jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104556 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI ROCHELEMAGNE - GREGORI - HUC-BEAUCHAMPS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2102730 du 30 août 2021, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Montpellier le 1er septembre 2021, le président du tribunal administratif de Nîmes a transmis au tribunal administratif de Montpellier le dossier de la requête du syndicat des copropriétaires Les Mosaïques et autres.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés le 20 août 2021 et le 31 août 2022, le syndicat des copropriétaires Les Mosaïques, représenté par son syndic L'agence GM Immobilier, M. B G, Mme M K, Mme V D, Mme J Y, Mme T A, Mme I R, Mme W H, M. C L, Mme E U, la SCI Manumission, la SCI Mozart, M. X P, Mme N P et M. O F, ayant pour avocat la SCP Lemoine Clabeau, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures ;
1°) d'annuler l'ordonnance n°1803204 du 25 juin 2021 par laquelle le président du tribunal administratif de Nîmes a taxé à la somme de 19 201,51 euros TTC les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. Q S par ordonnance n°1803204 du 11 janvier 2019 en ce qu'elle inclut la somme de 2 155,99 euros correspondant à la rémunération du bureau d'études techniques (BET) Ingesurf ;
2°) de liquider les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. S à la somme de 17 045,52 euros ;
3°) de mettre à la charge de M. S une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur contestation se borne aux honoraires complémentaires liquidées au titre de l'intervention du bureau d'études techniques (BET) Ingesurf ;
- l'expertise méconnaît le principe du contradictoire ; ils ont vainement sollicité auprès de l'expert les documents à disposition de l'association syndicale autorisée de la Meyne dont ils n'ont reçu qu'une communication partielle ; l'intervention du BET n'a été requise qu'à la seule fin de neutraliser, au moyen d'un rapport complémentaire intervenu après la clôture des dires, les conclusions formulées par l'expert mandaté par eux ; ils n'ont jamais été informés de cette intervention à laquelle ils n'ont pu donner leur accord ;
- le BET n'a pas la qualité de sapiteur prévue par l'article R. 621-12 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 19 mai 2022, l'association syndicale autorisée de la Meyne, représentée par la SELARL Rochelemagne Grégori Huc-Beauchamps, agissant par Me Rochelemagne, déclare s'en remettre à la décision du tribunal.
Par un mémoire, enregistré le 3 août 2022, M. Q S, représenté par Me Devaux, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le BET Ingesurf a été désigné en qualité de sapiteur par ordonnance du 6 juin 2019 et était présent lors de la seconde réunion d'expertise ainsi que lors de la réunion contradictoire tenue dans les locaux de l'association syndicale autorisée de la Meyne ;
- le principe du contradictoire n'a pas été méconnu ; l'utilisation de la plateforme OPALEXE a garanti l'échange de l'ensemble des pièces nécessaires et utiles à l'expertise entre les parties ; les observations du BET Ingesurf n'ont été communiquées qu'à l'occasion du dépôt du rapport dès lors que ce dernier se contentait de répondre aux pièces et dires récapitulatifs des requérants sans apporter d'éléments nouveaux ;
- sa rémunération ne saurait être remise en cause au motif d'un désaccord des requérants relativement aux conclusions de son rapport ; elle est justifiée au regard de la complexité du dossier.
La requête a été communiquée à la commune d'Orange, au tribunal administratif de Nîmes et au préfet du Vaucluse qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance attaquée du 25 juin 2021 ;
- l'arrêté du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat, en date du 22 avril 2010, pris en application de l'alinéa 2 de l'article R. 761-5 du code de justice administrative ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public,
- et les observations de Me Clabeaut pour les requérants et de Me Dorchies pour l'association syndicale autorisée de la Meyne.
Considérant ce qui suit :
1. Au cours de l'année 2018, plusieurs effondrements des berges de la Meyne ont causé des dégâts aux immeubles situés sur ces dernières. Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2018, le syndicat des copropriétaires Les Mosaïques et autres saisissaient d'une demande d'expertise le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes qui y faisait droit par ordonnance du 11 janvier 2019. L'expert a remis son rapport le 17 juin 2021 et, par une ordonnance de taxation du 25 juin 2021, le président du tribunal administratif de Nîmes a fixé à 19 201,51 euros TTC les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. Q S, les mettant à la charge du syndicat des copropriétaires Les Mosaïques, de M. G, de Mme K, de Mme D, de Mme Y, de Mme A, de Mme R, de Mme H, de M. L, de Mme U, de la SCI Manumission, de la SCI Mozart, de M. et Mme P, et de M. F. Par une requête enregistrée au tribunal administratif de Nîmes le 20 août 2020 sous le n° 2102730, les requérants susvisés demandaient l'annulation de cette ordonnance et que les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. S soient liquidés à la somme de 17 045,52 euros. Par une ordonnance n° 2102730 du 30 août 2021, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Montpellier le 1er septembre 2021, le président du tribunal administratif de Nîmes a transmis au tribunal administratif de Montpellier le dossier de cette requête.
Sur les conclusions tendant à la réformation de l'ordonnance de taxation :
2. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires (). Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5./ Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance ". Aux termes de l'article R.761-5 du code de justice administrative : " Les parties () peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance. () la requête est transmise sans délai par le président de la juridiction à un tribunal administratif conformément à un tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux ". Et enfin par un arrêté du 22 avril 2010, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a décidé que les ordonnances de taxation contestées du président du Tribunal administratif de Nîmes seront transmises, en application du deuxième alinéa de l'article R. 761-5 du code de justice administrative, au Tribunal administratif de Montpellier.
3. D'une part, l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquide et taxe les frais et honoraires d'expertise revêt un caractère administratif et non juridictionnel. Le recours dont elle peut faire l'objet en application des dispositions précitées de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération.
4. D'autre part, il n'appartient pas au président de juridiction taxant et liquidant les frais d'une expertise par décision administrative sur le fondement de l'article R. 621-11 du code de justice administrative, ni au juge saisi d'un recours contre cette ordonnance, de se prononcer sur la régularité des opérations de l'expertise. Il leur incombe toutefois, dans l'appréciation portée sur l'utilité et la nature du travail fourni par l'expert, de prendre en considération, le cas échéant, les décisions juridictionnelles rendues sur une action en récusation de l'expert ou statuant au fond sur le litige ayant donné lieu à l'expertise.
5. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne peuvent invoquer ni la circonstance qu'en faisant appel à un sapiteur, non autorisé selon leurs allégations, l'expert aurait méconnu le principe du contradictoire, ni celle que cet expert aurait sollicité le BET Ingesurf à la seule fin de réfuter les conclusions formulées par l'expert auxquels ils ont fait appel. Au demeurant, si les requérants font valoir le défaut de caractère contradictoire de l'expertise, M. S soutient, sans être utilement contredit, que le BET Ingesurf est intervenu lors de réunions d'expertise et que le rapport déposé à cet intervenant a été annexé au rapport d'expertise sans avoir été communiqué dès lors qu'il ne contenait pas d'éléments nouveaux. En l'espèce, aucune décision juridictionnelle n'étant intervenue sur une demande de récusation de l'expert, ni au fond, les requérants ne peuvent demander à être déchargés de la condamnation au paiement de l'expertise à hauteur de 2 155,99 euros au motif tiré de l'irrégularité des opérations d'expertise à raison du défaut de caractère contradictoire de celles-ci, au demeurant non établi. Dans ces conditions, et alors que les requérants ne sauraient, en remettant en cause les conclusions de l'expertise, être regardés comme remettant utilement en cause l'utilité et la nature du travail fourni par l'expert, les conclusions tendant à ce que soit prononcée la réformation de l'ordonnance du 25 juin 2021 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. S, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens et, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire du syndicat des copropriétaires Les Mosaïques, de M. G, de Mme K, de Mme D, de Mme Y, de Mme A, de Mme R, de Mme H, de M. L, de Mme U, de la SCI Manumission, de la SCI Mozart, de M. et Mme P, et de M. F une somme au titre des frais exposés par M. S et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires Les Mosaïques et autres est rejetée.
Article 2 : Le syndicat des copropriétaires Les Mosaïques, M. G, Mme K, Mme D, Mme Y, Mme A, Mme R, Mme H, M. L, Mme U, la SCI Manumission, la SCI Mozart, M. et Mme P, et M. F verseront une somme de 1 500 euros à M. S au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires Les Mosaïques, premier dénommé, à M. Q S, à la commune d'Orange, au tribunal administratif de Nîmes et au préfet du Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
M. Huchot, premier conseiller,
Mme Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
E. Souteyrand
L'assesseur le plus ancien,
N. Huchot La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet du Vaucluse en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 15 décembre 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026