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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2106357

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2106357

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2106357
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL MAILLOT AVOCATS & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 décembre 2021, M. et Mme A, représentés par Me Labourier, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 2 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Candillargues a délivré un permis de construire à la société FMET Harmony en vue de la transformation d'un hangar agricole en sept logements collectifs, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux en date du 4 octobre 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Candillargues une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet car les photographies montrant l'environnement proche et lointain sont insuffisantes ;

- alors que l'avis du SDIS et celui du service des eaux impliquaient que l'autorité administrative vérifie le respect de certaines préconisations, l'arrêté se borne à reprendre la prescription sans que le maire ait exercé son devoir de contrôle ;

- le projet méconnait l'article Ua2 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qu'il entraîne pour le voisinage des nuisances inacceptables ;

- l'article Ua4 pourrait être méconnu par les caractéristiques du projet concernant le recueil des eaux de pluie ;

- le projet va générer des problèmes de sécurité du fait de l'augmentation du trafic et il ne permet pas l'accès d'un véhicule de secours, en violation de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ; le maire ne s'est pas assuré du respect des préconisations du SDIS.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2021, la commune de Candillargues, représentée par la SCP Bedel de Buzareingues - Boillot et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire de M. et Mme A une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 13 mai 2022, la société FMET Harmony, représentée par la SELARL Maillot Avocats et Associés conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme A une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable ;

- les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Crampe, première conseillère,

- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,

- les observations de Me Labourier, représentant M. et Mme A, celles de Me Constantinides, représentant la commune de Candillargues, et celles de Me Montesinos-Brisset, représentant la société Fmet Harmony.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 2 juillet 2021, le maire de la commune de Candillargues a délivré à la société Fmet Harmony un permis de construire pour la transformation d'un hangar agricole en sept logements collectifs, sur la parcelle cadastrée section AI n°202, située 22 rue de l'Avenir. M. et Mme A ont formé un recours gracieux rejeté par décision du 4 octobre 2021. Par leur requête, ils demandent l'annulation de l'arrêté du 2 juillet 2021 ainsi que de la décision du 4 octobre 2021 rejetant leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

3. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire, relative à la transformation d'un hangar agricole en sept logements sans modification des volumes existants, comprend une vue aérienne, deux vues des alentours et une vue d'insertion ayant permis d'en apprécier l'environnement proche et lointain, ainsi que l'insertion dans son environnement, sans que la circonstance que la villa des requérants n'y soit pas visible ait faussé l'appréciation portée par l'autorité administrative sur sa conformité à la règlementation applicable.

4. En deuxième lieu, M. et Mme A ne peuvent utilement se prévaloir de ce que le maire devait vérifier le respect par le pétitionnaire des prescriptions édictées à l'article 4 du permis de construire en litige, émanant du SDIS et du service des eaux, le contrôle éventuel du respect par le pétitionnaire de ces prescriptions relevant de l'exécution de l'autorisation d'urbanisme et non de sa légalité.

5. En troisième lieu, la zone UA est décrite par le règlement du PLU de la commune de Candillargues comme comprenant essentiellement d'anciens bâtiments agricoles à fort potentiel de rénovation et des espaces libres à proximité immédiate du centre ancien, et comme étant vouée à " favoriser la mutation des constructions agricoles vers de l'habitat, des équipements, des activités commerciales et des services ". L'article Ua2 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit que les occupations du sol admises dans la zone le sont à condition " qu'elles n'entraînent pas pour leur voisinage des nuisances inacceptables ; / l'établissement est en lui-même peu nuisant ou bien les mesures nécessaires à l'élimination des nuisances sont prises ; ".

6. Les circonstances, invoquées par M. et Mme A, que le projet attaqué ajoute plusieurs habitations à leur environnement immédiat, ainsi que des fenêtres donnant sur leur fond et que la circulation et le passage s'en trouvent augmentés ne sauraient être regardées comme constituant des " nuisances inacceptables ", ni le projet comme constituant un " établissement ", au sens de ces dispositions. M. et Mme A ne peuvent dès lors utilement se prévaloir de la gêne ressentie, qui relève du droit des tiers, ni de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article Ua2 du règlement du PLU de la commune.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article Ua4 du règlement du PLU : " Lorsque le réseau public recueillant les eaux pluviales existe, les aménagements réalisés doivent garantir l'écoulement des eaux pluviales dans ce réseau. Dès qu'un réseau pluvial est réalisé dans un secteur, le raccordement au réseau public est obligatoire. / En l'absence d'un réseau d'eaux pluviales le constructeur doit réaliser sur son terrain et à sa charge, des dispositifs appropriés et proportionnés permettant l'évacuation directe et sans stagnation des eaux pluviales vers un déversoir désigné à cet effet. Ces aménagements ne doivent pas faire obstacle au libre écoulement des eaux de ruissellement conformément aux dispositions du code civil. ".

8. Il ressort des pièces du dossier que la gestion des eaux pluviales a fait l'objet d'un traitement par la création de chaussées réservoir avec infiltration et création d'espaces libres permettant une infiltration naturelle. En invoquant le déversement d'eaux de pluies en provenance de trois maisons étrangères au projet en litige, et en se questionnant, sans l'affirmer ni l'établir, sur un sous-dimensionnement éventuel du réseau, les requérants n'apportent pas à leur moyen les précisions de nature à en apprécier le bien-fondé.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

10. Il ressort des pièces du dossier que le projet, qui comprend à la fois une allée piétonne et un accès automobile par son entrée principale, permet l'accès aux véhicules de secours par l'accès dédié aux automobiles. Les requérants ne peuvent dès lors se prévaloir utilement de la circonstance que l'allée piétonne ne permettrait pas le passage de ces véhicules.

11. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté en date du 2 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Candillargues a délivré un permis de construire à la société FMET Harmony en vue de la transformation d'un hangar agricole en sept logements collectifs, ni de la décision de rejet de leur recours gracieux en date du 4 octobre 2021.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Candillargues, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme A, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

13. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge solidaire de M. et Mme A une somme de 750 euros à verser respectivement à la commune de Candillargues et à la société FMET Harmony au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : M. et Mme A verseront solidairement et respectivement à la commune de Candillargues et à la société FMET Harmony une somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et D A, à la commune de Candillargues et à la société FMET Harmony.

Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rigaud, présidente,

Mme Crampe, première conseillère,

M. Goursaud, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.

La rapporteure

S. Crampe La présidente,

L. Rigaud

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 10 novembre 2022.

La greffière,

M. B

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