jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201104 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 mars et 5 août 2022, la société Financière Prunières, représentée par la SELARL NNG Avocats, agissant par Me Nguyen, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 2 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Poussan a délivré à la société Les Portes de l'Aubrac un permis d'aménager ainsi que la décision du 13 janvier 2022 par laquelle il a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge respective de la commune de Poussan et de la société Les Portes de l'Aubrac une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le permis d'aménager est signé par une autorité incompétente ;
- le dossier de permis d'aménager est incomplet :
o en l'absence d'un plan d'hypothèse d'implantation côté dans les trois dimensions, de l'indication des partis retenus pour assurer son insertion, de la production de la servitude de passage et de la servitude de passage de réseaux en tréfonds nécessaire au passage des canalisations enterrées ; ces lacunes ont été de nature à fausser l'appréciation de l'autorité administrative sur la conformité du projet aux dispositions des articles du règlement du plan local d'urbanisme (PLU), UI-11 relatif à l'aspect extérieur, UI-6 relatif à l'implantation par rapport aux voies et emprises publiques, UI-7 relatif à l'implantation par rapport aux limites séparatives, UI-9 qui détermine l'emprise au sol maximale et UI-12 qui détermine les règles en matière de stationnement ;
o en l'absence de servitude de passage et de passage de réseaux en tréfonds, le projet méconnaît les dispositions de l'article UI-3 du règlement, relatif à la desserte viaire ainsi que l'article UI-4 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif à la desserte par les réseaux ;
o il ne mentionne pas la destination des futures constructions ;
o le respect de l'article UI-9 du règlement par la fixation d'une emprise au sol maximale de 50% ne peut être vérifié en l'absence de cotation en trois dimensions des plans de composition et d'hypothèse d'implantation ;
- le projet méconnaît l'interdiction fixée par l'article IU-1 du règlement du PLU d'édifier des constructions ayant une fonction d'entrepôt ;
- le projet méconnait les articles R. 111-2 du code de l'urbanisme et l'article 3 du règlement du PLU qui exige une desserte par des voies adaptées, compte tenu de l'incertitude tenant aux activités qui seront accueillies ;
- il n'est pas démontré le respect par le projet des dispositions de l'article UI-4 du règlement du PLU.
Par des mémoires, enregistrés les 11 mai, 2 août et 16 septembre 2022, la société Les Portes de l'Aubrac, représenté par la SCP CGCB, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Financière Prunières une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable à défaut d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par la société Financière Prunières ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 24 août 2022, la commune de Poussan, représentée par l'AARPI MB Avocats, agissant par Me Moreau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Financière Prunières une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par la société Financière Prunières ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe, première conseillère,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chareyre, représentant la société Financière Prunières, celles de Me Bonnet, représentant la commune de Poussan et celles de Me Euzet, représentant la société Les portes de l'Aubrac.
Une note en délibéré a été présentée le 26 janvier 2023 pour la société Financière Prunières.
Considérant ce qui suit :
1. La société Financière Prunières demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Poussan a délivré à la société Les Portes de l'Aubrac un permis d'aménager ainsi que la décision du 13 janvier 2022 par laquelle il a rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A, signataire de la décision attaquée, a reçu délégation de fonction et de signature à cet effet par arrêté du maire de Poussan en date du 14 avril 2021, en sa qualité de premier adjoint auquel ont été confiées les attributions en matière d'urbanisme, incluant la délivrance des autorisations.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis () d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. ". La composition du dossier de permis d'aménager est régie par les dispositions des articles R. 441-1 à R. 441-8-3 du code de l'urbanisme.
4. Il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 441-4-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets. ". L'article R. 441 -4, 2° du même code dispose que : " Le projet d'aménagement comprend également : () 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer. ". L'article R. 441-1 du code de l'urbanisme dispose que : " La demande de permis d'aménager précise : () c) la nature de travaux ; () / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une demande de permis. ".
6. La circonstance que le dossier de demande de permis d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis d'aménager qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis d'aménager comprend une notice descriptive détaillée ainsi que des plans de composition indiquant les hypothèses d'implantation des constructions futures, ainsi que les partis retenus pour assurer l'insertion du projet, en particulier par un traitement paysager après requalification et désimperméabilisation de la parcelle. Il représente, sur divers plans cotés, les emplacements de stationnement ainsi que la voirie interne et a permis à l'autorité administrative de s'assurer du respect des dispositions des articles UI-6 relatif à l'implantation par rapport aux voies et emprises publiques, IU-7 relatif à l'implantation par rapport aux limites séparatives, UI-11 relatif à l'aspect extérieur, et UI-12 qui détermine les règles en matière de stationnement.
8. D'autre part, l'aménageur, dans le chapitre de la notice paysagère destiné à la " présentation du projet ", a indiqué que le lotissement, qui est situé au sein de la zone dédiée aux activités économiques des Trouyaux, constitue " un aménagement d'ensemble d'un parc d'activité " de 3 lots. Il a été soumis par l'autorité chargée de l'instruction du permis d'aménager à l'avis des services consultés, notamment ceux du SDIS et ceux du département, avec l'indication qu'il porte sur la création d'un lotissement à vocation artisanale avec création de 3 lots. Ainsi, le moyen tiré de l'absence de mention de la destination des futures constructions et de l'impossibilité d'apprécier la conformité du projet à la règlementation applicable en l'absence de cette précision doit être écarté.
9. Enfin, alors que l'article UI-9 du règlement du plan local d'urbanisme limite à 50 % l'emprise au sol des bâtiments, il ressort des pièces du dossier que le tableau des surfaces par lots inséré dans le règlement du lotissement projeté détermine une surface de plancher autorisée inférieure à 50 %, en conformité avec ces dispositions. Le moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis d'aménager ne permettrait pas de s'assurer de la conformité du projet avec ces dispositions doit être écarté.
10. En troisième lieu, d'une part, les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration ou d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Les tiers ne sauraient donc soutenir utilement, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude.
11. D'autre part, le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si le juge administratif doit, pour apprécier la légalité du permis au regard des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne lui appartient pas de vérifier ni la validité de cette servitude ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique.
12. La requérante, qui admet avoir consenti une servitude de passage et de passage de réseaux en tréfonds à la pétitionnaire, ne peut utilement se prévaloir de ce que ces servitudes n'ont pas été produites avec le dossier de demande de permis d'aménager, ni de la méconnaissance des dispositions des articles UI-3 et UI-4 du règlement en l'absence de leur production.
13. En quatrième lieu, l'article IU1 du règlement de la zone UI, dédiée aux activités économiques, interdit les constructions ayant la destination " fonction d'entrepôt ".
14. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le projet de parc d'activités artisanales composé de trois lots ait pour objet d'édifier une ou des constructions à usage d'entrepôt. Cette fonction ne saurait ressortir de la mention, par la notice du projet, de l'usage antérieur du site, à usage de dépôt pour des camions, et de la présence de constructions existantes qui sont destinées à être démolies. Par suite, la société requérante ne peut utilement se prévaloir de l'interdiction par l'article UI1 de construire des entrepôts, dont le respect s'appréciera lors de l'édification ultérieure, le cas échéant, des constructions à vocation artisanale, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que leur compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourrait être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
15. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé où n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". L'article 3 du règlement de la zone UI prévoit, s'agissant des accès que, " pour être constructible, un terrain doit avoir un accès par une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fon voisin et dûment justifié par une servitude de passage suffisante et instituée par acte authentique ou par voie judiciaire. ". S'agissant de la voierie, cet article précise que : " les voies () doivent avoir des caractéristiques adaptées à 'approche des matériels de lutte contre l'incendie, de protection civile, de brancardage, etc. Les dimensions, formes et caractéristiques techniques de ces voies () doivent être adaptées aux usage qu'ils supportent ou aux opérations qu'ils doivent desservir. Ils doivent avoir une largeur d'emprise au moins égale à 11 mètres, avec une chaussée d'une largeur égale au moins à 6 mètres, du stationnement d'une largeur minimale de 3, 20 m et un espace piéton latéral d'une largeur au moins égale à 1, 80 m. () ".
16. Il ressort des pièces du dossier que le permis d'aménager a pour seul objet de créer 3 lots, vierges de constructions, destinés à accueillir des activités compatibles avec la vocation de la zone. La circonstance, évoquée dans la notice descriptive, que la voie de desserte pourrait, dans l'avenir, être repensée par la collectivité pour s'adapter aux activités qui voudraient s'y implanter est sans incidence sur le caractère suffisant de la desserte à l'égard des trois lots non bâtis crées par le projet. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la rue des Trouyaux, qui dessert d'ores et déjà la zone d'activités économiques et permet d'accéder à ces lots, qui accueillaient jusqu'alors de nombreux poids lourds, soit insuffisante à la desserte du parc d'activité projeté, alors même que des travaux de voierie étaient en cours dans le secteur des Trouyaux à la date du dépôt par le pétitionnaire de sa demande. Il ne ressort pas non plus de pièces du dossier que la voirie interne, dotée d'un rond-point et d'un cheminement piéton, méconnaisse les dispositions précitées, la requérante procédant seulement par allégations.
17. En sixième lieu, l'article UI-4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Poussan prévoit, s'agissant des eaux pluviales, que : " Les aménagements réalisés sur tout terrain devront être tels qu'ils garantissent l'écoulement des eaux pluviales non infiltrées sur la parcelle dans le réseau public les collectant. En l'absence de réseau public, le constructeur doit réaliser sur son terrain les dispositifs appropriés permettant l'évacuation des eaux pluviales vers un déversoir désigné à cet effet. Les aménagements et constructions ne doivent pas faire obstacle au libre écoulement des eaux de ruissellement. / Dans tous les cas, seront à privilégier : - les dispositifs visant à retenir et récupérer les eaux pluviales (fossés drainants, bassins d'orage, cuves de recyclage des eaux de pluie, ) ; - les aménagements permettant, par ailleurs, la rétention puis l'infiltration des eaux de ruissellement dans le milieu naturel. De manière générale, sur l'ensemble du territoire communal, toute opération d'urbanisation nouvelle devra prévoir des mesures compensatoires suffisantes pour permettre une rétention des eaux pluviales dans la proportion de 120 litres/m² imperméabilisé (extrait du PPRI). () ". Ce règlement prescrit également, pour toute nouvelle construction, une surélévation d'au moins 20 centimètres par rapport au niveau de la voie de desserte du lot concerné, des mesures de compensation à l'imperméabilisation généré si de nouvelles voirie doivent être créées, sous la forme d'un système d'assainissement pluvial aux dimensions adaptées à des pluies de fréquence trentennale et intégrant un dispositif de traitement de la pollution d'origine routière, et dans l'hypothèse de la création d'aires de stationnement ou activités susceptibles de transmettre une pollution au réseau hydrographique, des dispositifs de rétention équipés d'un système de traitement des eaux de ruissellement pluvial.
18. Il ressort des pièces du dossier, que l'aménageur a prévu une désimperméabilisation de la parcelle - totalement imperméabilisée - par la création d'espaces verts jusqu'alors inexistants, à hauteur de 30 % de sa surface, ainsi qu'un réseau propre à chacun des trois lots de grilles avaloirs et de canalisations enterrées dirigeant les eaux pluviales vers un bassin de rétention. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ce bassin de rétention, projeté pour la collecte gravitaire des eaux de ruissellement des toitures, de la voirie et de la part non infiltrée des espaces verts, et dimensionné pour traiter, avant rejet, 20 050 m3 d'eaux pluviales, ne permettrait pas de recueillir et traiter les eaux de ruissellement issue de l'imperméabilisation, évaluée par l'aménageur à 68 %, dans les conditions énoncées par le règlement précité, les requérants se bornant, pour le contester, à procéder par allégations.
19. Enfin, la société requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la surélévation des constructions à venir par rapport aux voie en vue de la gestion des eaux pluviales, le permis d'aménager ne créant pas de telles constructions, mais seulement les lots sur lesquels elles auront vocation à s'implanter après délivrance d'un permis de construire, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que leur compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourrait être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
20. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que le société Financière Prunières n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 2 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Poussan a délivré à la société Les Portes de l'Aubrac un permis d'aménager ni de la décision du 13 janvier 2022 par laquelle il a rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions tendant à l'allocation des dépens :
21. La présente instance n'ayant pas donné lieu à dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions de la société Les Portes de L'Aubrac tendant à ce que la société requérante supporte les dépens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Poussan et de la société Les Portes de L'Aubrac, qui ne sont pas dans la présente instance la partie perdante, quelque somme que ce soit au titre des frais exposés par la société Financière Prunières et non compris dans les dépens.
23. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Financière Prunières une somme de 1 000 euros à verser respectivement à la commune de Poussan et à la société Les Portes de L'Aubrac au titre des frais non compris dans les dépens exposés par elles.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Financière Prunières est rejetée.
Article 2 : La société Financière Prunières versera respectivement une somme de 1 000 euros à la commune de Poussan et à la société Les Portes de L'Aubrac au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Financière Prunières, à la commune de Poussan et à la société Les Portes de l'Aubrac.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Sophie Crampe, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
La rapporteure
S. Crampe La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 9 février 2023.
La greffière,
M. B
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026