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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2105172

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2105172

mardi 10 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2105172
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantCHAPELLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi du 4 octobre 2021, enregistrée au greffe du tribunal le 4 octobre 2021, la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif d'Orléans a transmis au tribunal, en application des articles R. 312-10 et R. 351-3 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 22 septembre 2021, présentée par la société ERT Technologies.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif d'Orléans le 22 septembre 2021, la société ERT Technologies, représentée par Me Chapelle, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 juillet 2021 par laquelle le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités du Centre-Val de Loire a prononcé à son encontre, en application des articles L. 1264-1, L. 1264-2 et L. 1264-3 du code du travail, une amende administrative d'un montant de 5 600 euros pour non-respect de l'obligation de vigilance prévue à l'article L. 1262-4-1 I du même code ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- la décision en litige émane d'une autorité incompétente dès lors que l'autorité compétente en matière de sanction administrative reste le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE), comme le prévoient les articles R. 8115-1 et suivants du code du travail ;

- la décision attaquée n'a pas de fondement dès lors qu'aucun défaut de vigilance ne saurait être retenu à son égard.

Par un mémoire enregistré le 19 janvier 2022, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités du Centre-Val de Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la société ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le Traité sur l'Union européenne ;

- le Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;

- le code du travail ;

- le décret n° 2020-1545 du 9 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Lafay, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société ERT Technologies, dont le siège social se situe à Montpellier, a pour activité la construction de réseaux électriques et de télécommunications. Les 10 et 11 octobre 2019, l'inspecteur du travail, dans le cadre de prestations de service international, a procédé à un contrôle dans les communes de Chécy et de Fleury les Aubrais (Loiret) et a relevé à l'encontre de la société ERT Technologies l'absence de déclarations de détachement pour trois salariés de la société Mfibras Techonologias Unipessoal. Par ailleurs, lors d'un autre contrôle réalisé le 26 novembre 2019, l'inspecteur du travail a conclu à l'absence de déclaration d'un salarié de la société Rsil. Estimant que la société requérante avait manqué à son obligation de vigilance qui incombe en application des dispositions de l'article L. 1262-4-1 du code du travail, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités du Centre-Val de Loire lui a, par la décision attaquée du 20 juillet 2021, infligé, sur le fondement des articles L. 1264-1, L. 1264-2 et L. 1264-3 du code du travail, une amende d'un montant de 5 600 euros. La société ERT Technologies demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Selon le premier alinéa de l'article L. 1264-3 du code du travail : " L'amende administrative mentionnée aux articles L. 1264-1 et L. 1264-2 est prononcée par l'autorité administrative compétente, après constatation par un des agents de contrôle de l'inspection du travail mentionnés aux articles L. 8112-1 et L. 8112-5. " Aux termes de l'article R. 8115-1 du code du travail : " Lorsqu'un agent de contrôle de l'inspection du travail constate l'un des manquements aux obligations mentionnées à la section 2 du présent chapitre, il transmet au directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi un rapport sur le fondement duquel ce dernier peut décider de prononcer une amende administrative. ".

3. Le décret susvisé n° 2020-1545 du 9 décembre 2020 a fixé une nouvelle organisation des services déconcentrés de l'Etat compétents dans le champ de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités. L'unité départementale de la DIRECCTE et la direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) ont fusionné pour créer une nouvelle entité, la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS). L'article 28 du décret précité dont l'article 30 a fixé l'entrée en vigueur au 1er avril 2021 prévoit que : " () X.-Dans l'ensemble des dispositions réglementaires en vigueur, à l'exception de l'article 14-1 du décret du 20 août 2003 susvisé, les références : 1° Aux directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi et aux directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale et à leurs directeurs, sont remplacées par des références, respectivement, aux directions régionales de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités et à leurs directeurs ; 2° A l'unité départementale de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi sont remplacées par les références à la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités ou à la direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations, et, à Paris et dans les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, par des références à l'unité départementale de la directions régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités ; () ". Ainsi, à la référence contenue à l'article R. 8115-1 du code du travail de " directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi " a été substituée, au 1er avril 2021, celle de " directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités ". Par suite, la décision en litige signée par M. B A en sa qualité de directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la région Centre-Val de Loire, nommé par un arrêté du ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion du 25 mars 2021, était compétent pour prendre la décision attaquée. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit donc être écarté.

4. Les articles L. 1262-1 et L. 1262-2 du code du travail permettent dans certaines conditions à un employeur établi hors de France de détacher temporairement des salariés sur le territoire national. Aux termes de l'article L. 1262-2-1 du code du travail : " I.-L'employeur qui détache un ou plusieurs salariés, dans les conditions prévues aux 1° et 2° de l'article L. 1262-1 et à l'article L. 1262-2, adresse une déclaration, préalablement au détachement, à l'inspection du travail du lieu où débute la prestation. II.-L'employeur mentionné au I du présent article désigne un représentant de l'entreprise sur le territoire national, chargé d'assurer la liaison avec les agents mentionnés à l'article L. 8271-1-2 [c'est-à-dire avec les agents de contrôle compétents en matière de travail illégal] pendant la durée de la prestation. () ". Aux termes de l'article L. 1262-4-1 du code du travail : " I.-Le donneur d'ordre ou le maître d'ouvrage qui contracte avec un prestataire de services qui détache des salariés, dans les conditions mentionnées aux articles L. 1262-1 et L. 1262-2, vérifie auprès de ce dernier, avant le début du détachement, qu'il s'est acquitté des obligations mentionnées aux I et II de l'article L. 1262-2-1. ()". L'article R. 1263-3 du code du travail prévoit que " L'employeur qui détache un ou plusieurs salariés, dans les conditions prévues au 1° de l'article L. 1262-1, adresse, une déclaration comportant les éléments suivants : () 2° L'adresse du ou des lieux successifs où doit s'accomplir la prestation, la date du début de la prestation et sa date de fin prévisible, l'activité principale exercée dans le cadre de la prestation, la nature du matériel ou des procédés de travail dangereux utilisés, le nom et l'adresse du donneur d'ordre ainsi que, le cas échéant, son numéro individuel d'identification fiscale au titre de l'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée ; () ". Aux termes de l'article R. 1263-12 du code précité : " Le maître d'ouvrage ou le donneur d'ordre qui contracte avec un employeur établi hors de France demande à son cocontractant, avant le début de chaque détachement d'un ou de plusieurs salariés, les documents suivants : a) L'accusé de réception de la déclaration de détachement effectuée sur le télé-service " SIPSI " du ministère chargé du travail, conformément aux articles R. 1263-5 et R. 1263-7 ; b) Une attestation sur l'honneur certifiant que le cocontractant s'est, le cas échéant, acquitté du paiement des sommes dues au titre des amendes prévues aux articles L. 1263-6, L. 1264-1, L. 1264-2 et L. 8115-1. Cette attestation comporte les nom, prénom, raison sociale du cocontractant et la signature de son représentant légal. Le maître d'ouvrage ou le donneur d'ordre est réputé avoir procédé aux vérifications mentionnées à l'article L. 1262-4-1 dès lors qu'il s'est fait remettre ces documents. ".

5. Aux termes de l'article L. 1264-2 du code du travail : " I.- Le maître d'ouvrage () est passible d'une amende administrative, dans les conditions prévues à l'article L. 1264-3 : / 1° En cas de méconnaissance d'une des obligations mentionnées au I de l'article L. 1262-4-1, lorsque son cocontractant n'a pas rempli au moins l'une des obligations lui incombant en application de l'article L. 1262-2-1 ; / () / ". Aux termes de l'article L. 1264-3 de ce code : " L'amende administrative mentionnée aux articles L. 1264-1 et L. 1264-2 est prononcée par l'autorité administrative compétente, après constatation par un des agents de contrôle de l'inspection du travail mentionnés aux articles L. 8112-1 et L. 8112-5. / Le montant de l'amende est d'au plus 4 000 € par salarié détaché (). Le montant total de l'amende ne peut être supérieur à 500 000 €. / Pour fixer le montant de l'amende, l'autorité administrative prend en compte les circonstances et la gravité du manquement, le comportement de son auteur, notamment sa bonne foi, ainsi que ses ressources et ses charges. / Le délai de prescription de l'action de l'administration pour la sanction du manquement par une amende administrative est de deux années révolues à compter du jour où le manquement a été commis. / L'employeur, le maître d'ouvrage ou le donneur d'ordre peut contester la décision de l'administration devant le tribunal administratif, à l'exclusion de tout recours hiérarchique. / () ".

6. Il résulte des dispositions citées au point 4 que le maître d'ouvrage ou le donneur d'ordre qui recourt au travail de salariés étrangers détachés en France est tenu à une obligation de vigilance consistant, d'une part, à vérifier, préalablement au début du détachement des salariés par le prestataire de services avec qui il a contracté, que ce dernier les a déclarés auprès de l'administration et a désigné un représentant de l'entreprise sur le territoire national et, d'autre part, si ce prestataire ne lui remet pas une copie de la déclaration préalable au détachement, à adresser, dans les quarante-huit heures suivant le début du détachement, aux services compétents de l'inspection du travail une déclaration, contenant les informations requises à l'article R. 1263-14 du code du travail, permettant d'identifier son cocontractant ainsi que le lieu et la date de la prestation. Dans l'hypothèse où il n'a pas satisfait à l'une ou l'autre composante de l'obligation de vigilance qui lui incombe, le maître d'ouvrage ou le donneur d'ordre est passible d'une amende administrative fixée en fonction du nombre de salariés détachés.

7. Il résulte de l'instruction que la société Mfibras Techonologias Unipessoal a présenté une déclaration de détachement de salariés étrangers mentionnant comme lieu d'intervention sur la période du 7 au 20 octobre 2019, au 195, rue Marcellin Berthelot à Fleury les Aubrais (45400). Le contrôle effectué par l'inspecteur du travail le 10 octobre 2019 dans le cadre de prestations de service international a mis en évidence qu'aucune intervention n'était réalisée à cette adresse. L'autre déclaration de détachement mentionne un lieu d'intervention sur la période du 21 octobre au 3 novembre 2019, au 307, rue de Chécy à Chécy, adresse inexistante dans cette commune. Le 11 octobre 2019, l'inspecteur du travail a constaté, en activité de travail, la présence de deux salariés de la société Mfibras Techonologias Unipessoal avenue de Domrémy à Chécy ainsi qu'un salarié avenue du Val de Loire à Chécy sans qu'aucune déclaration de détachement n'ait été présentée par cette société pour ces interventions, ce que démontre la réponse par courriel de la société requérante le 18 novembre 2019 indiquant qu'en raison d'un blocage sur le chantier de Fleury les Aubrais, la société Mfibras Techonologias Unipessoal a pris la décision d'anticiper le chantier suivant de Chessy en omettant d'établir une déclaration de détachement rectificative. S'agissant de la société Rsil, l'inspecteur du travail a constaté, le 26 novembre 2019, la présence au travail d'un salarié rue de la Forêt à Fleury les Aubrais et la société ERT Technologies a transmis à l'inspecteur du travail, le 2 décembre 2019, l'accusé de réception de la déclaration de détachement du salarié, établie le lendemain du contrôle et pour un lieu d'intervention différent de celui où l'inspecteur du travail a constaté la présence de ce salarié, au 51, rue de Curembourg à Fleury les Aubrais. Il s'ensuit que, préalablement au détachement des salariés de ces entreprises portugaises, la société ERT Technologies ne s'est donc pas acquittée de son obligation de vigilance dans la mesure où elle ne pouvait pas ignorer que les rues mentionnées dans les déclarations de détachement ne correspondaient pas à l'intégralité des lieux dans lesquels la prestation devait avoir lieu sur la période de travaux prévue par ces déclarations.

8. La société requérante n'est pas fondée à soutenir que les contraintes opérationnelles liées à l'itinérance de la construction d'un réseau de fibres sont incompatibles avec les dispositions de l'article R. 1263-3 code du travail alors que ces dispositions, qui ne présentent pas un caractère indicatif comme il est soutenu, imposent d'indiquer l'adresse du ou des lieux successifs où doit s'accomplir la prestation, ce qui supposait de mentionner pour chacune des prestations les différents lieux dans lesquels elles devaient intervenir et la période concernée et que la société ERT Technologies, spécialisée dans la construction de réseaux électriques et de télécommunications, ne pouvait ignorer que la pose d'un réseau de fibres porte non pas généralement dans une seule rue mais sur une zone géographique nécessitant en conséquence d'indiquer l'ensemble des rues concernées par la prestation.

9. Aux termes de l'article 56 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) : " Dans le cadre des dispositions ci-après, les restrictions à la libre prestation de services à l'intérieur de l'Union sont interdites à l'égard des ressortissants des Etats membres établis dans un Etat membre autre que celui du destinataire de la prestation. ". Aux termes de l'article 57 du traité : " () / Sans préjudice des dispositions du chapitre relatif au droit d'établissement, le prestataire peut, pour l'exécution de sa prestation, exercer, à titre temporaire, son activité dans l'Etat membre où la prestation est fournie, dans les mêmes conditions que celles que cet Etat impose à ses propres ressortissants ".

10. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que, si une réglementation nationale imposant aux destinataires d'une prestation de services effectuée par des travailleurs détachés par un employeur établi dans un autre État membre de contrôler, avant le début de la prestation, que l'employeur a lui-même satisfait à l'obligation déclarative qui lui est imposée par la réglementation nationale constitue une restriction à la libre prestation des services prohibée en principe par l'article 56 précité du Traité, les objectifs de protection des travailleurs détachés et de lutte contre la fraude sont au nombre des raisons impérieuses d'intérêt général susceptibles de la justifier, et que, constituant une mesure de contrôle nécessaire au respect de ces raisons impérieuses d'intérêt général, une telle réglementation est propre à garantir la réalisation de ces objectifs. Les obligations déclaratives incombant à l'employeur établi hors de France qui détache temporairement des salariés sur le territoire national et les obligations de vérification imparties au donneur d'ordre ou maître d'ouvrage qui contracte avec cet employeur sont un préalable à l'intervention du détachement de ces salariés, dans un objectif de protection des travailleurs détachés et de lutte contre la fraude. Il résulte de la jurisprudence de la CJUE, 19 décembre 2012, Commission c/ Belgique, C-577/10, point 55, qu'un État membre peut demander aux prestataires de services indépendants établis dans un autre État membre, et se rendant sur son territoire pour y fournir un service, de lui communiquer certaines informations spécifiques, à la condition que la communication de celles-ci soit justifiée. Les dispositions de l'article R. 1263-3 du code du travail, qui font notamment obligation d'indiquer l'adresse du ou des lieux successifs où doit s'accomplir la prestation, s'avèrent nécessaires pour permettre aux agents des services de l'inspection du travail de remplir leurs missions de contrôle des prestations. Ces dispositions ne méconnaissent pas, compte tenu des objectifs de protection des travailleurs détachés et de lutte contre la fraude, les dispositions des articles 56 et 57 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.

11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la société ERT Technologies n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 20 juillet 2021 par laquelle le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités du Centre-Val de Loire a prononcé à son encontre une amende administrative d'un montant de 5 600 euros pour non-respect de l'obligation de vigilance prévue à l'article L. 1262-4-1 I du code du travail.

Sur les dépens :

12. En l'absence de dépens, la demande présentée par la société ERT Technologies est sans objet.

Sur les frais liés à l'instance :

13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

14. Les dispositions précitées font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la société ERT Technologies sur ce fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société ERT Technologies est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société RET Technologies et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Copie en sera adressée à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités du Centre Val-de-Loire.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Encontre, présidente,

Mme Teuly-Desportes, première conseillère,

M. Rousseau, premier conseiller.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.

Le rapporteur,

M. ROUSSEAU

La présidente,

S. ENCONTRE

La greffière,

C. ARCE

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 10 octobre 2023

La greffière,

C. Arce

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