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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2104476

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2104476

mardi 6 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2104476
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantPECH DE LACLAUSE-JAULIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 août 2021, et un mémoire enregistré le 12 mai 2023, l'association " Collectif pour l'environnement des riverains élisyques " (COL.E.R.E), M. et Mme C et B A et M. et Mme E, représentés par la SCP Pech de Laclause - Jaulin, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2021 par lequel la préfète de l'Aude a accordé à la société Soleil Participatif du Narbonnais un permis de construire modificatif, ensemble le rejet tacite opposé au recours gracieux qu'ils ont formé le 28 avril 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Ils soutiennent que :

- ils justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- l'annulation du permis de construire initial prononcée par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 9 mars 2021, privé de base légale, entraine de facto l'annulation du permis modificatif en litige ;

- les modifications autorisées par l'arrêté attaqué contreviennent aux prescriptions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 novembre 2021, le préfet de l'Aude conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;

- il n'est pas justifié de la capacité à agir de l'association requérante pour la présente instance ;

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistrés le 9 novembre 2021, la société Soleil participatif du Narbonnais, représentée par BCTG Avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aucun des requérants ne justifie d'un intérêt à agir ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,

- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public,

- et les observations de Mme D, représentant le préfet de l'Aude, et de Me Kabra, représentant la société Soleil Participatif du Narbonnais.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 10 février 2017, le préfet de l'Aude a accordé à la société Soleil Participatif du Narbonnais un permis de construire en vue de la création d'un parc photovoltaïque sur le terrain situé lieu-dit Malvesi sur le territoire de la commune de Narbonne. Deux permis de construire modificatifs ont été accordés à la société pétitionnaire par arrêtés du 11 mai 2017 puis du 15 février 2021. L'association " Collectif pour l'environnement des riverains élisyques " (COL.E.R.E), M. et Mme A et M. et Mme E ont sollicité du préfet de l'Aude le retrait du permis de construire modificatif délivré le 15 février 2021 par un recours gracieux formé le 28 avril 2021 qui a fait l'objet d'un rejet tacite. Dans le cadre de la présente instance, les requérants demandent au tribunal d'annuler ce permis de construire modificatif et la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.

2. D'une part, aux termes de l'article R. 351-3 du code de justice administrative : " Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente. () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le juge d'appel est saisi d'un appel contre un jugement d'un tribunal administratif ayant statué sur la légalité d'un permis de construire et qu'un permis modificatif ou une décision modificative a été pris, y compris lorsque ce permis ou cette décision modificative ne vise pas à régulariser un vice invoqué dans l'instance, seul le juge d'appel est compétent pour connaître de sa contestation dès lors que ce permis ou cette décision lui a été communiqué ainsi qu'aux parties.

4. En l'espèce, par un jugement n° 1701824 du 9 novembre 2018, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté la demande des requérants tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 février 2017 du préfet de l'Aude accordant à la société " Soleil participatif du Narbonnais " un permis de construire un parc photovoltaïque sur la commune de Narbonne. L'arrêt n° 19MA00002 du 9 mars 2021 par lequel la cour administrative d'appel de Marseille a, sur appel de l'association COL.E.R.E, de M. A et de M. et Mme E, annulé ce jugement a été annulé par une décision n° 452346, 452499 du 17 février 2023 du Conseil d'Etat qui a renvoyé l'affaire à la cour administrative d'appel de Marseille. Il résulte ainsi des principes rappelés aux points 2 à 3, qu'il y a lieu pour le tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, de transmettre à la cour administrative d'appel de Marseille la requête de l'association COL.E.R.E et autres, lesquels demandent l'annulation du permis modificatif délivré le 15 février 2021 portant sur le projet de construction d'un parc photovoltaïque dont la cour administrative d'appel de Marseille est saisie.

D E C I D E :

Article 1er : Le dossier de la requête n° 2104476 de l'association " Collectif pour l'environnement des riverains élisyques " et autres est transmis à la cour administrative d'appel de Marseille.

Article 2 : La présente décision sera notifiée au président de la cour administrative d'appel de Marseille, à l'association " Collectif pour l'environnement des riverains élisyques " (COL.E.R.E), première dénommée pour l'ensemble des requérants, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la société Soleil Participatif du Narbonnais.

Copie en sera adressée au préfet de l'Aude et à la commune de Narbonne.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Encontre, présidente,

Mme Teuly-Desportes, première conseillère,

M. Rousseau, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.

Le rapporteur,

M. RousseauLa présidente,

S. Encontre La greffière,

C. Arce

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 6 juin 2023

La greffière,

C. Arce

dl

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