jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106475 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RUIZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 décembre 2021 et 12 avril 2023, M. et Mme A et D C, représentés par Me Ruiz, demandent au tribunal :
1°) de condamner la communauté de communes Vallée de l'Hérault à leur verser la somme de 5 514 euros au titre du remboursement des frais engagés pour le raccordement de leur parcelle au réseau d'eaux usées ;
2°) de condamner la communauté de communes Vallée de l'Hérault à leur verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la communauté de communes Vallée de l'Hérault doit être condamnée à leur rembourser la somme de 5514 euros acquittée pour le raccordement de leur propriété au réseau public d'eaux usées, dès lors qu'elle n'a pas respecté l'engagement pris par la commune de Gignac, alors exploitante du réseau, en application de l'article 4 de la convention de servitude conclue le 10 mars 1986 avec M. E B, propriétaire initial, qui a été annexée à leur acte de vente ;
- l'exception d'incompétence de la juridiction administrative sera écartée dès lors que le contrat en cause est un contrat passé entre une personne publique et une personne privée dont l'appréciation est soumise au juge administratif et que les articles L. 152-1 et L. 152-2 du code rural qui prévoient la compétence du juge de l'expropriation ne s'appliquent qu'en cas de désaccord, alors qu'en l'espèce il y a eu accord amiable qui s'est traduit par une convention ;
- l'exception de prescription quadriennale sera écartée, la servitude qui se rapporte à un ouvrage public est imprescriptible ;
- c'est à tort que la communauté de communes, après avoir soutenu que la gratuité a déjà été consentie à M. B, prétend désormais que la servitude est inexistante, dès lors que les numéros de parcelles ont été modifiés au fil du temps selon les divisions parcellaires et autres, ce qui explique la différence des références cadastrales, et alors que la servitude a été inscrite dans un acte authentique devant notaire, ce qui revient pour la communauté de communes à soutenir que l'acte serait un faux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2022, la communauté de communes Vallée de l'Hérault, représentée par Me Merland, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. et Mme C à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la juridiction administrative n'est pas compétente pour se prononcer sur le litige qui porte sur l'indemnisation d'une servitude instaurée en application de la loi n°62-904 du 4 août 1962, désormais codifiée au code rural et de la pêche maritime, dont l'article L. 152-2 prévoit que le juge judiciaire est compétent pour se prononcer sur les contestations relatives à une telle indemnisation ;
- à supposer que la servitude existe, l'action en exécution de la convention sera en tout état de cause prescrite en application de l'article 1er de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 et en l'absence de toute action entreprise par M. B bénéficiaire de la créance ;
- il n'existe pas de servitude au bénéfice de la parcelle des consorts C, dès lors que la convention qui fonde leur demande porte sur une parcelle cadastrée A2 1650 et qu'il résulte des mentions de leur acte d'acquisition que les trois parcelles acquises proviennent d'une autre parcelle cadastrée A n°1651.
Par un mémoire, enregistré le 1er août 2022, la commune de Gignac s'en remet aux écritures produites par la communauté de communes Vallée de l'Hérault, dont elle indique partager les arguments.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, première conseillère ;
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;
- et les observations de Me Rosé, représentant M. et Mme C et les observations de Me Mer, représentant la communauté de communes Vallée de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, bénéficiaire d'un permis de construire une maison d'habitation sur les parcelles cadastrées section AX numéros 372, 373 et 375 délivré le 7 août 2020 par le maire de Gignac, s'était acquitté en janvier et mars 2020 des frais afférents au branchement de la parcelle AX 375 aux réseaux d'alimentation en eau potable et d'eaux usées. M. et Mme C sont devenus propriétaires de ces trois parcelles, par acte notarié du 26 octobre 2020, lequel mentionne au titre des servitudes supportées, une servitude de canalisations sur une longueur de 145 mètres, établie par convention sous seing privé signée le 10 mars 1986 entre la mairie de Gignac et M. E B, dont copie a été annexée à l'acte. En se prévalant de l'article 4 de cette convention, selon lequel " A titre de compensation forfaitaire et définitive de la servitude résultant tant pour le propriétaire que pour l'exploitant du droit reconnu à l'article 1er, le maître d'ouvrage s'engage à raccorder gravitairement la parcelle au réseau d'eaux usées public. ", M. C a demandé au service des eaux de la communauté de communes Vallée de l'Hérault, par courrier recommandé du 21 février 2021, d'honorer l'engagement pris, puis, par courrier recommandé du 21 avril 2021 l'a mise en demeure de lui rembourser la somme de 5 514 euros correspondant au montant acquitté pour le raccordement au réseau d'eaux usées de sa propriété. Par courrier du 30 avril 2021, la communauté de communes Vallée de l'Hérault a rejeté cette demande. Par la présente requête, M. et Mme C demandent au tribunal de condamner la communauté de communes Vallée de l'Hérault à leur verser la somme de 5 514 euros.
Sur l'exception d'incompétence opposée en défense aux conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article L. 152-1 du code rural et de la pêche maritime : " Il est institué au profit des collectivités publiques, des établissements publics ou des concessionnaires de services publics qui entreprennent des travaux d'établissement de canalisations d'eau potable ou d'évacuation d'eaux usées ou pluviales une servitude leur conférant le droit d'établir à demeure des canalisations souterraines dans les terrains privés non bâtis (). L'établissement de cette servitude ouvre droit à indemnité. () ". Aux termes de l'article L. 152-2 du même code : " Les contestations relatives à l'indemnité prévue au deuxième alinéa de l'article L. 152- 1 sont jugées comme en matière d'expropriation pour cause d'utilité publique. ".
3. Il résulte des termes mêmes de l'article L. 152-2 du code rural que le juge de l'expropriation est seul compétent pour connaître d'un litige portant sur l'indemnité à laquelle ouvre droit l'institution de la servitude mentionnée à l'article L. 152-1 du même code, lesdits articles s'étant substitués aux articles 1 et 2 de la loi du 4 août 1962 à laquelle fait référence la convention du 10 mars 1986.
4. La requête de M. C, qui tend à obtenir le respect de l'article 4 de la convention, annexée à son acte de vente, conclue en 1986 entre la commune de Gignac et le précédent propriétaire du terrain à l'occasion de la mise en place d'une canalisation d'évacuation des eaux usées, est relative à l'étendue de l'indemnisation due en contrepartie d'une servitude instituée en application des dispositions précitées, indemnisation consistant en l'espèce en une contrepartie en nature portant sur un raccordement gratuit au réseau des eaux usées. Dès lors, et sans qu'y fasse obstacle la circonstance que l'instauration de la servitude avait donné lieu à un accord amiable, le présent litige, qui a trait à l'indemnité due en contrepartie de cette servitude relève de la seule compétence du juge de l'expropriation. Il y a lieu, par suite, d'accueillir l'exception d'incompétence opposée par la communauté de communes Vallée de l'Hérault, et de rejeter les conclusions indemnitaires présentées par M. C comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la communauté de communes Vallée de l'Hérault qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. C au titre des frais non compris dans les dépens qu'il a exposés. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la communauté de communes Vallée de l'Hérault tendant à l'application des dispositions de cet article.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions indemnitaires de la requête sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions présentées par la communauté de communes Vallée de l'Hérault au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la communauté de communes Vallée de l'Hérault et à la commune de Gignac.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La rapporteure
M. Couégnat La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 19 octobre 2023
La greffière,
M. F 00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026