jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105082 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HEMEURY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 septembre et 20 octobre 2021, Mme A B, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° ARM 2021-125 du 26 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Baillargues ne s'est pas opposé à la déclaration de travaux déposée par M. C E ainsi que la décision de rejet implicite de son recours gracieux du 28 mai 2021 ;
2°) de condamner la commune de Baillargues et M. C E au paiement des entiers dépens ;
3°) de lui allouer la somme de 1 000 euros au titre du préjudice moral découlant de cette procédure qu'elle a été contrainte d'engager pour faire valoir ses droits.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle est formée dans les délais de recours, qu'elle a été notifiée au bénéficiaire de la déclaration préalable et qu'elle détient un intérêt à agir ; la construction prend appui sur le mur mitoyen et est visible depuis sa parcelle ; elle est voisine immédiate du projet litigieux et la construction est visible depuis sa parcelle et elle se retrouve du fait des travaux en mitoyenneté avec la villa de son voisin ;
- M. E a fraudé pour obtenir l'autorisation administrative en omettant de préciser que la parcelle se situait dans un lotissement, l'indication d'une construction d'un abri de voiture ouvert et couvert alors qu'en réalité les travaux nécessitent un permis de construire ; le dépôt de cette seconde déclaration préalable, après l'achèvement des travaux, ne résulte que de son signalement à la commune des infractions réalisées.
- la décision méconnait l'article UD7 du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation de la construction par rapport aux limites séparatives, le pétitionnaire n'apporte pas la preuve d'avoir fourni aux services instructeurs " l'accord du propriétaire voisin par acte sous seing privé donné à titre définitif " exigé par l'article 1 UD7 du plan local d'urbanisme pour permettre la construction ou l'extension d'un bâtiment joignant la limite séparative.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 mars 2022 et 12 avril 2023, la commune de Baillargues, représentée par Me Hemeury, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à surseoir à statuer aux fins de mise en œuvre d'une procédure de régularisation sur le fondement des articles L. 600-5 et suivants du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1 UD7 est inopérant car les travaux déclarés n'ont pas pour objet la construction ou l'extension d'un bâtiment joignant la limite séparative ;
- l'autre moyen invoqué n'est pas fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, M. C E, représenté par Me Durand, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1 UD7 est inopérant car son projet est situé à l'intérieur du lotissement, conformément aux exceptions prévues par le plan local d'urbanisme ;
- l'autre moyen invoqué n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, première conseillère,
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,
- les observations de Me Hemeury, représentant la commune de Baillargues et de Me Durand, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 février 2021, M. E a déposé auprès de la commune de Baillargues, dont il est le maire, une déclaration préalable de travaux portant sur " des modifications des clôtures et des façades, la création de deux vérandas et divers travaux d'aménagement et de construction " de la maison dont il est propriétaire 3 rue du Mas. Par un arrêté du 26 mars 2021 une décision de non-opposition à travaux a été prise. Mme B, propriétaire de la maison voisine, a adressé à la commune, le 28 mai 2021, un recours gracieux tendant au retrait de cet arrêté. Par la présente requête, Mme B demande, d'une part l'annulation de l'arrêté du 26 mars 2021 et de la décision implicite de rejet opposée à son recours gracieux, d'autre part l'indemnisation de son préjudice moral.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Pour établir l'existence de la fraude alléguée, Mme B soutient que le pétitionnaire a intentionnellement " omis de préciser que la parcelle se situait dans un lotissement, l'indication d'une construction d'un abri de voiture ouvert et couvert alors qu'en réalité les travaux nécessitent un permis de construire ". Elle fait également valoir que le dépôt de cette seconde déclaration préalable, après l'achèvement de l'ensemble des travaux, résulte de son signalement à la commune des infractions réalisées.
3. Contrairement à ce que soutient Mme B, le pétitionnaire a bien indiqué dans sa déclaration préalable que son terrain se situait dans un lotissement et la déclaration préalable en litige n'a pas pour objet la construction d'un abri voiture sur la limite séparative, dont elle mentionne bien l'existence, sa réalisation ayant fait l'objet d'une précédente déclaration préalable, déposée le 31 octobre 2019, et d'un arrêté de non opposition du 8 novembre 2019 devenu définitif. La circonstance que la déclaration en litige ait été déposée pour régulariser des travaux effectués ne saurait en elle-même être constitutive d'une fraude. Si Mme B évoque la nécessité d'un permis de construire, elle ne précise pas sur quels éléments elle se fonde, alors qu'il est constant que la déclaration préalable prévoit la création d'une surface de plancher de 32,37 m2, relevant ainsi du champ d'application de la déclaration préalable en zone urbaine, en application du f de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme. Enfin, et en tout état de cause, Mme B ne précise pas à quelle prescription d'urbanisme la fraude aurait pour but d'échapper. Le moyen invoqué tiré de l'existence d'une fraude doit donc être écarté.
4. Aux termes de l'article 1 UD7 du règlement du plan local d'urbanisme de Baillargues : " La distance comptée horizontalement de tout point d'un bâtiment nouveau au point le plus proche des limites séparatives de la parcelle doit être au moins égale à 3 mètres et jamais inférieure à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points. / Toutefois la construction ou l'extension d'un bâtiment joignant la limite séparative est admise : - A condition d'un accord du propriétaire voisin par acte sous seing privé donné à titre définitif. - Lorsqu'il peut être adossé à un bâtiment existant sur le fonds voisin et de gabarit sensiblement identique et à condition d'un accord du propriétaire voisin par acte sous seing privé donné à titre définitif ; - A l'intérieur d'un plan de masse de lotissement ou de groupe d'habitations à l'exception des limites du terrain sur lequel est réalisée l'opération, où seuls peuvent s'appliquer les 2 cas précédents ; - Lorsque les propriétaires voisins s'entendent pour réaliser simultanément un projet d'ensemble présentant une unité architecturale (). ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe à l'intérieur du plan de masse du lotissement Ivoire autorisé le 28 janvier 1987, dont il ne jouxte pas les limites. Dans ces conditions, il résulte des dispositions du plan local d'urbanisme citées au point précédent que la construction ou l'extension sur ce terrain d'un bâtiment joignant la limite séparative pouvait être admise sans être conditionnée à l'obtention de l'accord du propriétaire voisin. Le moyen tiré de ce que le pétitionnaire n'apporte pas la preuve qu'il a fourni aux services instructeurs " l'accord du propriétaire voisin par acte sous seing privé donné à titre définitif " est donc, en tout état de cause, inopérant.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable du 26 mars 2021 doivent être rejetées, ainsi que celles dirigées contre la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. En l'absence d'illégalité des décisions contestées et sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, les conclusions indemnitaires de Mme B, qui doivent être regardées comme fondées sur la responsabilité pour faute de la commune, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de Mme B tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de la commune de Baillargues sont sans objet et doivent donc être rejetées.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de Mme B les sommes que la commune de Baillargues et M. E demandent sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Baillargues et par M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la commune de Baillargues et à M. C E.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La rapporteure
M. Couégnat La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 8 février 2024.
La greffière,
M. D
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026