mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104382 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 août 2021 et 19 septembre 2022, Mme A B, représentée par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 avril 2021 par laquelle le préfet de l'Hérault a procédé au retrait de sa décision, prise le 13 octobre 2020, d'accueillir favorablement la demande de regroupement familial qu'elle avait présentée en faveur de M. E, son époux, sous réserve des résultats du contrôle médical auquel il devait se soumettre ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à la requérante, de la somme de 900 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à son conseil, de la somme de 1 100 euros sur le fondement des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration en retirant une décision créatrice de droits sans mettre en œuvre une procédure préalable contradictoire ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration en procédant au retrait d'une décision créatrice de droits après l'expiration d'un délai de quatre mois ;
- elle n'a fait aucune fausse déclaration ;
- la décision attaquée porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (55 %) par une décision du 30 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- et les observations de Me Ruffel, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine née le 2 mars 1981, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 23 avril 2028, a présenté le 2 novembre 2019 une demande de regroupement familial en faveur de M. E, avec lequel elle a contracté mariage le 7 janvier 2017 en France. Le préfet de l'Hérault a décidé le 13 octobre 2020 d'accueillir favorablement sa demande, sous réserve des résultats du contrôle médical auquel M. E devait se soumettre. Mme B demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de la décision du 19 avril 2021 par laquelle le préfet de l'Hérault a procédé au retrait de la décision du 13 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Le ressortissant étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial, par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans, et les enfants du couple mineurs de dix-huit ans. ". Aux termes de l'article L. 411-6 du même code alors en vigueur : " Peut être exclu du regroupement familial:/ () 3° Un membre de la famille résidant en France. ". Aux termes de l'article R. 411-6 de ce code alors en vigueur : " Le bénéfice du regroupement familial ne peut être refusé à un ou plusieurs membres de la famille résidant sur le territoire français dans le cas où l'étranger qui réside régulièrement en France dans les conditions prévues aux articles R. 411-1 et R. 411-2 contracte mariage avec une personne de nationalité étrangère régulièrement autorisée à séjourner sur le territoire national sous couvert d'une carte de séjour temporaire d'une durée de validité d'un an. Le bénéfice du droit au regroupement familial est alors accordé sans recours à la procédure d'introduction. () ".
3. D'autre part, en vertu de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, l'administration ne peut retirer une décision individuelle créatrice de droits, si elle est illégale, que dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. Un acte administratif obtenu par fraude ne crée pas de droits et peut, par suite, être abrogé ou retiré par l'autorité compétente pour le prendre, alors même que le délai de droit commun serait expiré.
4. Il ressort des pièces du dossier que, dans le formulaire de demande de regroupement familial qu'elle a signé le 13 novembre 2019, Mme B a faussement déclaré l'adresse de M. E au Maroc, alors qu'il est constant que l'intéressé résidait en France à cette date. Dès lors que M. E se trouvait en situation irrégulière sur le territoire national, il ne pouvait en principe prétendre au bénéfice du regroupement familial au regard des dispositions citées au point 2. Ainsi l'acte du 13 octobre 2020 a été obtenu par fraude, quand bien même M. E s'était entre-temps rendu au Maroc le 29 janvier 2020. Dès lors que cet acte n'a créé aucun droit, le préfet pouvait le retirer sans mettre en œuvre la procédure préalable contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et après l'expiration d'un délai de quatre mois, sans méconnaître les dispositions de l'article L. 242-1 de ce code.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. Si Mme B et M. E étaient mariés depuis quatre ans environ à la date de la décision en litige, le couple n'a pas d'enfant et il n'existe pas d'obstacle à la reconstitution de la cellule familiale au Maroc, pays dont les deux époux ont la nationalité et où M. E réside depuis le 29 janvier 2020. Ainsi dans les circonstances de l'espèce, la décision du 19 avril 2021 procédant au retrait de l'acte du 13 octobre 2020 n'a pas porté au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du préfet de l'Hérault du 19 avril 2021.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Charvin, président,
M. Verguet, premier conseiller,
Mme Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
Le rapporteur,
H. C
Le président,
J. Charvin
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 4 avril 2023
La greffière,
M. D
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026