lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | magistrat BAYADA |
| Avocat requérant | MARECHAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistré le 25 août 2021 et le 30 décembre 2021, Mme C, représentée par Me Maréchal, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision résultant du silence gardé par la commune sur la demande qu'elle a présentée le 27 avril 2021 et refusant de procéder d'office à la réalisation des travaux prescrits par l'arrêté de péril imminent du 5 octobre 2017 ;
2°) de condamner la commune de Caux à lui verser une somme de 8 200 euros en réparation de ses préjudices ;
3°) d'enjoindre à la commune de Caux d'exécuter les travaux propres à remédier aux désordres tels que détaillés dans le rapport d'expertise judiciaire, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de mettre à la charge de la commune la somme de 1 160,42 euros correspondant aux frais de l'expertise judiciaire.
Elle soutient que :
- le maire, en refusant de mettre en œuvre son pouvoir de substitution et de réaliser les travaux a commis une erreur de droit ;
- la responsabilité de la commune est engagée à raison de son abstention fautive depuis le 5 octobre 2017 de faire cesser les désordres sur l'immeuble, objet d'un arrêté de péril imminent ;
- elle a subi un préjudice financier à hauteur de la somme de 3 200 euros et un préjudice moral qui s'élève à 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2021, la commune de Caux, représentée par Me Margall, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions présentées à fin d'injonction ont perdu tout objet dès lors qu'elle a effectué les travaux après sa désignation en qualité de mandataire de la succession voisine ;
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables, dès lors qu'elle s'est substituée au propriétaire défaillant et a réalisé les travaux prescrits par l'arrêté de péril, de sorte que la décision de refus du maire est inexistante ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier
- l'ordonnance du 24 février 2021 par laquelle la présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais de l'expertise réalisée par M. B.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bayada pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada, magistrate désignée,
- et les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Maréchal représentant Mme C, ainsi que celle de Me D'Audigier, représentant la commune de Caux.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est propriétaire d'un immeuble situé rue Lamartine, sur la parcelle cadastrée section A n°106 de la commune de Caux, contigu à un immeuble appartenant à M. D un arrêté du 5 octobre 2017, le maire de Caux a pris un arrêté de péril imminent et mis à la charge du propriétaire voisin la réalisation de travaux confortatifs urgents. Par une ordonnance n° 2003288, le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier a désigné un expert judicaire qui a remis son rapport le 4 février 2021. Par un courrier du 27 avril 2021, Mme C a demandé d'une part à la commune de Caux de faire usage de son pouvoir de substitution et d'autre part l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis à raison de l'abstention fautive de la commune à exercer son pouvoir de substitution d'office. Par sa requête, Mme C demande l'annulation de la décision implicite née du silence gardé par la commune de Caux sur cette demande et la condamnation de la commune à lui verser une somme de 8 200 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que le maire de la commune de Caux a, ainsi que le sollicitait Mme C dans son courrier du 27 avril 2021, fait réaliser les travaux visés par l'arrêté de péril imminent du 5 octobre 2017 par une entreprise pour un montant de 9 955 euros ainsi qu'il en justifie par une facture du 4 juin 2021 soit avant l'expiration du délai de deux mois au terme duquel une telle demande pouvait être réputée avoir été implicitement rejetée. A cet égard, la circonstance que le maire n'ait pas fait procéder à certains travaux préconisés par l'expert judiciaire dans un rapport postérieur à l'arrêté de péril imminent, n'est pas de nature à révéler un refus de mettre en œuvre le pouvoir de substitution qu'il tient de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors que de tels travaux se rattachent à une aggravation du péril déjà constaté, pour lequel il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un nouvel arrêté de péril aurait été pris et que leur réalisation aurait mise à la charge du propriétaire défaillant Dès lors, Mme C n'est pas recevable à demander l'annulation du refus, inexistant, du maire de Caux de procéder aux travaux prescrits par l'arrêté de péril imminent du 5 octobre 2017 en lieu et place des propriétaires défaillants. La fin de non-recevoir opposée en défense par la commune de Caux doit être accueillie.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle le maire a implicitement refusé de se substituer aux propriétaires défaillants et de réaliser d'office les travaux prescrits par l'arrêté du 5 octobre 2017 doivent être rejetées comme irrecevable. Par voie de conséquence il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par Mme C.
Sur la faute :
4. Il résulte de l'instruction que le maire de la commune de Caux a pris le 5 octobre 2017 un arrêté de péril imminent et mis en demeure le propriétaire de l'immeuble situé 6 rue Lamartine, de faire cesser le péril dans le délai d'un mois. Cet arrêté indiquait que " faute pour le propriétaire d'avoir exécuté les mesures prescrites par l'article 1er dans le délai précisé, il y sera procédé d'office par la commune et aux frais du propriétaire et de ses ayants-droits " Toutefois, alors que les travaux n'ont pas été réalisés dans le délai imparti, la commune de Caux ne justifie pas avoir effectué de mesures utiles avant l'envoi d'une mise en demeure adressée à l'épouse du propriétaire de l'immeuble par un courrier du 31 octobre 2019. S'il résulte de l'instruction qu'à la suite de la renonciation par la famille de la succession, la commune de Caux a entrepris plusieurs démarches afin de se voir désignée mandataire de la succession vacante et indique avoir réalisé les travaux prescrits par l'arrêté de péril imminent le 4 juin 2021, il est constant qu'elle s'est abstenue durant deux années de prendre les mesures utiles, notamment en n'édictant pas de mise en demeure à l'encontre de M. A et en n'engageant pas la procédure aux fins de pouvoir procéder aux frais du propriétaire défaillant aux travaux nécessaires à la cessation du péril. Par suite, le maire a commis une faute de nature à engager la responsabilité de la commune de Caux à raison des dommages causés à la propriété de Mme C.
Sur les préjudices
5. Il appartient au juge administratif lorsqu'il condamne une personne publique à réparer un dommage dont elle est responsable, de prendre, au besoin d'office, les mesures nécessaires pour éviter que sa décision n'ait pour effet de procurer à la victime, par suite des indemnités qu'elle a pu ou qu'elle peut obtenir par ailleurs à raison des conséquences dommageables résultant des mêmes faits, une indemnité supérieure à la valeur totale du préjudice subi.
6. En premier lieu, Mme C demande le versement d'une somme de 3 200 euros au titre d'un préjudice financier à raison d'une surconsommation d'électricité afin de surchauffer les pièces de son habitation en raison d'une humidité apportée transversalement dans le mur mitoyen à chaque intempérie. Il résulte des constations de l'expert judiciaire que cette surconsommation présente un lien direct avec la faute commise par la commune de Caux dès lors que l'expert précise que l'humidité des murs du premier étage provient directement des ruissellements d'eau de pluie de l'immeuble voisin, surconsommation qu'il évalue à hauteur de 800 euros par an, entre le mois d'octobre 2017 et le mois de décembre 2020. Par suite, il y a lieu de faire droit à ce préjudice, en allouant à ce titre à Mme C la somme demandée de 3 200 euros.
7. En deuxième lieu, la requérante soutient avoir subi un important préjudice moral qu'elle chiffre à 5 000 euros en faisant valoir que l'abstention fautive a contribué à une dégradation de la situation et qu'elle a été contrainte de saisir la justice pour obtenir la réalisation de travaux. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à Mme C la somme de 500 euros.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander la condamnation de la commune de Caux à lui verser la somme totale de 3 700 euros.
Sur les dépens :
9. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais de l'expertise confiée à M. B, liquidés et taxés à la somme de 1 547,23 euros par l'ordonnance susvisée du 24 février 2021 de la présidente du tribunal administratif de Montpellier, à la charge définitive de la commune de Caux.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de la commune de Caux, partie perdante dans le cadre de la présente instance, le versement à Mme C d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Caux demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La commune de Caux est condamnée à verser à Mme C une somme de 3 700 euros.
Article 2 : Les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 547,23 euros TTC par une ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Montpellier en date du 24 févier 2021, sont mis à la charge définitive de la commune de Caux.
Article 3 : La commune de Caux versera à Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme F C et à la commune de Caux.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
La magistrate désignée,
A. Bayada
La greffière,
B. Flaesch La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 juillet 2023
La greffière,
B. Flaesch
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026