mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SARL CAZIN MARCEAU AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 décembre 2021 et le 19 avril 2022, la société civile immobilière (SCI) Cap de Bouirex, M. A F et M. E F, représentés par la société à responsabilité limitée (SARL) Cazin Marceau Avocats associés, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Collioure a accordé un permis de construire à M. G et à Mme D en vue de la réalisation d'une maison d'habitation, d'un garage et d'une piscine situés sur la parcelle cadastrée section AR N°194, ainsi que le refus opposé, le 2 novembre 2021, à son recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Collioure et de M. G et Mme D une somme de 5 000 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la notice architecturale du projet est insuffisante en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- les dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2022, M. B G et Mme C D épouse G concluent au rejet de la requête.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable faute pour les requérants de justifier d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- au surplus, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2022, la commune de Collioure, représentée par la société civile professionnelle (SCP) Chichet, Henry, Pailles, Garidou et Renaudin, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public ;
- les observations de Me Marceau représentant les requérants ;
- et les observations de Me Carneiro représentant la commune de Collioure.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Cap de Bouirex, spécialisée dans le secteur de la location immobilière, est propriétaire d'une maison d'habitation rue de Tourette à Collioure. Par un arrêté du 6 juillet 2021, le maire de la commune de Collioure a accordé à M. G et à Mme D épouse G un permis de construire assorti d'une prescription relative à la couleur des menuiseries en vue de la réalisation d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée section AR N°194 située rue de la Galère. Par une lettre du 31 août 2021, cette société et ses deux associés, MM. F, ont formé un recours gracieux contre cet arrêté qui a été rejeté le 2 novembre 2021. Par la présente requête, ils demandent l'annulation de l'arrêté du 6 juillet 2021 et celle du refus opposé à leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Si la notice descriptive jointe au dossier de la demande de permis de construire n'expose pas l'organisation et l'aménagement des accès au terrain, le plan de masse qui y est joint permet, en combinaison avec les plans de façade sud-est et sud-ouest et les photographies également versées au dossier, de déterminer les accès au terrain depuis la voie publique, réservés aux véhicules ou aux piétons et qui sont, au demeurant, quasiment identiques à ceux des constructions voisines. Par suite, le dossier de demande comportait des éléments suffisants pour mettre le service instructeur à même d'apprécier la conformité du projet aux règles d'urbanisme applicables. Le moyen tiré du caractère incomplet de la notice architecturale doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Lorsque le terrain est riverain de deux ou plusieurs voies publiques, l'accès sur celle de ces voies qui présente une gêne ou un risque pour la circulation peut être interdit ./ La disposition des accès doit assurer la sécurité des usagers et leurs abords doivent être dégagés de façon à assurer la visibilité. Les accès doivent être situés en des points les plus éloignés possibles des carrefours existants, des virages et autres endroits où la visibilité est mauvaise. ".
6. En l'espèce, le terrain est riverain de trois voies publiques, la rue de la Tourette, la rue de la Galère et la rue Creu del Moune. Il ressort des pièces du dossier que, si l'accès dédié aux véhicules s'effectue à l'intersection de la rue Creu del Moune avec la rue de la Galère, c'est en son point le plus éloigné de cette dernière, et offrant, par ailleurs, une largeur suffisante et une bonne visibilité aux automobilistes qui empruntent cette voie, sans risque de danger ou de gêne pour les usagers. Dans ces conditions, en se bornant à se prévaloir d'un risque de collision avec les cyclistes et les piétons, les requérants n'apportent aucun élément de nature à démontrer une méconnaissance par le projet en cause des dispositions précitées de l'article UB 3 du plan local d'urbanisme de la commune de Collioure. En outre, les requérants ne peuvent utilement invoquer, à l'appui de ce moyen, l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° 3 et l'augmentation du flux de circulation qu'induira le projet dans la mesure où le terrain d'assiette ne se situe pas dans le périmètre de cette opération. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions doivent être implantées : a. A une distance de l'alignement ou à toute limite s'y substituant (marge de recul, emplacement réservé) et figurant aux documents graphiques de zonage, ne pouvant être inférieure à : - 15 mètres de la RD 114, - 5 mètres des autres voies ; (). 4. Par ailleurs, les constructions peuvent être édifiées à l'alignement ou à la limite qui s'y substitue : a. De la rue de la Galère, côté amont, dans sa section comprise entre la voie ferrée et la rue René Llense. b. De la rue de la Galère, côté aval, dans sa section comprise entre la voie ferrée et l'accès piétonnier du Douy (emplacement réservé n° 6 figurant au plan de zonage). "
8. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette se situe précisément rue de la Galère, côté amont dans sa section comprise entre la voie ferrée et la rue René Llense. Dans ces conditions, le projet pouvait bénéficier de l'exception à la construction à une distance de l'alignement de sorte que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la construction du garage dans l'alignement de la voie publique méconnaîtrait les dispositions précitées de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " 1. A moins qu'elles ne jouxtent la limite séparative, la distance comptée horizontalement de tout point d'une construction au point de la limite parcellaire qui en est le plus proche doit au moins être égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points sans pouvoir être inférieure à 3 mètres (L ) H/2). ". Pour l'application de ces dispositions, il y a lieu, pour apprécier la distance par rapport à la limite parcellaire d'une partie d'un bâtiment comportant une toiture qui fait face à cette limite, de retenir comme le point le plus élevé celui qui est situé à l'égout du toit et non au faîtage. Selon l'article UB 10 du même règlement : " La hauteur des constructions est mesurée à partir du sol naturel existant avant travaux ou à partir du sol naturel reconstitué, définis par un plan altimétrique détaillé, jusqu'au faîtage du bâtiment, ouvrages techniques, cheminées et autres superstructures exclus. ".
10. Les requérants soutiennent que, compte tenu de la cote NGF de 35,33 mètres à l'égout du toit et de la cote NGF de 29,20 mètres du sol naturel portée sur le plan de masse PCMI2 du dossier de permis de construire, la hauteur à l'égout du toit s'établit à 6,13 mètres et en déduisent que la construction devait ainsi être implantée à 3,065 mètres de la limite séparative et non à 3 mètres comme le projet le prévoit. Toutefois, il n'est ni établi, ni même allégué que la cote NGF de 29,20 mètres correspondrait à la reconstitution du sol naturel existant avant travaux au sens des dispositions précitées de l'article UB 10 du règlement du plan local d'urbanisme. Au contraire, les pétitionnaires versent au dossier le plan altimétrique annexé au procès-verbal de bornage dressé le 25 avril 2018 retenant, pour la limite séparative nord-est, une cote NGF de sol naturel reconstitué à 30,95 mètres NGF, ce qui donne, compte tenu de la formule de calcul rappelé à l'article UB 7, une hauteur de 4,38 mètres à l'égout du toit et une distance de prospect à respecter de 2,19 mètres, ce qui est le cas, en l'espèce, au regard du retrait de trois mètres prévu pour la construction par rapport à la limite séparative nord-est. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " a) Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies de desserte sur le terrain même. b) Lorsque les obligations inscrites au paragraphe 2 ne peuvent être satisfaites, les dérogations prévues au L. 151-33 du code de l'urbanisme en vigueur à la date d'approbation du PLU, peuvent être accordées. c) La surface minimale d'une place de stationnement véhicules motorisés" est de 12,5 m² (5m x 2,5 m) d) La surface minimale d'une place de stationnement "vélos" est de 1,2 m² (2m x 0,6m) 2. Il doit être aménagé, pour les véhicules motorisés : a) Pour les constructions destinées à l'habitation : au moins 1 place de stationnement ou de garage par 50m2 de surface de plancher, sauf dans le secteur UBd où cette exigence est réduite à 1 place par 75m2 de surface de plancher. " Pour l'application de ces dispositions, le projet nécessitait 3 places de stationnement au regard de la surface de plancher créée de 166,70 m2, la règle s'appréciant par tranche entière et non par tranche entamée, en l'absence de disposition contraire dans le règlement.
12. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan du sous-sol joint au dossier de demande, que trois places de stationnement sont prévues de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB 12 ne peut qu'être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par les pétitionnaires, que les requérants ne sont fondés à demander ni l'annulation de l'arrêté du 6 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Collioure a accordé un permis de construire avec prescriptions à M. G et à Mme D, ni celle du refus implicite opposé au recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Collioure, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, sur le même fondement, de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Collioure et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par la SCI Cap de Bouirex et MM. F est rejetée.
Article 2 : La SCI Cap Bouirex et MM. F verseront la somme de 1 500 euros à la commune de Collioure en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Cap de Bouirex, première dénommée pour l'ensemble des requérants, à M. et Mme B et C G et à la commune de Collioure.
Délibéré à l'issue de l'audience du 14 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.
La rapporteure,
D. Teuly-DesportesLa présidente,
S. EncontreLa greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 2 mai 2023,
La greffière,
C. Arcedl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026