mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104530 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ROYER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 août 2021, la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Casa-Meva, représentée par Me Royer, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 juin 2021 par laquelle l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours gracieux exercé le 13 mai 2021 à l'encontre de la décision du 22 avril 2021 de cette même autorité lui appliquant la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, d'un montant de 18 250 euros, pour l'emploi d'un ressortissant étranger non autorisé à travailler en France ;
2°) de prononcer la décharge du montant de la contribution spéciale qui lui a été appliquée ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle méconnaît les droits de la défense dès lors qu'elle n'a pas pu formuler utilement des observations préalablement à la sanction car elle ne disposait pas des éléments matériels pour vérifier l'exactitude des faits ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que le montant applicable devait être réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti et non 5 000 fois en l'absence de plusieurs infractions caractérisées.
Par un mémoire enregistré le 15 novembre 2021, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Lafay, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Lors d'un contrôle effectué le 2 septembre 2020 sur un chantier de bâtiment et travaux publics situé à Cournonterral, exploité par la SASU Casa-Meva, les services de police ont constaté la présence en action de travail d'un ressortissant marocain titulaire d'un titre de séjour italien, qui ne l'autorisait pas à travailler en France, et non déclaré. En application de l'article L. 8271-17 du code du travail, notification de ce procès-verbal a été faite à l'OFII qui a invité l'employeur à présenter ses observations par lettre recommandée en date du 25 février 2021, dont il a été accusé réception le 26 février 2021. Par une décision du 22 avril 2021, reçue le 28 avril 2021, l'OFII a notifié à la SASU Casa-Meva sa décision de lui appliquer la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 18 250 euros, pour l'emploi irrégulier d'un ressortissant étranger. La société a formé un recours gracieux le 13 mai 2021 à l'encontre de la décision du 22 avril 2021 qui a été rejeté par une décision du directeur général de l'OFII du 29 juin 2021. La société requérante doit être regardée comme demandant l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. Aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou par personne interposée, engager, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ". Selon l'article L. 5221-8 du même code : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'Etat selon des modalités définies par convention. / L'Etat est ordonnateur de la contribution spéciale. A ce titre, il liquide et émet le titre de perception. / Le comptable public compétent assure le recouvrement de cette contribution comme en matière de créances étrangères à l'impôt et aux domaines. ". Aux termes de l'article L. 8271-17 du même code : " Outre les agents de contrôle de l'inspection du travail mentionnés à l'article L. 8112-1, les agents et officiers de police judiciaire, les agents de la direction générale des douanes sont compétents pour rechercher et constater, au moyen de procès-verbaux transmis directement au procureur de la République, les infractions aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler et de l'article L. 8251-2 interdisant le recours aux services d'un employeur d'un étranger non autorisé à travailler. () ". Aux termes de l'article R. 8253-1 du même code : " La contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 est due pour chaque étranger employé en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1. / Cette contribution est à la charge de l'employeur qui a embauché ou employé un travailleur étranger non muni d'une autorisation de travail ".
3. Si ni les articles L. 8253-1 et suivants du code du travail, ni l'article L. 8271-17 du même code ne prévoient expressément que le procès-verbal constatant l'infraction aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler en France, et fondant le versement de la contribution spéciale, soit communiqué au contrevenant, le respect du principe général des droits de la défense suppose, s'agissant des mesures à caractère de sanction, ainsi d'ailleurs que le précise désormais l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration, que la personne en cause soit informée, avec une précision suffisante et dans un délai raisonnable avant le prononcé de la sanction, des griefs formulés à son encontre et mise à même de demander la communication des pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus. Par suite, l'OFII est tenu d'informer l'intéressé de son droit de demander la communication du procès-verbal d'infraction sur la base duquel ont été établis les manquements qui lui sont reprochés.
4. La société soutient qu'elle n'a jamais pu formuler utilement des observations préalablement à la sanction dès lors qu'elle ne disposait pas des éléments matériels lui permettant de vérifier l'exactitude des faits reprochés et notamment du procès-verbal. Aucune des parties ne produit la lettre du 25 février 2021 par laquelle l'OFII a informé la société requérante de la mise en œuvre à son encontre de la procédure pour emploi irrégulier de salarié et l'a invitée à présenter ses observations. Il ne résulte pas de l'instruction que, dans le cadre de la procédure contradictoire, la possibilité du droit de demander la communication du procès-verbal d'infraction ait été portée à la connaissance de la SASU Casa-Meva alors que ce n'est qu'à la suite de son recours gracieux contre la décision attaquée du 22 avril 2021 qu'elle a eu communication, par lettre de l'OFII du 29 juin 2021, du procès-verbal du 2 septembre 2020. Le vice de procédure tiré de cette absence d'information préalable de la société est de nature à l'avoir privée d'une garantie et constitue, dès lors, une irrégularité entachant d'illégalité les décisions attaquées.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la SASU Casa-Meva est fondée à demander l'annulation de la décision de l'OFII du 22 avril 2021, ensemble celle du 29 juin 2021 portant rejet de son recours gracieux. Par voie de conséquence de ce qui précède, il y a lieu de prononcer la décharge de la somme susmentionnée mise à sa charge par cette décision.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII la somme réclamée par la SASU Casa-Meva au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 22 avril 2021, ensemble la décision du 29 juin 2021 rejetant le recours gracieux de la SASU Casa-Meva sont annulées.
Article 2 : La SASU Casa-Meva est déchargée de l'obligation de payer la somme de 18 250 euros au titre de la contribution spéciale.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à la SASU Casa-Meva et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
Le rapporteur,
M. Rousseau
La présidente,
S. Encontre La greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 janvier 2024
La greffière,
C. Arce
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026