jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2200792 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PAMLAW AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 février 2022 et le 10 mars 2023, la société Free mobile, représenté par Me Pascal Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Teyran a fait opposition à sa déclaration préalable de travaux tendant à l'implantation d'un pylône de 36 mètres de hauteur pour l'installation de 6 antennes radioélectriques ainsi que deux faisceaux hertziens et une zone technique grillagée avec portillon de sécurité ;
2°) d'enjoindre au maire de lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Teyran une somme de 5000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est irrégulière faute d'être motivée en droit ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit puisqu'elle se fonde sur une absence de mutualisation des équipements entre la société Free mobile et la société Bouygues Télécom en amont de la demande d'implantation alors que les articles R. 431-35 et R. 431-36 n'exigent pas que le dossier de déclaration préalable comporte un engagement de mutualisation ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard des articles L. 421-6 et L. 421-7 du code de l'urbanisme ;
- la décision porte atteinte à la liberté contractuelle en ce qu'elle exige un engagement irrévocable de la part de la société Bouygues Télécom et porte une appréciation erronée sur l'engagement pris par la société Bouygues télécom.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2022, la commune de Teyran, représentée par la SCP Territoires avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Free mobile une somme de 2500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle pouvait rejeter cette demande d'autorisation compte tenu de la contradiction des pièces résultant du dossier de demande ;
- les moyens soulevés par la société Free mobile ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des postes et des communications électroniques ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pastor, première conseillère,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chatron, représentant la commune de Teyran.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 septembre 2021, la société Free Mobile a déposé auprès des services de la commune de Teyran une déclaration préalable de travaux pour l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur un terrain situé au lieu-dit " Les Tinettes ". Par une décision n° DP 034 309 21 M0069 en date du 21 décembre 2021, le maire a fait opposition à cette déclaration préalable. Par la présente requête, la société Free Mobile sollicite l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / () ".
3. Pour faire opposition à la déclaration préalable en litige, le maire de la commune de Teyran s'est fondé sur l'absence d'engagement irrévocable de mutualisation du pylône avec l'opérateur Bouygues Télécom, qui seul pouvait permettre l'implantation d'un pylône de 36 mètres de hauteur. L'autorité administrative a également relevé que " les éléments pouvant mettre en péril la mutualisation doivent être étudiés en amont de la demande d'implantation du projet afin que celui-ci soit de fait un projet commun ". Ce faisant alors que le maire ne vise aucun fondement juridique à sa décision, la société Free mobile est fondée à soutenir que l'opposition à déclaration préalable en litige est entachée d'une insuffisance de motivation en droit.
4. En deuxième lieu, en opposant l'absence d'éléments relatifs à l'engagement de mutualisation de pylône, le maire de Teyran a sollicité, ainsi que le fait valoir la société Free mobile, des éléments qui ne figurent pas dans la liste exhaustive fixée par le code de l'urbanisme et a, entendu, se prévaloir de l'article D 98-6-1 du code des télécommunications et électriques qui relève d'une législation distincte et n'est pas opposable aux autorisations d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit commise par le maire de Teyran est fondé.
5. En troisième lieu, en exigeant que la société déclarante produise un engagement irrévocable d'un autre opérateur de téléphonie mobile afin de permettre une mutualisation de l'installation, le maire de Teyran se réfère aux dispositions de l'article D. 98-6-1 du code des postes et des communications électroniques afférentes à la protection de la santé et le principe de mutualisation des équipements alors que ces considérations, en raison du principe d'indépendance des législations, ne peuvent être opposées aux autorisations d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit commise est également fondé.
6. Enfin, aux termes de l'article R. 431-35 du code de l'urbanisme : " La déclaration préalable précise : / () c) La nature des travaux ou du changement de destination ; () ".
7. La commune de Teyran fait valoir en défense que la décision d'opposition en litige peut être fondée sur un autre motif tiré de l'existence de contradictions dans le dossier de déclaration préalable dès lors que la hauteur de 36 mètres de l'installation est justifiée par une mutualisation avec un autre opérateur sans qu'une telle mutualisation ne soit établie. Toutefois, s'il est vrai que le dossier de déclaration mentionne une possible installation d'antennes d'un autre opérateur que la société déclarante, le nouveau motif opposé par la commune et tiré du non-respect des dispositions de l'article R. 431-35 du code de l'urbanisme en ce qui concerne la précision des travaux à réaliser n'est pas, compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, de nature à justifier la décision d'opposition prise par le maire de Teyran.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la décision en date du 21 décembre 2020, par laquelle le maire de la commune de Teyran s'est opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société Free Mobile, doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
10. Eu égard aux motifs d'annulation retenus et dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions d'urbanisme opposables à la demande de la société Free Mobile interdiraient de prononcer une injonction ou que la situation de fait existant à la date du présent jugement y ferait obstacle, il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de Teyran de délivrer à la société Free Mobile une décision de non-opposition à sa déclaration préalable de travaux, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Teyran, qui a la qualité de partie perdante dans la présente instance, le versement à la société Free Mobile d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du maire de la commune de Teyran du 21 décembre 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Teyran de délivrer à la société Free Mobile une décision de non-opposition à sa déclaration préalable de travaux, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Teyran versera à la société Free mobile une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Free mobile et à la commune de Teyran.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La rapporteure
I. Pastor La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 mars 2023.
Le greffier,
M. A.
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aj
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026