jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2123004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | VERBATEAM MONTPELLIER |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Montpellier la requête présentée par l'entreprise agricole A.
Par une requête, enregistrée le 21 mai 2021, l'entreprise agricole A, représentée par la SCP Verbateam Montpellier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le maire de la commune d'Albi a fait opposition à la déclaration préalable n° DP 81004 21 X6099 qu'elle a déposée le 26 février 2021 en vue de la construction d'un poulailler et d'un abri de 19 m² pour le stockage du matériel agricole sur les parcelles cadastrées section CS n° 31 et 44, situées chemin de Garis ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Albi une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- le maire ne pouvait légalement, sans méconnaître les dispositions de l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme, se fonder sur l'état d'incomplétude de son dossier de demande pour s'opposer au projet ;
- le maire a commis une erreur d'appréciation dès lors que son projet est nécessaire à son activité agricole.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2022, la commune d'Albi, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme C A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Remy, représentant l'entreprise agricole A, et celles de Mme D, représentant la commune d'Albi.
Considérant ce qui suit :
1. Le 26 février 2021, l'entreprise agricole A a déposé auprès des services de la commune d'Albi une déclaration préalable de travaux en vue de la construction d'un poulailler et d'un abri de 19 m² pour le stockage du matériel agricole, sur les parcelles cadastrées section CS n° 31 et 44, situées chemin de Garis. Par un arrêté du 22 mars 2021, le maire d'Albi a fait opposition à cette déclaration préalable de travaux. Par la présente requête, l'entreprise agricole A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 7° Refusent une autorisation () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, après avoir visé notamment le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) de la communauté d'agglomération de l'Albigeois et l'avis défavorable de la chambre d'agriculture du Tarn du 18 mars 2021, indique que le projet se situe en zone agricole (Ag) du PLUI où seules peuvent être autorisées les constructions liées et nécessaires à l'exploitation agricole et qu'il a été constaté lors du constat d'infraction dressé le 6 février 2020 que la construction entreprise ne correspondait pas à la destination agricole de la zone. Il relève également l'état d'incomplétude du dossier de demande. Ainsi, cet arrêté énonce les éléments de droit et de fait sur lesquels s'est fondé le maire pour prendre la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou, dans le cas prévu par l'article R. 423-48, un échange électronique, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ". Aux termes de l'article R. 423-22 du même code : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41 ".
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune ait invité, dans un délai d'un mois à compter de la réception du dossier de déclaration préalable, la société pétitionnaire à compléter son dossier en produisant les pièces exigées par les dispositions du code de l'urbanisme et considérées comme manquantes. Dès lors, le maire d'Albi ne pouvait légalement se fonder sur le motif tiré du caractère incomplet du dossier qui lui était présenté pour faire opposition à la déclaration préalable litigieuse.
6. En troisième lieu, le règlement de la zone agricole " générale " Ag du PLUI de la communauté d'agglomération de l'Albigeois dispose, au titre des " usages et affectations des sols, constructions et activités soumis à conditions ", que sont autorisées au titre des " exploitations agricoles " : " - les réhabilitations, extensions, surélévations, aménagements et constructions nouvelles destinées à : - l'exploitation agricole () / - Les nouvelles constructions à destination " habitation ", sous-destination " logement " à condition (conditions cumulatives) : - d'être nécessaires à l'activité principale de production de l'exploitation agricole ou pastorale ; - d'être situées à proximité des bâtiments d'exploitation. () ".
7. Il résulte de ces dispositions que ne sont autorisées en zone agricole Ag, où se situe le terrain d'assiette du projet, que les constructions nécessaires à l'exploitation agricole. Pour vérifier que la construction ou l'installation projetée est nécessaire à cette exploitation, l'autorité administrative compétente doit s'assurer au préalable, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la réalité de l'exploitation agricole, au sens de ces dispositions, laquelle est caractérisée par l'exercice effectif d'une activité agricole d'une consistance suffisante.
8. Si la société requérante soutient que c'est à tort que le maire d'Albi a considéré qu'elle ne justifiait pas de ce que les travaux entrepris n'étaient pas destinés à une exploitation agricole, elle se borne toutefois à produire, à l'appui de ses allégations, un certificat d'inscription au répertoire SIRENE en date de 17 janvier 2018 indiquant qu'elle est inscrite comme exerçant une activité d'élevage de volailles pour une prise d'activité le 1er mars 2018. Elle n'apporte ainsi aucune précision quant aux conditions concrètes de l'activité à laquelle elle prétend consacrer la construction projetée et permettant d'apprécier la consistance réelle de ce projet. En outre la commune verse au débat une attestation du responsable du domaine public communal attestant de ce que Mme A n'a pas exposé sur les marchés de la ville lors des cinq dernières années. Dans ces conditions, et alors que la chambre d'agriculture du Tarn a rendu le 18 mars 2021 un avis défavorable au projet, le maire de la commune d'Albi a pu, à bon droit, estimer que la société A ne justifiait pas de la réalité d'une exploitation agricole.
9. Il résulte de l'instruction que le maire aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur le seul motif tiré de la méconnaissance par le projet du règlement de la zone agricole du PLUI de la communauté d'agglomération de l'Albigeois.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de l'entreprise agricole A tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 mars 2021 du maire d'Albi doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Albi, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'entreprise agricole A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'entreprise agricole A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'entreprise agricole A et à la commune d'Albi.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 novembre 2022.
La greffière,
M. B00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026