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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2200625

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2200625

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2200625
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantMANYA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 février et 31 octobre 2022, la Fédération pour les espaces naturels et l'environnement des Pyrénées-Orientales (FRENE 66), l'association Port-Vendres Nature Environnement et M. C demandent au tribunal :

1°) d'annuler les délibérations n° 95-2021 et 96-2021 du 15 décembre 2021 du conseil municipal de Port-Vendres approuvant les révisions allégées n° 1 et 2 du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Port-Vendres la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la fin de non-recevoir opposée à la requête en tant qu'elle émane de l'association

Port-Vendres Nature Environnement tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 600-1-1 ne peut qu'être écartée dès lors que ses statuts ont bien été déposés en préfecture ;

- les délibérations en litige méconnaissent l'autorité de la chose jugée par le tribunal ;

- la procédure d'élaboration du PLU est illégale ; les zonages 1AUe, 1AUf, UCe, UCa et UCb du secteur des Tamarins annulés par le tribunal ne nécessitait pas une procédure de révision mais l'élaboration d'un nouveau PLU ; surabondamment, la révision allégée inclut une zone 2NA et une partie de zone NDL de l'ancien POS qui ne pouvaient être ouvertes à l'urbanisation sans suivre les prescriptions des articles L. 153-16 et L. 153-31 du code de l'urbanisme ; il en est de même du secteur 1AUc du pont de l'Amour également annulé ;

- les stipulations de l'article 6 de la convention d'Aahrus ont été méconnues ;

- le dossier ne contient pas l'annexe prévue au 5° de l'article R. 151-53 du code de l'urbanisme alors que le secteur des Tamarins est directement concerné par des nuisances acoustiques ;

- les dispositions de l'article L. 151-20 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;

- la délibération du 15 décembre 2021 méconnaît les dispositions de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme dès lors que le secteur des Tamarins est insuffisamment desservi en voirie ; de même il n'y a aucun accès et aucun réseau à la zone 1AUc du secteur du Pont de l'Amour ;

- l'étude d'incidence est insuffisante ;

- la note de synthèse est insuffisante au regard des prescriptions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, l'avis de l'autorité environnementale n'ayant pas été pris en compte ;

- les délibérations ont été prises en méconnaissance des dispositions des articles L. 110 et L. 121-1 du code de l'urbanisme ; ces dispositions bien qu'abrogées ont été reprises aux articles L. 101-2 et L. 151-1 de ce code ;

- l'institution du secteur 1AUe résultant de la révision allégée n° 1 du PLU de Port-Vendres est incompatible avec les objectifs du document d'orientation et d'objectifs (DOO) du schéma de cohérence territoriale (SCOT) Littoral Sud, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;

- les dispositions des articles L. 121-21, L. 121-22 et L. 121-23 du code de l'urbanisme sont méconnues ;

- l'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage garantie par les dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme est méconnue ;

- les délibérations ont été prises en méconnaissance des dispositions des articles L. 414-1 à L. 414-11 du code de l'environnement qui assurent la transposition de l'article 6 de la directive habitats 92/43/CEE ;

- elles ont été prises en méconnaissance du plan de prévention des risques naturels prévisibles et de l'article R. 123-2 du code de l'urbanisme ;

- elles présentent un risque pour la sécurité publique ; l'extension prévue de l'urbanisation dans le secteur des Tamarins va compliquer l'action des services de secours confrontés à des rues étroites et des stationnements de véhicules ; le secteur du Pont de l'Amour se situe dans un massif forestier soumis au risque incendie et la configuration des lieux ne permet pas une évacuation aisée ;

- les révisions allégées de PLU ne répondent pas aux engagements du SCOT en matière de nombre de logements à réaliser.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2022, la commune de Port-Vendres, représentée par Me Manya, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'association Port Vendres Nature Environnement n'est pas recevable à agir au regard des dispositions de l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme dès lors que ses statuts ne sont pas datés et qu'ils ne permettent pas de vérifier s'ils ont fait l'objet d'une déclaration auprès de la préfecture un an avant la date d'affichage des délibérations attaquées ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par lettre du 3 novembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.

Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 17 janvier 2024.

Les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la délibération n° 96-2021 du 15 décembre 2021 approuvant la révision allégée n° 2 du PLU de la commune.

Par un mémoire enregistré le 19 mai 2024 la fédération pour les espaces naturels et l'environnement des Pyrénées-Orientales et autres ont répondu au moyen d'ordre public soulevé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive européenne 92/43/CEE du 21 mai 1992 ;

- la convention d'Aarhus du 25 juin 1998 ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le décret n° 2021-1345 du 13 octobre 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,

- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public,

- et les observations de M. A, représentant la fédération pour les espaces naturels et l'environnement des Pyrénées-Orientales, et de Me Pion-Riccio, substituant Me Manya, représentant la commune de Port-Vendres.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 25 septembre 2012, le conseil municipal de Port-Vendres a approuvé le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune. Par jugement rendu le 16 juillet 2015, le tribunal, à la demande de la fédération pour les espaces naturels et l'environnement des Pyrénées-Orientales (FRENE 66), a annulé cette délibération en tant qu'elle concernait les secteurs 1AUe, 1AUf, UCe, UCa et UCb des Tamarins et le secteur 1AUc du Pont de l'Amour, la zone N du lieu-dit " D " et la partie de zone UC étendue à la parcelle 400 au-delà de la parcelle 384. La cour administrative d'appel de Marseille, après avoir, avant dire droit, retenu que le vice de procédure, tenant à l'absence d'accord du syndicat mixte du schéma de cohérence territoriale (SCOT) Littoral Sud quant à l'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser délimitées après le 1er juillet 2002 ou des zones naturelles, entachait d'illégalité la procédure d'approbation, mais estimé qu'il était susceptible d'être régularisé, et la commune de Port-Vendres ayant obtenu un tel accord, a rejeté, par un arrêt du 5 janvier 2018, le surplus des conclusions à fin d'annulation de l'association. Par une délibération n° 35-2018 du 12 avril 2018, le conseil municipal de la commune de Port-Vendres a redéfini les objectifs de la révision allégée n° 1 et a confirmé les modalités de la concertation. Par une délibération du 20 novembre 2020, le conseil municipal de Port Vendres a tiré le bilan de la concertation et a approuvé le projet de révision allégée n° 1 et n° 2 du PLU. Le projet de révision allégée a été arrêté par une délibération n° 70/2020 du 20 novembre 2020. L'enquête publique conjointe s'est déroulée du 30 septembre au 29 octobre 2021 et le commissaire enquêteur a émis un avis favorable aux projets de révision allégée n° 1 et n° 2 le 26 novembre 2021 assorti de trois réserves. Par deux délibérations du 15 décembre 2021, n° 95-2021 et n° 96-2021, le conseil municipal de Port-Vendres a, d'une part, approuvée la révision allégée n° 1, d'autre part, la révision allégée n° 2. Par la présente requête, la fédération pour les espaces naturels et l'environnement des Pyrénées-Orientales, l'association Port-Vendres nature environnement et M. B C demandent l'annulation de ces délibérations.

Sur l'étendue du litige :

2. Il ressort des pièces du dossier que, par une délibation du 25 mars 2022, réceptionnée en préfecture le 7 avril 2022, postérieurement à l'introduction de la requête, et affichée en mairie le 8 avril suivant, le conseil municipal de Port-Vendres a, sur le recours gracieux du préfet des Pyrénées-Orientales, rapporté la délibération n° 96-2021 du 15 décembre 2021 approuvant la révision allégée n° 2 du PLU de la commune ayant pour objectif la création d'un hameau nouveau intégré à l'environnement sur le secteur du Pont de l'Amour et que la délibération du 22 novembre 2021 approuvant la vente des terrains de ce secteur en vue de la réalisation de cette opération a également été retirée. Dès lors, en l'absence de toute exécution et de recours contre ces délibérations de retrait, les conclusions des requérants dirigées contre la délibération

n° 96-2021 du 15 décembre 2021 sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. ".

4. Il ressort des pièces du dossier, notamment des termes de la délibération attaquée, que les conseillers ont été convoqués le 9 décembre 2021 pour la séance du 15 décembre suivant dont l'ordre du jour comportait l'approbation de la révision allégée n° 1 du plan local d'urbanisme. La commune de Port-Vendres a produit en défense la note explicative de synthèse qui rappelle le déroulement de l'enquête publique ainsi que la finalité de la révision proposée, à savoir la création d'un hameau nouveau sur le secteur des Tamarins. Elle contient également les observations du public consignées sur les registres papier et électronique durant l'enquête publique et les réponses apportées par la commune et il est fait référence au rapport de la mission régionale d'autorité environnementale (MRAE) du 11 mai 2021. Il s'ensuit que les conseillers municipaux ont disposé d'une information suffisante avant d'approuver la révision allégée litigieuse. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.

5. Le premier alinéa de l'article L. 153-7 du code de l'urbanisme dispose que : " En cas d'annulation partielle par voie juridictionnelle d'un plan local d'urbanisme, l'autorité compétente élabore sans délai les nouvelles dispositions du plan applicables à la partie du territoire communal concernée par l'annulation () ". Ces dispositions font obligation à l'autorité compétente d'élaborer, dans le respect de l'autorité de la chose jugée par la décision juridictionnelle ayant partiellement annulé un plan local d'urbanisme, de nouvelles dispositions se substituant à celles qui ont été annulées par le juge, alors même que l'annulation contentieuse aurait eu pour effet de remettre en vigueur, en application des dispositions de l'article L. 600-12 du même code ou de son article L. 174-6, des dispositions d'un plan local d'urbanisme ou, pour une durée maximale de vingt-quatre mois, des dispositions d'un plan d'occupation des sols qui ne méconnaîtraient pas l'autorité de la chose jugée par ce même jugement d'annulation.

6. Les dispositions précitées n'ont pas pour effet de permettre à l'autorité compétente de s'affranchir, pour l'édiction de ces nouvelles dispositions, des règles qui régissent les procédures de révision, de modification ou de modification simplifiée du plan local d'urbanisme prévues, respectivement, par les articles L. 153-31, L. 153-41 et L. 153-45 du même code. Ainsi, lorsque l'exécution d'une décision juridictionnelle prononçant l'annulation partielle d'un plan local d'urbanisme implique nécessairement qu'une commune modifie le règlement de son plan local d'urbanisme dans un sens déterminé, il appartient à la commune de faire application, selon la nature et l'importance de la modification requise, de l'une de ces procédures, en se fondant le cas échéant, dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sur certains actes de procédure accomplis pour l'adoption des dispositions censurées par le juge.

7. Par l'arrêt n° 15MA03833 du 12 janvier 2017 rendu sur l'appel formé par la commune de Port-Vendres, contre le jugement du présent tribunal du 16 juillet 2015 qui a annulé la délibération du 25 septembre 2012 par laquelle le conseil municipal de Port-Vendres a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune en tant que le plan local d'urbanisme institue les secteurs 1AUe, 1AUf, UCe, UCa et UCb dans le quartier des Tamarins, le secteur 1AUc du Pont de l'Amour, la zone N du lieu-dit " D " et la partie de zone UC étendue à la parcelle 400 au-delà de la parcelle 384, la cour administrative d'appel a censuré ce jugement en relevant en son point 4 que " la zone économique portuaire, classée en zone UE, fait partie de l'agglomération dès lors qu'elle est en continuité de quartiers d'habitation urbanisés et qu'elle présente une densité significative de constructions à usage commercial et d'entrepôt ; que la zone UCe n'est séparée de cet espace que par une route et est dès lors en continuité avec cette zone déjà urbanisée ; qu'en revanche, au-delà de cette zone UCe vierge de toute construction, les zones 1AUf, 1AUe, UCa et UCb ne se situent pas en continuité de l'agglomération de Port-Vendres ; que le lotissement occupant une partie des zones UCa (lotissement Quintilla) et UCb (lotissement Tamarins Nord) ne constitue pas une zone déjà urbanisée au sens des dispositions précitées en continuité de laquelle une extension de l'urbanisation pouvait être réalisée ; que, par suite, si la commune est fondée à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont considéré que le secteur UCe n'était pas en continuité avec l'agglomération, le moyen doit être écarté en ce qui concerne les secteurs 1AUf, 1AUe, UCa et UCb ".

8. L'objet de la révision allégée n° 1 a pour objet de justifier le reclassement en zone urbaine et à urbaniser du secteur des Tamarins tel que l'avait classé le PLU approuvé en 2012, suite à l'arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 12 janvier 2017. Par ce qui a été dit au point qui précède, la cour administrative d'appel a seulement considéré que le secteur UCe fait partie de l'agglomération dès lors qu'il est en continuité des quartiers d'habitation urbanisés et qu'il présente une densité significative de constructions à usage commercial et d'entrepôt mais a en revanche jugé que les secteurs 1AUf, 1AUe, UCa et UCb n'étaient pas en continuité des zones déjà urbanisées. Si les requérants soutiennent que la révision allégée en litige méconnaît l'autorité de la chose jugée un tel moyen ne peut qu'être écarté dès lors qu'un changement dans les circonstances de droit est intervenu depuis lors par l'approbation du SCOT de la Côte Vermeille le 2 mars 2020. Par suite, le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.

9. Aux termes de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : () 2° A la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers prévue à l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime lorsque le projet de plan local d'urbanisme couvre une commune ou un établissement public de coopération intercommunale situés en dehors du périmètre d'un schéma de cohérence territoriale approuvé et a pour conséquence une réduction des surfaces des espaces naturels, agricoles et forestiers ;() " et aux termes de l'article L. 153-31 du même code : " I.-Le plan local d'urbanisme est révisé lorsque l'établissement public de coopération intercommunale ou la commune décide : 1° Soit de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables ; 2° Soit de réduire un espace boisé classé, une zone agricole ou une zone naturelle et forestière ; 3° Soit de réduire une protection édictée en raison des risques de nuisance, de la qualité des sites, des paysages ou des milieux naturels, ou d'une évolution de nature à induire de graves risques de nuisance. 4° Soit d'ouvrir à l'urbanisation une zone à urbaniser qui, dans les six ans suivant sa création, n'a pas été ouverte à l'urbanisation ou n'a pas fait l'objet d'acquisitions foncières significatives de la part de la commune ou de l'établissement public de coopération intercommunale compétent, directement ou par l'intermédiaire d'un opérateur foncier. 5° Soit de créer des orientations d'aménagement et de programmation de secteur d'aménagement valant création d'une zone d'aménagement concerté () ". Aux termes de l'article L. 153-34 de ce code : " Dans le cadre de la révision du plan local d'urbanisme, le projet de révision arrêté fait l'objet d'un examen conjoint de l'Etat, de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ou de la commune et des personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 lorsque, sans qu'il soit porté atteinte aux orientations définies par le plan d'aménagement et de développement durables : 1° La révision a uniquement pour objet de réduire un espace boisé classé, une zone agricole ou une zone naturelle et forestière ; 2° La révision a uniquement pour objet de réduire une protection édictée en raison des risques de nuisance, de la qualité des sites, des paysages ou des milieux naturels ; 3° La révision a uniquement pour objet de créer des orientations d'aménagement et de programmation valant création d'une zone d'aménagement concerté ; 4° La révision est de nature à induire de graves risques de nuisance. Le maire de la ou des communes intéressées par la révision est invité à participer à cet examen conjoint. ".

10. Les requérants soutiennent que la révision allégée n° 1 inclut une zone 2NA et une partie de zone NDL de l'ancien POS qui ne pouvaient être ouvertes à l'urbanisation sans suivre notamment les prescriptions des articles L. 153-16 et L. 153-31 du code de l'urbanisme. Toutefois, d'une part, dès lors que la commune de Port-Vendres est située dans le périmètre du SCOT de la Côte Vermeille approuvé le 2 mars 2020, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme. D'autre part, et dès lors que la révision contestée ne porte pas atteinte aux orientations définies par le plan d'aménagement et de développement durables (PADD) et que le projet de révision a fait l'objet d'un examen conjoint de l'Etat, de la commune et des personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 du code de l'urbanisme, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que la commune de Port-Vendres n'a pas mis en œuvre les dispositions de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme. La révision allégée n° 1 du PLU de Port-Vendres n'entrant pas dans le champ d'application des dispositions des articles L. 153-16 et L. 153-31 du code de l'urbanisme, le moyen invoqué ne peut qu'être écarté comme inopérant.

11. Aux termes de l'article 6 de la convention d'Aarhus sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement : " 1. Chaque Partie : a) applique les dispositions du présent article lorsqu'il s'agit de décider d'autoriser ou non des activités proposées du type de celles énumérées à l'annexe I ; b) applique aussi les dispositions du présent article, conformément à son droit interne, lorsqu'il s'agit de prendre une décision au sujet d'activités proposées non énumérées à l'annexe I qui peuvent avoir un effet important sur l'environnement. Les Parties déterminent dans chaque cas si l'activité proposée tombe sous le coup de ces dispositions ; () 2. Lorsqu'un processus décisionnel touchant l'environnement est engagé, le public concerné est informé comme il convient, de manière efficace et en temps voulu, par un avis au public ou individuellement, selon le cas, au début du processus () / 3. Pour les différentes étapes de la procédure de participation du public, il est prévu des délais raisonnables laissant assez de temps pour informer le public conformément au paragraphe 2 ci-dessus et pour que le public se prépare et participe effectivement aux travaux tout au long du processus décisionnel en matière d'environnement. / 4. Chaque Partie prend des dispositions pour que la participation du public commence au début de la procédure, c'est-à-dire lorsque toutes les options et solutions sont encore possibles et que le public peut exercer une réelle influence. ()7. La procédure de participation du public prévoit la possibilité pour le public de soumettre par écrit ou, selon qu'il convient, lors d'une audition ou d'une enquête publique faisant intervenir l'auteur de la demande toutes observations, informations, analyses ou opinions qu'il estime pertinentes au regard de l'activité proposée. ". Ces stipulations doivent être regardées comme produisant des effets directs dans l'ordre juridique interne.

12. Les stipulations des paragraphes 2 et 3, précités régissent la participation du public au processus décisionnel en matière d'environnement pour les seules activités mentionnées à l'annexe 1 de la convention qui ne porte pas sur les délibérations par lesquelles un conseil municipal décide d'approuver la révision d'un plan local d'urbanisme. Le b) du I de l'article 6 prévoit que pour les activités particulières autres que celles énumérées à cette annexe, la convention laisse à chaque Etat, par des règles de droit interne, le soin de définir les mesures nécessaires. En l'espèce, ces dispositions n'ont pas été méconnues dès lors que les administrés ont été informés du projet de révision allégée n° 1 du PLU au début du processus par la publication de deux avis dans la presse rappelant les modalités de la concertation du public, qu'une affiche sur la réunion publique du 17 septembre 2019 a été apposée sur tous les panneaux d'affichage de la commune ainsi qu'en mairie, qu'une réunion de présentation de la procédure de révision allégée n° 1 du PLU a été présentée dans une salle de cinéma le 17 septembre 2019 à 18 heures à laquelle de nombreux habitants ont pu échanger et débattre et que deux réunions de présentation et d'échanges ont eu lieu en mairie avec la commission d'urbanisme les 14 décembre 2015 et 10 avril 2018. Par suite, et alors que le public a par ailleurs été associé au projet pendant l'enquête publique, le moyen tiré d'une méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention d'Aarhus doit être écarté.

13. Aux termes de l'article R. 151-53 du code de l'urbanisme : " Figurent également en annexe au plan local d'urbanisme, s'il y a lieu, les éléments suivants : () 5° Le périmètre des secteurs situés au voisinage des infrastructures de transports terrestres, dans lesquels des prescriptions d'isolement acoustique ont été édictées en application de l'article L. 571-10 du code de l'environnement, les prescriptions d'isolement acoustique édictées et la référence des arrêtés préfectoraux correspondants et l'indication des lieux où ils peuvent être consultés ; () "

14. Si les requérants soutiennent que le secteur des Tamarins est directement concerné par les nuisances acoustiques des chaudières des cargos et des transports routiers générés par le port de commerce et qu'au dossier de révision du PLU ne figure pas l'annexe prévue au 5° de l'article R. 151-53 du code de l'urbanisme, le document graphique du plan local d'urbanisme, librement accessible au juge comme aux parties sur le site " Géoportail de l'urbanisme ", fait toutefois apparaître les portions de voie bruyante soumises à la réglementation sur le bruit avec mention de l'arrêté préfectoral du 26 décembre 2012 relatif au classement sonore des routes départementales dans le département des Pyrénées-Orientales et détaille au sein de tableaux en annexe 2, pour chaque infrastructure concernée, le numéro de tronçon, l'origine du tronçon, la fin du tronçon, le classement dans une des cinq catégories définies dans l'arrêté et le type de " tissu " dans lequel elle se situe. Dans ces conditions, l'irrégularité n'a pas été de nature à nuire à la bonne information du public ni de nature à exercer une influence sur les résultats de l'enquête. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions précitées doit être écarté.

15. Aux termes de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites "zones AU". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone. ".

16. Les requérants, se prévalant des observations contenues dans le rapport de présentation de la 3ème modification du PLU faisant notamment état de ce que " l'accessibilité et le gabarit de l'impasse des Tamarins font que cette voie de desserte sur notre zone supportera difficilement un trafic supplémentaire important ", soutiennent que c'est en méconnaissance des dispositions précitées que l'ouverture à l'urbanisation de la zone des Tamarins a été décidé dès lors que cette zone est desservie par deux impasses impropres à la circulation et au stationnement des véhicules. Toutefois, comme l'indiquent eux-mêmes les requérants dans leurs écritures, la délibération du 14 avril 2010 par laquelle le conseil municipal a approuvé la 3ème modification du POS a été annulée par un jugement de ce tribunal du 15 février 2013, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 9 avril 2015. Eu égard à l'urbanisation envisagée sur le secteur des Tamarins par la révision allégée n° 1, qui tend à la réalisation sur le secteur 1AUe de 32 logements au total, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'impasse des Tamarins et la rue Gastaud ne seraient pas en capacité d'absorber le flux supplémentaire de circulation généré par cette urbanisation. Par suite, le moyen invoqué doit être écarté.

17. L'article L. 131-1 du code de l'urbanisme dispose que les schémas de cohérence territoriale sont compatibles avec les dispositions particulières au littoral et aux zones de montagne prévues par le même code. En application des articles L. 131-4, L. 131-5 et L. 131-6 du code de l'urbanisme, le PLU doit traduire un rapport de compatibilité avec les orientations du SCOT contenues dans le document d'orientation et d'objectifs (DOO). Aux termes du second alinéa de l'article L. 121-3 du code de l'urbanisme : " Le schéma de cohérence territoriale précise, en tenant compte des paysages, de l'environnement, des particularités locales et de la capacité d'accueil du territoire, les modalités d'application des dispositions du présent chapitre. Il détermine les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés prévus à l'article L. 121-8, et en définit la localisation. ". Aux termes de l'article L. 121-8 du même code : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. / () ". Aux termes de l'article L. 121-13 de ce code : " L'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage ou des rives des plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement est justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme, selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau. / Toutefois, ces critères ne sont pas applicables lorsque l'urbanisation est conforme aux dispositions d'un schéma de cohérence territoriale ou d'un schéma d'aménagement régional ou compatible avec celles d'un schéma de mise en valeur de la mer () ".

18. Une opération conduisant à étendre l'urbanisation d'un espace proche du rivage ne peut être légalement autorisée que si elle est, d'une part, de caractère limité et, d'autre part, justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme selon les critères qu'elles énumèrent. Cependant, lorsqu'un schéma de cohérence territoriale comporte des dispositions suffisamment précises et compatibles avec ces dispositions législatives qui précisent les conditions de l'extension de l'urbanisation dans l'espace proche du rivage où l'opération est envisagée, le caractère limité de l'urbanisation qui résulte de cette opération s'apprécie en tenant compte de ces dispositions du schéma concerné. Doivent être regardées comme une extension de l'urbanisation au sens de ces dispositions l'ouverture à la construction de zones non urbanisées ainsi que la densification significative de zones déjà urbanisées.

19. Les requérants soutiennent que le SCOT ne peut pas faire obstacle à l'application de la loi Littoral dans le PLU lorsqu'il méconnaît le site et la loi. Si un PLU doit être compatible avec un SCOT, il n'en constitue pas une mesure d'application. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du SCOT Littoral Sud approuvé par délibération du 2 mars 2020, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la délibération du 15 décembre 2021 approuvant la révision allégué n° 1 du PLU de Port-Vendres, ne peut qu'être écarté.

20. Le territoire de la commune de Port Vendres est couvert par le SCOT Littoral Sud approuvé par délibération du 2 mars 2020 qui prévoit l'extension de l'urbanisation dans les espaces proches du rivage dans les secteurs de Coma-Sadulle, de la route stratégique, et celui des Tamarins, objet de la révision allégée n° 1 contestée. Sur la commune de Port-Vendres, dans les espaces proches du littoral, le SCOT Littoral Sud limite à environ 7,7 hectares l'enveloppe maximale des secteurs d'extension de l'urbanisation et à 15 000 m² la surface de plancher et prévoit, au titre de la stratégie urbaine sur le territoire littoral, que les extensions à vocation d'habitat doivent viser un objectif moyen de 30 logements par hectare. Le DOO prévoit, au titre des orientations et objectifs pour la protection et la mise en valeur du littoral et de la mer par l'harmonisation des dispositions de la loi Littoral, en son point 8, de contenir les extensions d'urbanisation au sein des espaces proches du rivage, en appréciant leur caractère limité au regard du périmètre du SCOT et identifie en espace proche du rivage des secteurs d'urbanisation potentiels en continuité de l'urbanisation existante et envisage des possibilités d'urbanisation de faible ampleur sur les secteurs dits de la " route stratégique " et des Tamarins (environ 3 hectares cumulés). La révision allégée n° 1 du PLU de Port-Vendres a pour objectif principal d'étendre l'urbanisation dans le secteur des Tamarins afin d'accueillir un véritable quartier de vie en harmonie avec son environnement, tout en satisfaisant les besoins en logements et notamment en diversifiant l'offre en habitat individuel dans une commune où domine l'habitat collectif, en privilégiant une forme d'habitat individuel groupé avec des espaces extérieurs. Le secteur 1AUe des Tamarins se situe en continuité du secteur UCe, dont la cour administrative d'appel de Marseille a relevé par l'arrêt précité qu'il se situe en continuité de la zone classée en zone UE, correspondant à la zone économique portuaire, et fait partie de l'agglomération dès lors qu'elle est en continuité de quartiers d'habitation urbanisés et qu'elle présente une densité significative de constructions à usage commercial et d'entrepôt. Le secteur 1AUe confronte également en sa partie Est les zones déjà urbanisées UCa et UCb. Sur le secteur 1AUe est prévu la réalisation de trente logements. Si ces secteurs sont situés dans les espaces proches du littoral, visibles depuis la mer, ils s'inscrivent toutefois au sein d'un secteur déjà urbanisé autre que les agglomérations et villages et s'organisant autour de plusieurs voies publiques. Ainsi, l'institution du secteur 1AUe, résultant de la révision allégée n° 1 du PLU de Port-Vendres, n'est pas incompatible avec les objectifs du DOO du SCOT Littoral Sud et ne méconnaît pas, par suite, les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme précité.

21. Les dispositions des articles L. 110 et L. 121-1 du code de l'urbanisme ont été abrogées par l'ordonnance n° 2015-1174 du 23 septembre 2015. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la délibération du 15 décembre 2021 approuvant la révision allégée n° 1 du PLU a été prise en méconnaissance de ces articles.

22. Aux termes de l'article L. 101-2 du même code, inséré au chapitre Ier " Objectifs généraux " du titre préliminaire " principes généraux " du livre Ier de ce code " Règlementation urbaine ", repris par les requérants dans leurs dernières écritures : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants :1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; () c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; () ; 5° La prévention des risques naturels prévisibles, des risques miniers, des risques technologiques, des pollutions et des nuisances de toute nature ; 6° La protection des milieux naturels et des paysages, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces verts ainsi que la création, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques ; 7° La lutte contre le changement climatique et l'adaptation à ce changement, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'économie des ressources fossiles, la maîtrise de l'énergie et la production énergétique à partir de sources renouvelables ;(). ". En application de la décision n° 2000-436 DC du Conseil constitutionnel du 7 décembre 2000, les dispositions des articles L. 151-1 et L. 101-2 du code de l'urbanisme n'imposent aux auteurs des plans locaux d'urbanisme que d'y faire figurer des mesures tendant à la réalisation des objectifs qu'elles énoncent. Par suite, le juge administratif exerce un contrôle de compatibilité entre les règles fixées par ces documents et les dispositions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.

23. La notice de présentation de la révision allégée n° 1 du PLU de Port-Vendres relève que, sur le plan démographique, la population de Port-Vendres stagne dans la mesure où, selon les données chiffrées de l'INSEE, a été constatée une variation annuelle de -0,4 % entre 2010 et 2015, voire même de 0,7 % si l'on s'en tient aux données chiffrées de 2019 invoquées par les requérants. Le DOO du SCOT précise les limites quantitatives de la production de logements dans les espaces proches du rivage et fixe à 2 717 logements la production maximale de la Côte Vermeille pour une période de 10 ans, soit 867 logements potentiels pour la part relative à Port-Vendres. Les auteurs de la révision allégée n° 1 ont souhaité produire une plus grande offre, plus diversifiée, rééquilibrer la capacité de logements au bénéfice des logements pour actifs notamment en direction des jeunes ménages et de créer des logements nouveaux en location et en accession. Si le constat de l'évolution démographique présente une variation négative, il ne ressort pas des objectifs définis par la commune de Port-Vendres qui se traduisent par la création de 30 logements au maximum pour une surface de plancher maximale de 6 000 m² au lieu de 42 logements dans le PLU approuvé en 2012 sur un secteur de 1,5 hectare, déjà voué à être urbanisé au PLU de 2012, une ambition démesurée qui ne serait pas en accord avec les besoins réels de la commune en matière de logement, de maîtrise du développement urbain que le PLU s'est fixé en fonction des objectifs retenus par le SCOT, et d'une utilisation économe des espaces naturels. Les requérants ne démontrent pas que la révision allégée n° 1 du PLU ne serait pas compatible avec les objectifs de développement durable et le principe d'équilibre résultant des 1°, 5°, 6° et 7° de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées n'est pas fondé et doit être écarté.

24. Les requérants soutiennent que la délibération approuvant la révision allégée n° 1 du PLU a été prise en méconnaissance de l'article 6 de la directive européenne 92/43/CEE du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvage. Cependant, cette directive ayant été entièrement transposée en droit interne par l'ordonnance n° 2001-321 du 11 avril 2001, les requérants ne sauraient utilement invoquer les objectifs qu'elles fixent pour contester la révision allégée contestée.

25. Aux termes de l'article R. 104-11 du code de l'urbanisme : " I.-Les plans locaux d'urbanisme font l'objet d'une évaluation environnementale à l'occasion : () 2° De leur révision : a) Lorsqu'elle permet la réalisation de travaux, aménagements, ouvrages ou installations susceptibles d'affecter de manière significative un site Natura 2000 ; b) Lorsque l'établissement public de coopération intercommunale compétent ou la commune décide de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables ; c) Dans tous les autres cas où une révision est requise en application de l'article L. 153-31, sous réserve des dispositions du II. II. Par dérogation aux dispositions du c du 2° du I, les plans locaux d'urbanisme font l'objet, à l'occasion de leur révision, d'une évaluation environnementale après un examen au cas par cas réalisé dans les conditions définies aux articles R. 104-33 à R. 104-37, s'il est établi que cette révision est susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement au regard des critères de l'annexe II de la directive 2001/42/ CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001 relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement, lorsque : 1° L'incidence de la révision porte sur une ou plusieurs aires comprises dans le territoire couvert par le plan local d'urbanisme concerné, pour une superficie totale inférieure ou égale à un millième (1 ‰) de ce territoire, dans la limite de cinq hectares (5 ha) ; 2° L'incidence de la révision porte sur une ou plusieurs aires comprises dans le territoire couvert par le plan local d'urbanisme intercommunal concerné, pour une superficie totale inférieure ou égale à un dix-millième (0,1 ‰) de ce territoire, dans la limite de cinq hectares (5 ha). ". Aux termes de l'article L. 414-4 du code de l'environnement :

" I. - Lorsqu'ils sont susceptibles d'affecter de manière significative un site Natura 2000, individuellement ou en raison de leurs effets cumulés, doivent faire l'objet d'une évaluation de leurs incidences au regard des objectifs de conservation du site, dénommée ci-après "Evaluation des incidences Natura 2000" : 1° Les documents de planification qui, sans autoriser par eux-mêmes la réalisation d'activités, de travaux, d'aménagements, d'ouvrages ou d'installations, sont applicables à leur réalisation ; () ".

26. Il ressort des pièces du dossier que le secteur des Tamarins, faisant l'objet de la révision allégée n° 1 du PLU, situé à l'est du Pla du Port, sur le piémont du massif du Fort Béar, représente une superficie totale de 2,6 hectares, répartie en zonages 1AUe, 1AUp, UCe dans le projet de PLU révisé. Le secteur 1AUe, d'une superficie de 1,5 hectare doit permettre la réalisation de trente logements outre les deux logements déjà existants. L'ensemble des terrains concernés se situent dans le site Natura 2000 d'importance communautaire FR9101481 " Côte Rocheuse des Albères ", la zone spéciale de conservation FR9101483 " Massif des Albères " et sur la zone de protection spéciale " Massif des Albères ". La commune de Port-Vendres a engagé en 2016 une étude environnementale complémentaire menée par EcoMed. Il ressort des pièces du dossier que l'habitat communautaire n° 6220 " Parcours substeppiques de graminées et d'annuelles " occupe au sein du secteur des Tamarins quelques centaines de mètres carrés au sein du maquis dense et les friches rases sèches, qu'il est menacé à terme par la dynamique ligneuse du maquis et que l'évaluation des incidences de cette surface, jugée comme étant dans un état de conservation défavorable, constitue une atteinte très faible sur l'habitat à l'échelle du site Natura 2000 que constitue le site d'importance communautaire de la directive " habitat, faune, flore " FR9101481 " Côte Rocheuse des Albères ". L'évaluation des incidences sur la ZSC FR9101483 " Massif des Albères " et sur le réseau Natura 2000 précise que le type d'habitat communautaire n° 6220 n'est pas directement concerné par le site Natura 2000 distant d'environ 4 kilomètres et que les atteintes sur ce compartiment sont nulles. En ce qui concerne l'avifaune, l'évaluation des incidences sur la zone de protection spéciale " Massif des Albères " FR9112023, les atteintes sur les populations de l'Aigle de Bonelli et du Circaète Jean-le-Blanc sont jugées très faibles et faibles pour le Bruant Ortolan ainsi que pour la Fauvette Pitchou et l'Alouette Lulu. Il en résulte que l'ouverture à l'urbanisation du secteur des Tamarins résultant de la révision allégée n° 1 du PLU de Port Vendres n'est pas susceptible d'avoir des incidences notables sur le site d'intérêt communautaire " Côte Rocheuse des Albères " sur la zone spéciale de conservation FR9101483 " Massif des Albères " et qu'elle ne porte pas atteinte à la zone de protection sans qu'à cet égard l'étude limitée à une seule journée puisse être regardée comme insuffisante et de nature à remettre sérieusement en cause les données scientifiques recueillies compte tenu des atteintes faibles et très faibles sur l'état de conservation des populations de ces espèces et que des mesures d'adaptation du calendrier relatif au démarrage des travaux en accord avec la phénologie des espèces ont été prévues afin que les travaux génèrent le moins d'impact possible. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de l'étude d'impact, de la méconnaissance des dispositions précitées du code de l'environnement et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

27. Si les requérants soutiennent que le secteur 1AUe est exposé au risque torrentiel, l'examen de l'extrait graphique du plan de prévention des risques (PPR), accessible au juge comme aux parties, correspondant au numéro de zone 19, concerne une zone bleue à risque qualifié de moyen et faible pour le risque de glissement de terrain et de ravinement et non à un risque torrentiel. Le règlement du PPR autorise dans cette zone les constructions individuelles à usage d'habitation avec un coefficient d'emprise au sol maximum (C.E.S.) de 0,20, les aménagements et extensions mesurées des habitations existantes, les infrastructures et réseaux nécessaires au fonctionnement des services publics et assortit cette autorisation de dix prescriptions constructives pour le nouveau bâti. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'institution du secteur 1AUe résultant de la révision allégée n° 1 constituerait un risque pour la sécurité publique.

28. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le secteur 1AUe serait soumis à un risque particulier d'incendie et n'est d'ailleurs pas répertorié comme tel au PPR. La circonstance qu'un incendie se soit déclaré sur le CAP Béar au mois de juin 2021 n'est pas de nature à remettre en cause le classement du secteur 1AUe des Tamarins.

29. Le SCOT Littoral Sud affiche des objectifs de construction de logements en collectif par secteur géographique et par commune, en fonction de leur place dans l'armature urbaine. Le DOO précise que " En termes de densité brute, les extensions à vocation d'habitat doivent viser un objectif moyen de 30 logements par hectare, à l'exception des sites soumis à des contraintes liées aux risques naturels, et sous réserve de la bonne greffe urbaine avec les espaces urbanisés auxquels ces extensions se rattachent (principe de l'urbanisation en continuité au titre de la loi Littoral). La recherche de densité sur les nouvelles extensions urbaines constitue en effet un élément essentiel afin de concilier le développement des communes et la préservation des espaces agricoles et naturels alentours. " Si les requérants soutiennent que le SCOT vise au minimum 30 logements à l'hectare alors que le PLU de Port-Vendres n'en prévoit que 20 et que la révision allégée de PLU ne répondrait donc pas aux engagements du SCOT en matière de nombre de logements, la détermination de la capacité d'accueil ne saurait être appréciée au regard de la seule révision allégée n° 1 contestée du PLU de Port-Vendres mais à l'échelle globale du territoire communal, toutes zones ouvertes à l'urbanisation confondues, les objectifs du SCOT autorisant en outre de prévoir une densité inférieure pour les sites soumis à des contraintes liées aux risques naturels mais aussi pour tenir compte du nécessaire respect de la continuité de l'urbanisation avec la loi Littoral.

30. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense que la fédération pour les espaces naturels et l'environnement des Pyrénées-Orientales et autres ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération n° 95/2021 du 15 décembre 2021 approuvant la révision allégée n° 1du PLU de Port-Vendres.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

31. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " ;

32. Ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Port-Vendres, qui n'est pas la partie perdante, au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune à ce même titre.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la délibération n° 96-2021 du 15 décembre 2021 approuvant la révision allégée n° 2 du PLU de la commune de Port-Vendres.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions de la commune de Port-Vendres présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à la fédération pour les espaces naturels et l'environnement des Pyrénées-Orientales, première dénommée pour l'ensemble des requérants et à la commune de Port-Vendres.

Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Encontre, présidente,

Mme Teuly-Desportes, première conseillère,

M. Rousseau, premier conseiller.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.

Le rapporteur,

M. Rousseau La présidente,

S. Encontre Le greffier,

D. Lopez

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 4 juin 2024

Le greffier,

D. Lopez

dl

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