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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2200342

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2200342

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2200342
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantGOURDON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 24 janvier, 23 mars et 24 juin 2022, M. O D, M. A K, M. et Mme F I, M. H J, M. M G, M. B L, M. et Mme C E, représentés par Me Gourdon, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 août 2021 par lequel le maire de la commune de Vias a délivré à la SAS Ideom Développement un permis de construire pour la réalisation d'un ensemble immobilier de 57 logements pour une surface de plancher de 3 564 m² sur un terrain situé au 35 avenue de Béziers, ensemble la décision du 20 novembre 2021 portant rejet de leur recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Vias a délivré à la SAS Ideom Développement un permis de construire modificatif ;

3°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Vias a délivré à la SAS Ideom Développement un permis de construire modificatif ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Vias la somme de 1 000 euros à verser à chacun des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur recours est recevable ;

- l'arrêté est illégal en l'absence d'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France en méconnaissance de l'article R 425-1 du code de l'urbanisme ; le permis de construire modificatif n'a pas pu régulariser ce vice dès lors qu'il a été pris spontanément par la commune sans être au préalable saisie d'une demande de la société pétitionnaire ;

- les arrêtés attaqués sont entachés d'un détournement de pouvoir dès lors que le maire de Vias est intéressé au projet au sens des dispositions de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme ;

- le permis est illégal en ce que les demandes du service instructeur n'ont pas toutes été respectées ;

- le permis vise un avis favorable au projet émis par l'agence départementale de l'Hérault " suspect " ;

- de nombreuses irrégularités et approximations entachent le panneau d'affichage du permis de sorte que le permis est illégal ;

- le permis est illégal en raison de l'incomplétude du dossier de demande ; en particulier aucun document graphique n'a été joint au dossier de sorte qu'il était impossible au service instructeur de se faire une idée précise du projet qui est 25 fois supérieur à la moyenne de habitations dans le quartier ; d'autre part, la notice PC4 est insuffisante au regard des exigences de l'article R 431-8 du code de l'urbanisme ;

- le permis n'est pas conforme à la destination de la zone UC du plan local d'urbanisme ;

- il méconnait l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet dénote par rapport au voisinage composé essentiellement de maisons de plain-pied et d'une seule habitation en R+1 ;

- le permis méconnait l'article 3 du règlement de la zone en ce que la rampe d'accès au parking en sa façade Ouest est implantée en limite séparative et en ce que les escaliers permettant l'accès piéton au parking sont quant à eux implantés à 2 mètres des limites séparatives sans respecter le recul minimal de 3 mètres ;

- le permis méconnait l'article 9 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qu'il ne prévoit que 67 places de stationnement alors qu'il devrait en compter à minima 77 ;

- en outre, le maire aurait dû surseoir à statuer sur le fondement de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme ; en effet les modifications apportées au plan local d'urbanisme, dont l'enquête publique s'est déroulée de mi-août 2021 à mi-septembre 2021, font désormais obstacle à la réalisation d'un tel projet de construction ;

- le garage méconnait l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme en ce que ce dernier interdit tout sous-sol inférieur à 2 mètres.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 29 mars et 19 mai 2022, la commune de Vias, représentée par SELARL Gil-Fourrier et Cros, conclut au rejet de la requête, au besoin en faisant application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les moyens tirés des irrégularités du panneau d'affichage, de l'obligation de surseoir à statuer, de ce que le projet méconnaitrait les dispositions de l'article UC3 du plan local d'urbanisme sont inopérants ;

- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 20 avril 2022, le préfet l'Hérault s'en remet aux observations de la commune.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 22 avril et 16 mai 2022, la société Ideom Développement, représentée par la SCP SVA Avocats, conclut, à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à la mise en œuvre des articles L. 600-5 et /ou de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le moyen tiré de l'absence d'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France a été régularisé par la délivrance de deux permis de construire modificatif ;

- les moyens tirés des irrégularités du panneau d'affichage, de la méconnaissance par le projet en sa façade Ouest de l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme, de l'absence de sursis à statuer et de la méconnaissance de l'article 7 du règlement sont inopérants ;

- les autres moyens soulevés par M. D et autres ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code du patrimoine ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pastor, première conseillère,

- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,

- les observations de M. D, celles de Me Crespy, représentant la commune de Vias, et celles de Me Borkowski, représentant la SAS Ideom Développement.

Considérant ce qui suit :

1. Le 22 mars 2021 la SAS Ideom Développement a déposé une demande de permis de construire à la mairie de Vias pour la réalisation d'un ensemble immobilier de 57 logements sur un terrain situé aux 35 et 37 avenue de Béziers. Par arrêté du 12 août 2021 le maire de la commune de Vias lui a accordé le permis de construire sollicité. Par deux arrêtés des 17 novembre 2021 et 5 mai 2022, le maire a délivré des permis de construire modificatifs à la société pétitionnaire. Par la présente requête, les requérants sollicitent l'annulation de ces trois arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

3. En premier lieu, aux termes du II de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. () En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. () " et aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme dans sa version alors applicable : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées ". Il est constant que sur le fondement de ces dispositions l'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France était requis pour ce projet situé dans le périmètre de 500 mètres autour de l'Eglise Saint Jean Baptiste, monument classé et dès lors que cet édifice sera partiellement visible en même temps que le projet depuis l'avenue de Béziers à un endroit situé lui aussi dans le périmètre de 500 mètres autour de cette église.

4. Il ressort des pièces du dossier que par un dernier arrêté, en date du 5 mai 2022, la société pétitionnaire a obtenu un permis de construire modificatif du maire de la commune de Vias en se prévalant de l'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France rendu avec prescriptions le 31 mars 2022. La circonstance que le Cerfa produit pour la demande de ce permis soit entaché d'imprécisions et d'incohérences est sans incidence sur la régularisation par cet arrêté, qui ne souffre d'aucune ambiguïté quant à son objet, du vice dont le permis initial était entaché puisqu'il avait été délivré sans saisine préalable de l'architecte des bâtiments de France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté comme inopérant.

5. En deuxième lieu l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme dispose que : " Si le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est intéressé au projet faisant l'objet de la demande de permis ou de la déclaration préalable, soit en son nom personnel, soit comme mandataire, le conseil municipal de la commune ou l'organe délibérant de l'établissement public désigne un autre de ses membres pour prendre la décision ". Les circonstances selon lesquelles le maire a organisé une réunion d'information sur le projet de construction sans convier le promoteur et l'architecte, qu'il se soit adjoint les services d'un conseil pour répondre au recours gracieux des requérants, qu'il ait spontanément pris un permis de construire modificatif afin de régulariser le vice tiré de l'absence d'avis d'architecte des bâtiments de France, alors qu'il ne pouvait plus ignorer cette illégalité depuis l'arrêt n° 19MA00803 rendu par la Cour administrative d'appel de Marseille le 4 février 2020, et enfin qu'il aurait informé certains voisins de ce qu'ils n'avaient pas intérêt à former un recours contre l'autorisation en litige afin d'éviter que le promoteur ne " choisisse " le précédent projet comprenant davantage de logements sociaux, et à supposer même que de tels propos déplacés aient été tenus, ne sont pas de nature à le faire regarder comme personnellement intéressé au sens des dispositions de l'article précité. Par suite le moyen tiré du détournement de pouvoir ne peut qu'être écarté.

6. En troisième lieu, la circonstance que l'arrêté du 12 août 2021 vise l'avis favorable de l'agence départementale de l'Hérault émis le 27 juillet 2021, alors que cette dernière avait émis à deux reprises un avis défavorable lié à la largeur inférieure de la trémie de la rampe d'accès au parking, désormais rectifiée, n'est pas de nature à révéler une quelconque illégalité du permis.

7. En quatrième lieu, les requérants font valoir que le permis serait illégal dès lors que la société pétitionnaire n'a répondu que partiellement à la demande de pièces complémentaires faite le 17 mars 2021 par le service instructeur. Toutefois, en ne démontrant pas ni même en n'alléguant que l'une des pièces limitativement prévues par les articles R. 431-16 et R 431-36 du code de l'urbanisme serait manquante, les requérants n'établissent pas l'illégalité du permis sur ce point.

8. En cinquième lieu, les imprécisions, erreurs ou omissions du panneau d'affichage du permis sont, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité du permis. Par suite ce moyen ne pourra qu'être écarté comme inopérant.

9. En sixième lieu, aux termes des articles R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant :1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". L'article R. 413-10 du même code dispose : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

10. Il ressort des pièces du dossier que la pièce PC4, notice du projet, comporte une description précise des abords du terrain d'assiette du projet, bordé au Sud, à l'Ouest et au Nord par des maisons individuelles et à l'Est, par une villa construite en mitoyenneté avec trois ouvertures donnant directement sur ce terrain. Il est également précisé que dans l'environnement plus lointain un théâtre, avec une architecture moderne, est présent. En outre, il résulte des pièces PC7 et PC27-A1 et des photographies qu'elles comportent, que l'environnement proche et lointain du projet est représenté. Dans ces conditions, et au regard des autres plans versés au dossier de demande notamment le plan de masse, la pièce PC6 insertion paysagère, les pièces du dossier ont permis au service instructeur d'apprécier non seulement l'importance du projet, et notamment sa linéarité, mais aussi sa volumétrie, avec ses différentes hauteurs et son insertion dans un environnement composé essentiellement de maisons individuelles. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis, pris en cette branche, doit être écarté.

11. En outre, si les requérants font valoir que le dossier de permis ne comportait aucun document relatif à l'état de pollution des sols, point crucial dès lors que le projet devra s'implanter en lieu et place d'une ancienne station-service, il résulte du dossier de demande du permis de construire modificatif, accordé le 5 mai 2022, qu'une attestation du bureau d'études SOCOTEC Environnement était jointe faisant le point sur l'état du site et des sols et des mesures pour y remédier avant la construction. Dans ces conditions, le vice relevé a été régularisé et le moyen tiré de l'incomplétude du dossier doit être écarté, pour cette branche, comme inopérant.

12. En septième lieu, il résulte du préambule du règlement de la zone UC dans laquelle s'insère le projet de construction en litige que " la zone UC correspondant aux extensions urbaines où les quartiers résidentiels, au tissu urbain moins dense (de type pavillonnaire) et quelques équipements publics (écoles, stades) se sont développés autour du centre bourg ". Si les requérants font valoir que le projet de construction d'un collectif de 57 logements s'étendant sur une surface plancher de 3 456 m² méconnait ces dispositions, ces dernières, ni d'ailleurs aucune autre disposition applicable à la zone, à la date des arrêtés en litige, n'interdisent l'édification d'immeubles collectifs, même si une faible densité est privilégiée. Par suite, le moyen tiré de ce que le permis en litige méconnaitrait le préambule du règlement de la zone UC doit être écarté.

Sur les moyens tirés de la non-conformité du projet au règlement du plan local d'urbanisme :

13. En premier lieu, l'article 3 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme dispose que : " En zone UC et UD : les bâtiments doivent être édifiés à une distance de la limite parcellaire la plus proche, au moins égale à la moitié de la hauteur des bâtiments à implanter, sans pouvoir être inférieure à 3 mètres ". Le règlement du plan local d'urbanisme précise que " en toutes zones : les règles de retrait définies précédemment s'appliquent aux façades de bâtiments. Les prolongements éventuels de type terrasses, porches peuvent être implantées différemment ".

14. D'une part s'il est vrai que la rampe d'accès au parking sous-terrain de la construction projetée est implantée en limite séparative Ouest, il ressort du plan de masse qu'elle se situe en deçà du niveau de terrain naturel de sorte que sa réalisation n'entre pas, en tout état de cause, dans le champ d'application de cet article.

15. D'autre part, s'il est également vrai que les escaliers projetés en limite Nord du projet permettant l'accès piéton aux stationnements souterrains sont implantés à 2 mètres de la limite séparative, il résulte des dispositions précitées que les prolongements éventuels des façades, dont font partie les escaliers, peuvent être implantés différemment. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

16. En deuxième lieu, l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. L'aspect extérieur fera l'objet d'une attention toute particulière, et portera essentiellement sur l'intégration dans la silhouette d'ensemble, les proportions, l'utilisation rationnelle des matériaux, ainsi que la qualité dans l'aménagement des abords du projet. Les constructions doivent présenter une cohérence d'ensemble et un aspect compatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, du site et du paysage. ".

17. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige se situe dans une zone d'habitat peu dense classée néanmoins en zone U du document d'urbanisme. S'il est vrai que le projet est essentiellement entouré d'habitats individuels majoritairement de plain-pied et quelques-uns en R+1, il résulte des éléments du dossier que son importante linéarité, de près de 90 mètres, est cassée par le différentiel des hauteurs des différents bâtiments, passant du R+1, aux limites séparatives Ouest et Est, pour culminer en son milieu en R+2 en toiture terrasse côté avenue de Béziers. L'arrière du bâtiment, en façade Nord, présente trois bâtiments en R+1, espacés, présentant des toitures terrasse, un ilot intermédiaire intégré dans la largeur du bâtiment, visible depuis ses limites séparatives Est et Ouest est, quant à lui, recouvert d'une toiture à double pente. Par ailleurs, ce projet a vocation à s'insérer à la place d'une station-service, au bout d'une rue dans laquelle se trouvent, outre un certain nombre de maisons individuelles et d'habitats groupés, un garage, un centre commercial, un groupe scolaire et un théâtre de forme contemporaine présentant tous une diversité d'aspect et dépourvu de caractéristiques architecturales particulières dont il conviendrait de préserver l'harmonie. Enfin, si le projet se situe à quelques centaines de mètres d'une église et d'un théâtre, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa réalisation porterait atteinte à ces monuments. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis qu'ils contestent méconnaitrait les dispositions de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme.

18. En troisième lieu, l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions et prescriptions particulières de protection dispose que : " Garage : D'une façon générale le garage sera accolé ou intégré au volume de la construction sauf dans les cas particuliers d'adaptation où il pourra être extérieur au volume bâti. Dans le cas des terrains en pente, le garage peut se situer à l'étage si l'accès se fait par derrière et en partie haute du terrain. L'entrée peut être aussi latérale ou se faire par le bas si l'accès est en bas du terrain. Le garage peut se trouver en sous-sol si la hauteur à descendre est inférieure à 2 m. ". Ces dispositions ne peuvent avoir pour objet de régir la hauteur des stationnements souterrains, alors au demeurant, ainsi que le fait valoir la société pétitionnaire dans ses écritures la norme de construction des parcs de stationnements est d'une hauteur sous plafond minimale de 2,20 mètres. Par suite, ce moyen ne pourra qu'être écarté.

19. En quatrième lieu, l'article 9 du règlement du plan local d'urbanisme dispose que : " Pour la réalisation de places de stationnement " visiteurs " : Dans le cadre d'opérations d'ensemble, il est exigé la création : - D'une demi-place de stationnement par logement envisagé. Pour la réalisation de places de stationnement privatives : dans le cadre de permis de construire, il est exigé la création à l'intérieur de la propriété : - pour les constructions nouvelles à usage d'habitation individuelle, deux places de stationnement par logement, dont au minimum 1 place ouverte sur la voie publique ; pour les constructions nouvelles à usage d'habitation collective, une place de stationnement par tranche de 60m² de surface e plancher " et aux termes de l'article L. 151-35 du code de l'urbanisme : " Il ne peut, nonobstant toute disposition du plan local d'urbanisme, être exigé pour les constructions destinées à l'habitation mentionnées aux 1° à 3° de l'article L. 151-34 la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement. ".

20. D'une part, si le règlement du plan local d'urbanisme n'apporte pas de définition à la notion d'opérations d'ensemble, il les associe, à l'article UC3, aux lotissements et groupes d'habitation. Dans ces conditions, le projet, qui ne peut être regardé comme une opération d'ensemble, ne devait pas comprendre de places visiteurs.

21. D'autre part, il résulte de l'application de l'article 9 précité et du ratio d'une place de stationnement pour 60 m² de surface de plancher, que le projet de construction d'une surface de plancher globale de 3 564m² devait comprendre 59,4 places. En outre, en faisant le ratio entre la surface de plancher affectée aux logements dits libres, de 2 528 m², et celle affectée aux logements sociaux, de 1 036 m², et en prenant 17 places maximum pour les 17 logements sociaux créés, en vertu de l'article précité de l'article L. 151-35, le projet nécessitait la création de 59,13 places de stationnement. Par suite, en prévoyant la création de 66 places de stationnement en sous-sol, le projet doit être regardé comme conforme à la réglementation en matière de places de stationnement.

22. En cinquième lieu, les requérants se prévalent du caractère dangereux de l'accès au terrain d'assiette et au parking. Toutefois, alors qu'ils n'invoquent la méconnaissance d'aucune disposition juridique, il ressort des pièces du dossier que, conformément à l'avis du conseil départemental sur ce point, la trémie d'accès au garage en sous-sol présente une largeur de 5 mètres permettant le passage en toute sécurité des véhicules. En outre, s'agissant de l'accès au terrain d'assiette du projet les photographies produites au dossier ne permettent pas d'établir que l'accès positionné sur l'avenue de Béziers n'offrirait pas des garanties de visibilité suffisante pour anticiper le flux de circulation présent sur la voie, ainsi que les piétons et vélos, et permettre aux véhicules d'entrer et de sortir du terrain d'assiette en toute sécurité. Dans ces conditions, le moyen tiré de la dangerosité particulière du projet doit être écarté.

23. Enfin, l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme dispose que : " L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. ". Les requérants soutiennent que le maire de la commune aurait dû surseoir à statuer sur la demande de permis déposée par la société Ideom Développement au regard de la procédure de modification du plan local d'urbanisme qui, approuvée le 17 mars 2022, a pour effet d'interdire désormais des projets comparables en zone UC. Toutefois s'il est vrai que le projet de construction en litige ne pourrait plus être désormais autorisé, les requérants ne peuvent, en revanche, se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées inapplicables en cas de simple modification du plan local d'urbanisme. Leur moyen ne pourra qu'être écarté comme inopérant.

24. Il résulte de tout ce qui précède que M. D et les autres requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés des 12 août et 17 novembre 2021 et du 5 mai 2022.

Sur les frais liés au litige :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vias, qui n'est pas dans la présente instance partie perdante, la somme demandée par M. D et autres requérants, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des requérants une somme de 1 000 euros à verser tant à la commune de Vias qu'à la société Ideom Développement sur ce même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D et autres est rejetée.

Article 2 : Les requérants verseront à la commune de Vias une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les requérants verseront à la société Ideom Développement une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D, à M. K, à M. I, à M. J, à M. G, à M. L, à M. E, à Mme E, à Mme I, à la commune de Vias, à la société Ideom Développement et au préfet de l'Hérault.

Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Lison Rigaud, présidente,

Mme Isabelle Pastor, première conseillère,

M. François Goursaud, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

La rapporteure

I. Pastor La présidente,

L. Rigaud

La greffière,

M. N

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 22 décembre 2022.

La greffière,

M. N

2

aj

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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