vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106849 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | RICHER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 décembre 2021, les 3 février et 15 mars 2022 et le 20 mars 2023, M. B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la commune de Carcassonne pour des faits de travail abusif ;
2°) d'annuler la décision du 18 février 2022 par laquelle le maire de la commune de Carcassonne a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
Il soutient que :
- la surcharge de travail, de l'ordre de 20 heures supplémentaires par semaine, a entraîné un droit à congés supplémentaires qui n'a pas été exercé de sorte qu'il a vécu une situation de harcèlement psychique de la part de la commune ;
- il a été victime d'une agression au sein de l'école.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 avril 2022 et le 22 mars 2023, la commune de Carcassonne, représentée par le cabinet Richer et Associés de droit public, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est dirigée contre aucune décision, que la demande d'indemnisation n'est pas présentée par un avocat et n'a pas été précédée d'une demande préalable et que les conclusions qu'elle contient ne présentent pas entre elles un lien suffisant ;
- au surplus, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation présentées contre le courrier du 18 février 2022, qui, s'agissant de la demande de protection fonctionnelle relative à l'agression dont M. A aurait été victime, se borne à solliciter des éléments complémentaires, constitue par la même un acte préparatoire et ne peut faire l'objet d'un recours.
En réponse à cette information, des observations, enregistrées le 27 février 2023, ont été présentées par M. A et communiquées à la commune de Carcassonne.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public ;
- et les observations de Me Brard représentant la commune de Carcassonne.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint technique territorial au sein de la commune de Carcassonne, affecté au gardiennage de l'école de la Gravette depuis le 12 janvier 2015 et occupant un logement de fonction, a été placé en congé de maladie pour la période du 30 octobre 2020 au 31 mai 2021 et a sollicité, le 12 janvier 2021, le bénéfice rétroactif de 15 mois de congés annuels qu'il n'aurait pas pu prendre depuis près de cinq années. Par décision du 28 janvier 2021, le maire de la commune de Carcassonne a refusé de faire droit à sa demande. M. A, qui a demandé à ce qu'il soit mis fin à sa mission de gardiennage le 14 janvier 2021, a été placé en congé de longue maladie et a fait valoir ses droits à la retraite à compter du 31 décembre 2021. Par un arrêté du 20 avril 2021, le président du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a, à la demande de l'intéressé, prorogé le congé de longue durée à demi-traitement pour la période du 13 janvier au 12 juillet 2021. Le 1er février 2022, M. A a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle pour, d'une part, les faits de travail abusif qu'il estime constitutifs d'une situation de harcèlement et, d'autre part, pour des faits liés à une agression subie dans le cadre de sa mission de gardiennage. En réponse à ses demandes, l'employeur a, le 18 février 2022, rejeté la première demande et sollicité des pièces complémentaires s'agissant de la demande de protection fonctionnelle liée à une agression qui aurait été subie pendant le service. Par la présente requête, compte tenu de ses écritures, M. A doit être regardé comme demandant, d'une part, l'annulation des actes contenus dans la lettre du 18 février 2022 et, d'autre part, l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la réponse à la demande de protection fonctionnelle liée à l'agression physique dont aurait été victime M. A :
2. La lettre du 18 février 2022 se borne à demander à M. A, pour ce qui est des faits d'agression dont il se dit victime, des informations et pièces complémentaires et ne statue pas sur sa demande. Dans ces conditions, cette mesure constitue un acte préparatoire qui n'est pas susceptible de recours. Par suite, et dès lors que les parties en ont été informées, il y a lieu de relever d'office cette irrecevabilité et de rejeter les conclusions à fin d'annulation présentée par le requérant.
En ce qui concerne le refus de protection fonctionnelle liée au conflit avec l'employeur portant sur les horaires et la demande de congés à titre rétroactif :
3. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version applicable : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. () ". Aux termes de l'article 11 de la même loi : " () La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. (). ".
4. D'une part, les dispositions précitées de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Si la protection résultant de ces dispositions n'est pas applicable aux différends susceptibles de survenir, dans le cadre du service, entre un agent public et l'un de ses supérieurs hiérarchiques, il en va différemment lorsque les actes du supérieur hiérarchique sont, par leur nature ou leur gravité, insusceptibles de se rattacher à l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.
5. D'autre part, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
6. M. A se borne à soutenir qu'il a subi des semaines d'une durée de travail de plus de 50 heures depuis plus de cinq années, alors que la fiche horaire versée au dossier par la commune de Carcassonne fait mention d'une durée hebdomadaire de 30,5 heures de sorte que les faits de travail abusif ne sont pas établis et ne sauraient être regardés comme constitutifs de harcèlement moral justifiant l'octroi de la protection fonctionnelle.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 18 février 2021 par laquelle le maire de la commune de Carcassonne a refusé de lui accorder la protection fonctionnelle.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :
8. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
9. Le requérant, qui recherche la responsabilité de la commune de Carcassonne, ne justifie pas avoir saisi l'administration d'une demande préalable qui aurait fait naître une décision de rejet à la date du présent jugement. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de ses conclusions indemnitaires, au demeurant non chiffrées, doit être accueillie.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A la somme que sollicite la commune de Carcassonne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Carcassonne en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Carcassonne.
Délibéré à l'issue de l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La rapporteure,
D. Teuly-DesportesLa présidente,
S. Encontre
La greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 14 avril 2023,
La greffière,
C. Arce
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026