jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105153 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BROC |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant-dire droit en date du 30 juin 2022, le tribunal a sursis à statuer sur la requête n° 2105153 présentée par Mme B et M. A, sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et a accordé un délai de deux mois à la société Quintessence, pour régulariser le vice entachant le permis de construire qui lui a été accordé le 13 avril 2021 par le maire de Béziers.
Par un mémoire enregistré le 12 juillet 2022, la société civile de construction vente Quintessence, représentée par Me Broc, fait valoir qu'elle ne sera pas en mesure de procéder à la régularisation de son projet, dont les conditions économiques ne sont plus réunies, compte tenu de l'exigence d'un nombre d'emplacements de stationnement supérieur à celui qu'elle avait projeté. Elle précise que son intention est de déposer une nouveau permis de construire dans le cadre du nouveau plan local d'urbanisme de la commune applicable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe, première conseillère,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Broc, représentant la société Quintessence.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 13 avril 2021 le maire de la commune de Béziers a délivré à la SCCV Quintessence un permis de construire un ensemble de 48 logements collectifs valant également autorisation de démolition de constructions existantes sur le terrain et division de l'unité foncière. Par une décision implicite née le 14 août 2021, il a rejeté le recours gracieux tendant au retrait de cet arrêté
2. Par jugement avant dire droit visé ci-dessus, le tribunal administratif de Montpellier, après avoir retenu le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme, compte tenu de ce que le projet prévoit la réalisation de 53 places de stationnement alors que, constituant une opération d'ensemble, il impliquait la réalisation de 84 places de stationnement, a décidé, après avoir écarté la fin de non-recevoir opposée en défense ainsi que les autres moyens de la requête, de surseoir à statuer sur la légalité de l'arrêté attaqué et a imparti au pétitionnaire un délai de deux mois à compter de la notification du jugement pour procéder, le cas échéant, à la régularisation du permis de construire.
En ce qui concerne la régularisation du permis de construire initial :
3. Selon l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé par un permis modificatif peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation. Si un tel permis modificatif est notifié dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. ". Ainsi, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
4. Il appartient au juge, lorsqu'il se prononce à l'issue du sursis à statuer résultant des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de déterminer si le ou les moyens qu'il a retenus dans son jugement avant dire droit demeurent fondés. Il lui appartient également d'examiner les moyens invoqués, le cas échéant, par le requérant, pour contester la mesure de régularisation qui lui a été communiquée, tenant à ses vices propres ou à l'absence de régularisation.
5. Par son mémoire enregistré le 12 juillet 2022, la société pétitionnaire, la SCCV Quintessence, a informé le tribunal de ce qu'elle n'était pas en mesure de procéder à la régularisation de son projet. Dans ces conditions, en l'absence de régularisation de l'autorisation d'urbanisme attaquée dans le délai imparti pour ce faire, il y a lieu d'annuler l'arrêté du 13 avril 2021 par lequel le maire de Béziers a délivré à la société Quintessence un arrêté, valant permis de construire un ensemble de 48 logements collectifs, autorisation de démolition de constructions existantes sur le terrain, et division de l'unité foncière, en tant qu'il autorise la construction de l'ensemble immobilier de 48 logements collectifs ainsi que la décision implicite rejetant le recours gracieux des requérants, en tant qu'elle rejette leur demande tendant au retrait du permis de construire.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision contestée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B et M. A sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 13 avril 2021, en tant qu'il vaut permis de construire un ensemble de 48 logements collectifs, ainsi que de la décision rejetant leur recours gracieux, en tant qu'elle rejette leur demande tendant au retrait du permis de construire.
Sur les frais liés au litige :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ".
9. Les dispositions précitées font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B et M. A, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, une quelconque somme que ce soit au titre des frais exposés par la société pétitionnaire et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Béziers une somme de 1 500 euros à verser à Mme B et M. A, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens, sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 13 avril 2021, en tant qu'il vaut permis de construire un ensemble de 48 logements collectifs, ainsi que la décision de rejet du recours gracieux, en tant qu'elle rejette la demande tendant au retrait du permis de construire, sont annulés.
Article 2 : La commune de Béziers versera à Mme B et M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la société Quintessence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à M. A, à la commune de Béziers et à la SCCV Quintessence.
Copie en sera adressée au procureur de la République.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rigaud, présidente,
Mme Crampe, première conseillère,
M. Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure
S. Crampe La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 décembre 2022.
La greffière,
A. Junon
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026