mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL WALGENWITZ AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 septembre 2021 et le 10 janvier 2024, Mme B A, représentée par Me Passet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er septembre 2021, en tant, d'une part, qu'il reconnaît l'imputabilité au service de la pathologie de son épaule droite pour la période du 27 septembre 2017 au 1er janvier 2019 et, d'autre part, qu'il fixe la date de consolidation au 1er janvier 2019 ;
2°) d'enjoindre au département de l'Aude, à titre principal, de délivrer une décision de reconnaissance d'imputabilité au service de la pathologie de son épaule droite pour la période du 27 septembre 2017 au 19 septembre 2019 inclus, dans le délai d'un mois, à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, d'enjoindre au département de l'Aude de procéder au réexamen de sa demande, dans le délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Aude la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté est entaché d'un vice de procédure ;
- l'arrêté contesté, qui ne reconnaît pas la maladie professionnelle de l'épaule droite, pour la période allant du 1er janvier 2019 au 16 septembre 2019, est entaché d'erreur de droit ;
- pour le même motif, il est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- l'arrêté contesté, qui retient une date de consolidation au 1er janvier 2019, est entaché d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2024, le département de l'Aude, représenté par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Walgenwitz Avocats, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la requérante la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public ;
- les observations de Me Schneider, représentant Mme A ;
- et les observations de Me Constans, substituant Me Walgenwitz, représentant le département de l'Aude.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, qui est agent de maîtrise au sein du département de l'Aude depuis 2013, exerçait ses fonctions au sein de la structure accueil enfance de Narbonne en y effectuant des tâches d'agent d'entretien ménager. Par courrier du 29 janvier 2015, Mme A a effectué une demande de reclassement professionnel en raison de son état de santé. Le 8 juillet 2015, le comité médical départemental a émis un avis favorable à sa demande. En septembre 2015, Mme A a été affectée sur un poste de loge aménagé au sein du collège des Corbières Maritimes de la commune de Sigean. Le 6 avril 2017, Mme A a sollicité à nouveau son reclassement en raison de son état de santé. Par courrier du 27 septembre 2017, elle a introduit une demande de reconnaissance d'imputabilité au service d'une pathologie de l'épaule droite. Le 2 juillet 2019, la commission de réforme a donné un avis favorable à la prise en charge de la pathologie de l'épaule droite de la requérante au titre de la maladie professionnelle. Par un arrêté du 29 octobre 2019, le président du département de l'Aude a refusé de reconnaître la pathologie de Mme A comme étant imputable au service. Par un arrêté du 3 décembre 2018, l'intéressée a été placée en congé de longue maladie du 20 avril 2017 au 19 janvier 2019, prolongé jusqu'au 19 juillet 2019 par arrêté du 22 février 2019. Par un jugement n° 1906605, rendu le 2 juillet 2021, confirmé en appel le 25 octobre 2022, le tribunal a annulé l'arrêté du 29 octobre 2019 et a enjoint au président du conseil départemental de l'Aude de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie à l'épaule droite dont souffre Mme A. En exécution de ce jugement, le président du département de l'Aude a, par un arrêté du 1er septembre 2021, reconnu l'imputabilité au service de la pathologie de son épaule droite pour la période du 27 septembre 2017 au 1er janvier 2019 et a fixé la date de consolidation au 1er janvier 2019. Mme A, estimant que la période d'imputabilité de sa maladie professionnelle et la date de consolidation sont erronées, sollicite l'annulation partielle de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la période d'imputabilité au service de la maladie professionnelle :
2. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires applicable à la fonction publique territoriale : " Un fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 58. Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. (). ".
3. Mme A souffre d'une rupture partielle ou transfixiante de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite reconnue comme maladie professionnelle par l'arrêté en litige. Si le président du département de l'Aude a fixé la date de fin de ce congé de maladie à la date du 1er janvier 2019, il ne résulte pas de l'instruction que l'agent aurait repris ses fonctions à cette date. Au contraire, par les pièces versées au dossier, et notamment l'avis de la commission de réforme, la date de reprise est celle du 20 septembre 2019. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés, Mme A est fondée à soutenir que c'est en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 que l'arrêté contesté retient la date du 1er janvier 2019 comme date de fin de son congé lié à la prise en charge de la maladie professionnelle et non celle du 19 septembre 2019 et qu'il doit, dans cette mesure, être annulé.
En ce qui concerne la date de consolidation retenue :
4. Aux termes de l'article 37-17 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Lorsqu'il est guéri ou que les lésions résultant () de la maladie professionnelle sont stabilisées, le fonctionnaire transmet à l'autorité territoriale un certificat médical final de guérison ou de consolidation ".
5. Il ne résulte pas de l'instruction et notamment de l'expertise ordonnée par le département de l'Aude que la date de consolidation de l'état de Mme A doive être fixée au 1er janvier 2019, l'expert ayant indiqué l'absence de consolidation, à date de l'expertise, et renvoyé à une consolidation possible à compter du mois de janvier 2019 dans les suites d'une intervention chirurgicale. En outre, la commission de réforme, dans son avis du 2 juillet 2019, au regard des pièces médicales détenues, retient la date du 11 septembre 2019 comme date de consolidation de l'état de l'intéressée. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés, Mme A est fondée à soutenir que c'est à tort que l'arrêté contesté retient la date du 1er janvier 2019 et non celle du 11 septembre 2019 et qu'il doit, dans cette mesure, être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. Le présent jugement implique nécessairement que le département de l'Aude reconnaisse, d'une part, l'imputabilité au service de la maladie professionnelle de Mme A pour la période du 27 septembre 2017 au 19 septembre 2019 et, d'autre part, qu'il fixe la date de consolidation au 11 septembre 2019, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement sans qu'il soit besoin d'assortir cette mesure d'une quelconque astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme sollicitée par le département de l'Aude au titre de ses frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du département de l'Aude la somme que Mme A sollicite sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 1er septembre 2021 est annulé en tant, d'une part, qu'il reconnaît l'imputabilité au service de la pathologie de l'épaule droite de Mme A pour la seule période du 27 septembre 2017 au 1er janvier 2019 et, d'autre part, qu'il fixe la date de consolidation au 1er janvier 2019.
Article 2 : Il est enjoint au président du conseil départemental de l'Aude, d'une part, de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie professionnelle de Mme A pour la période du 27 septembre 2017 au 19 septembre 2019 et, d'autre part, de fixer la date de consolidation au 11 septembre 2019 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de l'Aude.
Délibéré à l'issue de l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
La rapporteure,
D. Teuly-DesportesLa présidente,
S. EncontreLa greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 30 janvier 2024,
La greffière,
C. Arce dl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026