mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106819 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL SAINTE-CLUQUE LAURENS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 novembre 2021 et 1er décembre 2022, Mme B A, représentée par Me Sainte-Cluque, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de refus d'autorisation d'exercer la profession de diététicienne en France notifiée le 16 juin 2021 ;
2°) d'enjoindre à la préfecture de la région Occitanie de lui délivrer l'autorisation d'exercer en France la profession de diététicienne et d'assortir cette injonction, en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative, d'une astreinte définitive dont il plaira à la juridiction de fixer le montant ainsi que la date d'effet ;
3°) de condamner la préfecture de la région Occitanie à lui régler la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'une insuffisante motivation en fait ;
- le motif tiré de l'absence de présentation de l'attestation de conformité à la directive européenne 2000/36/CE relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles est entaché d'une erreur matérielle s'agissant de la référence de la directive ;
- le préfet a commis une erreur de droit en exigeant la production d'un certificat ou d'une attestation de conformité délivré par l'Etat membre ayant délivré le diplôme, alors que la directive 2005/36/CE ne l'exige pas pour la profession de diététicien qui fait partie des professions du système général ;
- l'autre motif du refus, tenant à l'absence d'équivalence des formations non compensée par les stages suivis, est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré 4 juillet 2022, le préfet de région Occitanie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 septembre 2005 ;
- la directive n° 2013/55/UE du Parlement européen et du Conseil du 20 novembre 2013 ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,
- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique,
- et les observations de Me Saint-Cluque, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, de nationalité australienne, a déposé le 29 juillet 2020 une demande d'autorisation d'exercice de la profession de diététicienne en France. Par un courrier du 27 août 2020, la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) l'a informée que son dossier était incomplet et a demandé la production d'une attestation de conformité du diplôme à la définition établie à l'article 3.1 et au niveau de la qualification de l'article 11 de la directive 2005/36/CE ainsi que le programme et le volume horaire des enseignements année par année. Malgré un retour de ce courrier avec la mention " destinataire inconnu " et après des échanges avec la requérante, son dossier a été présenté à la commission régionale prévue à l'article L. 4371-4 du code de la santé publique, qui a émis le 1er juin 2021 un avis défavorable. Par décision du 16 juin 2021 le préfet de région a décidé de suivre cet avis et a rejeté sa demande d'autorisation d'exercer la profession de " diététicienne ". Mme A a formé un recours gracieux contre cette décision par un courrier du 27 juillet 2021 adressé à la DREETS. Ce recours a été présenté à la commission régionale qui a confirmé son avis défavorable le 12 octobre 2021. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du préfet de région du 16 juin 2021 ainsi que la décision implicite de rejet qu'il a opposée à son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 4371-2 du code de la santé publique : " Seules peuvent exercer la profession de diététicien les personnes titulaires du diplôme d'Etat mentionné à l'article L. 4371-3 ou titulaires de l'autorisation prévue à l'article L. 4371-4 ou mentionnées à l'article L. 4371-7. (). ". Aux termes de l'article L. 4371-4 du même code : " L'autorité compétente peut, après avis d'une commission composée notamment de professionnels, autoriser individuellement à exercer la profession de diététicien les ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen qui, sans posséder le diplôme mentionné à l'article L. 4371-2, sont titulaires : 1° De titres de formation délivrés par un ou plusieurs Etats, membres ou parties, et requis par l'autorité compétente de ces Etats, membres ou parties, qui réglementent l'accès à cette profession ou son exercice, et permettant d'exercer légalement ces fonctions dans ces Etats ; () La délivrance de l'autorisation d'exercice permet au bénéficiaire d'exercer la profession dans les mêmes conditions que les personnes titulaires du diplôme mentionné à l'article L. 4371-2 ".
3. La décision du 16 juin 2021 vise l'article L. 4371-4 du code de la santé publique et l'avis défavorable émis le 1er juin 2021 par la commission régionale et est fondée d'une part sur l'absence de preuve, par la présentation de l'attestation de conformité à la directive européenne, que le diplôme obtenu par Mme A au Royaume-Uni en 2018 sanctionne une formation équivalente à celle dispensée en France pour l'accès à la profession de diététicien et d'autre part, sur l'insuffisance du contenu de la formation par rapport à celle du brevet de technicien supérieur Diététicien, notamment sur le module pathologie et sur les stages présentés, qui ne permettent pas de pallier le manque de connaissance relevé. La décision énonce ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé, qui ont permis à la requérante de comprendre et de contester les motifs du refus qui lui a été opposé. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision doit donc être écarté.
4. Si la décision, qui fait référence à la directive européenne n° 2005/36/CE, comme indiqué dans un précédent courrier adressé à Mme A ainsi que dans l'avis émis par la commission régionale, la désigne sous le numéro 2000/35/CE, cette erreur matérielle est sans incidence sur la légalité de la décision.
5. Il ressort des pièces du dossier que la profession de " Dietitian " au Royaume-Uni est une profession règlementée. Aucun élément du dossier présenté à l'administration par la requérante, ni au tribunal dans le cadre de la présente instance, ne permet d'établir que le diplôme de " Bachelor of Nutritionnal Science " délivré à la requérante en 2018 par l'université Middlesex à Londres permettait à celle-ci d'exercer la profession règlementée de diététicien au Royaume-Uni. Dans ces conditions, en sollicitant la production d'une " attestation de conformité " à la directive européenne 2005/36/CE qui était de nature à lui permettre de vérifier que cette condition était remplie, même si le " guide de l'utilisateur " n'en n'exige pas la présentation, le préfet de région, qui ne s'est pas cru lié par l'absence de cette attestation dès lors qu'il a examiné le contenu de la formation, n'a pas commis d'erreur de droit.
6. Il est constant que les diplômes français permettant à leurs titulaires de faire usage du titre professionnel de Diététicien et d'exercer cette profession paramédicale règlementée sont le brevet de technicien supérieur de diététique et le diplôme universitaire de technologie, spécialité biologie appliquée, option diététique. La circonstance que la formation suivie par Mme A dans le domaine de la science de la nutrition, d'une durée de trois ans, présente un volume d'heures de formation plus important que celui dispensé dans le cadre de la préparation de ces deux diplômes, notamment en physiopathologie et physiopathologie appliquée, ne suffit pas à établir l'équivalence des formations. Il ressort en outre des documents qu'elle produit que Mme A a effectué au cours de sa formation deux stages dans un club de fitness, sans encadrement formé en matière médicale ou paramédicale, qui n'incluent pas la dimension de prise en charge thérapeutique, alors que la formation de diététicien en France comporte plusieurs périodes de stages dont au moins dix semaines doivent être effectués en diététiques thérapeutiques dans deux établissements d'hospitalisation, de soins ou de cure, ces stages devant être encadrés par un diététicien. Mme A ne peut par ailleurs utilement se prévaloir des fonctions occupées en tant qu'éducatrice en santé nutritionnelle pour l'Agence de santé des îles Wallis et Futuna, postérieurement à l'obtention de son diplôme et alors qu'elle n'était pas autorisée à exercer la profession.
7. Il résulte de ce qui précède qu'en estimant que Mme A ne remplissait pas la condition prévue au 1° de l'article L. 4371-4 du code de la santé publique le préfet de région Occitanie n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision du 16 juin 2021 du préfet de région Occitanie et de la décision implicite de rejet qu'il a opposée à son recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A n'implique pas qu'il soit enjoint sous astreinte au préfet de région de délivrer à celle-ci l'autorisation d'exercer la profession de diététicienne.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie en sera adressée au préfet de la région Occitanie.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023 à laquelle siégeaient :
M. Jérôme Charvin, président,
M. Hervé Verguet, premier conseiller,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023
La rapporteure,
M. Couégnat
Le président,
J. Charvin
La greffière,
L. Salsmann
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 9 mai 2023
La greffière,
L. Salsmann
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026