jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105429 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DUHIL DE BENAZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2021, M. et Mme C A, représentés par Me Duhil De Benazé, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Montpellier ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par Mme D, ensemble la décision implicite rejetant le recours gracieux exercé le 8 mai 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montpellier la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que l'arrêté :
- méconnaît l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme en ce que le dosser de déclaration préalable est incomplet ;
- méconnaît l'article R. 431-37 du code de l'urbanisme en ce que le dossier ne comporte aucun document graphique ;
- est entaché de fraude en ce que le projet emporte changement de destination de l'appartement et crée trois logements ;
- méconnaît l'article USS4-2 du plan de sauvegarde et de mise en valeur de Montpellier en ce qui concerne les réseaux d'évacuation des eaux ;
- méconnaît l'article USS 12 du plan de sauvegarde et de mise en valeur de Montpellier en ce qui concerne les places de stationnement.
Par un mémoire enregistré le 24 novembre 2021, Mme F D, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'elle ne souhaite pas diviser son appartement, mais permettre d'accueillir une colocation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, la commune de Montpellier, représentée par la SCP CGCBetAssociés conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour tardiveté ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Duhil de Benazé, représentant M. et Mme A ;
- et les observations de Me Pechon, représentant la commune de Montpellier.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 7 avril 2021, le maire de la commune de Montpellier ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux de Mme D portant sur le réaménagement intérieur d'un appartement situé au 1 rue de la Victoire de la Marne, qualifié d'immeuble à conserver par le plan de sauvegarde et de mise en valeur de Montpellier. M. et Mme A, voisins immédiats, demandent l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Montpellier a rejeté le recours gracieux exercé le 8 mai 2021 et reçu le 17 mai suivant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-14 de ce code : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux. ".
3. Si la régularité de la procédure d'instruction d'une déclaration préalable de travaux requiert la production par le pétitionnaire de l'ensemble des documents exigés par les dispositions précitées, la circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision en litige que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de déclaration préalable contient une notice particulièrement détaillée agrémentée de nombreuses photographies des lieux représentant les différents travaux envisagés dans le cadre de la rénovation intérieure de l'appartement, notamment la création de moulures suites à la réalisation de cloisons, la reconstitution de corniches à l'identique, le remplacement à l'identique des volets, la conservation des cheminées et leur restauration, le type de portes intérieurs posées, la révision des sols en tomettes, la mise en œuvre de faïences de grandes dimensions dans les salles de bains, la conservation des réseaux sanitaires et la rénovation du réseau électrique. Dans ces conditions, le dossier de déclaration préalable en litige était suffisamment renseigné pour permettre tant à l'architecte des bâtiments de France, qu'au maire de la commune de Montpellier, d'apprécier la conformité du projet à la réglementation. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-37 du code de l'urbanisme : " Lorsque la déclaration porte sur des travaux susceptibles de modifier l'état des éléments d'architecture et de décoration, immeubles par nature ou effets mobiliers attachés à perpétuelle demeure au sens des articles 524 et 525 du code civil, lorsque ces éléments, situés à l'extérieur ou à l'intérieur d'un immeuble, sont protégés par un plan de sauvegarde et de mise en valeur ou, pendant la phase de mise à l'étude de ce plan, sur des travaux susceptibles de modifier les parties intérieures du bâti, le dossier joint à la déclaration comprend également un document graphique faisant apparaître l'état initial et l'état futur de chacun des éléments ou parties faisant l'objet des travaux. ". Et aux termes de l'article USS-11-A-2-3 du plan de sauvegarde de mise en valeur de Montpellier : " Les maçonneries, charpentes, escaliers, puits, cheminées, sculptures et lambris, parquets, vantaux, plafonds, menuiseries, boiseries, serrureries, peintures, gypseries et autres éléments d'intérêt architectural reconnu par l'architecte des Bâtiments de France, seront maintenus et restaurés. ".
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que le dossier de déclaration préalable comprend un nombre important de photographies, et donc de documents graphiques au sens des dispositions précitées, portant sur des éléments présentant un intérêt architectural notamment les cheminées existantes, les sols, les portes intérieurs, les plafonds (moulures). Le dossier en litige précise par ailleurs que les éléments de serrurerie des contrevents seront restaurés ou remplacés. Dans ces conditions, le dossier de déclaration préalable en litige était suffisamment renseigné pour permettre tant à l'architecte des bâtiments de France, qu'au maire de la commune de Montpellier, d'apprécier la conformité du projet au plan de sauvegarde de mise en valeur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-37 du code de l'urbanisme doit être écarté.
7. En troisième lieu, l'autorité administrative saisie d'un dossier de déclaration préalable de travaux peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, la déclaration préalable n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-35 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la notice du dossier de déclaration préalable prévoit expressément que les travaux consistent en un réaménagement intérieur d'un appartement de sept pièces et qu'aucun logement n'est créé. Par ailleurs, à supposer même que Mme D ait eu l'intention de procéder à une division de cet appartement de 219 mètres carrés en trois logements, cette opération, qui ne créé aucune surface de plancher, ne nécessite aucune autorisation d'urbanisme et cette circonstance n'avait dès lors pas à être mentionnée dans le dossier de déclaration préalable. En tout état de cause, Mme D précise en défense qu'elle entend affecter ce logement à la colocation si bien que la présence de plusieurs salles de bains et deux cuisines ainsi que la création de cloisons dans un appartement de 219 mètres carrés n'étaient pas de nature à remettre en cause la finalité des travaux décrits par Mme D. D'autre part, si les requérants soutiennent que l'appartement de Mme D recevait une école linguistique et que la création d'un logement emporterait ainsi un changement de destination, la seule production d'une copie écran d'un site de référencement indiquant comme adresse " 1 rue Victoire de la Marne à Montpellier " pour le siège de l'école " Ecole Klesse " n'est pas de nature à établir que cette école aurait été installée dans l'appartement de Mme D, dès lors que cet immeuble comporte de nombreux locaux, ou qu'un tel enseignement y était effectivement dispensé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que les travaux n'emportent pas de modification de la structure porteuse ou de la façade si bien que les travaux objets de la déclaration préalable n'étaient pas soumis au régime des permis de construire en application du c de l'article L. 421-14 code de l'urbanisme. Dans ces conditions, aucun élément du dossier de déclaration préalable n'était de nature à alerter la commune de Montpellier d'une éventuelle fraude. Par suite le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait autorisé un dossier entaché de fraude doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article USS-4-2 du plan de sauvegarde de mise en valeur de Montpellier relatif à l'assainissement : " () USS 4-2-1 - Toute construction ou installation nécessitant le raccordement au réseau d'assainissement sera raccordée au réseau public selon les dispositions, du service compétent. - USS 4-2-2 - Les descentes d'évacuation des eaux usées seront placées à l'intérieur des bâtiments. ".
10. Il ressort des pièces du dossier que le logement existant est déjà raccordé aux différents réseaux publics, et notamment d'assainissement et que le dossier de déclaration préalable prévoit de conserver les réseaux d'évacuation existants et d'y raccorder l'ensemble des éléments sanitaires. Si les requérants soutiennent que ces raccordements ne sont pas techniquement réalisables, une décision de non opposition à déclaration préalable, dont l'objet est d'assurer la conformité des travaux projetés, est accordée sous réserves des droits des tiers. Dans ces conditions, les éventuelles difficultés de raccordement sur des réseaux obstrués au sein de la copropriété sont sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article USS-4-2 est écarté.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article USS12 du plan de sauvegarde de mise en valeur de Montpellier relatif à l'assainissement : " - Il n'est pas exigé la réalisation d'aires de stationnement dans la zone. La création de stationnements peut être interdite si, par la localisation des constructions nouvelles, le stationnement qui leur est lié crée des flux ou nécessite des accès qui contreviennent à la dimension des espaces publics ou à leur usage. () ".
12. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, ces dispositions ne prévoient aucune obligation de créer des places de stationnements. Au surplus, ainsi qu'il a été dit au point 8, le projet de Mme D ne conduit à aucune création de logement et ne conduit à aucune création de surface de plancher. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article USS12 doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Montpellier.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Montpellier, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. et Mme A la somme qu'ils réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme A le versement à la commune de Montpellier d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront la somme de 1 500 euros à la commune de Montpellier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme A, à la commune de Montpellier et à Mme F D.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
Le rapporteur,
N. B
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 5 octobre 2023,
La greffière,
M. E
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026