lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104677 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SEP D'AVOCATS ARMANDET - LE TARGAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2021, Mme B A, représentée par Me Betrom, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Montpellier a décidé de fixer au 27 mai 2021 la date de consolidation de son état de santé suite à l'accident du travail survenu le 10 novembre 2020 et a fixé un taux d'incapacité permanente partielle de 2% ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Montpellier de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours suivant la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Montpellier la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision repose sur un rapport d'expertise dont elle n'a pas eu communication ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation : le médecin agréé, qui n'est pas un spécialiste, a fixé arbitrairement une date de consolidation de son état de santé au 27 mai 2021 alors même qu'elle a présenté un certificat médical final fixant une date de consolidation au 2 juillet 2021 ; le taux d'incapacité permanente partielle de 2% retenu ne correspond pas à son état de santé et n'est pas justifié.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2021, le centre hospitalier universitaire de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteur publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est aide-soignante au centre hospitalier universitaire de Montpellier. Le 10 novembre 2020, lors de la prise en charge d'un patient, elle a été victime d'un accident entraînant un traumatisme à la main gauche. Cet accident, reconnu imputable au service, a donné lieu à des prescriptions de soins sans arrêt de travail du 10 novembre 2020 au 2 juillet 2021. Par une décision du 1er juillet 2021 dont Mme A demande l'annulation, le centre hospitalier universitaire de Montpellier, suivant les conclusions du médecin agréé, a fixé une date de consolidation de son état de santé au 27 mai 2021 ainsi qu'un taux d'incapacité permanente partielle de 2%.
2. En premier lieu, si Mme A soutient qu'elle n'a pas eu communication du rapport de l'expert agréé suite au rendez-vous du 27 mai 2021, aucune disposition législative ou réglementaire n'oblige l'administration qui a saisi un expert de questions relatives à l'imputabilité d'un accident de service à communiquer ce rapport à l'intéressée. En tout état de cause, Mme A n'établit ni même n'allègue en avoir sollicité la communication. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de communication du rapport de l'expert doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. ".
4. La date de consolidation correspond au moment où les lésions se fixent et acquièrent un caractère permanent, ce qui permet alors d'apprécier le taux d'incapacité permanente partielle qui a résulté d'une pathologie ou d'un accident. La consolidation de l'état de santé ne peut, en revanche, être assimilée à la guérison et ne constitue pas davantage une circonstance impliquant nécessairement la fin des soins nécessités par cette pathologie ou cet accident. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur la date de consolidation retenue par l'autorité administrative.
5. Il ressort des pièces du dossier que pour fixer la date de consolidation et le taux d'incapacité permanente partielle de Mme A, le centre hospitalier universitaire de Montpellier s'est fondé sur les conclusions du 27 mai 2021 d'un médecin expert agréé spécialiste en réparation du dommage corporel lequel a pris en compte les examens médicaux réalisés par Mme A depuis son accident du travail. Le centre hospitalier fait ainsi valoir que selon les termes de l'expertise : " les soins du 10 novembre 2020 au 26 mai 2021 sont imputables au titre de l'accident du travail ", " Il n'y a plus à ce jour de prise en charge thérapeutique. Il persiste au jour de notre expertise une douleur à la compression de la base de M3 et M4. Nous consolidons Mme A au jour de notre expertise le 27 mai 2021. () Devant la persistance d'une palpation profonde douloureuse, nous consolidons Mme A avec des séquelles évaluées à 2% ". D'une part, en se bornant à produire un certificat médical final de son médecin généraliste daté du 2 juillet 2021, soit postérieurieurement à la décision en litige, fixant une date de guérison apparente avec possibilité de rechute au 2 juillet 2021, et à soutenir que la date du 27 mai 2021 a été " fixée arbitrairement par le Dr C ", qui au demeurant n'est pas le médecin expert qui l'a examinée, Mme A ne remet pas sérieusement en cause la date de consolidation retenue par le centre hospitalier, qui, ainsi qu'il a été dit plus haut, ne peut être assimilée à une guérison. D'autre part, si Mme A produit un certificat médical de son médecin généraliste daté du 2 septembre 2021 indiquant qu'elle présente des douleurs diffuses palmaires et dorsales de la main gauche depuis son accident, spontanées la nuit, lors de certains mouvements ou provoqués à la palpation, ce document à lui seul ne saurait établir que l'intéressée présentait une gêne fonctionnelle susceptible de justifier la fixation d'un taux d'incapacité partielle permanente supérieur à celui de 2% retenu par l'expert et le centre hospitalier. En outre, l'expert a relevé, pour fixer ce taux, la persistance d'une palpation profonde douloureuse dont Mme A se prévaut.
6. Par suite, le moyen tiré de ce que le centre hospitalier universitaire de Montpellier aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en fixant au 27 mai 2021 la date de consolidation de son accident du travail ainsi qu'un taux d'incapacité permanente partielle de 2% doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de Montpellier.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 novembre 2023.
Le greffier,
F. Balicki
N° 2304677fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026