jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2120549 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué au tribunal administratif de Montpellier le jugement de la requête des consorts A, enregistrée par le greffe du tribunal administratif de Toulouse le 2 février 2021 sous le n° 2100549. Cette requête a été enregistrée par le greffe du tribunal administratif de Montpellier sous le n° 2120549.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 février 2021 et 15 mars 2022, M. E A, Mme C A, Mme F A et Mme B A, représentés par la SCP Bouyssou et associés, agissant par Me Bouyssou, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Villeneuve n'a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée le 12 décembre 2020 par la SCI Mas de Ginals pour le changement de destination d'un bâtiment agricole en entrepôt sans modification de l'aspect extérieur ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure à défaut pour l'architecte des bâtiments de France de s'être prononcé au regard de la situation du projet dans le périmètre de 500 mètres des abords du château de Ginals, inscrit au titre des monuments historiques ;
- le pétitionnaire aurait dû déposer une demande d'autorisation portant sur l'ensemble des éléments de construction irréguliers ;
- compte tenu de la réalisation de travaux touchant à l'aspect extérieur du bâtiment, le projet aurait dû faire l'objet d'une demande de permis de construire et non d'une simple déclaration préalable de travaux et le maire était en compétence liée pour s'opposer au projet ;
- les déclarations du pétitionnaire quant à la destination déclarée ne sont pas sincères au regard de ses déclarations successives contradictoires ;
- le projet litigieux méconnaît les dispositions des articles 1 et 2 du règlement de la zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager devenue site patrimonial remarquable qui n'autorisent pas en zone 4 le changement de destination déclaré ;
- le dossier de déclaration est incomplet en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2021, la commune de Villeneuve, représentée par la SCP Douchez-Layani Amar, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des consorts A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en observations, enregistré le 8 janvier 2022, le préfet de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code du patrimoine ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 12 décembre 2020, la SCI Mas de Ginals a déposé en mairie de Villeneuve une déclaration préalable en vue du changement de destination d'un bâtiment agricole en entrepôt sur un terrain situé parcelle cadastrée section P n° 870. Par arrêté du 6 décembre 2020, le maire de la commune de Villeneuve n'a pas fait opposition à cette déclaration préalable. Par la présente requête, les consorts A demandent au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 631-1 du code du patrimoine : " Sont classés au titre des sites patrimoniaux remarquables les villes, villages ou quartiers dont la conservation, la restauration, la réhabilitation ou la mise en valeur présente, au point de vue historique, architectural, archéologique, artistique ou paysager, un intérêt public. () / Le classement au titre des sites patrimoniaux remarquables a le caractère de servitude d'utilité publique affectant l'utilisation des sols dans un but de protection, de conservation et de mise en valeur du patrimoine culturel () ". Aux termes de l'article 112 de la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine : " II - () Les secteurs sauvegardés, les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager et les aires de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine créés avant la publication de la présente loi deviennent de plein droit des sites patrimoniaux remarquables, au sens de l'article L. 631-1 du code du patrimoine (). / III. - Le règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine () applicable avant la date de publication de la présente loi continue de produire ses effets de droit dans le périmètre du site patrimonial remarquable jusqu'à ce que s'y substitue un plan de sauvegarde et de mise en valeur ou un plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP) de Villeneuve est devenue, sous l'effet des dispositions précitées de l'article 112 de la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016, un site patrimonial remarquable, au sens de l'article L. 631-1 du code du patrimoine, et que le règlement de cette ZPPAUP, adopté en 1991, continue de produire ses effets dans le périmètre du site patrimonial remarquable qui comprend plusieurs zones, dont la zone 4 correspondant à " une zone ponctuelle de protection du château de Ginals " dans le périmètre de laquelle est situé le terrain d'assiette du projet.
4. Aux termes de l'article 1 du règlement de cette zone 4 de la ZPPAUP de Villeneuve : " I. Ne sont admises que les occupations et utilisations ci-après : 1. Le camping à la ferme / 2. La reconstruction à l'identique en cas de sinistre / 3. L'extension des bâtiments existants sous réserve des conditions fixées au paragraphe II ci-après. / II. Occupations et utilisations du sol admises sous condition : / 1. L'amélioration et l'agrandissement des constructions existantes dans la limite maximum de 30 % de la surface hors œuvre nette sous réserve qu'ils ne gênent pas les bâtiments d'exploitation agricole ; 2. L'extension des activités existantes. ". Et aux termes de son article 2 : " Sont interdites les occupations et utilisations du sol non mentionnées à l'article 1. ".
5. Il résulte de la combinaison de ces dispositions, qui sont d'interprétation stricte, que les travaux en litige, qui portent sur le changement de destination d'un bâtiment agricole en vue de sa transformation en entrepôt artisanal, ne pouvaient être légalement autorisés en zone 4 de la ZPPAUP de Villeneuve. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être accueilli.
6. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens de la requête n'est susceptible de fonder l'annulation de l'arrêté attaqué.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 16 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Villeneuve n'a pas fait opposition à la déclaration préalable de la SCI Mas de Ginals pour le changement de destination d'un bâtiment agricole en entrepôt doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Villeneuve doivent, dès lors, être rejetées. En revanche, il y a lieu en application de ces dispositions, de mettre à la charge de la commune de Villeneuve le versement d'une somme de 1 500 euros aux consorts A au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 16 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Villeneuve n'a pas fait opposition à la déclaration préalable de la SCI Mas de Ginals pour le changement de destination d'un bâtiment agricole en entrepôt est annulé.
Article 2 : La commune de Villeneuve versera aux consorts A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Villeneuve au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, premier dénommé, à la commune de Villeneuve, à la SCI Mas de Ginals et au préfet de l'Aveyron.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. D00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026