jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106678 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 décembre 2021, M. I F et Mme H C, M. B J et Mme E D, représentés par la SELARL Schneider Avocats, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2021 par lequel le maire de la commune d'Agde a délivré à la société Nexity IR Programme un permis de construire 34 logements collectifs, ainsi que les décisions tacites de rejet de leurs recours gracieux formés les 19 et 26 octobre 2021.
2°) de mettre à la charge respective de la société Nexity IR Programme et de la commune d'Agde une somme de 1 000 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté de délégation donné à l'auteur de l'acte n'est pas cité dans la décision ; sauf à rapporter la preuve de cette délégation et de son affichage et sa publication régulière, le signataire est incompétent ;
- le tracé des réseaux n'est pas clairement identifiable sur le plan de masse en méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- l'absence de précision sur l'emplacement du PEI le plus proche n'a pas permis à l'autorité administrative de vérifier le respect des prescriptions du SDIS, en méconnaissance de l'article UD3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ; aucune prescription au permis de construire ne permet de s'assurer du respect de cette prescription ;
- la prescription relative à la gestion des eaux pluviales témoigne d'un réseau public de recueil insuffisant ou inexistant ; le dossier de demande de permis de construire ne comporte aucun renseignement sur la gestion des eaux pluviales ; l'absence de précision d'un dispositif adapté méconnaît les dispositions de l'article UD4 de ce règlement ;
- la présence d'un local collecteur d'ordures ménagères accessible depuis la voie publique méconnaît l'article UD11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- la surface dédiée aux espaces libres perméables et plantés au sens de l'article UD13 du règlement est insuffisante.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2022, la société Nexity IR Programme, représenté par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. F et autres une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. F et autres ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2022 la commune d'Agde, représentée par la SCP Coulombie, Gras, Cretin, Becquevort, Rosier, Soland, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. F et autres une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. F et autres ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe, première conseillère,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Teles, représentant M. F et autres, de Me Aldigier, représentant la commune d'Agde et de Me Lenoir, substituant Me Courrech, représentant la société Nexity IR Programme.
Considérant ce qui suit :
1. La société Nexity IR Programme a sollicité, le 16 octobre 2020, une autorisation valant permis de démolir et permis de construire trois bâtiments collectifs de 34 logements, sur les parcelles cadastrées section NL numéros 250 et 249 (unité foncière de 2 515 m²). Par arrêté du 2 juillet 2020, le maire de la commune d'Agde a délivré l'autorisation demandée. M. F et Mme C, d'une part, et Mme D, d'autre part, ont adressé un recours gracieux, rejeté par le maire de la commune d'Agde respectivement les 19 et 22 octobre 2021. Par leur requête, les requérant sollicitent l'annulation de l'arrêté du 2 juillet 2021 délivrant le permis de construire ainsi que des décisions des 19 et 22 octobre 2021 rejetant leurs recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal ".
3. Par arrêté du 30 septembre 2020, portant la mention de sa publication le 1er octobre suivant, le maire de la ville d'Agde a donné à M. A, adjoint au maire délégué au " développement urbain du territoire, Urbanisme et Environnement ", délégation à l'effet de signer notamment les autorisations d'utilisation et d'occupation des sols. Ce dernier était donc compétent pour signer l'arrêt attaqué.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse () indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. Il ressort des pièces du dossier que le plan de masse indique l'emplacement du raccordement aux réseaux publics, d'une manière suffisamment lisible. Au surplus une prescription figure au permis de construire en ce qui concerne le lieu et les modalités des raccordements aux réseaux d'eaux usées et d'eau potable et la gestion par infiltration sur la parcelle des eaux pluviales. Le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire à cet égard doit ainsi être écarté.
6. En troisième lieu, l'article UD2 du règlement du PLU autorise les constructions destinées à l'habitat, " sous condition que dans les secteurs délimités dans les documents graphiques au titre de l'article L.151-15, les nouvelles opérations destinées à l'habitat de 8 logements et plus comportent au minimum 30 % de logements sociaux (arrondi au chiffre entier le plus proche ; e.g. 2 logements sociaux pour une opération de 8 logements). ".
7. Ces dispositions, qui impliquent un quota de logements sociaux par opération et s'appliquent dans toutes les zones délimitées par le PLU, n'impliquent pas que la répartition des logements sociaux de l'opération de construction en litige se répartisse entre les zones UD1a et UD3c pour atteindre 30 % sur chacune, mais s'apprécie à l'échelle de l'opération. La prévision de 10 logements sociaux sur un total de 34 logements, situés dans l'un des trois bâtiments compris dans l'opération de construction, est conforme aux exigences de cet article.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article UD3 du règlement du PLU : " Les prescriptions du SDIS34 annexées au PLU doivent être respectées. ".
9. D'une part, les dispositions du code de l'urbanisme qui prévoient la composition du dossier de permis de construire ne demandent pas que soit précisé l'emplacement des points d'eau dédiés à la lutte contre l'incendie. Ainsi, alors même qu'il est renvoyé aux prescriptions du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) par l'article UD3, cette règle est sans incidence sur l'appréciation par l'autorité administrative de la complétude du dossier de demande de permis de construire. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'opération en litige est située à proximité immédiate d'un tel point d'eau, dans le respect des prescriptions du règlement départemental de la défense extérieure contre l'incendie. Le moyen tiré de ce qu'en l'absence de mention des points d'eau le dossier n'aurait pas permis le contrôle par l'autorité administrative du respect des prescriptions du SDIS doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article UD4 du règlement du PLU : " Il doit être tenu compte du règlement d'assainissement des eaux pluviales de la commune. / Lorsque le réseau public recueillant les eaux pluviales existe en capacité suffisante, les aménagements réalisés doivent garantir l'écoulement des eaux pluviales dans ce réseau. / Les débits rejetés sur un réseau public par l'ensemble des terrains constituant l'entité foncière juridique existante ou projetée sont limités à la valeur correspondant à la capacité de ce réseau. / Des dispositifs de rétention seront conçus et réalisés en conséquence sur la parcelle. / En l'absence d'un réseau d'eaux pluviales ou lorsque celui-ci est de capacité insuffisante, le constructeur doit réaliser sur son terrain et à sa charge des dispositifs appropriés et proportionnés permettant l'évacuation directe et sans stagnation des eaux pluviales vers un déversoir désigné à cet effet. () ".
11. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la prescription figurant au permis de construire de procéder à l'infiltration des eaux pluviales sur la parcelle, en conservant les fossés cadastraux s'ils existent et, si nécessaire, en créant des noues permettant l'infiltration de 120 litres par mètre carré de surface imperméable, serait insuffisante à assurer le respect de l'article UD4, qui prévoit expressément cette alternative au rejet dans le réseau pluvial de la commune.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article UD11 du règlement du PLU : " Les locaux collecteurs d'ordures ménagères sont obligatoires (hormis pour les constructions individuelles) et ne doivent pas être directement accessibles depuis la voie publique. ".
13. Il ressort des pièces du dossier que le local poubelle, fermé par une porte, est en retrait sur la parcelle d'assiette du projet et non sur la voie publique. Il n'est ainsi pas directement accessible depuis la voie publique et ne méconnait pas les dispositions précitées.
14. En septième lieu, aux termes de l'article UD13 du règlement du PLU : " 50 % des espaces libres doivent demeurer perméables et plantés. Les plantations existantes seront conservées ou remplacées. () ".
15. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du tableau récapitulatif de la répartition des surfaces inclus dans le dossier de demande de permis de construire, que plus de 50 % des espaces sont perméables et plantés, contrairement à l'allégation, qui n'est assortie d'aucune démonstration, des requérants.
16. Il résulte de ce qui précède que M. F et autres ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 2 juillet 2021 par lequel le maire de la commune d'Agde a délivré à la société Nexity IR Programme un permis de construire 34 logements collectifs, ni des décisions tacites de rejet de leurs recours gracieux formés les 19 et 26 octobre 2021.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Agde et de la société Nexity IR Programme, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, quelque somme que ce soit, au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
18. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge solidaire de M. F et Mme C, M. J et Mme D, une somme de 1 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens à verser respectivement à la commune d'Agde et à la société Nexity IR Programme.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F et autres est rejetée
Article 2 : M. F et Mme C, M. J et Mme D verseront solidairement à la commune d'Agde et à la société Nexity IR Programme une somme de 1 000 euros, à chacune, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. I F et Mme H C, M. B J et Mme E D, à la commune d'Agde et à la société Nexity IR Programme.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Denis Besle, président,
Mme Sophie Crampe, première conseillère,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
La rapporteure
S. Crampe Le président,
D. Besle
La greffière,
M. G
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 16 mars 2023.
La greffière,
M. G
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026