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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2105010

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2105010

lundi 20 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2105010
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantDE ARANJO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 septembre, 29 octobre et 20 décembre 2021 et 6 février 2023, Mme B C, représentée par Me De Aranjo, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 15 septembre 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Montpellier l'a suspendue de ses fonctions et de rémunération à compter du 15 septembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Montpellier de communiquer aux parties les demandes de renouvellement des autorisations de mise sur le marché ainsi que les études médicales afférentes ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Montpellier une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient dans le dernier état de ses écritures que :

- l'obligation vaccinale prévue par la loi du 5 août 2021 est contraire aux engagements européens et internationaux de la France dès lors qu'elle impose à certains agents l'injection d'un produit en phase expérimentale et en phase 3 des essais cliniques ;

- le produit imposé à certains agents par la loi constitue juridiquement un vaccin qui est au stade expérimental, et au stade 3 des essais cliniques, devant encore faire l'objet d'études et d'essais cliniques jusqu'en 2023 ; en raison de la qualification juridique de ce vaccin, une injection suppose le consentement libre et éclairé recueilli par écrit après délivrance d'une information conformément à l'article L. 1122-1-1 du code de la santé publique ; les vaccins n'étant pas dénués de risques ainsi que le montrent les chiffres, un accord libre et éclairé du patient est nécessaire ;

- l'obligation vaccinale qui concerne des produits en phase 3 des essais cliniques viole le règlement CE n° 726/2004 du 31 mars 2004 ainsi que les règles éthiques prévues à l'article 3 de la directive 2001/20CE du 4 avril 2001 qui imposent de recueillir un consentement libre et éclairé avant toute injection d'un tel produit ;

- l'obligation vaccinale prévue par la loi viole également le droit de toute personne au respect de l'intégrité physique protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il n'existe pas de consensus scientifique sur l'efficacité des vaccins, les contre-indications ne sont pas appréciées au cas par cas, la sanction est disproportionnée et l'objection de conscience n'est pas reconnue ;

- l'Etat ne fait pas preuve de transparence dans le suivi de la phase 3 des vaccins anti-covid et les demandes de renouvellement des autorisations de mise sur le marché n'ont pas été transmises au public ; il appartient au juge administratif de demander la production de ces éléments afin de garantir la bonne information du public et aucune obligation vaccinale ne peut être légale sans transparence de l'Etat ;

- la suspension de la rémunération prévue par la loi du 5 août 2021 est également contraire aux engagements internationaux et européens de la France dès lors qu'elle ne prend pas en compte le dossier médical et est prononcée sans procédure contradictoire ;

- l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est méconnu en raison de la violation des droits de la défense ;

- l'interdiction de travailler qui s'attache à la mesure de suspension est contraire au droit international du travail, à la Charte sociale européenne et à l'article 15 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le principe d'égalité des citoyens devant la loi est méconnu et les stipulations des articles 9 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont violées ;

- l'absence de prise en compte de sa situation individuelle et médicale méconnaît également le droit européen et le droit constitutionnel ; la liste exhaustive des cas de contre-indication médicale à la vaccination viole le respect et l'inviolabilité du corps humain affirmé par le Conseil constitutionnel par une décision de 1994 ;

- le décret du 7 août 2021 ne liste pas l'ensemble des contre-indications à la vaccination figurant aux résumés des caractéristiques des produits et apparaît illégal en se substituant à l'appréciation du médecin et en violant l'obligation de respect et d'inviolabilité du corps humain ;

- la sanction automatique de l'obligation vaccinale est disproportionnée au regard du panel des sanctions existantes et de la possibilité de réorganiser les services ; l'agent n'a pas été mis en mesure de présenter son dossier médical et ne connaît pas la durée de la suspension ;

- elle est en arrêt maladie et la suspension dont elle fait l'objet est une violation directe de la loi ;

- elle travaille dans des bureaux éloignés des blocs opératoires à la sortie du complexe hospitalier, n'est pas au contact des malades, et elle ne fait pas partie du personnel soignant ;

- l'argumentation du centre hospitalier relative à la compétence liée dans laquelle il se trouverait pour prononcer une mesure de suspension est infondée ;

- la décision de suspension reste une sanction au sens du droit européen et aucune des règles et contraintes n'a été respectée en l'espèce alors que la mesure est plus lourde qu'un licenciement ;

- le principe de non-discrimination garanti par le droit européen est violé alors que le centre hospitalier n'apporte aucun chiffre sur la mortalité due au virus depuis la réorganisation des services.

Par mémoire, enregistré le 8 novembre 2021, le centre hospitalier universitaire de Montpellier, représenté par la SCP VPNG, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les conclusions dirigées contre la décision du 2 septembre 2021 sont irrecevables en tant qu'elles visent un acte qui n'est pas susceptible de recours ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la Constitution, notamment son Préambule ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte européenne des droits fondamentaux ;

- la Charte sociale européenne ;

- le règlement CE n° 726/2004 du Parlement européen et du Conseil du 31 mars 2004 ;

- la directive 2001/20/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 avril 2001 ;

- le code civil ;

- le code de l'environnement ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- la loi n° 2021-689 du 31 mai 2021 ;

- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;

- le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 ;

- le décret n° 2021-1059 du 7 août 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 6 mars 2023 :

- le rapport de M. A ;

- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public ;

- les observations de Me De Aranjo, représentant Mme C ;

- et les observations de Me Lalubie, pour le centre hospitalier universitaire de Montpellier.

Considérant ce qui suit :

Sur l'étendue du litige :

1. Par une décision du 15 septembre 2021 le directeur général du centre hospitalier universitaire de Montpellier a suspendu de ses fonctions Mme C, adjointe administrative hospitalière titulaire, à compter du même jour, avec interruption du versement de son traitement jusqu'à la date de production par l'intéressée d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination. Par sa requête, la requérante demande dans le dernier état de ses écritures l'annulation de cette décision. Toutefois par une décision du 8 octobre 2021, le directeur général du centre hospitalier universitaire de Montpellier, tenant compte d'un arrêt maladie de l'agent, l'a suspendu de ses fonctions à compter du 14 octobre 2021 avec interruption du versement de son traitement jusqu'à la date de production par l'intéressée d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination.

2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée ou modifiée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, et qui n'est pas définitive, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Dans ces conditions, les conclusions de la requête doivent être regardées comme dirigées contre les décisions des 5 septembre et 8 octobre 2021.

Sur la légalité des décisions contestées :

3. Mme C soutient que la loi du 5 août 2021, en instituant une obligation de vaccination contre la Covid-19 méconnait le principe d'égalité et les articles 8, 9 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. D'une part, et contrairement à que soutient la requérante, les dispositions contestées de la loi s'appliquent de manière identique à l'ensemble des personnes qui exercent leur activité professionnelle au sein des établissements de santé, qu'elles fassent ou non partie du personnel soignant et soient ou non en contact avec le public. D'autre part, si la loi du 5 août 2021 fait obligation aux personnes exerçant leur activité au sein d'un établissement de santé de justifier d'une vaccination contre la covid-19 pour être autorisées à y travailler, il exempte de cette obligation les personnes justifiant d'une contre-indication médicale reconnue. Le III de l'article 14 de cette même loi prévoit expressément, pour sa part, les conséquences des choix individuels de ne pas se soumettre à cette obligation vaccinale. Il en résulte que ces dispositions n'imposent pas impérativement, par elles-mêmes, à chacune des personnes concernées de se faire vacciner en portant atteinte à leur liberté de conscience.

5. Il résulte de ce qui précède que la requérante ne saurait utilement soutenir que la loi du 5 août 2021 méconnaitrait le principe d'égalité, les articles 8, 9, 14 de la Convention européenne des droits de l'homme, et qu'elle serait discriminatoire.

6. Il est constant que les vaccins contre la covid-19 administrés en France ont fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché conditionnelle de l'agence européenne du médicament, qui procède à un contrôle strict des vaccins afin de garantir que ces derniers répondent aux normes européennes en matière de sécurité, d'efficacité et de qualité et soient fabriqués et contrôlés dans des installations agréées et certifiées. Contrairement à ce que soutient la requérante, ils ne sauraient dès lors être regardés comme des médicaments expérimentaux au sens de l'article L. 5121-1-1 du code de la santé publique, ou comme des essais cliniques. Sont, par suite, infondés les moyens tirés de ce qu'en imposant une vaccination par des médicaments expérimentaux où au stade d'essai clinique, la loi du 5 août 2021 méconnaîtrait le règlement n° 726/2004/CE du Parlement européen et du Conseil, du 31 mars 2004, la directive 2001/20/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 avril 2001 et porterait atteinte au droit à l'intégrité physique garanti par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

7. Aux termes de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " I. - Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : 1° Les personnes exerçant leur activité dans : a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique ainsi que les hôpitaux des armées mentionnés à l'article L. 6147-7 du même code ; () ". Aux termes de l'article 13 de cette loi : " I. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 établissent : 1° Satisfaire à l'obligation de vaccination en présentant le certificat de statut vaccinal prévu au second alinéa du II du même article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent 1°, peut être présenté, pour sa durée de validité, le certificat de rétablissement prévu au second alinéa du II de l'article 12. Avant la fin de validité de ce certificat, les personnes concernées présentent le justificatif prévu au premier alinéa du présent 1°. / Un décret détermine les conditions d'acceptation de justificatifs de vaccination, établis par des organismes étrangers, attestant de la satisfaction aux critères requis pour le certificat mentionné au même premier alinéa ; / 2° Ne pas être soumises à cette obligation en présentant un certificat médical de contre-indication. Ce certificat peut, le cas échéant, comprendre une date de validité. / II. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 justifient avoir satisfait à l'obligation prévue au même I ou ne pas y être soumises auprès de leur employeur lorsqu'elles sont salariées ou agents publics. () III. - Le certificat médical de contre-indication mentionné au 2° du I du présent article peut être contrôlé par le médecin conseil de l'organisme d'assurance maladie auquel est rattachée la personne concernée. Ce contrôle prend en compte les antécédents médicaux de la personne et l'évolution de sa situation médicale et du motif de contre-indication, au regard des recommandations formulées par les autorités sanitaires. / IV. - Les employeurs et les agences régionales de santé peuvent conserver les résultats des vérifications de satisfaction à l'obligation vaccinale contre la covid-19 opérées en application du deuxième alinéa du II, jusqu'à la fin de l'obligation vaccinale. / Les employeurs et les agences régionales de santé s'assurent de la conservation sécurisée de ces documents et, à la fin de l'obligation vaccinale, de la bonne destruction de ces derniers. / V. - Les employeurs sont chargés de contrôler le respect de l'obligation prévue au I de l'article 12 par les personnes placées sous leur responsabilité. ". Aux termes de l'article 14 de la même loi : " I. - A. - A compter du lendemain de la publication de la présente loi et jusqu'au 14 septembre 2021 inclus, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12 ou le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 prévu par le même décret. / B. - A compter du 15 septembre 2021, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent B, à compter du 15 septembre 2021 et jusqu'au 15 octobre 2021 inclus, sont autorisées à exercer leur activité les personnes mentionnées au I de l'article 12 qui, dans le cadre d'un schéma vaccinal comprenant plusieurs doses, justifient de l'administration d'au moins une des doses requises par le décret mentionné au II du même article 12, sous réserve de présenter le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 prévu par le même décret. () III. - Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. / La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit. / La dernière phrase du deuxième alinéa du présent III est d'ordre public. Lorsque le contrat à durée déterminée d'un agent public non titulaire est suspendu en application du premier alinéa du présent III, le contrat prend fin au terme prévu si ce dernier intervient au cours de la période de suspension. ".

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a bénéficié d'un arrêt de travail renouvelé jusqu'au 13 octobre 2021 et que le centre hospitalier l'a informée, par courrier du 8 octobre 2021, que la mesure de suspension contestée avec interruption de versement de traitement serait reportée et ne prendrait effet qu'au premier jour de sa reprise, soit le 14 octobre 2021. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que son arrêt maladie faisait obstacle à sa suspension.

9. Il ressort des énonciations des décisions en litige qu'elles ont été prises sur le fondement des dispositions mentionnées au point 7 ci-dessus. Cette mesure de suspension sans rémunération, expressément prévue par le III de l'article 14 de la loi du 5 août 2021, s'analyse comme une mesure prise dans l'intérêt de la santé publique, destinée à lutter contre la propagation de l'épidémie de covid-19 dans un objectif de maîtrise de la situation sanitaire, et n'a pas vocation à sanctionner un éventuel manquement ou agissement fautifs commis par cet agent, qui demeure par ailleurs soumis aux dispositions relatives aux droits et obligations conférés aux agents publics, particulièrement à celles de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que cette mesure de suspension aurait le caractère d'une sanction édictée au terme d'une procédure irrégulière en méconnaissance des droits de la défense et qu'elle serait disproportionnée.

10. Il résulte des dispositions précitées de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire que l'employeur doit prendre une mesure de suspension de fonction sans rémunération, expressément prévue par le III de l'article 14 de la loi du 5 août 2021, lorsqu'il constate que l'agent public concerné ne peut plus exercer son activité en application du I de cet article, laquelle s'analyse non pas comme une sanction mais comme une mesure prise dans l'intérêt de la santé publique, destinée à lutter contre la propagation de l'épidémie de covid-19 dans un objectif de maîtrise de la situation sanitaire. Ainsi, l'agent public qui refuse de se conformer à l'obligation vaccinale instituée par l'article 12 de la loi du 5 août 2021, et qui ne se trouve pas dans les exceptions prévues par celui-ci, se place lui-même dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Dès lors, l'autorité hiérarchique est en situation de compétence liée pour prononcer la suspension d'un agent public exerçant dans l'un des établissements mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique qui ne produit pas de justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination. Il résulte de l'instruction que Mme C n'a pas produit un tel justificatif. Par suite, le directeur du centre hospitalier universitaire de Montpellier était tenu de prononcer sa suspension, en application des dispositions précitées de la loi, et tous les autres moyens invoqués contre cette suspension sont inopérants.

11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense et d'ordonner la communication de pièces supplémentaires, qu'il y a lieu de rejeter la demande d'annulation de Mme C.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le centre hospitalier universitaire de Montpellier, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à la requérante la somme qu'elle demande. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de la requérante à ce titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire de Montpellier relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au centre hospitalier universitaire de Montpellier.

Délibéré après l'audience du 6 mars 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Rabaté, président,

- Mme Pastor, première conseillère,

- Mme Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2023.

Le président,

V. A

L'assesseure la plus ancienne,

I. Pastor

Le greffier,

F. Balicki

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 21 mars 2023.

Le greffier,

F. Balicki

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