commune de Bages a décidé de l'abandon du projet de réalisation de l'aménagement du secteur dit A puis que par un arrêté du 3 juin 2022, le préfet de l'Aude a abrogé son précédent arrêté du 5 juillet 2019 par lequel il avait déclaré l'utilité publique le projet d'aménagement de A au profit de la Commune de Bages et rendant cessibles par voie d'expropriation les immeubles nécessaires à sa réalisation au profit de l'Etablissement public d'Occitanie. L'établissement public d'Occitanie, qui se prévaut du caractère sans objet de la convention de portage foncier, précise, à cet égard, que les parcelles qui devaient recevoir le projet initial ont fait l'objet d'une rétrocession à leurs propriétaires le 13 avril 2023. Il s'ensuit qu'en raison de l'impossibilité de réaliser le projet de convention d'aménagement attribué à la société GGL aménagement, les conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles ont perdu leur objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur la recevabilité des conclusions indemnitaires :
5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée./ Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle./ Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat. "
6. La recevabilité des conclusions indemnitaires, présentées à titre accessoire ou complémentaire aux conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles dans le cadre d'une action en contestation de la validité d'une mesure de résiliation, est soumise, selon les modalités du droit commun, à l'intervention d'une décision préalable de l'administration de nature à lier le contentieux, le cas échéant en cours d'instance.
7. Il résulte de l'instruction que la société GGL aménagement n'a saisi la commune de Bages d'aucune demande, préalable ou en cours d'instance, tendant à l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la résiliation litigieuse. Dans ces conditions, et alors même qu'aucune stipulation du contrat ne prévoyait l'exigence d'une réclamation préalable, la commune de Bages est fondée à soutenir que les conclusions indemnitaires doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de laisser à la charge de chacune des parties les frais engagés par elle en défense au titre du présent litige et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la société GGL aménagement est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la société GGL aménagement, à la commune de Bages et à l'EPR Occitanie.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Lesimple, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La rapporteure,
A. Bayada
Le président,
E. SouteyrandLa greffière,
M.-A Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 1er février 2024,
La greffière,
M.-A Barthélémy.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026