jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PINET & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er septembre 2021 et le 28 octobre 2022, l'EARL Villepeyroux Forest, représenté par la Selarl Pinet et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2021 par laquelle le directeur de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) lui a notifié l'inéligibilité de sa demande d'aide au titre de la restructuration de son vignoble pour la campagne 2019/2020 ;
2°) d'enjoindre à FranceAgriMer de lui verser la somme de 19 497 euros au titre de la plantation des parcelles AR 12 et AR 13 ;
3°) de mettre à la charge de FranceAgriMer une somme de 3000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle a commis une erreur dans le remplissage du formulaire de demande d'aide et souhaite pouvoir bénéficier de son droit à l'erreur.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 4 octobre 2022 et le 18 novembre 2022, l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration est inopérant ;
- la décision de refus d'aide est régulière au vu des informations renseignées par la requérante qui ne pouvait ignorer son erreur ;
- la société requérante ne peut se prévaloir d'un droit à l'erreur car elle était informée des conditions de demande d'aide et l'erreur commise ne pouvait pas être détectée avant le contrôle sur place.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relatif au financement, à la gestion et au suivi de la politique agricole commune et abrogeant les règlements (CEE) n° 352/78, (CE) n° 165/94, (CE) n° 2799/98, (CE) n° 814/2000, (CE) n° 1200/2005 et n° 485/2008 du Conseil ;
- le règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles et abrogeant les règlements (CEE) 922/72, (CEE) 234/79, (CE) 1037/2001 et (CE) 1234/2007 ;
- le règlement d'exécution (UE) n° 809/2014 de la Commission du 17 juillet 2014 établissant les modalités d'application du règlement (UE) no 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne le système intégré de gestion et de contrôle, les mesures en faveur du développement rural et la conditionnalité ;
- le règlement d'exécution (UE) n° 2016/1150 de la Commission du 15 avril 2016 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les programmes d'aide nationaux dans le secteur vitivinicole ;
- la décision INTV GPASV-2019-21 du 6 septembre 2019 du directeur général de FranceAgriMer ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'EARL Villepeyroux Forest, société viticole, a bénéficié, le 5 février 2020 d'une autorisation de plantation de vignes pour deux parcelles culturales pour une superficie totale de 2,01 hectares de Chardonnay, par conversion de droits obtenus d'arrachages antérieurs au 31 décembre 2015, lui permettant de bénéficier, sous réserve, d'une aide à la restructuration du vignoble pour la campagne 2019/2020. Par décision du 15 juillet 2021, l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer, FranceAgriMer lui a notifié l'inéligibilité de son action. L'EARL Villepeyroux Forest demande, par la présente requête, l'annulation de cette décision et le versement d'une aide de 19 497 euros.
2. L'article 28 du règlement d'exécution (UE) n° 2016/1150 de la Commission du 15 avril 2016 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les programmes d'aide nationaux dans le secteur vitivinicole prévoit que : " Toute communication ou demande soumise à un Etat membre () y compris toute demande d'aide, peut être adaptée à tout moment après avoir été présentée, en cas d'erreurs manifestes reconnues par l'autorité compétente ". Par ailleurs, les dispositions du règlement (UE) n° 1308/2013 du 17 décembre 2013 prévoient l'application des dispositions adoptées par le règlement (UE) n° 1306/2013 et les dispositions adoptées en vue de son application. L'article 4 du règlement d'exécution (UE) n° 809/2014 de la Commission du 17 juillet 2014 établissant les modalités d'application du règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne le système intégré de gestion et de contrôle, les mesures en faveur du développement rural et la conditionnalité prévoit ainsi que : " Les demandes d'aide, de soutien ou de paiement et les documents justificatifs fournis par le bénéficiaire peuvent être corrigés et ajustés à tout moment après leur présentation, en cas d'erreurs manifestes reconnues par l'autorité compétente sur la base d'une évaluation globale du cas d'espèce et pour autant que le bénéficiaire ait agi de bonne foi. L'autorité compétente ne peut reconnaitre des erreurs manifestes que si elles peuvent être constatées immédiatement lors d'un contrôle matériel des informations figurant dans les documents visés au premier alinéa ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. Les premier et deuxième alinéas ne sont pas applicables : 1° Aux sanctions requises pour la mise en œuvre du droit de l'Union européenne () ". L'article L. 100-1 du même code prévoit par ailleurs que : " Le présent code régit les relations entre le public et l'administration en l'absence de dispositions spéciales applicables ".
4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la situation d'une personne privée d'une aide à l'investissement présentée dans le cadre de l'organisation commune de marché au motif qu'elle a commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation est entièrement régie par les dispositions précitées des règlements d'exécution de ces aides. Et l'erreur manifeste au sens de ces dispositions, telle qu'elle est appréciée par le service instructeur sous le contrôle du juge, est celle qui ne fait aucun doute, lorsqu'elle peut être détectée à l'occasion d'un contrôle administratif portant sur la concordance des documents et des renseignements transmis, à la condition qu'elle ne soit pas systématique.
5. L'EARL Villepeyroux Forest soutient que l'opération réalisée consiste en la plantation des parcelles cadastrées AR 12 et AR 13, grâce à l'utilisation de droits d'arrachages obtenus sur les parcelles cadastrées AO 15, AO 18 et AO 22 à hauteur de 2,01 hectares et que c'est par erreur qu'elle a renseigné ces trois dernières parcelles comme étant les parcelles plantées dans sa demande de paiement.
6. La requérante, qui avait sollicité une autorisation de plantation, délivrée sous le n° 2020CD004269, pour deux parcelles culturales, d'une superficie respective de 1,0281 et 0,9818 hectares puis identifié géographiquement, pour le paiement de l'aide, les parcelles cadastrées AR 12 et AR 13, alors qu'elle a initialement déclaré avoir planté les parcelles AO 15, AO 18 et AO 22, demande que les informations rectificatives établies avec la direction générale des douanes soient prises en compte. Néanmoins, il résulte de cette déclaration douanière, établie le 16 février 2021, que la parcelle AR 12 a été plantée à hauteur de 1,05 hectares sur le fondement de l'autorisation n° 2018CD007703 et que la parcelle AR 13 a été plantée à hauteur de 45 ares sur le fondement de cette même autorisation et à hauteur de 83 ares sur le fondement de l'autorisation n° 2020CD004269. Alors que la superficie des parcelles finalement plantées ne correspond pas à la surface de plantation faisant l'objet de l'autorisation n° 2020CD004269 et que cette autorisation n'a été, en tout état de cause, que partiellement utilisée pour la plantation des parcelles AR 12 et AR 13, les modifications que la requérante souhaite voir prises en compte ne relèvent pas d'une erreur manifeste au sens des dispositions précitées. Dès lors, le moyen tiré de ce que FranceAgriMer aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage du droit à l'erreur manifeste ouvert par les dispositions citées au point 2 du présent jugement ne peut qu'être écarté.
7. Dès lors, les conclusions de l'EARL Villepayroux Forest tendant à l'annulation de la décision du 15 juillet 2021 et au versement, par voie de conséquence, d'une aide de 19 497 euros doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de FranceAgriMer, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par l'EARL Villepeyroux Forest au titre des frais exposés par elle en défense et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par l'EARL Villepeyroux Forest est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à l'EARL Villepeyroux Forest et à l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 avril 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026