jeudi 28 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105048 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2021, M. B A, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 4 janvier 2021 portant refus des conditions matérielles d'accueil, ensemble la décision de rejet implicite de son recours gracieux du 18 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil ;
3°) de condamner l'Etat à payer la somme de 1 500 euros à son conseil au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, ce règlement emportant renonciation à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen réel et complet de sa situation ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'étant cru en situation de compétence liée ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a été légitimement empêché de présenter sa demande dans le délai de 90 jours et que sa situation personnelle justifiait l'octroi des conditions matérielles d'accueil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision de la présidente du bureau d'aide juridictionnelle du 23 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, première conseillère,
- et les observations de Me Brûlé, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 7 janvier 1996, déclare être entré en France le 3 août 2020. Il a présenté une demande d'asile, qui a été enregistrée en procédure accélérée le 4 janvier 2021. Par une décision du même jour, remise en mains propres, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil, au motif que sa demande d'asile avait été déposée plus de 90 jours après son entrée en France. Par un courrier reçu le 18 janvier 2021, M. A a saisi l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'un recours gracieux, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision du 4 janvier 2021, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. La décision attaquée vise le 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur et l'article D. 744-37 du même code, dont l'Office français de l'immigration et de l'intégration a fait application pour refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. A et mentionne que ce dernier a, sans motif légitime, déposé sa demande d'asile plus de 90 jours après son entrée en France. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et est par suite suffisamment motivée, même si elle ne mentionne pas les éléments de la situation personnelle du demandeur pris en compte au titre de l'examen de sa vulnérabilité. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui n'est opérant qu'à l'encontre de la décision initiale, doit dès lors être écarté.
3. Il ressort des pièces du dossier que l'édiction de la décision contestée a été précédée d'un entretien au cours duquel les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ont questionné le requérant sur sa situation personnelle, aux fins notamment d'évaluer sa vulnérabilité, et dont il a été établi un compte rendu sous forme d'une fiche d'évaluation de vulnérabilité. Ainsi les moyens tirés de ce que la décision n'aurait pas été précédée d'un examen réel de sa situation et que le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration se serait cru en situation de compétence liée doivent être écartés.
4. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors en vigueur : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : () / 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. () ". Aux termes du III de l'article L. 723-2 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " L'office statue également en procédure accélérée lorsque l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile constate que : / () 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; () ". Aux termes de l'article D. 744-37 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile peut être refusé par l'Office français de l'immigration et de l'intégration : / () / 2° Si le demandeur, sans motif légitime, n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2 ; / () ".
5. Ainsi qu'il a été dit, M. A est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 3 août 2020. Il n'a déposé sa demande d'asile au guichet unique de la préfecture que le 4 janvier 2021, soit après l'expiration du délai de 90 jours prévu par le 3° du III de l'article L. 723-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur et auquel renvoient les dispositions de l'article L. 744-8 du même code. L'intéressé fait valoir qu'il n'a pu honorer le rendez-vous qui lui avait été initialement fixé pour le dépôt de sa demande d'asile, le 27 octobre 2020, à cause d'un retard de train, puis évoque la période de confinement, déclarée à compter du 28 octobre 2020, qui s'est terminée le 15 décembre 2020. Toutefois, M. A ne produit aucun élément susceptible d'établir le caractère légitime, d'une part, de son absence au rendez-vous qui lui avait été initialement fixé et, d'autre part, de son impossibilité de se représenter dans une structure de premier accueil pour demandeur d'asile, dès lors qu'ainsi que le rappelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration dans son mémoire en défense, les services publics sont restés ouverts pendant cette période de confinement, au cours de laquelle les déplacements pour se rendre à des convocations administratives étaient autorisés. Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme justifiant d'un motif légitime au sens de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, justifiant le dépôt tardif de sa demande d'asile. C'est donc sans méconnaître lesdites dispositions que le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé, pour ce motif, de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
6. Aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors en vigueur : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables./ L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. / L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier qu'au cours de l'entretien dont a bénéficié le requérant à la suite de l'enregistrement de sa demande d'asile, il a indiqué être hébergé par un tiers de manière précaire et a fait état de la présence en France de ses deux frères. Il n'a fait état d'aucun problème de santé. Dans ces conditions, la seule circonstance que, compte tenu de l'insuffisance de ses ressources, il a été contraint de créer une autoentreprise de livraison de repas à domicile, ne permet pas d'établir que l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa vulnérabilité.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de la décision prise par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 4 janvier 2021, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux, doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.
La rapporteure,
M. Couégnat
La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 décembre 2023.
La greffière,
M. C 00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026