lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106448 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat BOSSI |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2021, Mme D B C, représentée par Me Belahouane, demande au tribunal :
1°) d'annuler son compte-rendu d'entretien professionnel pour l'année 2020 ensemble la décision implicite rejetant sa demande du 5 août 2021 de modification de ce compte-rendu suite à l'avis rendu par la commission administrative paritaire ;
2°) d'enjoindre à la commune de Fabrègues de réexaminer sa situation au regard de son entretien professionnel pour l'année 2020, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Fabrègues la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le compte-rendu d'entretien attaqué méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il ne précise pas le prénom, le nom et la qualité de l'auteur de l'acte ;
- le compte-rendu d'entretien attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation quant à ses compétences professionnelles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, la commune de Fabrègues, représentée par Me Maillot, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante d'une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°2014-1526 du 16 décembre 2014 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bossi en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bossi, magistrate désignée,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bard, représentant la commune de Fabrègues.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C est adjointe technique et exerce les fonctions d'agent d'entretien au sein du service enfance jeunesse de la commune de Fabrègues. Mme B C a été reçue le 12 novembre 2020 par sa cheffe de service, Mme A, afin de participer à son entretien professionnel de fin d'année. Son compte rendu d'entretien professionnel lui a été notifié le 18 décembre 2020. Mme B C a formulé une demande de révision par courrier en date du 30 décembre 2020. Le 4 mai 2021, la commission administrative paritaire (CAP) a émis un avis favorable à l'unanimité des suffrages exprimés à la révision du compte-rendu. Par un courrier du 11 juin 2021, la commune de Fabrègues a informé le président de la commission administrative paritaire qu'elle avait pris note de l'avis favorable rendu mais que la procédure avait été régulièrement suivie. Par un courrier du 5 août 2021, Mme B C a demandé à la commune de lui notifier son compte-rendu professionnel définitif au titre de l'année 2020, amendé ou non, suite à l'avis de la commission administrative paritaire. Mme B C demande au tribunal d'annuler son compte-rendu d'entretien professionnel pour l'année 2020 ensemble la décision implicite rejetant sa demande du 5 août 2021 de modification de ce compte-rendu suite à l'avis rendu par la commission administrative paritaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 76 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version alors applicable : " L'appréciation, par l'autorité territoriale, de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct qui donne lieu à l'établissement d'un compte rendu. Les commissions administratives paritaires ont connaissance de ce compte rendu ; à la demande de l'intéressé, elles peuvent demander sa révision. Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités d'application du présent article. ". L'article 5 du décret du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux dispose, quant à lui, que le compte rendu de l'entretien est établi et signé par le supérieur hiérarchique direct de l'agent.
4. Il ressort des pièces du dossier que le compte-rendu d'entretien professionnel de Mme B C comporte les nom, prénom, qualité et signature de sa supérieure hiérarchique directe. Il comporte également le nom, l'initiale du prénom, la qualité et la signature de l'autorité territoriale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux : " L'entretien professionnel porte principalement sur : 1° Les résultats professionnels obtenus par le fonctionnaire eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève ; 2° Les objectifs assignés au fonctionnaire pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des évolutions prévisibles en matière d'organisation et de fonctionnement du service ; 3° La manière de servir du fonctionnaire ; 4° Les acquis de son expérience professionnelle ; 5° Le cas échéant, ses capacités d'encadrement ; 6° Les besoins de formation du fonctionnaire eu égard, notamment, aux missions qui lui sont imparties, aux compétences qu'il doit acquérir et à son projet professionnel ainsi que l'accomplissement de ses formations obligatoires ; 7° Les perspectives d'évolution professionnelle du fonctionnaire en termes de carrière et de mobilité. (). ". Aux termes de l'article 4 de ce même décret : " Les critères à partir desquels la valeur professionnelle du fonctionnaire est appréciée, au terme de cet entretien, sont fonction de la nature des tâches qui lui sont confiées et du niveau de responsabilité assumé. Ces critères, fixés après avis du comité technique, portent notamment sur : 1° Les résultats professionnels obtenus par l'agent et la réalisation des objectifs ; 2° Les compétences professionnelles et techniques ; 3° Les qualités relationnelles ; 4° La capacité d'encadrement ou d'expertise ou, le cas échéant, à exercer des fonctions d'un niveau supérieur. ". Aux termes de l'article 5 de ce même décret : " Le compte rendu de l'entretien () comporte une appréciation générale littérale exprimant la valeur professionnelle du fonctionnaire au regard des critères fixés à l'article 4. ".
6. Mme B C soutient qu'elle a toujours donné pleinement satisfaction dans ses fonctions depuis le début de l'exercice de ses fonctions d'agent d'entretien en 2007. Elle précise cependant qu'à compter du décès de son mari, qui a pu entraîner des absences justifiées du service, elle a commencé à entretenir des relations conflictuelles avec sa supérieure hiérarchique, aboutissant à un climat délétère et qu'ainsi l'appréciation de l'autorité territoriale ne reflèterait pas sa valeur professionnelle. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la requérante, ainsi qu'un autre agent d'entretien travaillant avec elle, ont fait l'objet d'un compte-rendu émanant de leurs supérieures hiérarchiques signalant à leur direction une détérioration quant à leur manière de servir et quant à leur comportement au cours de l'année 2020. Il est ainsi fait référence, dans ce document, à de multiples insuffisances professionnelles caractérisées notamment par un manque de rigueur et de conscience professionnelles dans l'exercice des tâches qui sont quotidiennement dévolues à la requérante, un manque d'implication professionnelle lors des réunions de travail collectives hebdomadaires ainsi qu'un non-respect des consignes relatives à l'hygiène et à la reprise des fonctions dans le contexte de la crise sanitaire. Ce même compte-rendu mentionne également des menaces et des remarques particulièrement agressives visant ses collègues dont certains ont souhaité alerter leur hiérarchie en rédigeant des témoignages visant explicitement l'intéressée. Dans ces conditions et d'une part, ces différents griefs, dont la matérialité n'est pas sérieusement contestée, justifiaient l'attribution de la note de 2, correspondant à un niveau convenable / en cours d'acquisition, concernant les critères " maîtrise des connaissances techniques nécessaires à la tenue du poste ", " qualités relationnelles ", " respect des consignes et procédures ", " qualité d'exécution ", " rapidité d'exécution / respect des délais ", " capacité à rendre compte de son travail et des événements importants impactant son activité " et " prise d'initiative ". D'autre part, l'appréciation générale littérale du compte-rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2020 au terme de laquelle Mme B C " () manque de motivation dans les missions lui incombant. Elle ne parvient pas à construire un relationnel positif à long terme, souvent en " dents de scie " avec différents interlocuteurs. () " n'apparaît pas, au regard des éléments précédemment évoqués et contrairement à ce que soutient la requérante, entachée d'incohérence. En outre, si la requérante produit ses comptes-rendus d'entretien professionnels au titre des années précédentes pour soutenir qu'elle a toujours exercé ses missions avec professionnalisme et qu'elle doit faire face au comportement inapproprié de sa supérieure hiérarchique, elle ne saurait, toutefois, utilement se prévaloir d'anciennes évaluations plus favorables pour demander l'annulation du compte-rendu d'entretien contesté eu égard au caractère annuel de ce dernier. Par ailleurs, la circonstance, à la supposer même établie, que Mme B C entretiendrait de bonnes relations avec ses collègues de travail et les professeurs de l'école n'est, en tout état de cause, pas de nature à remettre en cause la matérialité des griefs retenus à son encontre. Ainsi, nonobstant l'avis favorable à la révision du compte-rendu litigieux rendu par la commission administrative paritaire et alors même que les compétences professionnelles et techniques de Mme B C qui exerce ses fonctions d'agent d'entretien depuis 2007, seraient pour partie acquises, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité territoriale aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de la manière de servir de l'intéressée au titre de l'année 2020.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme B C n'est pas fondée à demander l'annulation de son compte-rendu d'entretien professionnel pour l'année 2020 ensemble décision implicite rejetant sa demande du 5 août 2021 de modification de ce compte-rendu suite à l'avis rendu par la commission administrative paritaire.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution au titre des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Il y a lieu, en conséquence, de rejeter les conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte par la requérante.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Fabrègues, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande Mme B C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante une somme à verser à la commune de Fabrègues au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Fabrègues présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B C et à la commune de Fabrègues.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
La magistrate désignée,
M. BossiLa greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 juillet 2023.
La greffière,
B. Flaesch
N°2106448
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026