mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104453 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BALAGUER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 août 2021, le 16 février 2022, le 8 avril 2022 et un mémoire récapitulatif enregistré le 1er juin 2022, l'association " Bien Vivre en Vallespir ", représentée par Me Balaguer, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n°82/2021 en date du 30 juin 2021 par laquelle le conseil municipal de Céret a approuvé le plan local d'urbanisme communal ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Céret la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a qualité et intérêt pour agir à l'encontre de la délibération en litige ;
- au regard des prescriptions contenues à l'article L. 123-15 du code de l'environnement le rapport d'enquête publique est incomplet dès lors que le rapport de la commissaire enquêtrice ne reprend pas fidèlement les observations qu'elle a émises notamment quant à l'incompatibilité du projet avec l'objectif de prévention des risques naturels d'inondation et il ne mentionne pas le fait qu'elle avait proposé d'établir, au droit de ces parcelles, un autre type de zonage ;
- les conclusions émises par la commissaire enquêtrice sont insuffisamment motivées au regard des exigences posées par l'article R. 123-19 du code de l'environnement ; elle n'a pas émis d'avis personnel et motivé sur l'emplacement réservé n° 8 alors qu'il conduit à l'artificialisation de 37 hectares de terres ;
- le rapport de présentation souffre de plusieurs insuffisances ; il passe sous silence le Mas Saqué dont le rapport de présentation aurait dû faire état compte tenu de son intérêt patrimonial ; il ne justifie pas comme il se doit l'établissement de l'emplacement réservé ; il ne fait pas état du patrimoine détruit par l'emplacement réservé, ni de ses conséquences sur les milieux agricoles et naturels qu'il artificialise ; il n'explicite pas les conséquences de l'emplacement réservé sur les milieux agricoles et naturels, les développements concernant la justification de l'institution de l'emplacement réservé n° 8 sont succincts et ne sont pas mis en rapport avec la croissance démographique atone selon les chiffres de l'INSEE ; il ne fait pas état des effets et incidences attendus de la mise en œuvre de l'emplacement réservé sur l'environnement alors qu'il recouvre une ZNIEFF et une zone Natura 2000 et qu'il aurait dû faire une évaluation des incidences ; le rapport de présentation est encore insuffisant en l'absence d'analyse des incidences de la zone 2AU établie à Nogarède sur le site Natura 2000 qui s'y trouve ; il ne recense pas l'ensemble des espaces bâtis pouvant être densifiés, en ce compris les dents creuses et le potentiel parcellaire divisible, lequel n'est nullement abordé ; il ne mentionne pas le patrimoine détruit, en particulier le Mas Saqué ; il n'expose pas les conséquences de l'ouvrage objet de l'emplacement réservé n° 8 sur les milieux agricoles et naturels et la justification de l'ouvrage est présentée maladroitement dans le rapport de présentation ;
- la procédure suivie est entachée de vices de procédure : en premier lieu, le projet de PLU a été substantiellement modifié avant l'enquête publique ; en second lieu, les modifications apportées après enquête publique remettent en cause l'économie générale du projet ;
- la délibération a été prise en méconnaissance de l'article L. 153-8 du code de l'urbanisme dès lors que la commune de Céret n'a pas collaboré avec la communauté de communes du Vallespir pour élaborer son PLU ;
- les dispositions de l'article L.151-30 du code de l'urbanisme sont méconnues dès lors que le règlement ne prévoit pas d'obligation minimale pour le stationnement des vélos pour les immeubles d'habitations et de bureaux ;
- le PLU est incompatible avec le principe d'équilibre prévu à l'article L. 101-1 du code de l'urbanisme et avec les objectifs de protection que lui assigne l'article L. 101-2 du même code ; l'emplacement réservé est illégal faute de concrétiser les objectifs fixés par l'article L. 101-2, le besoin de mobilité n'étant pas justifié et le parti d'urbanisme retenu dans son ensemble n'est pas compatible avec cette disposition législative dès lors qu'il conduit à une artificialisation de 59 hectares d'espaces agricoles et naturels rompant avec les principes d'équilibre fixés par cette disposition ;
- l'emplacement réservé n° 8 est encore incompatible : avec l'objectif de qualité paysagère notamment des entrées de ville ; avec l'objectif de promotion des déplacements doux ; avec l'objectif de prévention des risques naturels ; avec l'objectif de protection des continuités écologiques ; avec l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique ;
- l'artificialisation de 59 hectares de terres agricoles méconnaît le principe d'équilibre prévu à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme ; le taux de croissance démographique de 0,9% est irréaliste ; les ouvertures à l'urbanisation ne se justifient pas en l'état du nombre important de logements vacants ; compte tenu de la croissance démographique observée, le reste des besoins en logements peut utilement être satisfait par l'optimisation du tissu urbain existant ; les zones 1AUh ouvertes à l'urbanisation ne prévoient qu'un nombre limité de logements à l'hectare alors qu'elles entraînent une extension du tissu urbain sur des espaces sensibles compte tenu soit de leur potentiel agronomique, soit de leur sensibilité environnementale et des déplacements motorisés ; la zone 2AUh à Nogarède, d'une surface de 11,8 hectares, à laquelle s'ajoute l'emplacement réservé n°6, d'une superficie d'1,5 hectare, porte sur des parcelles comportant un fort potentiel agronomique et environnemental et l'institution de cette zone méconnaît en outre l'objectif de sécurité publique visé par l'article L. 101-2 dès lors que la RD 618 n'est pas en capacité d'absorber le flux supplémentaire de véhicules que l'urbanisation de la zone va induire ;
- la zone d'activité économique " Tech Ulrich ", comportant deux zones 1AUe sur une superficie de 8,5 hectares, est incompatible avec l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme compte tenu de l'insuffisante densification du tissu urbain existant dont le potentiel d'accueil est évalué par le département à 1,9 hectares et que le zonage porte sur des terres à fort potentiel agricole et environnemental ;
- le PLU est incompatible avec le SCOT Littoral Sud dès lors qu'il ne respecte pas : l'objectif de protection des espaces agricoles prôné par ce document ; l'objectif de protection des milieux naturels ; l'objectif de protection du patrimoine culturel ;
- le parti d'urbanisme retenu est incompatible avec les objectifs fixés par le DOO du SCOT Littoral Sud : en premier lieu, en raison des perspectives démographiques trop ambitieuses qu'il déploie ; en deuxième lieu, la durée de la remise sur le marché de 40 logements vacants diffère entre le SCOT (10 ans) et celle retenue par le PLU (15 ans) ; en troisième lieu, en ce qui concerne le nombre de logements mobilisables en dents creuses qui s'avère insuffisant par rapport aux exigences du SCOT ; en quatrième lieu, en ce que les secteurs d'extension ouverts à l'urbanisation ne répondent pas à l'exigence fixée par le SCOT de densifier les constructions en extension urbaine avec un minimum de 30 logements par hectares ; en cinquième lieu, en ce que les zones UD, UE 1AUe et 2AUh n'intègrent pas l'exigence de 20% de logements locatifs sociaux et 40% de logements collectifs ni par ailleurs pour l'ensemble des zones en ce qui concerne la construction de logements collectifs ; en sixième lieu, en ce que le parti d'urbanisme est consommateur de foncier sur des espaces à enjeux et dont le DOO rappelle la nécessaire protection ;
- le PLU est incompatible avec le plan climat-air-énergie territorial ;
- le règlement du PLU est entaché de plusieurs erreurs manifestes d'appréciation ; l'ensemble des zones 1AU et la zone 2AU à l'instar des emplacements réservés n°6 et n°8 sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu du potentiel agronomique avéré des parcelles que ces zones et emplacements réservés recouvrent.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 décembre 2021, 31 mars 2022 et 2 mai 2022, la commune de Céret, représentée par la SCP d'avocats Chichet, Henry, Paillès, Garidou, Renaudin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la l'association requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 juin 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau,
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public,
- et les observations de Me Balaguer, représentant l'association Bien Vivre en Vallespir, et de Me Renaudin, représentant la commune de Céret.
Une note en délibéré présentée par Me Balaguer, pour l'association Bien Vivre en Vallespir a été enregistrée le 18 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 26 juin 2017, le conseil municipal de Céret a prescrit l'élaboration de son plan local d'urbanisme. Le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable a eu lieu au sein du conseil municipal le 9 juillet 2018. Le projet de plan local d'urbanisme a été arrêté par délibération du 2 juillet 2019. A l'issue de l'enquête publique qui s'est déroulée du 20 janvier 2021 au 26 février 2021, le commissaire-enquêteur a donné un avis favorable. Par une délibération du 30 juin 2021, le conseil municipal de Céret a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune. Par la présente requête, l'association Bien Vivre en Vallespir demande l'annulation de cette délibération.
Sur la recevabilité des nouveaux moyens :
2. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense () "
3. La cristallisation des moyens prévue par l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme n'est pas applicable aux requêtes relatives aux documents d'urbanisme. Par suite, la commune de Céret n'est pas fondée à opposer l'irrecevabilité aux nouveaux moyens invoqués par l'association requérante dans son mémoire parvenu au greffe le 16 février 2022, tirés de l'absence de consultation des personnes publiques associées après la modification du PLU soumis à enquête publique au visa de l'article L.153-16 du code de l'urbanisme et de l'erreur manifeste d'appréciation entachant le règlement, au visa des articles R. 151-22 et R. 151-24, L. 113-1, L. 113-2, L. 113-29, L. 113-30 et L. 151-19 du code de l'urbanisme, ni aux trois moyens nouveaux développés par l'association requérante dans son mémoire enregistré le 8 avril 2022 tirés de la remise en cause de l'économie générale du projet de PLU par les modifications apportées après enquête publique, en méconnaissance de l'article L. 153-43 du code de l'urbanisme, de l'absence de collaboration avec la communauté de communes du Vallespir, en méconnaissance de l'article L.153-8 de ce code et de l'article L.151-30 du même code pour ne pas avoir prévu d'obligations minimales pour le stationnement des vélos pour les immeubles d'habitations et de bureaux.
Sur la légalité de la délibération attaquée :
Sur le moyen tiré des insuffisances du rapport de présentation :
4. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. En zone de montagne, ce diagnostic est établi également au regard des besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles. Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités. " Aux termes de l'article R. 151-1 du même code : " Le rapport de présentation : 1° Expose les principales conclusions du diagnostic sur lequel il s'appuie ainsi que, le cas échéant, les analyses des résultats de l'application du plan prévues par les articles L. 153-27 à L. 153-30 et comporte, en annexe, les études et les évaluations dont elles sont issues ; 2° Analyse les capacités de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis identifiés par le rapport de présentation en vertu du quatrième alinéa de l'article L. 151-4. 3° Analyse l'état initial de l'environnement, expose la manière dont le plan prend en compte le souci de la préservation et de la mise en valeur de l'environnement ainsi que les effets et incidences attendus de sa mise en œuvre sur celui-ci. "
5. Il ne résulte pas des dispositions précitées que le rapport de présentation d'un PLU doive expliciter de manière circonstanciée les raisons pour lesquelles la commune a décidé d'instituer un emplacement réservé. Seul le règlement du PLU peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques en vertu du 1° de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme. En tout état de cause, le rapport de présentation mentionne en page 72, s'agissant de l'emplacement réservé n° 8 RD 115-RD 618 relatif à l'aménagement entre le Boulou et Céret, que le projet départemental de franchissement du Tech doit permettre de réduire une partie du trafic routier empruntant le seul franchissement existant actuellement et de sécuriser les déplacements, à terme il doit aussi permettre l'amélioration à la rive droite du Tech, et de la ville, en particulier vers le centre-ville et le secteur d'urbanisation future de Nogarède, que le développement de la zone d'activité Tech Ulrich sera également favorisé, en permettant la création d'un deuxième accès vers celle-ci, qu'il doit permettre d'améliorer et sécuriser les déplacements, conformément à l'axe n°4 du PADD, en permettant la réalisation de franchissement du Tech par le département. Par suite, cette première branche du moyen, tirée du caractère incomplet du rapport de présentation, ne peut qu'être écartée.
6. Le rapport de présentation fait mention de trois éléments du patrimoine bâti dont les auteurs du PLU ont entendu assurer la protection en application de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme, à savoir, l'immeuble Les Feuillants construit par l'architecte danois Vigo Dorph-Petersen, le site du Castellas, lieu de l'Ancien château seigneurial de la ville et le site des Arènes. Egalement, en application de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme, la commune de Céret a identifié, d'une part, les éléments de paysage à protéger dans les plans de zonage du PLU, à savoir, le correc des Tins, le parc de la maison Parayre, le correc de Rouffeil, le correc d'En Sarray et le correc de Nogarède, d'autre part, les jardins à préserver en particulier le jardin des marronniers et les jardins du boulevard Simon Battle. Si l'association requérante soutient que le rapport de présentation ne mentionne pas le patrimoine détruit, en particulier le Mas Saqué, il est constant que cette construction, alors même que des réfugiés espagnols, des aviateurs de la Royal Air Force et le neveu du général de Gaulle y auraient été de passage et hébergés, n'a pas été identifiée comme un immeuble bâti à protéger pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural dans le PLU de Céret et qu'elle n'avait donc pas vocation à être mentionnée dans le rapport de présentation.
7. Contrairement à ce que soutient l'association requérante, le secteur d'urbanisation bloquée 2AUh de Nogarède n'est pas compris dans un site Natura et n'intercepte aucunement avec le site Natura 2000 du Tech situé au Nord de ce secteur. Le rapport de présentation consacre un important volet relatif à l'évaluation environnementale en ses pages 83 à 158 et procède à une analyse des incidences par zone de projet sur le paysage et le patrimoine, sur les milieux naturels et la biodiversité, sur les milieux aquatiques et humides. Pour chacune de ces zones l'évaluation environnementale a appliqué la méthodologie éviter, réduire, compenser en lien avec les facteurs d'incidence quant à la superficie ouverte à l'urbanisation hors du tissu urbain existant, l'analyse des zones de projet en extension, les modalités d'aménagement des zones retenues. Pour l'ensemble des projets, les incidences sur les zones Natura 2000 ont fait l'objet d'un chapitre individualisé spécifique et des mesures prévues pour chacune des zones concernées afin de réduire les incidences sur la zone spéciale de conservation FR9101478 " Le Tech ", étant précisé qu'aucune des zones d'urbanisation du PLU de Céret ne concerne le périmètre du site Natura 2000 " Le Tech ". Il est également fait référence dans le rapport de présentation au schéma régional de cohérence écologique adopté par le préfet de région et le président du conseil régional le 2 décembre 2015.
8. Le projet départemental de franchissement du fleuve Tech par la réalisation d'un second pont objet de la réserve n° 8 instituée au profit du département a déjà fait l'objet d'une étude d'impact et les effets sur l'environnement y ont déjà été analysés en sorte que le rapport de présentation du PLU n'avait pas à faire état spécifiquement des effets et incidences attendus de cet ouvrage sur l'environnement, ceux-ci ayant déjà été analysés.
9. Le rapport de présentation procède également à une analyse détaillée des capacités de densification et de mutation des espaces bâtis dans les parties actuellement urbanisées de la ville ainsi que de la ZAE Tech Ulrich en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Ces capacités de densification ont été déterminées à partir du cadastre, de photo aérienne, de visites de terrain et des données de la mairie. Si l'association requérante soutient que le rapport de présentation ne recense pas l'ensemble des espaces bâtis pouvant être densifiés en visant un ensemble de 17 parcelles de différentes sections cadastrales, le rapport de présentation a pris soin de mentionner que ce recensement ne prenait pas en compte les parcelles qui, au regard des dispositions de la loi montagne, sont en discontinuité d'urbanisation même pour celles situées en bordure des parties actuellement urbanisées, que certaines parcelles ne pouvaient pas être incluses en raison de leur exposition aux risques naturels d'inondations, de mouvements de terrains au regard de l'application du plan de prévention des risques naturels (PPRN) ainsi que celles où des contraintes d'accès ne permettent pas l'urbanisation.
10. Il en résulte que le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation pris en ses différentes branches n'est pas fondé et doit être écarté.
Sur le moyen tiré de l'insuffisante motivation des conclusions du commissaire enquêteur :
11. Aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête () / Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage " L'article R. 123-19 du même code dispose que : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet () ".
12. D'une part, le rapport du commissaire enquêteur recense les contributions en les classant selon les thématiques principales relevées. Toutes les contributions du public ont été décomposées en 330 observations recensées et classées sous 7 thèmes et 28 sous-thèmes et récapitulées dans le tableau des observations du public en annexe 9 comprenant également la position du maître d'ouvrage et celle du commissaire enquêteur.
13. D'autre part, le commissaire-enquêteur n'est pas tenu de répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête publique mais seulement d'indiquer, au moins sommairement, en donnant son avis personnel, les raisons qui déterminent le sens de son avis. Si l'association requérante soutient que la commissaire enquêtrice s'est abstenue de prendre position sur l'emplacement réservé n° 8 établi par le PLU aux fins de réalisation de l'ouvrage routier de franchissement du Tech par la réalisation d'un second pont, il ressort des pièces du dossier que sa contribution écrite a bien été mentionnée dans son rapport et dans la réponse du maître d'ouvrage. La commissaire-enquêtrice qui n'est pas tenu de se prononcer sur l'institution d'un emplacement réservé, a pris en compte les observations du public et a estimé que malgré les liens du projet routier avec le projet global de la commune exprimé dans son PLU, le projet de franchissement du Tech restait hors du ressort de la présente enquête publique, qu'elle outrepasserait son rôle en se positionnant sur un projet qui relève du département et qui a déjà fait l'objet d'une enquête publique même ancienne, à la suite de laquelle une déclaration d'utilité publique a été prise. La commissaire enquêtrice a précisé que le projet de franchissement du Tech restait hors du ressort de la présente enquête publique mais nécessitait une réflexion concertée entre tous les acteurs concernés. Par suite, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que la délibération litigieuse serait entachée d'irrégularité du fait de l'insuffisance du rapport et des conclusions du commissaire-enquêteur.
Sur le moyen tiré des modifications apportées au PLU avant enquête publique :
14. Aux termes de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : 1° Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 ; 2° A la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers prévue à l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime lorsque le projet de plan local d'urbanisme couvre une commune ou un établissement public de coopération intercommunale situés en dehors du périmètre d'un schéma de cohérence territoriale approuvé et a pour conséquence une réduction des surfaces des espaces naturels, agricoles et forestiers ; 3° Au comité régional de l'habitat et de l'hébergement prévu à l'article L. 364-1 du code de la construction et de l'habitation lorsque le projet de plan local d'urbanisme tient lieu de programme local de l'habitat ; 4° A la formation spécialisée de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites, lorsque le projet de plan local d'urbanisme prévoit la réalisation d'une ou plusieurs unités touristiques nouvelles locales dans les conditions prévues au II de l'article L. 151-7 du présent code. L'avis porte uniquement sur les unités touristiques locales. "
15. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à une commune souhaitant modifier son projet de PLU avant l'ouverture de l'enquête publique, notamment pour tenir compte de l'avis rendu par une personne publique associée à son élaboration, de consulter à nouveau l'ensemble des personnes publiques associées, afin que le dossier soumis à l'enquête publique comporte des avis correspondant au projet modifié. Toutefois, l'omission de cette nouvelle consultation n'est de nature à vicier la procédure et à entacher d'illégalité la décision prise à l'issue de l'enquête publique que si elle a pu avoir pour effet de nuire à l'information du public ou si elle a été de nature à exercer une influence sur cette décision.
16. Il résulte du rapport du commissaire enquêteur que le projet de PLU, arrêté par une délibération du 2 juillet 2019, soumis à l'avis des personnes publiques associées et de l'autorité environnementale, suite à leurs avis, a été modifié avant l'ouverture de l'enquête publique en vue, notamment, de réduire la superficie de l'extension de l'urbanisation estimée de 31,3 hectares à 21,9 hectares en réduisant le secteur du Palau de 6,7 hectares à 1 hectare (affecté à l'habitation), celui de Nogarède de 14,4 ha à 11,8 ha, le secteur économique Tech Oulrich de 9,5 à 8,5 hectares ayant pour conséquence de ramener le taux d'accroissement annuel de la population de 1 % à 0,9 % et de réduire le nombre de logements à réaliser en extension à 393 logements au lieu de 546 logements. S'il n'est pas établi que ces modifications, destinées à tenir compte des réserves et recommandations formulées par les personnes publiques associées, auraient fait l'objet d'une nouvelle consultation des personnes publiques associées, le dossier soumis au public comprenait les éléments de réponse aux avis et remarques des personnes publiques associées. L'association requérante ne démontre pas que l'omission d'une nouvelle consultation à la suite des modifications apportées au projet de PLU aurait eu pour effet de nuire à l'information du public ou aurait été de nature à exercer une influence sur le plan local d'urbanisme approuvé par la délibération en litige.
Sur le moyen tiré des modifications apportées au PLU après enquête publique :
17. Aux termes de l'article L. 153-43 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête publique, ce projet, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ou du conseil municipal ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente ne peut modifier le projet de PLU postérieurement à l'enquête publique qu'à la double condition que l'économie générale du projet ne soit pas remise en cause et que cette modification procède de l'enquête publique.
18. Il ressort des pièces du dossier que les modifications apportées au projet de PLU, se traduisant par une réduction des surfaces urbanisables, procèdent de l'enquête publique suite aux avis émis par les personnes publiques associées. Ainsi, la zone 1AUh " Le Palau " devenue " Porte du Vallespir " passe de 4,1 à 1,2 hectares et la zone 2AUh de " Nogarède " de 14,4 à 11,8 hectares. La réduction de la zone 1AUe " Tech Ulrich " destinée au pôle commercial passant de 9,5 à 8,5 hectares répond aux avis des services de l'Etat et du conseil départemental des Pyrénées-Orientales précisant que la zone 1AUe à l'Ouest de la zone d'activité n'est pas compatible avec les prescriptions du PPR et qu'elle doit être retirée. Toutefois, ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du PLU compte tenu du parti d'aménagement qui a été arrêté par leurs auteurs, lequel n'est pas remis en cause par cette modification, les secteurs à urbaniser n'étant géographiquement pas modifiés. Par suite, le moyen tiré de la remise en cause de l'économie générale du projet de PLU par les modifications qui ont été apportées après enquête publique, en méconnaissance de l'article L.153-43 du code de l'urbanisme, ne peut qu'être écarté.
Sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-8 du code de l'urbanisme :
19. Aux termes de l'article L. 153-8 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité de : 1° L'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme, de document d'urbanisme en tenant lieu et de carte communale, en collaboration avec les communes membres. L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale arrête les modalités de cette collaboration après avoir réuni une conférence intercommunale rassemblant, à l'initiative de son président, l'ensemble des maires des communes membres ; 2° La commune lorsqu'elle n'est pas membre d'un tel établissement public, le cas échéant en collaboration avec l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont elle est membre. ". Aux termes de l'article L. 132-13 du même code : " () Pour l'élaboration des plans locaux d'urbanisme, sont, en outre, consultés à leur demande : 1° L'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont la commune en charge de l'élaboration du plan est membre, lorsque cet établissement n'est pas compétent en matière de plan local d'urbanisme ; () ". Au nombre des personnes publiques associées, l'article L. 132-7 du même code vise L'Etat, les régions, les départements, les autorités organisatrices prévues à l'article L. 1231-1 du code des transports, les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l'habitat et les organismes de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux.
20. Il n'est nullement établi que la communauté de communes du Vallespir serait compétente en matière de plan local d'urbanisme ou plan local de l'habitat. N'étant donc pas une personne publique associée au sens des dispositions de l'article L. 132-7 du code de l'urbanisme, elle ne devait être consultée qu'à sa demande sur le plan local d'urbanisme. Si l'association requérante soutient que le plan local d'urbanisme en litige n'a pas été élaboré en collaboration avec la communauté de communes du Vallespir, il ressort toutefois des pièces du dossier que cet établissement public de coopération intercommunale a été convié à la deuxième réunion du 10 décembre 2018 des personnes publiques associées portant sur la présentation du règlement du PLU, du plan de zonage et des orientations d'aménagement et de programmation. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-8 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
Sur le moyen tiré de l'incompatibilité du PLU avec les dispositions de l'article L 101-2 du code de l'urbanisme :
21. Aux termes de l'article L. 151-1 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme respecte les principes énoncés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. () ". Selon l'article L. 101-1 du même code : " Le territoire français est le patrimoine commun de la nation. / Les collectivités publiques en sont les gestionnaires et les garantes dans le cadre de leurs compétences. / En vue de la réalisation des objectifs définis à l'article L. 101-2, elles harmonisent leurs prévisions et leurs décisions d'utilisation de l'espace dans le respect réciproque de leur autonomie. " Aux termes de l'article L. 101-2 de ce code : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants :1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; d) La sauvegarde des ensembles urbains et la protection, la conservation et la restauration du patrimoine culturel ; e) Les besoins en matière de mobilité ; 2° La qualité urbaine, architecturale et paysagère, notamment des entrées de ville ; 3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile ;4° La sécurité et la salubrité publiques ; 5° La prévention des risques naturels prévisibles, des risques miniers, des risques technologiques, des pollutions et des nuisances de toute nature ; 6° La protection des milieux naturels et des paysages, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces verts ainsi que la création, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques ; 7° La lutte contre le changement climatique et l'adaptation à ce changement, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'économie des ressources fossiles, la maîtrise de l'énergie et la production énergétique à partir de sources renouvelables ; 8° La promotion du principe de conception universelle pour une société inclusive vis-à-vis des personnes en situation de handicap ou en perte d'autonomie dans les zones urbaines et rurales. "
22. L'incompatibilité d'un PLU avec les dispositions de l'article L 101-2 ne peut être caractérisée qu'en présence d'un risque de déséquilibre grave entre le développement urbain et les autres intérêts à protéger à l'échelle communale, sans que la commune ait pris des mesures permettant d'en limiter les effets. Le juge exerce un contrôle de compatibilité du plan local d'urbanisme au regard des objectifs de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme précité en se plaçant au niveau de l'ensemble du territoire de la commune et non pas à l'échelle d'un seul secteur. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs d'un plan local d'urbanisme lorsqu'ils décident de créer des emplacements réservés ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou si elle procède d'un détournement de pouvoir. En outre, l'intention d'une commune de réaliser un aménagement sur une parcelle suffit à justifier légalement de son classement en tant qu'emplacement réservé sans qu'il soit besoin pour la commune de faire état d'un projet précisément défini. Enfin, il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier l'opportunité des choix de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles.
23. La programmation de l'emplacement réservé n°8, qui ne constitue pas le PLU, ne saurait à elle seule être regardée comme méconnaissant le principe d'équilibre prévu par l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme dès lors, ainsi qu'il vient d'être dit, que le contrôle de compatibilité qu'exerce le juge au regard de ces dispositions s'effectue en se plaçant au niveau de l'ensemble du territoire de la commune et non pas à l'échelle d'un seul secteur ou d'une seule opération de construction, si importante soit-elle, et que la commune de Céret a pris en compte dans son PLU les objectifs de qualité paysagère, de mobilités et déplacements doux, de prévention des risques naturels et de protection des continuités écologiques.
24. Le PADD comprend un axe 4 " Poursuivre l'amélioration des déplacements " en déclinant quatre orientations générales d'aménagement, à savoir, améliorer et sécuriser les déplacements, favoriser le développement des modes doux, améliorer l'offre en stationnements, créer un nouveau franchissement sur le Tech (compétence départementale). L'orientation d'aménagement et de programmation " développer les mobilités et déplacements doux " a pour objectif d'aménager un nouvel accès à la ZAE Tech Ulrich depuis la nouvelle voie départementale de franchissement du Tech. L'institution de l'emplacement réservé n°8, en application de l'article L.151-41 1° du code de l'urbanisme, qui n'affecte pas en elle-même l'exercice du droit de propriété et emporte l'inconstructibilité relative et temporaire des parcelles sur lesquelles il porte pendant toute la durée de la réservation, a été déclarée d'utilité publique par un arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales en date du 28 juillet 2011 prorogé par arrêté du 26 juillet 2016 dont la légalité a été confirmée par un jugement non définitif de ce tribunal n° 2100225 du 18 avril 2023. L'aménagement d'un second pont de franchissement du Tech à l'entrée de Céret a pour objectif de fluidifier la circulation sur le territoire communal et d'améliorer la répartition des trafics de transit sur le réseau, tout en assurant une meilleure qualité de vie des riverains. Cette orientation s'accompagne également d'autres objectifs, en particulier d'assurer les connections viaires, piétons et cycles sur le secteur du Palau par le traitement du chemin de Sainte Marguerite, de favoriser la mise en place de voies cyclables, de zones 30, de zones de rencontre ainsi que d'aires piétonnes dans les secteurs urbanisés existants et futurs et renforcer les connexions douces avec la voie verte existante.
25. L'association requérante soutient que le taux d'artificialisation des espaces agricoles et naturels couvrant un total de 59 hectares n'est nullement justifié en raison d'un taux de croissance démographique stagnant, au regard du nombre de logements vacant, compte tenu des capacités de densification du tissu urbain existant et en raison du choix de localisation et de superficie des zones AU. Contrairement à ce qui est soutenu, l'emplacement réservé n° 8 n'induit pas mécaniquement une artificialisation de 37 hectares. Si l'association requérante soutient que l'emplacement réservé méconnaît les objectifs de protection des espaces agricoles et naturels il n'entraîne qu'une disparition de surfaces agricoles situées dans l'emprise de l'ouvrage alors qu'il n'existe pratiquement aucune exploitation dans la partie Nord. Si dans la partie Sud du Tech l'ouvrage routier présente un impact moyen à fort, la commune de Céret s'est engagée conformément à l'axe 2 de son PADD à encourager l'activité agricole dans une démarche de création d'un Périmètre Agricole Et Naturel (PAEN) au Nord et au Sud du Tech, respectivement sur les secteurs du Palau et du Mas Parrot, ainsi que Prats d'en Ribes et Nogarède. En termes de consommation d'espace le PLU prévoit une réduction de 44 % sur quinze ans concernant l'habitat sur la ville de Céret ce qui est de nature à préserver les espaces agricoles et naturels. Par ailleurs, s'agissant du taux de croissance démographique dont l'association requérante allègue qu'il est atone, le rapport de présentation fait le constat d'une augmentation de la population entre 2011 et 2014 de 1,05% et d'un taux de croissance estimé de 3,59% entre 2014 et 2018 soit 0,89% par an, le SCOT Littoral Sud tablant sur l'accueil d'environ 8 500 nouveaux habitants sur la période du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2028, ce qui équivaut à un accroissement démographique d'environ 1 % par an, ce qui représente pour la communauté de communes du Vallespir la production de 522 logements pour le pôle structurant de Céret. L'apport de population estimée pour Céret sur une période de quinze ans est de 1 161 habitants, soit une population totale d'environ 9 099 habitants au terme du PLU. Il en résulte que le taux d'artificialisation des terres rapportée à l'évolution démographique constatée et prévisionnelle prône une consommation foncière raisonnée et maîtrisée selon la volonté des auteurs du PLU de protéger les terres agricoles dans le respect du principe d'équilibre énoncé au point 21.
26. Ainsi qu'il été dit au point 9, les capacités d'investir ces emplacements demeure contingente de leur exposition à des risques naturels d'inondations, de mouvements de terrains au regard de l'application du PPRNP ainsi que des contraintes d'accès ne permettant pas le réinvestissement de secteurs urbanisés. Le potentiel de 47 logements en développement dans les dents creuses du tissu urbain n'est pas utilement remis en cause par la seule comptabilisation des dents creuses qu'effectue l'association requérante dans ses écritures alors que les auteurs du PLU ont manifesté le souhait, dans le PADD, de maîtriser et organiser le développement de l'urbanisation sur le territoire communal en continuité de l'existant et aucune pièce versée au dossier ne remet en cause la pertinence des choix opérés par les auteurs du PLU.
27. S'agissant de la localisation et la superficie des zones AU, l'association requérante fait valoir que la zone 1AUh1 dite " La Porte du Vallespir ", est située sur des terres présentant un fort potentiel agronomique dès lors qu'elle accueille des vergers sur des terres irrigables et que, située en entrée de ville, elle sera soumise à des nuisances sonores et génèrera de nouveaux besoins en déplacements. Selon le rapport de présentation, 24 % du territoire communal possède une aptitude agronomique des sols forte à très forte, localisée notamment au Nord-Est de la commune de part et d'autre du Tech et bénéficiant de l'irrigation. Si l'association requérante se prévaut du jugement du 30 mars 2017 par lequel le présent tribunal a annulé l'ouverture à l'urbanisation des secteurs 1AU et 1AUp " Palau Sud " comme étant entachée d'erreur manifeste d'appréciation au motif que les terres concernées par le classement présentaient un fort potentiel agricole et étaient couvertes par un réseau hydraulique pour l'irrigation, ladite zone a été considérablement réduite passant de 5,5 hectares dans le PLU annulé à 1,2 hectares dans le PLU en litige. Il s'évince par ailleurs de l'étude menée par la commune de Céret visant à déterminer sur son territoire les secteurs de meilleur potentiel agronomique, fondée sur les critères de la topographie, de l'irrigation et de l'indice de qualité des sols, soumise pour avis à la chambre d'agriculture, que les possibilités d'extension de l'urbanisation sur le territoire communal sont subordonnées au respect de la règle de continuité imposée par la loi Montagne et que les zones situées en continuité de l'urbanisation existante se situent de facto dans des secteurs à fort potentiel agronomique. Par ailleurs, plusieurs secteurs potentiels de développement en continuité de l'urbanisation existante qui avaient été identifiés par les auteurs du PLU n'ont pas pu être retenus, soit qu'ils sont situés dans des secteurs agricoles à fort potentiels identifiés au SCOT et par des contraintes liées à l'application du PPRNP notamment pour le secteur de La Jouberte Ouest, soit que, hors des secteurs agricoles à fort potentiel tels qu'identifiés au SCOT, ils demeurent inaccessibles et soumis aux prescriptions du PPRNP en ce qui concerne le secteur de Nougarède Sud, soit encore en raison de leur positionnement à proximité de massifs boisés avec une forte visibilité et une prégnance importante dans le paysage lointain et la ville, notamment pour ce qui concerne le secteur du Ventous.
28. S'agissant de la zone 1AUh2, secteur rue Ludovic Massé, constituée sur ses 2/3 au Nord de jardins et d'une zone de friche sur le 1/3 restant au Sud, l'urbanisation de ce secteur, en continuité de l'urbanisation existante, y est envisagée sous la forme d'une opération d'aménagement d'ensemble permettant de créer une continuité depuis la rue Ludovic Massé et ne concerne aucun habitat d'intérêt communautaire. L'association requérante ne démontre pas l'insuffisance de la voirie pour le passage des véhicules d'incendie et de secours. Il ne ressort en outre pas des pièces du dossier, compte tenu de la très faible ampleur de la zone à urbaniser, que le principe d'équilibre énoncé par l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme notamment en son e) serait méconnu alors même que ces parcelles conserveraient un potentiel agricole du fait de la présence à proximité d'un canal d'arrosage.
29. La zone 1AUh3 dans le secteur dit A " est située en continuité de lotissement existant et ne porte pas sur une superficie de 2,2 hectares mais sur environ 0,4 hectare en continuité du quartier de Vignes Planes. Accessible par l'avenue Marie Curie, le secteur destiné à être urbanisé par le biais d'une opération d'aménagement d'ensemble supporte d'anciens jardins potagers et petits vergers abandonnés sous la pression urbaine qui sont désormais en friche. Pour les mêmes raisons qu'exposées au point précédent, l'urbanisation de ce secteur ne saurait être regardée comme compromettant le principe d'équilibre énoncé par l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.
30. La zone 2AUh de Nogarède, d'une superficie de 11,8 hectares, est située en continuité immédiate d'une zone UC à l'entrée Sud-Est du village. Elle est traversée à sa pointe Sud-Est par le correc d'en Sarray qui constitue un corridor de la trame verte et bleue identifié comme élément du patrimoine naturel à protéger au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme pour lequel il est prévu que les études préalables à l'ouverture à l'urbanisation de ce secteur devront prendre en compte cet élément, notamment le plan de masse du projet et que ladite zone fera préalablement l'objet d'une étude environnementale de faisabilité et que des orientations d'aménagement et de programmation seront mises en œuvre pour encadrer son développement. Dans ces conditions la zone 2AUh ne saurait être regardée comme méconnaissant le principe d'équilibre énoncé ci-avant.
31. Postérieurement à l'enquête publique la zone d'activité économique 1AUe " Tech Ulrich " destinée aux activités économiques a été réduite en sa partie Ouest passant de 9,5 hectares à 8,5 hectares en raison d'un risque d'inondation et la présence d'une zone humide. L'impact décrié par l'association requérante de la zone sur les richesses environnementales est contrebalancé par l'ensemble des mesures prévues et mises en place pour tenir compte des conclusions du diagnostic et de l'analyse menée dans le cadre de l'évaluation environnementale.
32. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'échelle du territoire communal la consommation foncière liée à l'évolution démographique et au développement économique par l'ouverture de zones à l'urbanisation en continuité de celles déjà existants, reste contenue et que l'aménagement routier, objet de l'emplacement réservé n°8, ne modifiera pas de manière substantielle le niveau de la pollution atmosphérique issue du trafic automobile, en particulier pour les habitations les plus proches de la voie, du fait notamment de l'amélioration de sa fluidité. Si la création d'une plate-forme routière augmente les surfaces imperméabilisées, le projet d'aménagement routier n'est cependant pas susceptible d'aggraver les risques d'inondation, compte tenu de la réalisation d'un réseau de collecte des eaux de la chaussée, dimensionné pour une occurrence trentennale et débouchant dans des bassins de rétention, comprenant également un déversoir pour évacuer vers le milieu naturel les débits supérieurs à cette occurrence. L'atteinte aux terres agricoles est limitée à l'emprise du projet routier, d'une longueur totale de 6 545 mètres et des mesures compensatoires sont prévues par le maître d'ouvrage pour réduire les dommages aux exploitations agricoles. Par suite l'orientation d'aménagement et de programmation, eu égard à son libellé et à sa fonction de désengorgement et à l'objectif de satisfaction et de sécurisation des besoins en matière de mobilité qu'elle poursuit, n'est pas incompatible avec l'objectif d'utilisation économe des espaces naturels, posé par l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.
33. En vertu de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". Le PADD organise des orientations générales d'aménagement autour de 4 axes dont celui de préserver l'environnement et les paysages porteurs de l'identité cérétane et prévoit au titre des orientations générales retenues de valoriser les espaces naturels remarquables ou présentant un intérêt écologique par la protection des réservoirs de biodiversité présentant un intérêt écologique fort (Rives du Tech, corridors écologiques), notamment ceux identifiés dans le cadre des inventaires environnementaux ou faisant l'objet de mesures de protection (Natura 2000) en rappelant que le PLU fait l'objet d'une évaluation environnementale. Il prévoit également la prise en compte des risques majeurs d'inondation et d'incendie de forêt.
34. La volonté des auteurs du PLU de Céret se concrétise dans l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " conforter la trame verte et bleue, échelle de la ville " et se fixe pour objectifs de préserver le réservoir de biodiversité constitué par le site Natura 2000 du Tech ainsi que les surfaces forestières, de valoriser et/ou préserver la trame verte et bleue urbaine, en particulier les corridors urbains, de préserver et assurer le maintien des jardins potager, de préserver les abords du canal, en interdisant toute construction nouvelle et implantation de clôture sur une distance de 3 mètres de part et d'autre de celui-ci, sauf pour les aménagements nécessaires au fonctionnement ou à la mise en sécurité de celui-ci et d'assurer un équilibre entre développement urbain et protection des secteurs agricoles, par la mise en place d'un périmètre agricole et naturel (PAEN) en rive gauche du Tech dans les secteurs " Mas Parrot ", " Le Palau ", ainsi qu'en rive droite dans les secteurs " Prats d'en Ribe " et " Nogarède ". Cette OAP vise également à assurer la qualité environnementale et la prévention des risques.
35. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incompatibilité du PLU avec les dispositions de l'article L 101-2, pris en ses différentes branches, ne peut qu'être écarté.
Sur le moyen tiré de l'incompatibilité du PLU avec le SCOT Littoral Sud :
36. Aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; () ".
37. Un PLU est soumis à une simple obligation de compatibilité avec les orientations et objectifs fixés par le SCOT et il appartient au juge administratif, pour apprécier cette compatibilité, de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
S'agissant de l'incompatibilité du PLU avec le SCOT Littoral Sud en ce qui concerne les logements vacants et les perspectives démographiques :
38. D'une part, selon le DOO du SCOT Littoral Sud, l'accueil d'environ 8 500 nouveaux habitants sur la période du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2028, équivaut à un accroissement démographique d'environ 1 % par an. L'objectif de construction qui a été réparti par intercommunalité et qui vise à orienter 43 % de l'offre sur les pôles structurants afin d'assurer le maintien de l'armature et des grands équilibres territoriaux retient pour le pôle structurant de Céret 522 logements. Le rapport de présentation du PLU dans son analyse du contexte socio-économique précise qu'après avoir connu une hausse modérée de sa population entre 2007 et 2014 de 0,56 %, une reprise de la croissance est relevée entre 2011 et 2014 de 1,05%, essentiellement due à l'apport de population extérieure. Selon les sources INSEE, la croissance de la population entre 2014 et 2018 est de 3,59 %. Si l'association requérante soutient que le parti d'urbanisme retenu par les auteurs du PLU n'est pas compatible avec le DOO, document qui lui-même afficherait des perspectives démographiques trop ambitieuses, elle ne le démontre pas par la seule référence faite aux conclusions du commissaire enquêteur sur le SCOT Littoral Sud et, en toute cause, n'établit pas l'absence de compatibilité du PLU avec le SCOT sur ce point.
39. D'autre part, l'association requérante critique les périodes de référence retenues entre le PLU et le SCOT Littoral Sud en faisant valoir une différence temporelle dans l'exécution de ces deux documents d'urbanisme pour la réalisation de l'objectif de reconquête du parc de logements vacants. Le SCOT affiche pour ambition de remobiliser sur le territoire qu'il couvre près de 350 logements vacants d'ici 2028 et prévoit pour la commune de Céret la remise sur le marché de 40 logements vacants entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2028. La durée de 10 ans prévu pour le SCOT et celle de 15 ans retenue par le PLU, laquelle a été prise en référence pour le calcul du taux de croissance et pour les perspectives de développement, ne reflète pas de ce seul fait une incompatibilité avec les orientations retenues par le SCOT Littoral Sud. Au demeurant, rien ne fait obstacle à ce que les auteurs du PLU atteignent le seuil de 40 logements vacants à remettre sur le marché, priorité que se sont d'ailleurs fixés les auteurs du PLU, au terme de l'échéance prévue par le SCOT.
S'agissant du comblement des dents creuses :
40. En termes d'objectifs minimum de construction de logements en dents creuses sur le territoire de la commune de Céret, le DOO du SCOT Littoral Sud retient 14% en variante basse et 11% en variante haute. Si l'association requérante soutient que le nombre de logements mobilisables en dents creuses est insuffisant par rapport au pourcentage fixé par le SCOT, il ne lui est cependant pas incompatible dès lors que l'objectif de remise de 40 logements sur le marché est inclus dans les calculs de logements et de population du PLU, que la ville de Céret applique une taxe d'habitation sur les logements vacants afin d'inciter les propriétaires à louer leurs logements et que la commune a mis en place des dispositifs d'aides à la réfection des façades et qu'elle est intégrée à l'opération programmée d'amélioration de l'habitat mise en place par la communauté de communes du Vallespir.
41. Si l'association requérante soutient que la commune de Céret aurait dû prévoir la production en dents creuses de 74 logements et non, pas 47, cette branche du moyen doit être écartée dès lors que les parcelles visées par l'association, soit constituent des jardins attenants à une habitation, soit correspondent à des secteurs où la densification ne peut être envisagée ainsi qu'il est indiqué aux points 9 et 26.
S'agissant de la densité des secteurs d'extension :
42. Pour la densification des constructions en extension urbaine et afin d'assurer une urbanisation économe en espace, le DOO a prévu, pour le pôle structurant de Céret, 30 logements et 3 000 m² de surface de plancher par hectare minimum avec pour ambition d'atteindre une moyenne globale de 25 logements et 2 500 m² de surface de plancher par hectare (minimum) en rappelant également que l'objectif de densité brute moyenne est atteint globalement sur le périmètre communal, qu'il peut être relativisé pour les communes ayant des contraintes particulières en matière de topographie, d'assainissement non collectif ou encore de risques naturels. Le rapport de présentation du PLU qui mentionne cet objectif rappelle que la commune s'est engagée dans une démarche de densification, les OAP venant prescrire des densités minimales sur les secteurs de développement futur. Sur les zones de développement du PLU destinées à accueillir de nouveaux logements, la densité moyenne sur le périmètre communal est de 30 logements par hectare répondant aux objectifs du SCOT en la matière. Enfin, afin de permettre un développement assurant l'adéquation entre l'ouverture à l'urbanisation et les besoins des populations (incluant les secteurs d'habitat et d'activités économiques, la commune a défini des objectifs chiffrés de modération de la consommation d'espace et de lutte contre l'étalement urbain, définissant un développement de 22,2 hectares pour les quinze prochaines années, soit 1,48 ha/an (contre 32,8 hectares consommés au cours des dix dernières années, soit 3,8 ha/an). Dans le respect des orientations définies par l'axe n° 1 du PADD visant notamment à contrôler l'extension du développement de l'urbanisation, pour maîtriser le rythme de développement et l'accueil de nouveaux habitants, l'OAP " accueillir de nouveaux habitants " traduit la volonté des auteurs du PLU de contenir l'ouverture à l'urbanisation en continuité de secteurs déjà urbanisés. L'extension de l'urbanisation sur la commune de Céret destinée à l'habitat recouvre pour la totalité des zones AU une superficie de 13,7 hectares et le nombre de logements ambitionnés par le PLU en extension de l'urbanisation est de 402 logements de sorte que la densité de logements à l'hectare aboutit à un ratio de 29,34 logements, valeur qui n'est pas incompatible avec les objectifs définis par le SCOT Littoral Sud.
S'agissant de la typologie des logements :
43. En application du 1°) de l'article L. 141-12 du code de l'urbanisme, le SCOT littoral Sud précise des objectifs de construction de logements en collectif par secteur géographique et par commune, en fonction de leur place dans l'armature urbaine. Il prévoit comme objectif minimal à atteindre, pour le pôle structurant de Céret, un taux de 40% de la construction de logements et a pour objectif corollaire de tendre vers une part de 20 % de logements locatifs sociaux dans la production de résidences principales. L'association requérante remet en cause la compatibilité du PLU avec le SCOT Littoral Sud s'agissant de la typologie des logements en soutenant que l'objectif de réalisation de 20 % de logements sociaux et de 40 % de logements collectifs pour chaque nouvelle opération d'habitat n'est pas atteint dans la mesure où les zones UD, UE, 1AUe et 2AUh n'atteignent pas ces seuils. Toutefois, la critique concernant les zones UE et 1AUe, respectivement destinées à recevoir des commerces et activités de services et à recevoir à court terme des activités économiques à destination d'artisanat et d'industrie, est inopérante dès lors que ces zones ne sont pas à vocation d'habitat. L'incompatibilité du PLU ne peut pas davantage être retenue s'agissant de la zone 2AUh, zone bloquée à l'urbanisation dont le règlement proscrit toutes nouvelles constructions à usage d'habitation. Pour la zone UD, le règlement du PLU de Céret n'admet que les extensions des constructions existantes à condition qu'il n'y ait pas de création de nouveaux logements de sorte que l'incompatibilité relevée par l'association requérante ne peut pas être retenue, cette zone n'étant pas destinée à recevoir des constructions à usage d'habitation nouvelles. S'agissant des autres zones invoquées par l'association requérante sans autre précision, le règlement du PLU applicable à la zone UA prévoit en son article UA.I.3 que " pour tout programme de logements de plus de 3000 m2 de surface de plancher, il doit être réalisé un minimum de 20% de logements locatifs sociaux, ainsi qu'une part de logements réalisés en accession aidée. ", exigence également reprise à la zone UB (article UB.I.3 mixité sociale et fonctionnelle), à la zone UC (article UC.I.3 mixité sociale et fonctionnelle) et au secteur 1AUh (article 1AUh.I.3 mixité sociale et fonctionnelle). Par suite, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que le PLU de Céret est incompatible avec les objectifs du SCOT Littoral Sud.
S'agissant de la construction de logements collectifs :
44. Au titre des orientations et objectifs relatifs à l'organisation et à la structuration des zones urbaines le DOO du SCOT Littoral Sud prévoit de produire un minimum de 40% de collectif pour la construction communale. Si cet objectif n'apparaît pas explicitement dans l'OAP " requalifier et aménager le secteur de la Gare ", il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment du rapport de présentation, que les auteurs du PLU ont entendu requalifier le secteur de l'ancienne gare sous forme d'une opération d'aménagement d'ensemble pour la partie destinée à l'habitat en prévoyant la réalisation d'un EHPAD et une zone mixte de logements, ainsi que des logements sociaux destinés à l'hébergement de personnes âgées et d'étudiants. Le rapport de présentation précise que le projet de requalification de la gare représente à lui seul une part importante de réalisation de logements collectifs et en intégrant le projet d'EHPAD, le taux de 40% est déjà atteint par ces projets. L'ancienne gare est classée en zone UC dans le secteur UCg. Le règlement applicable à cette zone prévoit notamment que dans le secteur UCg de la gare, la part de logements locatifs sociaux devra représenter 25% du nombre de logements créés et admet la possibilité d'édifier des constructions jusqu'à une hauteur de 14 mètres. Par ailleurs, ledit règlement ne fixe aucune règle de distance en ce qui concerne l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur la même propriété, permettant ainsi la réalisation de logements collectifs avec une densité plus importante sur la même unité foncière. Ces éléments établissent ainsi la compatibilité du PLU de Céret avec l'objectif de production de 40% de logements pour la construction communale déclinée par le SCOT.
S'agissant de l'altération des espaces à enjeux dont le SCOT Littoral Sud préconise la protection :
45. Le DOO prévoit que les PLU doivent limiter l'urbanisation sur les espaces à fort potentiel agricole aux besoins en logement commerces, services et équipements des communes dont l'espace urbanisé et potentiellement urbanisable est essentiellement concerné par des espaces à fort potentiel ou par d'autres contraintes rendant leur urbanisation impossible. Ce même document a fixé, dans le cadre des objectifs chiffrés de consommation économe de l'espace, un potentiel de 60 à 80 hectares pour l'urbanisation de nouvelles zones à vocation d'équipements et d'habitat pour le binôme Céret/Le Boulou à l'horizon 2028 et une enveloppe de 16 à 22 hectares a été identifiée pour le pôle structurant de Céret. Le territoire communal est soumis à la loi montagne avec la contrainte d'une urbanisation en continu, aux prescriptions du PPRNP, et la quasi-totalité des secteurs sur lesquels l'urbanisation pourrait être envisagée est pour une bonne part située dans des secteurs agricoles à fort potentiel. Le PLU de Céret prévoit la consommation de 22,2 hectares, dont 13,7 hectares pour l'habitat et 8,5 hectares au titre des activités économiques. A l'échelle du territoire communal la consommation d'espace est de 1,48 hectares par an sur quinze ans contre 3,29 hectares au cours des dix années précédentes entre 2007 et 2017. L'emprise urbaine du zonage comprenant les zones AU, représente environ 0,83% de la superficie totale du territoire communal et le cumul des zones agricoles et naturelles représente au total 90,52% de la superficie totale du territoire de Céret. Plus spécifiquement l'urbanisation du secteur du Palau demeure contenue à 4,1 hectares et le secteur de Nogarède est dans l'immédiat bloqué à l'urbanisation. Par ailleurs l'axe 3 du PADD de la commune vise à " préserver l'environnement et les paysages porteurs de l'identité cérétane " et l'OAP " conforter la trame verte et bleue " spécifie la préservation des surfaces forestières, identifiées en zone N dans le zonage. Si comme le rappelle l'association requérante l'objectif du DOO est de stopper l'urbanisation linéaire le long de la route du piémont des Albères, il ressort de la lecture de la carte graphique " habiter harmonieusement nos paysages " qui y est annexée que le territoire communal de Céret n'est pas concerné par cette prescription. Dans ces conditions les orientations du PLU ne sont pas incompatibles avec le SCOT.
Sur le non-respect de l'objectif de protection des espaces agricoles :
46. Si pour démontrer l'incompatibilité du PLU avec le SCOT Littoral Sud l'association se prévaut du recours qu'elle a introduit contre la décision du président du syndicat mixte du SCOT Littoral Sud du 1er février 2021 refusant l'abrogation partielle de la délibération du 2 mars 2020 approuvant l'orientation 3.1 du document d'orientation et d'objectifs (DOO) du SCOT Littoral Sud et qu'elle encourt la censure, il est constant que ce recours a été rejeté par un jugement de ce tribunal du 17 novembre 2023, devenu définitif.
47. Le document d'orientations et d'objectifs du SCOT Littoral Sud prévoit une orientation " 3. Développer et améliorer l'accessibilité et veiller à répondre aux enjeux spécifiques de la saisonnalité " qui se décompose en trois objectifs dont le premier est " 3.1 Optimiser l'utilisation du réseau routier pour améliorer les temps de parcours ". Au titre de son orientation 3.1, le DOO précise qu'il convient de " compléter le maillage routier existant et favoriser les franchissements du fleuve Tech ", objectif visant à promouvoir la réalisation d'un certain nombre d'infrastructures routières afin de compléter le maillage existant avec en priorité le contournement Nord de Saint-Jean-Pla-de-Corts (RD115) et le raccordement des RD 615 et RD 618 reliant Céret à Maureillas-las-Illas, avec la construction d'un nouveau pont sur le Tech à hauteur du PAE Tech Oulrich ". Le rapport de présentation du PLU fait le constat, concernant les déplacements au sein du territoire, sur la base de l'étude qui a été réalisée par le département, que la fréquentation du pont au-delà de 20 000 véhicules par jour entraîne d'importants embouteillages ce qui a conduit cette collectivité à engager une réflexion afin de créer un second franchissement du Tech permettant de fluidifier les déplacements et de sécuriser en partie la traversée de la ville. Son axe 4 intitulé poursuivre, s'il se décline par la réalisation d'un second pont de franchissement du Tech rendu nécessaire par l'importance du trafic routier connu sur la RD115 et dans la ville de Céret, s'accompagne également de l'amélioration et de la sécurisation des déplacements, du développement des modes doux et de l'amélioration de l'offre en stationnements en lien avec les modes de déplacements doux. Par suite, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que le PLU approuvé par la délibération attaquée ne serait pas compatible sur ce point avec le SCOT Littoral Sud.
48. Le DOO du SCOT comprend un premier axe qui est de préserver et valoriser les atouts du territoire, ses ressources et ses paysages et des orientations et objectifs en faveur de l'agriculture, la sylviculture, l'élevage et la pêche en prévoyant notamment de préserver durablement les espaces agricoles à fort potentiel. Il ressort des pièces du dossier que le territoire communal est concerné par la présence de terres à fort enjeu agricole sur l'ensemble des secteurs situés à proximité immédiate de l'urbanisation. Si sur les espaces à fort potentiel ce document indique que l'objectif général est de ne pas autoriser de construction et précise que les documents d'urbanisme devront prévoir le classement de ces espaces en zone agricole en application de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme, il admet néanmoins que lorsqu'aucune alternative n'est possible et que la commune ou l'EPCI le justifie, certaines exceptions sont possibles et que dans ce cas, il conviendra de chercher à réduire ou compenser l'impact porté à ces espaces. Dans cette hypothèse le DOO du SCOT Littoral Sud entend limiter l'urbanisation aux extensions rendues nécessaires par les besoins en logements, commerces, services et équipements de proximité associés des communes, dont l'espace potentiellement urbanisable est essentiellement concerné par des espaces agricoles à fort potentiel ou par d'autres contraintes rendant leur urbanisation difficile, et indique que ces extensions devront alors être situées en continuité des espaces urbanisés, afficher des objectifs chiffrés de limitation de la consommation d'espaces et respecter des formes urbaines compactes et économes en espace. L'axe 2 du PADD " poursuivre la dynamique économique en valorisant les atouts du territoire " comprend une orientation générale d'aménagement visant à " encourager l'activité agricole " en permettant le développement d'activités complémentaires aux exploitations agricoles sous conditions et en assurant un équilibre entre développement urbain et protection des secteurs agricoles, notamment par la mise en place d'un vaste périmètre agricole et naturel de part et d'autre du fleuve Tech. Ainsi, quand bien même l'emplacement réservé n° 8 porte sur des terres agricoles à fort potentiel, le PLU de Céret ne peut être regardé à l'échelle du territoire qu'il couvre et des partis d'aménagement retenus qu'il contient, comme étant incompatible avec les objectifs du DOO du SCOT Littoral Sud.
Sur le moyen tiré du non-respect de l'objectif de protection du patrimoine culturel :
49. L'orientation 1.9 du DOO impose de " Prendre en compte l'évolution de l'habitat isolé historique : - En identifiant dans les PLU, PLUi et cartes communales les mas d'intérêt patrimonial ponctuant les espaces boisés et agricoles, - En autorisant la réhabilitation et l'agrandissement sous conditions (projet de rénovation harmonieux sous le conseil du CAUE ou structure équivalente, gestion paysagère des interfaces avec l'espace rural, portage du projet par la collectivité, pérennité du projet), et sous réserve de ne pas augmenter la vulnérabilité des personnes et des biens face aux risques naturels (en particulier, ne pas augmenter le nombre de personnes exposées), en application des articles L.151- 11 et L.151- 12 du code de l'Urbanisme, - En favorisant les projets agricoles, sylvicoles, touristiques, culturels et paysagers mettant en valeur les mas et assurant leur pérennité. NB : On entend par mas d'intérêt patrimonial une construction ou un groupe de constructions implantées avant 1945, présentant une structure bâtie traditionnelle en pierre, revêtue d'enduits, de cayroux ou simplement apparentes, avec une toiture recouverte de tuiles canal ou de lloses (ardoises), dont la vocation initiale était dédiée à l'exploitation agricole ou l'élevage et l'habitat. L'évolution de l'usage vers une vocation simplement résidentielle ou agritouristique ne remet pas en cause la valeur patrimoniale du bâtiment ou groupe de bâtiments ".
50. L'intérêt patrimonial du Mas Saqué, à le supposer avéré, ne saurait résulter de l'usage qui a pu en être fait par les résistants au cours de la seconde guerre mondiale et en admettant même que de par ses caractéristiques il puisse être regardé comme un mas d'intérêt patrimonial, il n'a pas été identifié comme un immeuble bâti à protéger pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural dans le plan local d'urbanisme de Céret ni ne bénéficie davantage d'une protection au titre des monuments historiques ou des sites patrimoniaux remarquables, sans que cette absence puisse être regardée comme une incompatibilité avec le SCOT Littoral Sud, la commune ayant précisément défini les immeubles à protéger sur son territoire ainsi qu'il a été dit précédemment. En outre, il n'appartient pas au juge administratif de remettre en cause l'opportunité du choix effectué par une collectivité d'identifier ou de ne pas identifier sur son territoire tel ou tel élément du patrimoine bâti qui le compose.
Sur le moyen tiré du non-respect de l'objectif de protection des milieux naturels :
51. L'institution de l'emplacement réservé n° 8 ne saurait, comme il a été dit ci-dessus, par sa seule réalisation, être incompatible avec le DOO du SCOT dès lors que ledit document a prévu de compléter le maillage routier existant et de favoriser les franchissements du fleuve Tech par la construction d'un nouveau pont à hauteur du PAE Tech Oulrich alors que par ailleurs l'une des OAP du PLU vise à conforter la trame verte et bleue à l'échelle de la ville par la réalisation de cinq objectifs tendant à la protection des milieux naturels. Les partis d'aménagement retenus par les auteurs du PLU n'induisent pas un risque de déséquilibre grave de nature à le rendre incompatible avec les objectifs de protection des sites des milieux naturels, des continuités écologiques de la biodiversité, des paysages, la qualité de l'air et la préservation du patrimoine culturel et les autres intérêts à protéger à l'échelle du territoire sur lequel il porte.
Sur le moyen tiré de l'incompatibilité du PLU avec le plan climat-air-énergie territorial :
52. Aux termes de l'article L. 131-5 du code de l'urbanisme dans sa version en vigueur à la date de la délibération contestée : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu sont compatibles avec le plan climat-air-énergie territorial prévu à l'article L. 229-26 du code de l'environnement () ".
53. La commune de Céret est couverte par un plan climat air énergie territorial adopté par une délibération de la communauté de communes du Vallespir du 28 février 2020. Ce document comporte l'orientation stratégique " Pour une mobilité décarbonée " qui se décline en trois actions opérationnelles à savoir, 1°) développer des mobilités douces (vélo et marche à pied) en s'appuyant sur le schéma de mobilités durables de la communauté de communes du Vallespir, 2 °) encourager les déplacements collectifs (ou réduire l'usage individuel de la voiture), 3°) limiter les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports des biens et des personnes. Le PLU de Céret intègre une OAP thématique intitulée " Développer les mobilités et déplacements doux " qui tend à assurer la desserte des terrains par les voies et réseaux, qualifier l'insertion architecturale, urbaine et paysagère et assurer la qualité environnementale et la prévention des risques dont il est précisé qu'elle est transversale aux OAP sectorisées (secteur La Porte du Vallespir, secteur de la Gare, secteur Tech Ulrich), et à l'OAP thématique Trame verte et bleue. Elle prévoit, ainsi que le démontre l'extrait graphique, de développer les mobilités et déplacements doux par des continuités piétonnes et cycles à assurer le long de la RD 115 en lien avec la voie verte située dans son prolongement dont la continuité et la sécurisation doit également être assurée et elle identifie sur le territoire communal la voie verte aménagée et la voie verte partagée, sans que l'association ne puisse valablement faire grief à la commune de pas avoir instituer d'emplacements réservés au bénéfice d'itinéraires cyclables comme le lui autorisent les dispositions de l'article L. 151-38 du code de l'urbanisme. Nonobstant l'importance en termes d'emprise foncière de la réserve n° 8 instituée dans le PLU de Céret et de sa vocation pour un usage routier, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que le PLU de Céret approuvé par la délibération attaquée, dans son contenu global, ne serait pas compatible avec le plan climat-air-énergie territorial prévu à l'article L. 229-26 du code de l'environnement.
Sur le moyen tiré des " erreurs manifeste d'appréciation " entachant le règlement du PLU :
54. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors en vigueur, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ", " les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. ". Aux termes de l'article L. 151-8 du même code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. "
55. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet. Si l'association requérante soutient que les zones 1AU et 2AU et l'emplacement réservé n° 6 sont entachés d'une " erreur manifeste d'appréciation " en raison du potentiel agronomique avéré des parcelles sur lesquelles ils portent, cette branche du moyen doit être écartée comme étant inopérante dès lors que seul un contrôle de cohérence entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables doit être opéré, l'association requérante ne justifiant en l'espèce d'aucune incohérence.
56. L'institution de l'emplacement réservé n° 8, destiné à la réalisation d'un nouveau pont sur le Tech à hauteur du PAE " Tech Oulrich ", répond directement à l'orientation générale de l'axe 4 du PADD " poursuivre l'amélioration des déplacements " et à l'objectif sous-jacent qu'il décline de " créer un nouveau franchissement sur le Tech " afin de fluidifier et sécuriser les déplacements au sein de la ville et aux objectifs d' " améliorer et sécuriser les déplacements ". L'emplacement réservé ne révèle donc pas d'incohérence entre le règlement du plan local d'urbanisme et le projet d'aménagement et de développement durables.
57. Aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les quartiers, îlots, immeubles, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation ". Ces dispositions permettent au règlement d'un plan local d'urbanisme d'édicter des dispositions visant à protéger, mettre en valeur ou requalifier un élément du paysage dont l'intérêt le justifie.
58. Ainsi qu'il a été dit au point 50, dès lors que le Mas Saqué n'a pas été répertorié par les auteurs du PLU comme un élément du patrimoine bâti à protéger, l'association requérante ne saurait utilement se prévaloir d'une quelconque incohérence entre le règlement du plan local d'urbanisme et le projet d'aménagement et de développement durables.
59. L'orientation n°4 du PADD " poursuivre l'amélioration des déplacements " a pour objectif de " favoriser le développement des modes doux " afin d'inciter les usagers, qu'ils soient résidents ou non, à utiliser des modes de transport non motorisés. Le règlement du PLU de Céret prévoit, s'agissant des zones UA, UB, UC, pour les constructions à usage d'habitation collective et de bureaux, une place de stationnement pour vélos pour 50 m² de surface de plancher. Ces dispositions sont à même de démontrer la cohérence du règlement du PLU avec le PADD.
Sur le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 151-30 du code de l'urbanisme :
60. Aux termes de l'article L. 151-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque le règlement prévoit des obligations en matière de stationnement des véhicules motorisés, il fixe des obligations suffisantes pour les vélos pour les immeubles d'habitation et de bureaux, dans le respect des conditions prévues au I de l'article L. 111-3-10 du code de la construction et de l'habitation. ". L'article L. 111-3-10 du code de la construction et de l'habitation dispose que : " I. - Toute personne qui construit : 1° Un ensemble d'habitations équipé de places de stationnement individuelles couvertes ou d'accès sécurisé ;2° Ou un bâtiment à usage industriel ou tertiaire constituant principalement un lieu de travail et équipé de places de stationnement destinées aux salariés, le dote des infrastructures permettant le stationnement sécurisé des vélos. "
61. Le règlement du PLU de Céret prévoit, ainsi qu'il a été dit au point 59, s'agissant des zones UA, UB, UC, pour les constructions à usage d'habitation collective et de bureaux une place de stationnement pour vélos pour 50 m² de surface de plancher étant précisé que la zone 2AUh est bloquée à l'urbanisation. Alors que les zones UE et 1AUe ne sont pas des zones destinées à l'habitat, le règlement du PLU prévoit des " Prescriptions en matière de stationnement de deux roues non motorisées " en imposant que " pour les constructions à usage de bureau, il doit être aménagé une place de stationnement ou de garage pour 50 m2 de surface de plancher de bureau ". La circonstance que pour la zone UD le règlement du PLU ne fixe aucune obligation pour les vélos est justifiée par le fait que ne sont admis que les extensions des constructions existantes à condition qu'il n'y ait pas de création de nouveaux logements. Par suite, le moyen tiré de ce que le règlement ne prévoit pas d'obligation minimale pour le stationnement des vélos pour les immeubles d'habitations et de bureaux doit être écarté comme manquant en fait s'agissant des zones UA, UB, UC UE et 1AUe et comme inopérant en ce qui concerne la zone UD.
62. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par l'association Bien Vivre en Vallespir doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
63. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Céret, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par l'association Bien Vivre en Vallespir et non compris dans les dépens.
64. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association Bien Vivre en Vallespir la somme de 1 500 euros, à verser à la commune de Céret, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Bien Vivre en Vallespir est rejetée.
Article 2 : L'association Bien Vivre en Vallespir versera la somme de 1 500 euros à la commune de Céret au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à l'association Bien Vivre en Vallespir et à la commune de Céret.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Charvin, président,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller,
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
Le rapporteur,
M. Rousseau
Le président,
J. Charvin La greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 2 juillet 2024
La greffière,
C. Arce
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026