vendredi 24 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105447 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Bazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2021 par laquelle le président de l'université de Montpellier a rejeté son recours gracieux dirigée contre la décision du 21 juin 2021 par laquelle le président de l'université a rejeté sa candidature en master 1 mention " marketing vente " ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au président de l'université de Montpellier de l'admettre en master 1 mention " marketing vente ", et, subsidiairement, de réexaminer sa candidature ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Montpellier une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il appartiendra à l'université de démontrer la régularité de la composition du conseil d'administration ;
- la décision est insuffisamment motivée en fait ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, le président de l'université de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada, rapporteure,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bazin, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a présenté sa candidature en vue d'une admission au sein du master 1 mention " marketing vente : Parcours marketing et communication des organisations ". Par une décision du 21 juin 2021, le président de l'université a rejeté sa candidature. Par courrier du 21 juin 2021, Mme A a formé un recours gracieux contre cette décision, rejeté le 30 septembre 2021. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de cette décision du 30 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. A titre liminaire, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. En premier lieu, en se bornant à faire valoir qu'il appartiendra à l'université de démontrer que le conseil d'administration était régulièrement composé à l'appui de la contestation de la légalité d'une décision refusant de l'admettre en master 1, la requérante n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article D. 612-36-2 du code de l'éducation : " Les établissements autorisés par l'Etat à délivrer le diplôme national de master peuvent organiser un processus de recrutement conformément aux dispositions de l'article L. 612-6. Les refus d'admission sont notifiés. Les motifs pour lesquels l'admission est refusée sont communiqués aux candidats qui en font la demande dans le mois qui suit la notification de ce refus ". La décision litigieuse a rejeté la candidature de Mme A en lui indiquant qu'il ne pouvait être donné de suite favorable à sa candidature dès lors que la capacité d'accueil maximum était atteinte. Mme A, qui a présenté un recours gracieux contre cette décision et peut ainsi être regardée comme ayant sollicité ce faisant la communication des motifs spécifiques de rejet de sa candidature, en a été précisément informée par la décision rejetant son recours gracieux du 30 septembre 2021. Le président de l'université lui a alors précisé avoir reçu plus de 600 dossiers pour une capacité d'accueil de 20 places et que le jury n'avait pas retenu son dossier notamment en raison de notes manquantes au semestre 5, de l'absence de suivis de cours en marketing fondamental et d'un projet professionnel flou. Ces considérations de fait étaient suffisamment précises pour permettre à la requérante de les contester utilement. En outre, la circonstance que certains motifs soient erronés ne révèlent pas une insuffisance de motivation. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation en fait doit être écarté.
5. En troisième lieu, Mme A soutient que le président de l'université de Montpellier lui a opposé à tort les circonstances qu'elle n'aurait pas produit son relevé de note du semestre 5, qu'elle ne justifie pas du suivi d'un cours de marketing fondamental, qu'elle aurait présenté un curriculum vitae à la mise en forme insatisfaisante et des pièces illisibles ainsi qu'un projet professionnel peu abouti. La requérante, qui soutient avoir suivi un cours de marketing international, n'établit pas davantage que ce cours est assimilable à un cours de marketing fondamental. Par ailleurs, pour prendre la décision attaquée, le président s'est également fondé sur le motif tiré de la capacité d'accueil du master 1 et du nombre de candidats ayant de meilleurs dossiers que la requérante ne conteste pas. Même à tenir pour établi que Mme A aurait fourni le relevé de note correspondant au semestre 5, que la forme de son curriculum vitae serait satisfaisante et qu'elle aurait présenté un projet professionnel clair, le président de l'université aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif. Par suite, le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des motifs du rejet du recours gracieux soulevée par la requérante doit être écarté.
6. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à l'issue de la procédure d'examen des candidatures, plus de 600 dossiers ont été reçus, 552 ont été retenues et étudiés mais 113 candidats ont été sélectionnés pour une audition et 20 ont été admis. Dans ces conditions, eu égard à la sélectivité à l'entrée de cette formation, l'autorité administrative compétente a pu, dans le cadre de la procédure de sélection des candidatures en application des dispositions des articles L. 612-6 et D. 612-36-2 du code de l'éducation et sans entacher sa décision d'illégalité, ni d'erreur manifeste d'appréciation, considérer que son dossier n'était pas suffisant en comparaison de celui des candidats admis.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'université de Montpellier III Paul Valéry.
Délibéré après l'audience du 3 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2023.
La rapporteure,
A. BayadaLe président,
J.P. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 février 2023.
La greffière,
B. Flaesch
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026