jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201261 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président ENCONTRE |
| Avocat requérant | BADJI-OUALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 mars 2022, Mme A C, représentée par Me Badji-Ouali, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 novembre 2021 par laquelle par laquelle la commission de médiation de l'Hérault a rejeté sa demande de logement social présentée le 8 juillet 2021 dans le cadre des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
2°) d'enjoindre à la commission de médiation du département de l'Hérault, à titre principal, de reconnaître, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, le caractère prioritaire de sa demande de logement ou, à titre subsidiaire, de se prononcer à nouveau sur sa demande dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il appartient au préfet de l'Hérault d'établir la régularité de la composition de la commission de médiation ayant statué sur sa demande ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle sollicite l'attribution d'un logement depuis 2018 et se trouve donc dans l'attente d'une proposition de logement social dans le délai anormalement long ;
- la commission de médiation a commis une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'à sa situation de handicap s'ajoute l'insalubrité de son logement ;
- elle ne pouvait légalement lui opposer la circonstance que, locataire dans le parc social, sa demande relève d'une mutation à effectuer auprès de son bailleur social ;
- elle ne s'est pas livrée à un examen approfondi et individualisé du caractère urgent de sa demande au regard de la situation de handicap de son fils et de son époux et des ressources de son foyer, composées de prestations sociales, ne lui permettant pas de se reloger dans le parc locatif privé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 novembre 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une décision du 9 février 2012, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n° 2022-120 du 30 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Badji-Ouali, représentant Mme C.
- les observations de Mme B, représentant le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a saisi la commission de médiation de l'Hérault afin que sa demande d'hébergement soit reconnue prioritaire et urgente. La commission a rejeté sa demande par une décision du 9 novembre 2021 dont l'intéressée, par la présente requête, demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, le préfet de l'Hérault en défense justifie par les pièces qu'il produit de la régularité de la composition de la commission. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure ne peut qu'être écarté.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " II. La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article
L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement sur-occupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y'a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte des démarches précédemment effectuées. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social et qui se trouvent dans l'une des situations suivantes : -ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 () -être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ". Enfin, aux termes de l'article R. 822-25 du même code : " Le logement au titre duquel le droit à l'aide personnelle au logement est ouvert doit présenter une surface habitable globale au moins égale à neuf mètres carrés pour une personne seule, seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus. ".
4. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitat et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.
5. S'il est constant que Mme C n'a reçu aucune proposition de logement dans un délai anormalement long, il résulte de ce qui vient d'être exposé ci-dessus que la commission de médiation de l'Hérault pouvait, sans commettre d'erreur de droit, examiner la situation d'ensemble de la requérante au regard notamment des conditions dans lesquelles elle est logée.
6. Pour rejeter la demande de Mme C, la commission de médiation s'est fondée sur le fait que la requérante ne justifiait pas d'une urgence à voir sa situation reconnue comme prioritaire compte tenu de la surface du logement occupé, que si elle faisait état de désordres dans le logement, elle n'avait apporté, malgré une demande de pièces complémentaires, aucun élément récent attestant du caractère indécent du logement et démontrant les démarches préalables entreprises et que sa demande relevait d'une mutation auprès de son bailleur social.
7. En premier lieu, la décision attaquée énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
8. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la requérante, dont la situation de handicap a été prise en compte par la commission de médiation, occupe avec son époux et son fils un appartement de type T2 d'une surface habitable de 47 m², supérieure à la superficie minimale réglementaire pour accueillir trois personnes fixée à 25 m² par l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation et ne se trouve donc pas en situation de sur-occupation.
9. La requérante soutient qu'elle occupe un logement indécent en produisant des photographies non datées et un rapport du service communal d'hygiène et de sécurité de la ville de Montpellier, datant du 18 janvier 2017, qui conclut que si l'appartement n'est pas en situation de péril ou d'insalubrité, il présente toutefois des manquements au règlement sanitaire départemental de l'Hérault à corriger, en raison de l'absence d'orifice d'amenée d'air frais en partie basse et de traces de moisissures relevées dans la salle d'eau et la chambre. En dépit d'une demande de pièces complémentaires adressée le 11 octobre 2021 en raison de l'ancienneté de ce rapport, Mme C n'a fourni qu'un courrier adressé par son époux au bailleur social le 17 novembre 2016, sans ne produire aucun élément récent attestant du caractère insalubre ou indécent actuel du logement au sens du décret susvisé du 30 janvier 2002 ni d'éléments démontrant des démarches entreprises auprès du bailleur social depuis 2016. Dans ces conditions, la commission de médiation n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant, au regard des seules pièces produites à l'appui de sa demande, que Mme C ne justifiait pas du caractère insalubre de son logement.
10. Mme C soutient par ailleurs que la commission de médiation ne se serait pas livrée à un examen approfondi et personnalisé du caractère urgent de sa demande de logement et aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au motif qu'elle n'a pas mentionné la situation de handicap de son fils majeur et de son époux et le montant de leurs ressources, constituées de prestations sociales, ne leur permettant pas de trouver un logement dans le secteur locatif privé. Toutefois, la commission a retenu que Mme C était en situation de handicap et remplissait ainsi l'une des conditions pour que sa demande soit reconnue comme étant prioritaire et urgente mais que son logement ne présentait pas les caractéristiques mentionnées à l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation. En outre, si Mme C invoque les dispositions du dernier alinéa de cet article, elle ne produit aucun élément, notamment en termes d'inadaptation de son logement au handicap dont elle souffre et à ceux dont sont atteints son époux et son fils.
11. Enfin, si la requérante fait valoir, à juste titre, que la commission de médiation a commis une erreur de droit en indiquant en dernier lieu, dans sa décision, que sa demande relevait d'une demande de mutation auprès de son bailleur social, ce motif illégal ne saurait entraîner l'annulation de la décision contestée dès lors que la commission de médiation a procédé, au préalable, à l'examen de la situation de Mme C au regard de la législation sur le droit au logement opposable, afin d'apprécier si son logement présentait les caractéristiques mentionnées à l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation et n'a ainsi pas entendu l'exclure de ce dispositif au motif qu'elle était déjà locataire d'un logement social et qu'il ressort des pièces du dossier qu'elle aurait pris la même décision si elle n'avait pas retenu ce dernier motif.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 9 novembre 2021 refusant de reconnaître un caractère prioritaire et urgent à sa demande de logement social.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de Mme C n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas à l'instance la partie perdante, la somme réclamée sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
La magistrate désignée,
S. DLe greffier,
D.Lopez
La République mande et ordonne à au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 février 2023,
Le greffier,
D. Lopez0dl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026