mardi 27 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105815 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MARGALL, D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2021, M. F A, représenté par Me Codognes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2021 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a déclaré cessibles au profit de la commune des Angles les parcelles de terrains nécessaires au projet de régularisation d'une voie communale (chemin du Soula), l'arrêté du 20 janvier 2020 portant déclaration d'utilité publique du projet de régularisation d'une voie communale (chemin du Soula) sur le territoire de la commune des Angles ainsi que la décision du 3 septembre 2021 de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de l'arrêté du 8 juillet 2021 est incompétent ;
- l'arrêté de cessibilité et le secteur concerné par la déclaration d'utilité publique n'incluent que 7 propriétés alors que l'emprise totale du chemin concerne 33 propriétés supplémentaires ;
- il y a un défaut de concordance entre la déclaration d'utilité publique (DUP) et l'arrêté de cessibilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2022, la commune des Angles, représentée la SCP Territoire avocats, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'intérêt à agir du requérant n'est pas établi ;
- le moyen tiré de ce qu'il n'y a pas de concordance entre les arrêtés portant DUP et portant cessibilité est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 octobre 2022 à 12 heures.
Un mémoire présenté pour M. A a été enregistré le 6 décembre 2022, postérieurement à la clôture d'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G,
- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique,
- et les observations de Me Teles, représentant la commune des Angles.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est propriétaire de la parcelle cadastrée section AD n° 296 dans la commune des Angles. Cette commune a souhaité régulariser l'emprise du chemin du Soula passant notamment par la parcelle de M. A. Après une enquête publique conjointe, le préfet des Pyrénées-Orientales a, par un premier arrêté du 20 janvier 2020, déclaré d'utilité publique le projet de régularisation d'une voie communale (chemin du Soula) sur le territoire de la commune des Angles et, par un arrêté du 8 juillet 2021, a déclaré cessible la parcelle section AD n° 296 ainsi que deux autres parcelles. M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de ce dernier arrêté par un courrier du 4 août 2021, rejeté par le préfet des Pyrénées-Orientales le 3 septembre 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler les arrêtés du 20 janvier 2020 et du 8 juillet 2021 ainsi que la décision du 3 septembre 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen de légalité externe dirigé contre l'arrêté du 8 juillet 2021 :
2. L'arrêté attaqué du 8 juillet 2021 a été signé pour le préfet des Pyrénées-Orientales, par M. E B. Par un arrêté du 2 juillet 2021, le préfet des Pyrénées-Orientales a donné à M. C D, sous-préfet et secrétaire général de la préfecture, délégation de signature pour tous les arrêtés, décisions, circulaires, rapports, mémoires, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département des Pyrénées-Orientales et, en cas d'absence ou d'empêchement de M. D, a donné à M. B, sous-préfet à la relance, la même délégation. Il ressort des pièces du dossier que M. D était en congé à la date de l'arrêté du 8 juillet 2021 et qu'ainsi M. B était compétent pour signer l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 8 juillet 2021 doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
3. Il appartient au juge, lorsqu'il doit se prononcer sur le caractère d'utilité publique d'une opération nécessitant l'expropriation d'immeubles ou de droits réels immobiliers, de contrôler successivement qu'elle répond à une finalité d'intérêt général, que l'expropriant n'était pas en mesure de réaliser l'opération dans des conditions équivalentes sans recourir à l'expropriation, notamment en utilisant des biens se trouvant dans son patrimoine et, enfin, que les atteintes à la propriété privée, le coût financier et, le cas échéant, les inconvénients d'ordre social ou économique que comporte l'opération ne sont pas excessifs eu égard à l'intérêt qu'elle présente.
4. M. A soutient que le projet est dépourvu d'utilité publique dès lors qu'il ne concerne que la partie sud du chemin du Soula et non l'intégralité du chemin qui traverse plusieurs dizaines d'autres parcelles. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige vise à régulariser l'emprise foncière du chemin du Soula aménagé et entretenu par la commune depuis 1959 permettant la desserte de plusieurs immeubles et la circulation piétonne ou de véhicules. Alors qu'il n'est ni établi, ni même soutenu que le projet aurait pu être réalisé sans recourir à l'expropriation ni qu'il présenterait des inconvénients excessifs, la seule circonstance qu'il serait trop limitée et devrait s'étendre sur toute la longueur du chemin, n'est pas de nature à faire perdre au projet son caractère d'utilité publique. Le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la déclaration d'utilité publique doit être écarté.
5. Enfin, contrairement à ce que soutient le requérant, les parcelles mentionnées dans l'arrêté de cessibilité sont incluses dans le périmètre de l'arrêté portant déclaration d'utilité publique du projet de régularisation du chemin du Soula. Ainsi, le moyen tiré d'un défaut de concordance entre ces deux documents doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet des Pyrénées-Orientales, que les conclusions de M. A tendant à l'annulation des arrêtés du 20 janvier 2020 et du 8 juillet 2021 ainsi que la décision du 3 septembre 2021 rejetant son recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A la somme qu'il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la commune des Angles.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Denis Besle, président,
M. Hervé Verguet, premier conseiller,
Mme Camille Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2022.
La rapporteure,
C. G
Le président,
D. Besle La greffière,
A. Lacaze
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 27 décembre 2022
La greffière,
A. Lacaze
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026