lundi 2 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105389 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PANFILI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 octobre 2021 et 6 janvier 2022, Mme C B, représentée par Me Panfili doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 26 juin 2020 par laquelle la directrice adjointe, service aux patients, santé publique et affaires juridique du centre hospitalier universitaire de Montpellier, a rejeté sa demande de bénéfice de la surprime exceptionnelle dite " covid 19 " prévue par l'article 8 du décret 2020-568 du 14 mars 2020, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Montpellier de lui verser la somme de 1 000 euros en complément de la prime déjà perçue ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Montpellier une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa demande est recevable ;
- la décision méconnait les dispositions du décret n°2020-568 du 14 mai 2020 ;
- la décision est entachée de discrimination indirecte ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2021, le centre hospitalier universitaire de Montpellier, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête et à ce que Mme B lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 16 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°86-633 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n°2020-473 du 25 avril 2020 ;
- le décret n°2020-568 du 14 mai 2020 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
Considérant ce qui suit :
1. Mme B exerce les fonctions d'assistante sociale à 80 % au centre hospitalier universitaire de Montpellier. Par mail du 25 juin 2020, elle a demandé le bénéfice de la surprime exceptionnelle dite " covid 19 " prévue par l'article 8 du décret 2020-568 du 14 mai 2020. Sa demande a été rejetée par décision du 26 juin 2020 prise par la directrice adjointe, service aux patients, santé publique et affaires juridique de l'établissement de santé. Son recours gracieux a été rejeté par décision du 9 juillet 2020. Elle a réitéré sa demande par lettre du 23 juillet 2021 qui n'a pas reçu de réponse. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 26 juin 2020, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 11 de la loi du 25 avril 2020 de finances rectificatives pour 2020: " I. - La prime exceptionnelle versée, en 2020, par les administrations publiques () à ceux de leurs agents particulièrement mobilisés pendant l'état d'urgence sanitaire déclaré en application de l'article 4 de la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19 afin de tenir compte d'un surcroît de travail significatif durant cette période est exonérée d'impôt sur le revenu (). II. - Les bénéficiaires, les conditions d'attribution et de versement de la prime exceptionnelle mentionnée au présent article ainsi que son montant sont déterminés dans des conditions fixées par décret, en fonction des contraintes supportées par les agents à raison du contexte d'état d'urgence sanitaire déclaré en application du chapitre Ier bis du titre III du livre Ier de la troisième partie du code de la santé publique "
3. Aux termes de l'article 2 du décret n°2020-568 du 14 mai 2020 : " La prime exceptionnelle est versée aux personnes mentionnées à l'article 1er qui ont exercé leurs fonctions de manière effective, y compris en télétravail, entre le 1er mars et le 30 avril 2020 ". En vertu des articles 3 et 4 du décret, les personnels des établissements publics de santé situés dans les départements les plus touchés par l'épidémie de covid et dont la liste est fixée en annexe du décret perçoivent une prime exceptionnelle de 1 500 euros alors que ceux ayant exercé dans les établissements des autres départements, dont fait partie l'Hérault, se voient octroyer une prime exceptionnelle de 500 euros. L'article 8 du même décret, dans sa rédaction résultant du décret du 8 juin 2020, prévoit toutefois que " par dérogation aux dispositions de l'article 4, le chef d'établissement peut, dans la limite de 40 % des effectifs physiques de l'établissement, relever le montant de la prime exceptionnelle à mille cinq cents euros pour les services ou agents impliqués dans la prise en charge de patients contaminés par le virus covid-19 ou mobilisés par les circonstances exceptionnelles d'exercice, induites par la gestion sanitaire de l'épidémie de covid-19 dans les établissements situés dans les départements " qui n'étaient pas parmi les plus touchés par l'épidémie, la liste des services et du nombre d'agents concernés par l'application de ce régime dérogatoire étant transmise par chaque établissement à l'agence régionale de santé dont il relève.
4. Il appartient aux chefs d'établissement de faire application, sous le contrôle du juge, des critères énoncés à l'article 8 du décret du 14 mai 2020 et, par suite, de relever le montant de la prime lorsque l'agent concerné a dû faire face à un surcroît significatif de sa charge de travail résultant soit de la prise en charge de patients contaminés par le virus covid-19, soit de circonstances exceptionnelles d'exercice induites par la gestion sanitaire de l'épidémie. Dans le cas où un texte prévoit l'attribution d'un avantage sans avoir défini l'ensemble des conditions permettant de déterminer à qui l'attribuer parmi ceux qui sont en droit d'y prétendre, l'autorité compétente peut, alors qu'elle ne dispose pas en la matière du pouvoir réglementaire, encadrer l'action de l'administration, dans le but d'en assurer la cohérence, en déterminant, par la voie de lignes directrices, sans édicter aucune condition nouvelle, des critères permettant de mettre en œuvre le texte en cause, sous réserve de motifs d'intérêt général conduisant à y déroger et de l'appréciation particulière de chaque situation.
5. Par une note de service du 10 juin 2020, le directeur général du centre hospitalier universitaire de Montpellier a fixé deux critères d'éligibilité pour l'obtention de ladite surprime, à savoir : 1) être engagé de façon active : Filières COVID (notion de parcours patient) : Ce critère prend en compte l'ensemble des agents ayant exercé au sein des nouveaux dispositifs et filières COVID-19 et participé à la prise en charge des patients contaminés par le virus (exposition à un risque). Investissement et intensité particuliers du travail Ce critère identifie les personnels, notamment des services supports, ayant modifié substantiellement leurs activités/ avec une très forte hausse de leurs amplitudes horaires, le Plan Blanc se traduisant par une mobilisation exceptionnelle, au-delà de la charge habituelle de travail. 2) L'activité doit avoir été réalisée dans la durée : La notion de durée différencie ce qui relève d'une mobilisation ponctuelle, ayant notamment fait l'objet d'une rémunération en heures supplémentaires ou en garde, d'une mobilisation régulière, significative et soutenue sur la durée de la crise.
6. Par la décision attaquée, après avoir repris sommairement les deux critères de la note de service tendant à appliquer les dispositions du décret précité, le centre hospitalier universitaire de Montpellier a rejeté la demande de Mme B de bénéfice de la surprime exceptionnelle, au motif que, sur la période concernée par la loi du 23 mars 2020, elle n'a pas eu d'intervention active dans les services Covid, conformément à l'aménagement de poste organisé sur la base de fiche d'aptitude établie par le médecin du travail le 23 mars 2020. Ladite décision s'inscrivant dans les critères du décret n°2020-568 du 14 mai 2020, le moyen exposé sommairement tiré de la méconnaissance de ce décret doit être écarté.
7. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B exerce ses fonctions d'assistante sociale au site Lapeyronie du centre hospitalier universitaire, regroupant tous les patients atteints du Covid. A la suite de son appel au numéro de téléphone dédié aux agents du centre hospitalier universitaire présentant une vulnérabilité individuelle au Covid 19, le médecin du travail a examiné l'état de santé de Mme B le 23 mars 2020, et par un avis du même jour, l'a déclarée apte tout en préconisant l'aménagement de son poste de travail : " Pas de po6itionnement sur un poste à haute densité de Patient cas confirmé COVIO 19 - Pas de soin à un (/contact avec) patient cas confirmé COVID 19 - Port de masque chirurgical obligatoire toute la journée, même pour niveaux d'expositions faibles - Télétravail à privilégier tant que faire se peut ". Mme B a été informée par mail du 6 avril 2020 que suite à cet avis, son poste à 80 % faisait l'objet d'un aménagement consistant en 2 jours de télétravail et deux jours dans un bureau seule et remplacée par une collègue assistante sociale pour les cas patients atteint du covid 19.
8. Si Mme B fait valoir que les préconisations du médecin du travail, selon lesquelles elle devait être remplacée pour sa mission en présentiel auprès des patients Covid n'ont jamais été appliquées, elle ne le démontre ni par la note générale d'organisation envoyée par mail du 26 mars qui prévoit spécifiquement que pour les assistantes sociales ayant des restrictions médicales, il n'y a pas de contact avec les patients cas confirmés Covid, ni par les listings numérisés des patients dont le mode de prise en charge n'est pas précisé. De même, si elle soutient s'être investie particulièrement au-delà de sa charge de travail habituelle par une mobilisation régulière et soutenue sur la durée, elle ne le démontre par les pièces produites, notamment le tableau des heures supplémentaires alors que l'administration, contrainte par une dotation correspondant à 40% des effectifs à conserver un pouvoir d'appréciation, a estimé que d'autres agents ont été davantage sollicités et exposés aux risques infectieux. Dès lors, Mme B ne justifie pas remplir les critères cumulatifs d'un investissement et d'une intensité particuliers du travail, au-delà de la charge habituelle, ainsi que d'une mobilisation régulière, significative et soutenue sur la durée de la crise avec une forte hausse des amplitudes horaires. Par suite, en rejetant la demande de Mme B d'attribution de la surprime prévue par l'article 8 du décret précité, dans sa rédaction résultant du décret du 8 juin 2020, le centre hospitalier universitaire de Montpellier n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. En troisième lieu, Mme B soutient être victime de discrimination indirecte au sens de la loi du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations, soit, subir une disposition, un critère ou une pratique neutre en apparence, mais susceptible d'entraîner, un désavantage particulier pour des personnes par rapport à d'autres personnes. Elle fait valoir, ce qui est contesté, que l'ensemble des assistantes sociales du service Lapeyronie a obtenu la surprime sauf elle, cette différenciation étant, selon elle, illégalement motivée par les restrictions médicales préconisées par le médecin du travail. Toutefois, si avant la note du 10 juin 2020 de réorganisation générale du service, le partage du temps de travail entre télétravail et présentiel était déjà appliqué à certains collègues du même service, il n'est pas démontré par les pièces du dossier que durant le travail présentiel en particulier, lesdits collègues du service Lapeyronie placés en situation d'aménagement de poste par restriction médicale ne répondaient pas davantage aux critères d'attribution de la surprime que la requérante. En particulier, le poste de Mme A cité par Mme B, tel qu'aménagé également par le médecin du travail, comportait des restrictions moins importantes que celles de la requérante. Dès lors, Mme B ne justifie pas être dans une situation comparable à ses collègues. Par suite, le moyen tiré de la discrimination indirecte doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation du recours doivent être rejetées. Il en sera de même, par voie de conséquences, des conclusions en injonction et de celles présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Le centre hospitalier universitaire, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat dans le cadre de la présente instance ne justifie pas de frais spécifiques. Ses conclusions présentées sur le même fondement doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire de Montpellier présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au centre hospitalier universitaire de Montpellier.
Délibéré après l'audience publique du 18 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2023.
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
V. Rabaté
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 3 octobre 2023,
Le greffier,
S. Sangaré
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N° 1901371
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026