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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2106149

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2106149

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2106149
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 novembre 2021 et 8 mars 2022, M. et Mme D et B E, représentés par la SELARL Clément-Malbec-Conquet, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Balaruc-les-Bains a délivré à la société Hélénis un permis de construire un immeuble collectif de 17 logements sur la parcelle cadastrée AD n° 228, située 8 avenue de la gare, ainsi que la décision du 28 septembre 2021 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Balaruc-les-Bains et de la société Hélénis une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- il n'est pas possible d'identifier le signataire du permis de construire contesté, en méconnaissance des dispositions de l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme ;

- il n'est pas établi que M. F, à supposer qu'il fût le signataire du permis attaqué, bénéficiait d'une délégation régulière pour ce faire à défaut de justification de l'affichage ou de la publication de l'arrêté de délégation versé au débat ; en outre cette délégation est trop imprécise et ne l'autorisait pas à signer le permis de construire en litige ;

- la consultation des services extérieurs est entachée d'irrégularité dès lors que des pièces complémentaires ont été déposées entre le 28 janvier et le 7 mai 2021 de sorte que la consultation a été effectuée sur la base d'un dossier incomplet ; en outre l'avis de Sète agglopôle méditerranée rendu le 22 février 2021 présentait un caractère suspensif dans l'attente de la production d'une nouvelle notice hydraulique et le courriel du 7 mai 2021 ne saurait être assimilé à un avis favorable de ce service ;

- le dossier de demande est incomplet et aurait dû comporter un lever topographique rattaché au Nivellement général de la France (A) conformément aux dispositions du règlement du plan de prévention des risques naturels d'inondation (PPRI) ;

- le projet litigieux méconnaît les dispositions réglementaires du PPRI applicables à la zone bleue de précaution (Bu) dès lors que le hall d'entrée de l'immeuble, qui constitue le premier plancher aménagé, se situe à une cote inférieure à 2,30 m A tandis que les caves, qui constituent des pièces annexes, se situent à une cote inférieure à 2 m A ; en outre le bâtiment aurait dû être édifié sur vide sanitaire ; enfin les installations électriques devaient être placées au-dessus de la cote de référence en application des dispositions constructives obligatoires pour les projets nouveaux implantés en zone inondable et de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la hauteur des constructions compte tenu de ce que le premier plancher de l'immeuble aurait dû être rehaussé ;

- il méconnaît les dispositions de son article UA 11 relatives aux menuiseries, aux garde-corps, aux clôtures et aux toits et couvertures tandis que de par sa situation, sa volumétrie et sa conception architecturale contemporaine, il porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants ;

- il méconnaît les dispositions de son article UA 6 relatif à l'implantation des constructions à l'alignement des emprises publiques ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 4 de ce règlement relatives à la gestion des eaux pluviales dès lors que le dispositif de rétention prévu est insuffisant, qu'aucune technique compensatoire à l'urbanisme favorisant l'infiltration des eaux pluviales sur place n'a été mise en œuvre et que les bassins de rétention ne devaient pas être positionnés en zone inondable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2022, la société Hélénis, représentée par la SCP CGCB et Associés, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la mise en œuvre des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 février 2022 et 15 avril 2022, la commune de Balaruc-les-Bains, représentée par la SELARL Maillots et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;

- les observations de Me Conquet, représentant M. et Mme E, celles de Me Bard, représentant la commune de Balaruc-les-Bains, et celles de Me Rosier, représentant la société Hélénis.

Considérant ce qui suit :

1. Le 11 décembre 2020, la société Hélénis a déposé une demande de permis de construire un immeuble collectif de 17 logements sur la parcelle cadastrée section AD n° 228, située 8 avenue de la gare, à Balaruc-les-Bains. Par arrêté du 16 juin 2021, le maire de la commune de Balaruc-les-Bains lui a délivré le permis sollicité. Par courrier du 9 août 2021, M. et Mme E ont formé un recours gracieux contre cet arrêté qui a été rejeté par décision du 28 septembre 2021. Par la présente requête, ils demandent l'annulation du permis de construire délivré le 16 juin 2021 et de la décision du 28 septembre 2021 rejetant leur recours gracieux.

Sur la recevabilité de la requête :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation, du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. / Lorsqu'elles sont introduites par une association, ces mêmes requêtes doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées des statuts de celle-ci, ainsi que du récépissé attestant de sa déclaration en préfecture. / Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire ".

3. M. et Mme E ont produit une attestation notariale confirmant l'acquisition des parcelles cadastrées section AD n° 206 et 207 en 2015 ainsi que la copie de leurs avis de taxe foncière et de taxe d'habitation au titre de l'année 2021. Ils justifient ainsi de leur qualité de propriétaires de la maison d'habitation située 8 rue du Pioch à la date d'affichage du permis de construire litigieux.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement (). ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

6. Il ressort des pièces du dossier que la maison d'habitation et le jardin attenant dont M. et Mme E sont propriétaires sont situés sur les parcelles AD n° 206 et AD n° 207 mitoyennes du terrain d'assiette du projet. Compte tenu des caractéristiques de la construction en litige, d'une hauteur de plus de 11 mètres et destinée à accueillir 17 logements en lieu et place d'une bâtisse, sur une parcelle située pour partie en zone bleue et pour partie en zone rouge au titre du plan de prévention du risque inondation, les requérants, qui font état de ce que la construction en litige de par son architecture portera atteinte aux lieux avoisinants et est susceptible de causer une aggravation des problématiques de ruissellements et d'inondations sur le secteur, établissent que le projet est de nature à affecter directement les conditions d'occupation et de jouissance de leurs biens.

7. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées par la société Hélénis tirées de la méconnaissance des articles R. 600-4 et L. 600-1-2 du code de l'urbanisme doivent être écartées.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

8. En premier lieu, aux termes de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme de Balaruc-les-Bains, relatif aux réseaux : " () Eaux pluviales / Toute augmentation du ruissellement induite par de nouvelles imperméabilisations de sols (création ou extension de bâtis ou d'infrastructures existants), doit être compensée par la mise en œuvre de dispositifs de rétention des eaux pluviales ou autres techniques alternatives. / Les propriétaires devront respecter les obligations définies dans les dispositions générales et particulières du schéma directeur de gestion des eaux pluviales (SDGEP). Le dimensionnement des mesures visant à compenser l'imperméabilisation du sol devront notamment être conforme avec les préconisations définies dans SDGEP. / Lorsque le réseau public recueillant les eaux pluviales existe, les aménagements réalisés doivent être garantir l'écoulement des eaux pluviales dans le réseau collecteur. (). / De plus au sein des zones concernées par un zonage PPRI, il convient de rechercher la mise en œuvre de techniques compensatoire à l'urbanisme favorisant l'infiltration des eaux pluviales sur place et le ralentissement des écoulements (tranchées filtrantes, puits d'infiltration, chaussée réservoir, etc.). / On favorisera le plus possible le traitement naturel, notamment par rétention à la parcelle, par un réseau de fossés ou de noues, de zones engazonnées, des bassins paysagés, afin de limiter les débits en aval des projets. / Les bassins de rétention doivent être positionnés hors zone inondable. () ". Le schéma directeur de gestion des eaux pluviales prévoit que dans la zone 1, où se situe la parcelle du projet, les projets d'une surface supérieure à 200 m² doivent prévoir un volume minimal de rétention de 40 litres / m² imperméabilisé, qu'il s'agisse d'une imperméabilisation nouvelle ou existante.

9. Il ressort de la notice hydraulique - Indice 3 du 7 mai 2021 sur la base de laquelle le permis litigieux a été délivré qu'est prévue la mise en place d'un dispositif de rétention à la parcelle de 23,54 m3 raccordé au réseau pluvial existant au droit de l'avenue de la gare. Ce volume de rétention a été calculé sur la base d'un volume minimal de rétention de 40 litres / m² imperméabilisés conformément aux préconisations du schéma directeur de gestion des eaux pluviales. Toutefois, il ressort du plan de principe de localisation des rétentions que le dispositif de rétention prévu, à savoir deux canalisations réservoir en diamètre 1 000 mm situées de part et d'autre de l'immeuble projeté, seront implantées en zone bleue Bu du PPRI, correspondant à une zone urbaine inondable soumise à un aléa modéré où les enjeux sont peu importants, tandis que la pompe de relevage sera implantée en zone rouge Ru de ce plan, correspondant à une zone urbaine inondable soumise à un aléa fort où les enjeux sont forts. Ces ouvrages de rétention des eaux pluviales sont assimilables à un bassin de rétention au sens des dispositions précitées de l'article UA 4, dont ils remplissent les fonctions. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le dispositif de rétention des eaux pluviales prévu méconnaît les dispositions précitées de l'article UA 4 compte tenu de son implantation en zone inondable.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif à l'aspect extérieur des constructions : " () 2. Ouvertures et menuiseries : Pour les constructions existantes : le respect du rythme des ouvertures et alignements sera favorisé pour toute intervention. / Pour les constructions neuves le projet devra être en harmonie avec l'ensemble urbain. / () Seront donc privilégiés et recherchés : - les dispositions de portes de garage au nu de l'intérieur des façades - le respect du matériau traditionnel comme le bois et le respect des proportions. / Ne sont pas autorisés pour ces mêmes raisons : () les fermetures en volets roulants horizontales ou verticales. ".

11. Il résulte de ces dispositions que les ouvertures et menuiseries non autorisées en zone UA concernent tant les travaux portant sur les constructions existantes que ceux portant sur les constructions nouvelles. Il ressort de la notice descriptive jointe au dossier de demande que le projet prévoit la mise en place en façades de volets roulants. Par suite, et nonobstant la circonstance que l'architecte des bâtiments de France a rendu un avis favorable au projet, le moyen tiré de ce que le recours à des volets roulants méconnaît les dispositions précitées doit être accueilli.

12. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est, en l'état de l'instruction, de nature à entrainer l'annulation de l'arrêté attaqué.

Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

13. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

14. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

15. Il résulte de l'instruction que le vice tiré de la méconnaissance par le permis de construire attaqué de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme, tel que relevé au point 9 ci-dessus, n'est pas susceptible de régularisation sans changer la nature même du projet au regard de la configuration particulière de la parcelle, située à cheval sur les zones rouge (RU) et bleue (BU) du PPRI du bassin versant de l'étang de Thau, de la liste limitative des travaux autorisés en zone BU par le règlement de ce plan versé au débat et compte tenu des dispositions générales d'utilisation du sol relatives à la maitrise des eaux pluviales prescrivant que " toute opération d'urbanisation nouvelle devra prévoir des mesures compensatoires suffisantes pour permettre une rétention des eaux pluviales dans la proportion de 120 litres/m² imperméabilisé ". Par conséquent, les conclusions des défendeurs tendant à l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme E sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 16 juin 2021 par lequel le maire de Balaruc-les-Bains a délivré à la société Hélénis un permis de construire.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui n'ont pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, les sommes demandées par la commune de Balaruc-les-Bains et par la société Hélénis au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Balaruc-les-Bains et de la société Hélénis une somme de 1 000 euros chacune à verser à M. et Mme E sur ce même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 6 juin 2021 du maire de Balaruc-les-Bains est annulé.

Article 2 : La commune de Balaruc-les-Bains versera à M. et Mme E une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La société Hélénis versera à M. et Mme E une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D et B E, à la commune de Balaruc-les-Bains et à la société Hélénis.

Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Montpellier.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Lison Rigaud, présidente,

Mme Isabelle Pastor, première conseillère,

M. François Goursaud, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

Le rapporteur,

F. Goursaud

La présidente,

L. Rigaud

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 22 septembre 2022.

La greffière,

M. C00

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