jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105753 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PILONE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 octobre 2021 et 12 avril 2023, M. et Mme C B, représentés par Me Betrom et Me Blachère, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 août 2021 par lequel le maire de la commune d'Aniane a refusé de leur délivrer le permis de construire sollicité ;
2°) d'enjoindre à la commune de délivrer le permis de construire sollicité ;
3°) de condamner, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la commune à leur verser la somme de 1 500 euros.
Ils soutiennent que :
- c'est à tort que le maire s'est fondé sur l'incomplétude du dossier ;
- le motif du refus fondé sur la circonstance que le projet porterait non sur une rénovation mais sur une nouvelle construction méconnaît les dispositions de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme qui permettent des modifications minimes ;
- en tout état de cause dès lors qu'il est exploitant agricole et que son activité d'élevage nécessite la présence rapprochée et permanente du chef d'exploitation, le permis de construire devait être accordé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2022, la commune d'Aniane, représentée par Me Pilone, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir des requérants ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,
- les observations de Me Ortial, représentant la commune d'Aniane.
Considérant ce qui suit :
1. La personne morale " Elevage de Volailles " représentée par M. C B a déposé le 19 avril 2021 une demande de permis de construire enregistrée sous le n° PC 034 010 21 00007 pour un projet de rénovation d'une maison à usage d'habitation suite à l'effondrement d'un mur et d'une partie de la toiture, sur les parcelles cadastrées section AC n° 250 et 251 sur la commune d'Aniane. Par courrier du 10 mai 2021 le service instructeur lui a adressé une première demande de pièces complémentaires. Par un courrier du 28 juillet 2021 cette demande a été réitérée pour une partie des pièces. Par arrêté du 30 août 2021, le maire d'Aniane a refusé de délivrer le permis de construire sollicité pour deux motifs distincts tirés, d'une part, de l'incomplétude du dossier de demande au regard de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme et, d'autre part, de la méconnaissance de l'article 1.2 du règlement du PLU applicable au secteur A2 définissant de manière limitative les constructions autorisées dans la zone. Par la présente requête, M. et Mme B demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un bâtiment régulièrement édifié vient à être détruit ou démoli, sa reconstruction à l'identique est autorisée dans un délai de dix ans nonobstant toute disposition d'urbanisme contraire, sauf si la carte communale, le plan local d'urbanisme ou le plan de prévention des risques naturels prévisibles en dispose autrement. "
3. Pour refuser le permis de construire sollicité, le maire s'est fondé en premier lieu sur le motif que le projet, qui doit être regardé comme une nouvelle construction faute de justification de la régularité de la construction existante, contrevient au principe d'inconstructibilité prévu dans le secteur A2 du plan local d'urbanisme.
4. Si M. et Mme B se prévalent, dans le cadre de la présente instance, du droit à la reconstruction à l'identique prévu par l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme, ils n'ont pas produit auprès du service instructeur, malgré les deux demandes qui leur ont été adressées, le permis de construire initial de la construction à usage d'habitation, sur laquelle ils envisagent les travaux décrits dans la demande de permis de construire en litige. Ils ne le produisent pas davantage dans le cadre de la présente instance et ne contestent pas sérieusement l'absence d'une telle autorisation initiale. C'est donc à bon droit que le maire a considéré que le projet portait sur la réalisation d'une nouvelle construction. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir du droit à la reconstruction à l'identique prévu par les dispositions citées au point 2 de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme qui ne s'applique qu'aux constructions régulièrement édifiées, ni pour le même motif du caractère mineur des modifications d'une construction existante permises dans le cadre de ces dispositions. Le moyen tiré de la violation de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.
5. Le terrain d'assiette du projet est situé en zone A2 au PLU d'Aniane, correspondant au secteur de la zone agricole dite " zone agricole protégée ". Aux termes de l'article 1.2 " interdiction et limitation de certains usages et affectations des sols, constructions et activités " du règlement de la zone A : " En règle générale, toute nouvelle construction est interdite, à l'exception des usages et affectations du sols mentionnés à l'article 1.2.1. suivant. ". L'article 1.2.1. " Autorisations sous conditions " prévoit que : " Sous réserve de n'être pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière du terrain sur lequel elles sont implantées et de ne pas porter atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages, sont admises les destinations suivantes : Dans l'ensemble de la zone A : () • Habitation : l'habitation sous quelque forme que ce soit (construction nouvelle, extension, annexe) n'est admise que dans les conditions prévues aux paragraphes suivants. () Dans le secteur A2 : A l'exception des constructions et usages admis dans l'ensemble de la zone A, toute nouvelle construction est interdite. () ". Il résulte de ces dispositions que les constructions à usage d'habitations ne sont pas autorisées en zone A2. C'est donc à bon droit que le maire a considéré que le projet ne pouvait être autorisé au regard du règlement de la zone.
6. Si M. B justifie de la création de son exploitation agricole en janvier 2021 avec comme lieu d'exploitation déclarée " Les Trois Crouzettes " à Aniane, il ne fournit aucun élément quant à la réalité de son élevage ni quant au caractère indispensable de sa présence permanente sur le site d'exploitation, alors qu'au surplus le projet a été qualifié de résidence secondaire dans le formulaire Cerfa de leur demande de permis de construire. Dans ces conditions, les requérants ne sont, en tout état de cause, pas fondés à soutenir que leur activité agricole nécessite la présence rapprochée et permanente du chef d'exploitation.
7. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ". Aux termes de l'article R. 423-38 du même code dans sa rédaction alors applicable : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou, dans le cas prévu par l'article R. 423-48, un échange électronique, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes. ". L'article R. 423-39 du même code prévoit que " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie. "
8. Le maire d'Aniane s'est fondé en second lieu sur le motif de l'incomplétude du dossier. Il ressort des pièces du dossier que le service instructeur a invité le pétitionnaire, à deux reprises, à compléter son dossier, en sollicitant notamment la production d'une photographie permettant de visualiser la maison d'habitation existante dans l'environnement proche avant travaux. Si sur la photographie produite par le pétitionnaire suite à cette demande la maison existante est en partie masquée par la végétation située en premier plan, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'au regard de l'ensemble des autres documents fournis, notamment la vue d'insertion graphique et les différents plans de masse et des façades avant et après travaux, que le service instructeur n'aurait pas été mis à même de " visualiser le projet dans son état futur par rapport à l'état initial existant ". Par suite le maire ne pouvait légalement se fonder sur le motif de l'incomplétude du dossier.
9. Il résulte toutefois de l'instruction que le maire d'Aniane aurait pris la même décision s'il s'était fondé seulement sur le premier motif tiré du non-respect du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de M. et Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 août 2021 du maire d'Aniane doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique pas la délivrance du permis de construire sollicité. Les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au maire une telle mesure doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aniane, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme B, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme B une somme de 1 500 euros à verser à la commune sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à la commune d'Aniane la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et à la commune d'Aniane.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
La rapporteure
M. Couégnat La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 septembre 2023.
La greffière,
M. A.
aj
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026