lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106182 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCAT MARION PUISSANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2021, Mme B E A, représentée par Me Puissant, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2021 par laquelle la directrice des Hôpitaux du Bassin de Thau l'a suspendue de ses fonctions pour non-respect de l'obligation vaccinale à compter du 17 septembre 2021 et jusqu'à production par l'intéressée d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination ou de la production d'un résultat de test négatif toutes les 72 heures pour la période du 9 août 2021 au 14 septembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge des Hôpitaux du Bassin de Thau la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- l'interruption de l'arrêt de travail dont elle bénéficiait est irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été préalablement invitée à présenter ses justifications et n'a pas été mise en demeure de reprendre ses fonctions ; l'illégalité de cette interruption entraîne par voie de conséquence l'illégalité de la décision dès lors que son placement en congé de maladie faisait obstacle à sa suspension ;
- elle n'a pas été informée de la possibilité de régulariser sa situation, comme prévu par l'article 14 de la loi 2021 1040 du 5 août 2021 et l'instruction DGOS/RH/2021/193.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2022, les Hôpitaux du Bassin de Thau, représentés par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, concluent au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de juste administrative.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 20 septembre 2023 la clôture de l'instruction a été fixée au 11 octobre 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Constans, pour les Hôpitaux du Bassin de Thau.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E A, aide-soignante aux Hôpitaux du Bassin de Thau, est affectée à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Claude Goulet de Marseillan. Par une décision du 22 septembre 2021, la directrice des Hôpitaux du Bassin de Thau l'a suspendue de ses fonctions pour non-respect de l'obligation vaccinale à compter du 17 septembre 2021 et jusqu'à production par l'intéressée d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination ou de la production d'un résultat de test négatif toutes les 72 heures pour la période du 9 août 2021 au 14 septembre 2021. Par la présente requête, Mme E A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Le signataire de la suspension, M. D C, directeur adjoint des ressources humaines et affaires médicales, bénéficiait d'une délégation de signature à cette fin, par décision du 2 juillet 2021 de la directrice des Hôpitaux du Bassin de Thau régulièrement publiée. Par suite, il était compétent.
3. L'agent ne peut utilement invoquer l'instruction DGOS/RH/2021/193, qui n'a pas de portée règlementaire.
4. Aux termes du I de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique () " et aux termes du III de l'article 14 de la même loi : " Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit () ".
5. Le défendeur indique avoir adressé à ses agents début 2021 une information sur la nécessité de la vaccination. Toutefois, aucune pièce du dossier, et aucun des courriers adressés au personnel produits, ne démontre que la requérante ait reçu de son employeur les informations prévues par l'article 14 cité au point précédent sur les moyens pour régulariser sa situation. Par suite, l'intéressée a été privée d'une garantie.
6. En premier lieu, aux termes de l'article 15 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière : " / () / Les fonctionnaires bénéficiaires d'un congé de maladie doivent se soumettre au contrôle exercé par l'autorité investie du pouvoir de nomination. Cette dernière peut faire procéder à tout moment à la contre-visite de l'intéressé par un médecin agréé ; le fonctionnaire doit se soumettre, sous peine d'interruption de sa rémunération, à cette contre-visite. / ()/ ". Ces dispositions ont pour objet de permettre à l'administration, lors d'une demande initiale de congé de maladie ou à chaque renouvellement, de vérifier, pour l'avenir, le bien-fondé de celle-ci en faisant procéder à une contre-expertise suivie, le cas échéant, d'une saisine du comité médical. L'agent intéressé, placé de plein droit en congé de maladie dès la demande qu'il a formulée sur le fondement d'un certificat médical, demeure en situation régulière tant que l'administration n'a pas expressément rejeté sa demande de congé de maladie ou n'a pas enjoint à l'agent de reprendre ses fonctions. En revanche, ces dispositions n'autorisent pas l'administration à rejeter rétroactivement un congé de maladie.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme E A était, depuis le 9 septembre 2021 et jusqu'au 9 octobre suivant, en congé de maladie. Si l'établissement a fait, le 17 septembre 2021 au matin, procéder à une contre-visite qui n'a pu aboutir faute pour le médecin agréé d'avoir pu rencontrer ou contacter l'intéressée, il ne ressort en revanche d'aucune pièce du dossier que le conseil médical aurait été saisi ou que le congé maladie aurait été expressément rejeté ou qu'il aurait été enjoint à l'intéressée de reprendre ses fonctions. Dans ces conditions, Mme A doit être regardée, à la date de la décision en litige, comme ayant été régulièrement en congé de maladie.
8. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors applicable : " Le fonctionnaire en activité à droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 42 ".
9. Il résulte de ces dispositions et de celles citées au point 4 que si le directeur d'un établissement de santé public peut légalement prendre une mesure de suspension à l'égard d'un agent qui ne satisfait pas à l'obligation vaccinale contre la covid-19 alors que cet agent est déjà en congé de maladie, cette mesure et la suspension de traitement qui lui est associée ne peuvent toutefois entrer en vigueur qu'à compter de la date à laquelle prend fin le congé de maladie de l'agent en question.
10. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 qu'à la date de prise d'effet de la décision en litige, le 17 septembre 2021, Mme E A doit être regardée comme étant en arrêt de travail justifié pour cause de maladie du 9 septembre 2021 jusqu'au 9 octobre suivant. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'illégalité en tant qu'elle porte sur une période antérieure à la fin de son congé de maladie.
11. Il résulte de ce qui précède que la requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 22 septembre 2021 en tant qu'elle porte sur la période allant du 17 septembre au 9 octobre 2021.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la requérante, qui n'est pas partie perdante, une somme. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, de mettre à la charge des Hôpitaux du Bassin de Thau le versement à Mme E A d'une somme de 1 000 euros au même titre.
DECIDE :
Article 1er : La décision de la directrice des Hôpitaux du Bassin de Thau du 22 septembre 2021 est annulée en tant qu'elle porte sur la période allant du 17 septembre au 9 octobre 2021.
Article 2 : Les Hôpitaux du Bassin de Thau verseront à Mme E A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E A et aux Hôpitaux du Bassin de Thau.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.
Le président-rapporteur,
V. RabatéL'assesseure la plus ancienne,
B. Pater
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 novembre 2023.
Le greffier,
S. Sangaré
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026