mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2200836 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 février 2022, Mme A D, représentée par Me Bazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 août 2021 de la présidente du département de l'Aude en tant qu'elle a refusé de lui octroyer une compensation financière pour les jours figurant sur son compte épargne temps ;
2°) d'annuler la décision implicite du 25 décembre 2021 refusant de faire droit à son recours administratif formé le 25 octobre 2021 ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, à la présidente du département de l'Aude de lui octroyer cette compensation financière et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge du département de l'Aude la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 23 août 2021 est insuffisamment motivée ;
- en ne prenant pas de délibération sur la compensation financière des jours liés à la réduction du temps de travail, le département a méconnu le principe d'égalité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2022, le département de l'Aude conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°2004-878 du 26 août 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;
- et les conclusions de M. Lafay, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, assistante socio-éducative, qui exerce ses fonctions au sein des services du département de l'Aude depuis le 1er avril 2018, a présenté, le 10 mai 2021, une demande de rupture conventionnelle, réitérée le 19 juillet 2021. Après avoir initialement opposé un refus, la présidente du conseil départemental de l'Aude a, par une décision du 23 août 2021, accepté sa demande tout en refusant l'absence de compensation des 37 jours figurant sur son compte épargne-temps. Le 20 octobre 2021, Mme B C a, contestant cette absence de compensation financière, formé un recours gracieux qui a été implicitement rejeté et, par la présente requête, elle sollicite l'annulation de la décision du 23 août 2021 en tant qu'elle refuse la monétisation des jours figurant sur son compte épargne-temps, ainsi que celle du refus implicite opposé à son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors en vigueur : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail des agents des collectivités territoriales et des établissements publics mentionnés au premier alinéa de l'article 2 sont fixées par la collectivité ou l'établissement, dans les limites applicables aux agents de l'Etat, en tenant compte de la spécificité des missions exercées par ces collectivités ou établissements. / Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions d'application du premier alinéa. Ce décret prévoit les conditions dans lesquelles la collectivité ou l'établissement peut, par délibération, proposer une compensation financière à ses agents, d'un montant identique à celle dont peuvent bénéficier les agents de l'Etat, en contrepartie des jours inscrits à leur compte épargne-temps ". Aux termes de l'article 3 du décret du 26 août 2004 relatif au compte épargne-temps dans la fonction publique territoriale : " Le compte épargne-temps est alimenté par le report de jours de réduction du temps de travail et par le report de congés annuels tels que prévus par le décret du 26 novembre 1985 susvisé, sans que le nombre de jours de congés annuels pris dans l'année puisse être inférieur à vingt () ". Aux termes de l'article 3-1 du même décret : " Lorsqu'une collectivité ou un établissement n'a pas prévu, par délibération, prise en vertu du deuxième alinéa de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, l'indemnisation ou la prise en compte au sein du régime de retraite additionnelle de la fonction publique des droits ainsi épargnés sur le compte épargne-temps au terme de chaque année civile, l'agent ne peut les utiliser que sous forme de congés, pris dans les conditions mentionnées à l'article 3 du décret du 26 novembre 1985 susvisé ".
3. D'une part, si les dispositions du paragraphe 2 de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 prévoyant que " La période minimale de congé annuel payé ne peut être remplacée par une indemnité financière, sauf en cas de fin de relation de travail ", s'opposent à ce que le versement d'une indemnité compensatrice de congé annuel payé non pris soit refusé, lors de la fin de la relation de travail, au travailleur qui a été en congé de maladie durant tout ou partie d'une certaine période et ainsi empêché d'exercer son droit à congé payé, ces dispositions n'ont pas vocation à s'appliquer à des jours épargnés sur un compte épargne temps qui n'ont pas le caractère de congés annuels au sens de cette directive. Par suite, les dispositions précitées de l'article 3-1 du décret du 26 août 2004, si elles s'opposent, en l'absence de délibération en ce sens, à l'indemnisation des droits épargnés sur un compte épargne-temps au titre de la réduction du temps de travail sans réserver le cas des agents dont l'activité professionnelle cesse alors qu'ils ont été dans l'impossibilité de prendre les jours ainsi épargnés en raison d'un congé de maladie, ne sont pas incompatibles avec l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003.
4. D'autre part, il résulte de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et des articles 3 et 3-1 du décret n° 2004-878 du 26 août 2004 que les agents des collectivités territoriales ne peuvent solliciter l'indemnisation des jours qu'ils ont épargnés sur leur compte épargne-temps que si une délibération a prévu une telle possibilité. Par suite, lorsqu'une collectivité n'a adopté aucune délibération permettant l'indemnisation des droits épargnés sur un compte épargne-temps à la date à laquelle une demande d'indemnisation est formée par l'un de ses agents, elle a compétence liée pour rejeter cette demande. En l'absence d'une telle délibération, la présidente du conseil départemental de l'Aude était donc en situation de compétence liée pour rejeter la demande de Mme D tendant à ce que lui soit allouée l'indemnité compensatrice des 37 jours de congés portés sur son compte épargne-temps. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 23 août 2021, soulevé par la requérante, qui ne pouvait prendre les jours épargnés que sous forme de congés, conformément aux dispositions de l'article 3-1 du décret du 26 août 2004, doit par suite être écarté comme étant inopérant. Enfin, Mme D ne peut utilement invoquer le moyen tiré de ce qu'en ne prenant pas de texte prévoyant une telle compensation, la collectivité départementale aurait méconnu le principe d'égalité entre agents, ce principe ne s'opposant pas à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 23 août 2021 en tant qu'elle lui refuse la monétisation des jours figurant sur son compte épargne-temps, ni celle du refus implicite opposé à son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction que cette dernière présente, à titre principal et subsidiaire, ne peuvent, en conséquence, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par Mme D soit mise à la charge du département de l'Aude, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au département de l'Aude.
Délibéré à l'issue de l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
La rapporteure,
D. Teuly-Desportes
La greffière,
L. Rocher
La présidente,
S. Encontre
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 4 juin 2024,
La greffière,
L. Rocher
No 2200836 lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026