mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2200578 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BRUNEL |
Vu la procédure suivante :
I) Par une requête n° 2200578 et un mémoire, enregistrés les 4 février 2022 et 12 juin 2023, Mme B A, représentée par Me Brunel, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision implicite par laquelle la rectrice de l'académie de Montpellier a rejeté sa demande de requalification de ses contrats à durée déterminée (CDD) en contrat à durée indéterminée (CDI) ;
2°) d'enjoindre au rectorat :
- d'établir à son profit un contrat de travail à durée indéterminée à compter, à titre principal, du 2 octobre 2007 ou, à titre subsidiaire, du 2 mai 2012 ou, à titre infiniment subsidiaire, à toute autre date, dans un délai de 2 mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
- de reconstituer sa carrière, tant en matière de rémunération que de cotisations ;
- de la réintégrer si son contrat ne devait pas être renouvelé.
3°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 8 186,48 euros en réparation des préjudices résultant de l'illégalité fautive du refus implicite de transformation de ses contrats en durée indéterminée ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 22 164,93 euros en réparation du préjudice résultant de l'abus fautif du recours à des contrats à durée déterminée ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur de droit pour méconnaitre les dispositions de l'article 4 de la loi du 11 janvier 1984, devenu article 6 bis depuis la loi du 12 mars 2012. Les conditions d'application de ces dispositions sont remplies ;
- la réitération des contrats à durée déterminée pour l'exercice de ses fonctions, lesquelles sont restées, dans les faits, strictement identiques, révèle un abus de nature à ouvrir droit à indemnisation. Son préjudice matériel, correspondant aux manques à gagner pour les mois de juillet et août lors des interruptions estivales de ses CDD successifs à compter du 5 janvier 2012, s'élève à la somme de 22 164,93 €. Elle a subi un préjudice moral s'élevant à la somme de 5 000 euros du fait des refus successifs à ses demandes de transformation des CDD en contrat à durée indéterminée et de l'inquiétude causée par sa situation constamment précaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 juin et 7 juillet 2023, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés et que la responsabilité de l'Etat n'est pas engagée.
Par ordonnance du 19 février 2024, l'instruction a fait l'objet d'une clôture le même jour en application des dispositions des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
II) Par une requête n° 2204195 et un mémoire, enregistrés les 10 août 2022 et 14 juin 2023, Mme B A, représentée par Me Brunel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de non renouvellement de son contrat ;
2°) d'enjoindre au rectorat :
- d'établir un contrat de travail à durée indéterminée prenant effet à compter, à titre principal, du 2 octobre 2007 ou, à titre subsidiaire, du 2 mai 2012, et à titre infiniment subsidiaire, à toute autre date, dans un délai de 15 jours suivant la notification du jugement ;
- de reconstituer sa carrière y compris en compensant les pertes engendrées par les suspensions estivales entre les conventions depuis l'année scolaire 2013/2014 ;
- de la réintégrer et lui proposer un poste dans son secteur géographique dans un délai de deux mois à compter du jugement à venir ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 98 200 euros afin de couvrir ses préjudices, matériel à hauteur de 93 200 euros et moral à hauteur de 5 000 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Elle remplit les conditions posées par l'article 6 bis de la loi du 11 janvier 1984 pour bénéficier d'un contrat à durée indéterminée ;
Aucun motif d'intérêt du service ne s'opposait au renouvellement de son contrat expiré le 30 juin 2022 ;
Elle est privée d'emploi du fait du refus de renouvellement de son contrat expiré en juin 2022. Son éviction irrégulière est fautive ;
Elle a subi un préjudice matériel de perte de rémunération évalué à 16 700 euros/an soit 66 800 euros sur 4 ans, compte tenu de ce qu'elle pouvait prétendre travailler encore 4 ans avant la retraite à 62 ans. Il y a lieu à minima de faire droit à une indemnisation équivalente aux pertes de salaires subies pour les périodes non travaillées ;
Il y a eu licenciement du fait du non renouvellement du contrat ou à minima de l'absence de transformation du contrat en contrat à durée indéterminée ;
Elle a subi un préjudice à hauteur de 5 000 euros du fait de l'éviction illégale soudaine.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 juin et 7 juillet 2023, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut :
- à titre principal, au nom lieu à statuer ;
- à titre subsidiaire, au rejet de la requête :
- pour irrecevabilité, le courrier du 12 juillet 2022 attaqué ne faisant pas grief ;
- les moyens n'étant pas fondés et la responsabilité de l'Etat n'étant en tout état de cause pas engagée.
Elle soutient qu'il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de non renouvellement de contrat, compte tenu de ce que Mme A a été recrutée en tant qu'adjointe administrative pour l'année scolaire 2022/2023 ; que les conclusions indemnitaires fondées sur l'illégalité de son éviction devront être rejetées en l'absence d'éviction.
Par ordonnance du 19 février 2024, l'instruction a fait l'objet d'une clôture le même jour en application des dispositions des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Belloti, avocat représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée par l'académie de Montpellier d'octobre 2001 au 30 avril 2006 sous couvert de contrats " emploi solidarité " et " emploi consolidé ". A partir du 1er mai 2006, elle a travaillé sous couvert de contrats à durée déterminée. Par un courrier du 5 octobre 2021, reçu le 7 octobre suivant, Mme A a sollicité les services du rectorat sa titularisation dans la fonction publique ou, à défaut, la transformation de son contrat à durée déterminée en un contrat à durée indéterminée. Le silence gardé sur sa demande a fait naître, deux mois plus tard, une décision implicite de rejet. Par requête n° 2200578, Mme A demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite par laquelle la rectrice de l'académie de Montpellier a rejeté sa demande et formule également des conclusions injonctives et indemnitaires. Par requête n° 2204195, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision de non renouvellement de son contrat expiré le 30 juin 2022 et formule également des conclusions injonctives et indemnitaires.
Sur la jonction :
2. Les deux requêtes enregistrées sous les numéros 2200578 et 2204195 sont dirigées contre des décisions et faits qui présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre et d'y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision implicite par laquelle la rectrice de l'académie a refusé de faire droit à la demande de requalification de son engagement en contrat à durée indéterminée :
3. Aux termes de l'article 6 bis de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions relatives à la fonction publique de l'Etat applicable au litige : " Les contrats conclus en application du 2° de l'article 3 et des articles 4 et 6 peuvent l'être pour une durée indéterminée. Lorsque ces contrats sont conclus pour une durée déterminée, cette durée est au maximum de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. Tout contrat conclu ou renouvelé en application du 2° de l'article 3 et des articles 4 et 6 avec un agent qui justifie d'une durée de services publics de six ans dans des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu, par une décision expresse, pour une durée indéterminée. La durée de six ans mentionnés au troisième alinéa du présent article est comptabilisée au titre de l'ensemble des services effectués dans des emplois occupés en application du 2° de l'article 3 et des articles 4, 6, 6 quater, 6 quinquies et 6 sexies. Elle doit avoir été accomplie dans sa totalité auprès du même département ministériel, de la même autorité publique ou du même établissement public. Pour l'appréciation de cette durée, les services accomplis à temps incomplet et à temps partiel sont assimilés à du temps complet. Les services accomplis de manière discontinue sont pris en compte, sous réserve que la durée des interruptions entre deux contrats n'excède pas quatre mois. Pour le calcul de la durée d'interruption entre deux contrats, la période de l'état d'urgence sanitaire déclaré sur le fondement de l'article L. 3131-12 du code de la santé publique n'est pas prise en compte. Lorsqu'un agent atteint l'ancienneté mentionnée au troisième alinéa du présent article avant l'échéance de son contrat en cours, celui-ci est réputé être conclu à durée indéterminée. L'autorité d'emploi lui adresse une proposition d'avenant confirmant la nouvelle nature du contrat. En cas de refus par l'agent de l'avenant proposé, l'agent est maintenu en fonctions jusqu'au terme du contrat à durée déterminée en cours. ".
4. Aux termes du 2° de l'article 3 : " Les emplois permanents de l'Etat et des établissements publics de l'Etat énumérés ci-après ne sont pas soumis à la règle énoncée à l'article 3 du titre Ier du statut général : 2° Les emplois des établissements publics de l'Etat, sous réserve des dispositions du code de la recherche pour les agents publics qui y sont soumis. ". Aux termes de l'article 4 de la même loi : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 du titre Ier du statut général, des agents contractuels peuvent être recrutés dans les cas suivants : 1° Lorsqu'il n'existe pas de corps de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; 2° Lorsque la nature des fonctions ou les besoins des services le justifient, notamment :a) Lorsqu'il s'agit de fonctions nécessitant des compétences techniques spécialisées ou nouvelles ; b) Lorsque l'autorité de recrutement n'est pas en mesure de pourvoir l'emploi par un fonctionnaire présentant l'expertise ou l'expérience professionnelle adaptée aux missions à accomplir à l'issue du délai prévu par la procédure mentionnée à l'article 61 ; 3° Lorsque l'emploi ne nécessite pas une formation statutaire donnant lieu à titularisation dans un corps de fonctionnaires. ". Aux termes de l'article 6 de la même loi : " Les fonctions qui, correspondant à un besoin permanent, impliquent un service à temps incomplet d'une durée n'excédant pas 70 % d'un service à temps complet, sont assurées par des agents contractuels. ". Aux termes de l'article 6 quater de la même loi : " Les remplacements de fonctionnaires occupant les emplois permanents de l'Etat et de ses établissements publics mentionnés à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans la mesure où ils correspondent à un besoin prévisible et constant, doivent être assurés en faisant appel à d'autres fonctionnaires. Des agents contractuels peuvent être recrutés pour assurer le remplacement momentané de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un congé annuel, d'un congé de maladie, de grave ou de longue maladie, d'un congé de longue durée, d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service, d'un congé de maternité ou pour adoption, d'un congé parental, d'un congé de présence parentale, d'un congé de solidarité familiale, de l'accomplissement du service civil ou national, du rappel ou du maintien sous les drapeaux, de leur participation à des activités dans le cadre des réserves opérationnelle, de sécurité civile ou sanitaire ou en raison de tout autre congé régulièrement octroyé en application des dispositions réglementaires applicables aux agents contractuels de l'Etat. ". Le contrat est conclu pour une durée déterminée. Il est renouvelable par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence du fonctionnaire ou de l'agent contractuel à remplacer. ". Aux termes de l'article 6 quinquies de la même loi : " Pour les besoins de continuité du service, des agents contractuels peuvent être recrutés pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an. Il ne peut l'être que lorsque la communication requise à l'article 61 a été effectuée. Sa durée peut être prolongée, dans la limite d'une durée totale de deux ans, lorsque, au terme de la durée fixée au deuxième alinéa du présent article, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi par un fonctionnaire n'a pu aboutir. ". Aux termes de l'article 6 sexies : " Des agents contractuels peuvent être recrutés pour faire face à un accroissement temporaire ou saisonnier d'activité lorsque cette charge ne peut être assurée par des fonctionnaires. La durée maximale des contrats ainsi conclus et leurs conditions de renouvellement sont fixées par le décret prévu à l'article 7. ".
5. Il résulte de l'article 6 bis de la loi du 11 janvier 1984, éclairé par les travaux parlementaires ayant conduit à l'adoption de la loi n° 2012-347 du 12 mars 2012, qu'un agent contractuel de l'Etat peut bénéficier d'un contrat à durée indéterminée (CDI) lorsqu'il justifie d'une durée de services de six ans, accomplie dans sa totalité auprès du même département ministériel, de la même autorité publique ou du même établissement public, dans des fonctions relevant d'une même catégorie hiérarchique A, B ou C au sens de l'article 13 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été recrutée par l'académie de Montpellier au collège Max-Rouquette à Saint-André-de-Sangonis du 6 septembre 2013 au 30 juin 2022, soit durant 8 ans et 9 mois, à temps plein, par le biais de 17 contrats de durée déterminée avec des périodes d'interruption correspondant aux vacances scolaires d'été, en qualité d'adjoint administratif sans spécialité. L'existence, ou l'absence, du caractère permanent d'un emploi s'appréciant au regard de la nature du besoin auquel répond cet emploi, la rectrice de l'académie ne saurait sérieusement soutenir que ce recrutement durant cette période n'avait pas un caractère permanent, alors même qu'il était motivé par le remplacement d'un fonctionnaire bénéficiaire d'une décharge syndicale pouvant chaque année être remise en cause. Les périodes d'interruption des contrats durant cette période n'ont jamais excédé 4 mois. Toutefois, si à la date de sa demande du 5 octobre 2021, Mme A justifiait, d'une durée de services d'au moins six ans accomplie dans sa totalité auprès du même département ministériel, de la même autorité publique ou du même établissement public, dans des fonctions relevant d'une même catégorie hiérarchique A, B ou C au sens de l'article 13 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, le fondement même de ses contrats successifs, opéré durant cette période sur l'article 6 quater de la loi du 11 janvier 1984 exclu par le dispositif de l'article 6 bis précité, ne lui permettait pas de bénéficier de la transformation de son engagement en contrat à durée indéterminée. Les contrats qui précèdent cette période ne sauraient davantage être pris en compte à raison, entre le 19 avril 2013 et le 6 septembre 2013 d'une période d'interruption de plus de 4 mois. Par suite, en rejetant implicitement sa demande de requalification en contrat à durée indéterminée, le rectorat n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation formulées par Mme A de la décision implicite de rejet de sa demande de requalification de son engagement en contrat à durée indéterminée doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision de non renouvellement de son contrat à durée déterminée expiré le 30 juin 2022 :
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
8. Le rectorat soutient avoir fait droit à la demande de Mme A de renouvellement de son contrat à la rentrée scolaire 2022. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, que ce recrutement n'a pas eu lieu dans le même établissement et la même commune que le contrat précédent pour être désormais au lycée Charles Alliés à Pézenas. Le fondement même du recrutement est également différent pour être désormais l'article 6 quinques précité codifié à l'article L. 333-7 du code de la fonction publique. La motivation du recrutement est aussi différente puisqu'il est mentionné " vacance ". Par suite, le contrat signé le 30 août 2022 ne constitue pas un renouvellement du contrat précèdent mais un nouveau contrat. L'exception de non-lieu à statuer ne saurait dès lors être accueillie.
Sur les moyens :
9. En premier lieu, pour les mêmes motifs que jugés au point 6, les moyens tirés de ce qu'elle était titulaire d'un CDI faisant obstacle au refus de renouvellement de son contrat expiré en juin 2022 et de ce que le renouvellement du contrat, s'il y avait été procédé, n'aurait pu se faire que dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, doivent être écartés.
10. En second et dernier lieu, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Et selon les dispositions de l'article 6 quater précité, les remplacements de fonctionnaires doivent être assurés en faisant appel à d'autres fonctionnaires.
11. Il ressort des pièces du dossier que Mme A avait été recrutée sur le fondement de l'article 6 quater pour assurer le remplacement d'un fonctionnaire bénéficiant d'une décharge syndicale complète. Suite au détachement de cet agent titulaire, le poste devenu vacant a été publié et attribué à un autre titulaire. Par suite, le moyen tiré de ce qu'aucun motif d'intérêt du service ne s'opposait au renouvellement du contrat expiré le 30 juin 2022 doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence de décision, les conclusions en annulation de la décision de non renouvellement du contrat à durée déterminée expiré le 30 juin 2022, qui ne constitue pas un licenciement, doivent être rejetées.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquences, les conclusions en injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat du fait de la décision de rejet de la transformation de l'engagement en contrat à durée indéterminée :
14. En l'absence d'illégalité fautive comme jugé au point 6, les conclusions indemnitaires tendant à la réparation du préjudice résultant du refus de la transformation de l'engagement en CDI doivent être rejetées.
En ce qui concerne la responsabilité du fait de l'absence de renouvellement du contrat expiré en juin 2022 :
15. En l'absence d'illégalité fautive comme jugé aux points 9 et 11, les conclusions indemnitaires tendant à la réparation du préjudice résultant de l'absence de renouvellement du contrat expiré en juin 2022 doivent être rejetées.
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat pour recours abusif aux contrats à durée déterminée :
16. Mme A soutient que la réitération des contrats à durée déterminée pour l'exercice des fonctions, lesquelles sont restées, dans les faits, strictement identiques, révèle un abus par le rectorat de l'académie de Montpellier, de nature à ouvrir droit à indemnisation.
17. D'une part, il ressort de l'interprétation de la directive 1999/70/CE du 28 juin 1999 retenue par la Cour de justice de l'Union européenne qu'il incombe aux Etats membres d'introduire de façon effective et contraignante dans leur ordre juridique interne, s'il ne le prévoit pas déjà, l'une au moins des mesures énoncées aux a) à c) du paragraphe 1 de la clause 5 de l'accord-cadre annexé, afin d'éviter qu'un employeur ne recoure de façon abusive au renouvellement de contrats à durée déterminée. Lorsque l'Etat membre décide de prévenir les renouvellements abusifs en recourant uniquement aux raisons objectives prévues au a), ces raisons doivent tenir à des circonstances précises et concrètes de nature à justifier l'utilisation de contrats de travail à durée déterminée successifs. Il en ressort également que le renouvellement de contrats à durée déterminée afin de pourvoir au remplacement temporaire d'agents indisponibles répond, en principe, à une raison objective au sens de la clause mentionnée ci-dessus, y compris lorsque l'employeur est conduit à procéder à des remplacements temporaires de manière récurrente, voire permanente, et alors même que les besoins en personnel de remplacement pourraient être couverts par le recrutement d'agents sous contrats à durée indéterminée. Toutefois, si l'existence d'une telle raison objective exclut en principe que le renouvellement des contrats à durée déterminée soit regardé comme abusif, c'est sous réserve qu'un examen global des circonstances dans lesquelles les contrats ont été renouvelés ne révèle pas, eu égard notamment à la nature des fonctions exercées par l'agent, au type d'organisme qui l'emploie, ainsi qu'au nombre et à la durée cumulée des contrats en cause, un abus.
18. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a travaillé entre 2001 et juin 2022 dans deux établissements scolaires, sous couvert de 30 contrats et 4 avenants, 3 contrats emploi-solidarité et 3 contrats emploi-consolidé. Il n'est pas sérieusement contesté en défense que, sous des appellations différentes, Mme A a en réalité exercé des fonctions d'adjoint administratif, ce qui révèle un besoin permanent. Toutefois, ces contrats étaient sauf jointure durant les périodes scolaires, conclus pour des durées assez longues parfois d'un an pour assurer des remplacements de titulaires, ce qui constitue une raison objective.
19. Ainsi, les circonstances dans lesquelles les différents contrats ont été conclus avec la requérante ne révèlent pas un caractère abusif du recours aux contrats à durée déterminée. Par suite, en l'absence de faute, la responsabilité de l'Etat n'est pas engagée.
Sur les frais de procès :
20. L'Etat n'étant pas la partie perdante, les conclusions formées par Mme A tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et la rectrice de l'académie de Montpellier.
Délibéré après l'audience publique du 18 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
V. Rabate
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 3 avril 2024.
Le greffier,
F. Balicki
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N° 1901371
fb
N°s 2200578, 2204195
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N° 1901371
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026