vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105986 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président ENCONTRE |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2021, M. D A, représernté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de médiation de l'Hérault a rejeté sa demande de logement présentée le 30 mars 2021 dans le cadre des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
2°) de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ; subsidiairement, d'enjoindre à la commission de médiation du département de l'Hérault de procéder à un nouvel examen de sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil.
Il soutient que :
- il souffre d'un handicap depuis un accident de travail dont il a été victime en 2012 qui rend ses déplacements difficiles et douloureux ;
- il occupe un logement de 10 m² situé au troisième étage d'un bâtiment sans ascenseur, sans cuisine ni sanitaires, ce qui ne lui permet pas d'accueillir sa fille de quinze ans dans des conditions convenables un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires ;
- il n'est pas en capacité de travailler et ses ressources, composées du revenu de solidarité active et de l'aide au logement, ne lui permettent pas de se loger dans le parc locatif privé ;
- en refusant de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, la commission de médiation a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le requérant est inscrit dans le dispositif SYPLO (système priorité logement) mais que, faute pour lui de produire un avis d'imposition, il n'est pas possible d'instruire sa demande de logement social.
Par une décision du 4 octobre 2021, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 22 décembre 2020 relatif au nouveau formulaire de demande de logement locatif social et aux pièces justificatives fournies pour l'instruction de la demande de logement locatif social ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Bautes, représentant M. A,
- les observations de Mme B, représentant le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a saisi la commission de médiation du département de l'Hérault le 30 mars 2021 afin que sa demande de logement social soit reconnue comme urgente et prioritaire. Une décision implicite de rejet est née le 30 juin 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " II. La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement sur-occupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y'a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte des démarches précédemment effectuées. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social et qui se trouvent dans l'une des situations suivantes : () être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, sans préjudice, le cas échéant, des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitat et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.
4. Il est constant que M. A, qui se déplace avec des cannes canadiennes en raison d'une pathologie dont il est atteint au niveau des lombaires, est hébergé depuis le 1er décembre 2014 dans un appartement de 10 m², situé au 3ème étage, sans ascenseur, de la résidence " Montpellier Le Bosquet " gérée par CDC Habitat Adoma, soit depuis plus de 18 mois à la date de la décision attaquée, sans avoir été destinataire d'une proposition de logement social adapté à son état de santé. Toutefois, le préfet de l'Hérault en défense fait valoir, sans être contredit, que l'intéressé a été reconnu prioritaire dans le dispositif " système priorité logement " (SYPLO) le 29 janvier 2020 mais que, malgré de nombreuses sollicitations, il n'a pas produit son avis d'imposition ou un avis de situation déclarative réglementaire, qui constitue une pièce obligatoire à fournir en vertu de l'arrêté ministériel susvisé en date du 22 décembre 2020 pour procéder à l'instruction de sa demande et, par suite, à lui attribuer en priorité un logement social et M. A ne soutient ni n'allègue qu'il n'aurait pas été dans l'impossibilité de produire cette pièce justificative. En outre, si M. A fait état de ce que le logement qu'il occupe ne lui permet pas d'accueillir dans des conditions acceptables sa fille mineure un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires, il ne produit aucune pièce pour justifier de son droit d'hébergement de l'enfant. Au regard de ces éléments et dès lors qu'il appartient au requérant, dont la demande a été reconnue prioritaire, de produire les pièces justificatives requises réglementairement pour prétendre à l'attribution d'un logement social en urgence, la commission de médiation du département de l'Hérault n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande de l'intéressé.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions de la requête à fin d'injonction et au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement et à Me Bautes.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.
La magistrate désignée,
S. C La greffière,
L. Rocher
La République mande et ordonne à au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 2 décembre 2022,
La greffière,
L. Rocher lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026