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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2120158

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2120158

lundi 18 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2120158
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP CORMARY & BROCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Montpellier la requête présentée par Mme C A.

Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 janvier et 16 septembre 2021, Mme C A, représentée par la SCP Cormany et Broca, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de la décharger partiellement de la somme de 2 622 euros mise à sa charge par un avis des sommes à payer émis par le trésorier des hôpitaux de Toulouse le 6 août 2020 ;

2°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Toulouse à lui verser une indemnité de 1 000 euros, en réparation du préjudice moral qu'elle a subi.

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance du centre hospitalier universitaire de Toulouse n'est pas justifiée dans son intégralité ;

- la période du 4 juin au 12 juillet 2020 ne doit pas être mise à sa charge pour être imputable à la procédure judiciaire ;

- la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Toulouse est engagée ;

- elle a subi un préjudice moral en raison des tracas administratifs causés.

- Une mise en demeure a été adressée le 22 septembre 2021 au centre hospitalier universitaire de Toulouse, en application de l'article R.612-3 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 26 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au suivant à 25 janvier 2022.

Par lettre adressée le 30 août 2023, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'incompétence du juge administratif pour connaitre des conclusions dirigées contre le l'Etat (ministre de la justice).

Il y a été répondu par Mme A par courrier en date du 2 septembre 2023 communiqué.

Un mémoire, présenté pour le centre hospitalier universitaire de Montpellier, a été enregistré le 30 août 2023, soit postérieurement à la clôture d'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pater, première conseillère ;

- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le corps d'une personne défunte a été placé le 4 juin 2020 en chambre mortuaire à l'hôpital Purpan dépendant du centre hospitalier universitaire de Toulouse, à la demande du procureur de la République de Toulouse pour les besoins d'identification. Un permis d'inhumer au nom de Mme B A a été remis à la requérante le 12 juin suivant. La mise en bière et la crémation ont eu lieu le 23 juillet 2020. Le 6 août 2020, le trésorier des hôpitaux de Toulouse a émis un avis des sommes à payer au nom de la succession de Mme B A pour la somme de 2 622 euros pour la conservation du corps en chambre mortuaire durant la période du 4 juin au 23 juillet 2020. Par la présente requête, Mme C A, fille unique de Mme B A, doit être regardée comme demandant au tribunal de la décharger partiellement de la somme mise à sa charge par l'avis des sommes à payer émis par le trésorier des hôpitaux de Toulouse le 6 août 2020, en tant qu'il porte sur la période du 4 juin au 12 juillet 2020.

Sur le moyen d'ordre public tiré de l'incompétence du juge administratif pour connaître des conclusions de Mme A tendant à la condamnation de l'Etat (ministre de la justice).

2. Comme le précise Mme A dans sa réponse du moyen d'ordre public soulevé le 30 août 2023, le tribunal n'étant pas saisi de conclusions formées à l'encontre du ministre de la justice, ce moyen est inopérant.

Sur les conclusions à fin de décharge partielle :

3. Aux termes de l'article R.612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ". Il résulte de ces dispositions que, sous réserve du cas où, postérieurement à la clôture de l'instruction, le défendeur soumettrait au juge une production contenant l'exposé d'une circonstance de fait dont il n'était pas en mesure de faire état avant cette date et qui serait susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire, le défendeur à l'instance qui, en dépit d'une mise en demeure, n'a pas produit avant la clôture de l'instruction est réputé avoir acquiescé aux faits exposés par le requérant dans ses écritures. Il appartient alors seulement au juge de vérifier que la situation de fait invoquée par le demandeur n'est pas contredite par les pièces du dossier.

4. Le 6 août 2020, le trésorier des hôpitaux de Toulouse a émis un avis des sommes à payer au nom de la succession de Mme B A correspondant aux frais de conservation du corps de Mme B A en chambre mortuaire à l'hôpital de Purpan, durant la période de 50 jours comprise entre le 4 juin et le 23 juillet 2020, dont seuls 46 jours ont été facturés à raison de 57 euros par jour, soit la somme de 2 622 euros. Il résulte toutefois de l'instruction, en particulier de l'attestation du brigadier-chef de police du 9 septembre 2020, que la demande du parquet de Toulouse de comparaison génétique nécessaire à l'identification du corps de la défunte a été remise au laboratoire de police scientifique de Toulouse le 8 juin 2020, et que l'identification du corps, motif du sursis à l'inhumation par le parquet, a été confirmée par l'ingénieur du laboratoire le 10 juillet 2020, ce qui a autorisé les services de police à remettre sans restriction le permis d'inhumer à la requérante le 12 juillet suivant. Ces faits ne sont contredits par aucune pièce du dossier et le centre hospitalier universitaire de Toulouse, qui n'a pas observé le délai qui lui avait été assigné par la mise en demeure adressée en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, et n'a produit aucun mémoire avant la clôture de l'introduction, doit être regardé, en application des dispositions précitées comme ayant acquiescé à ces faits. Il en résulte que la durée du séjour du corps de Mme B A en chambre mortuaire au centre hospitalier universitaire de Purpan est imputable à la procédure judiciaire du 4 juin au 12 juillet 2020, soit durant 38 jours, et ne devait dès lors pas être mise à la charge de la succession de Mme B A pour cette période. Par suite, la requérante est fondée à demander la décharge partielle à hauteur de 2 166 euros, correspondant à 57 euros par jour pour 38 jours.

Sur les conclusions indemnitaires :

5. Mme A ne justifie pas du préjudice moral et matériel dont elle se prévaut à l'égard du centre hospitalier universitaire. Par suite, ses conclusions tendant à la condamnation du centre hospitalier universitaire de Toulouse à lui verser la somme de 1 000 euros doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Mme A est déchargée du paiement de la somme de 2 166 euros mise à sa charge par avis des sommes à payer émis par le trésorier des hôpitaux de Toulouse le 6 aout 2020.

Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Toulouse est condamné à verser à Mme A la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de Mme A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, et au centre hospitalier universitaire de Toulouse.

Délibéré après l'audience publique du 4 septembre 2923, à laquelle siégeaient :

M. Vincent Rabaté, président,

Mme Brigitte Pater, première conseillère,

M. Marie-Laure Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2023.

La rapporteure,

B. Pater

Le président,

V. Rabaté

Le greffier,

S. Sangaré

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 19 septembre 2023,

Le greffier,

S. Sangaré

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N° 1901371

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N° 1901371

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