mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105626 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat VERGUET |
| Avocat requérant | ALAGAPIN-GRAILLOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2021, M. A F, représenté par Me Alagapin-Graillot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 septembre 2021 par laquelle la préfète du Gard a prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de quatre mois et quinze jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en l'absence d'une délégation de signature régulière accordée à Mme H, la décision contestée émane d'une autorité incompétente ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- en l'absence d'indication du numéro de l'appareil homologué dans l'avis de rétention ou dans la décision contestée, le motif tiré du dépassement de plus de 40 km/h de la vitesse maximale autorisée doit être regardé comme entaché d'une erreur de fait ;
- la mesure de suspension du permis de conduire présente un caractère disproportionné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2022, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un excès de vitesse de plus de 40 km/h constaté le 5 septembre 2021 sur le territoire de la commune de la Calmette, ayant donné lieu à une rétention du permis de conduire de M. F, la préfète du Gard a pris le 6 septembre 2021 un arrêté prononçant la suspension de ce permis pour une durée de quatre mois et quinze jours. M. F demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 8 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète du Gard a accordé à Mme E H, cheffe du service de l'animation des politiques de sécurité intérieure, en cas d'absence ou d'empêchement de M. C B, directeur des sécurités, une délégation à l'effet de signer les arrêtés et décisions relatifs à la suspension des permis de conduire. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B n'était pas absent ou empêché le 6 septembre 2021. Mme G était ainsi habilitée à signer la décision prononçant la suspension du permis de conduire M. F. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La décision du 6 septembre 2021 vise notamment les articles L. 224-1 et L. 224-2 du code de la route dont il est fait application, mentionne que M. F a fait l'objet, le 5 septembre 2021 sur le territoire de la commune de La Calmette, d'une mesure de rétention de son permis de conduire, à la suite d'un dépassement de plus de 40 km/h de la vitesse maximale autorisée, établi au moyen d'un appareil homologué. La décision précise que la vitesse maximale autorisée était de 110 km/h et que la vitesse retenue était de 156 km/h. Elle mentionne enfin que, compte tenu de cette infraction, le conducteur représente un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route, de ses éventuels passagers et de lui-même. L'arrêté énonce ainsi les éléments de fait sur lesquels est fondée la mesure de suspension du permis de conduire, par des mentions qui ne présentent pas un caractère stéréotypé. Ces indications ont permis à M. F de comprendre et de contester cette mesure. La régularité de cette motivation ne dépend pas du bien-fondé des motifs exposés. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision contestée doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " Lorsque l'état alcoolique est établi au moyen d'un appareil homologué, comme il est dit au premier alinéa de l'article L. 224-1, ou lorsque les vérifications mentionnées aux articles L. 234-4 et L. 234-5 apportent la preuve de cet état, le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis, prononcer la suspension du permis de conduire pour une durée qui ne peut excéder six mois. () Lorsque le dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué et lorsque le véhicule est intercepté, les dispositions du présent article sont applicables au conducteur. () ". Aux termes de l'article L. 224-7 du même code : " " Saisi d'un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l'Etat dans le département où cette infraction a été commise peut, s'il n'estime pas devoir procéder au classement, prononcer à titre provisoire () la suspension du permis de conduire () ". Aux termes de l'article L. 224-8 du même code : " La durée de la suspension () ne peut excéder six mois. () ". En vertu de ces dispositions, le représentant de l'État dans le département peut prendre des mesures de suspension du permis de conduire à l'encontre des personnes soupçonnées d'avoir commis notamment l'infraction de dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse maximale autorisée.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. F a été contrôlé au moyen d'un appareil homologué à une vitesse de 156 km/h alors que la vitesse maximale autorisée était de 110 km/h. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ne résulte ni des dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route ni d'aucun autre texte, que les mentions permettant d'identifier l'appareil de contrôle utilisé pour constater l'infraction reprochée au contrevenant, doivent être portées sur l'arrêté prononçant la suspension d'un permis de conduire. Eu égard à ce dépassement de plus de 40 km/h de la vitesse maximale autorisée, la préfète de Gard, qui ne s'est pas fondée sur des faits matériellement inexacts, pouvait légalement décider la suspension provisoire du permis de conduire de M. F. Compte tenu de la nature et de la gravité de l'infraction commise par M. F et du danger que celui-ci représentait, la mesure de suspension de son permis de conduire pour une durée de quatre mois et quinze jours n'est pas disproportionnée aux buts poursuivis, alors même qu'elle aurait des répercussions sur l'exercice de son activité professionnelle.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de la préfète du Gard du 6 septembre 2021.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé :
H. DLa greffière,
Signé :
A. Lacaze
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 8 novembre 202La greffière,
A. Lacaze
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026