vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201300 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | PIERSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée et régularisée les 15 et 25 mars 2022, Mme B A, représentée par Me Marc, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 octobre 2021 par laquelle le maire de la commune de Perpignan a accordé un permis de construire à la société par action simplifiée (SAS) VB Promotion pour la construction d'un bâtiment neuf en R + 2 comprenant 3 logements, ainsi que le refus opposé le 17 janvier 2022 à son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Perpignan la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'arrêté du 19 octobre 2021 :
- le dossier de déclaration préalable est entaché d'un vice de forme dès lors que la SAS VB Promotion, véritable pétitionnaire ou tout au moins co-demanderesse, n'est pas mentionnée ;
- le dossier de déclaration préalable, qui ne comprend pas d'éléments suffisants sur la description du terrain des abords et de l'alignement, est incomplet ;
- les dispositions du e de l'article 12 UB 1 du plan local d'urbanisme relatives au nombre de places de stationnement ont été méconnues ;
- les dispositions du plan local d'urbanisme quant à la dimension des garages et à l'espace de stationnement pour les deux-roues non motorisés ont été méconnues ;
- le maire de la commune de Perpignan, en n'exigeant pas du pétitionnaire le titre de propriété du mur de mitoyenneté que le voisin en limite séparative lui aurait donné l'autorisation afin d'y effectuer des travaux, a commis une erreur de droit ;
- elle est fondée à renvoyer, pour les autres moyens d'annulation, à son recours gracieux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2022, la commune de Perpignan, représentée par Me Pierson, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- la requête est également irrecevable dès lors que la requérante, par sa seule qualité de voisine immédiate, ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir contre les décisions contestées ;
- les moyens soulevés par référence à un recours gracieux, qui n'est pas joint, ne peuvent être regardés comme recevables ;
- au surplus, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2022, la SAS VB Promotion, représentée par Me Nèse, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable faute pour la requérante de justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
- au surplus, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public ;
- les observations de Me Leverd, substituant Me Marc, représentant Mme A.
- et les observations de Me Nèse représentant la SAS VB Promotion.
Considérant ce qui suit :
1. Par un dossier déposé le 29 juin 2021, la SAS VB Promotion a sollicité une autorisation en vue de la construction d'un bâtiment collectif en R+ 2 comportant 3 logements sur un terrain situé 56 rue du vélodrome. Par un arrêté du 19 octobre 2021, le maire de la commune de Perpignan a accordé le permis de construire sollicité. Le 11 décembre 2021, Mme A, voisine immédiate, a formé contre cette décision un recours gracieux qui a été rejeté le 17 janvier 2022. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de l'arrêté du 19 octobre 2021 et de la décision du 17 janvier 2022 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 19 octobre 2021 ;
2. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre () d'un permis de construire () court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () et pendant toute la durée du chantier. () Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1 de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis () ". Enfin, l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme prévoit que : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours ".
3. D'une part, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, le délai de recours à l'égard des tiers court à compter de l'affichage du permis sur le terrain dès lors que cette formalité a été accomplie de manière complète et régulière. En outre, s'il incombe au bénéficiaire d'un permis de construire de justifier qu'il a bien rempli les formalités d'affichage prescrites par les dispositions précitées, le juge doit toutefois apprécier la continuité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces qui figurent au dossier qui lui est soumis.
4. D'autre part, un recours gracieux présenté, dans le délai de recours contentieux, contre un permis de construire ne conserve ce délai que s'il a été notifié dans les formes requises par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.
5. Au regard du constat d'huissier, établi le 2 novembre 2021 et produit en défense, la commune de Perpignan établit l'affichage du permis de construire contesté à cette date dès lors que, selon ce document, l'affichage, sur un panneau rectangulaire disposé en bordure du terrain d'assiette du projet comportait l'ensemble des mentions réglementaires requises, notamment celles figurant à l'article A. 424-17 et à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, et était aisément visible et lisible depuis la voie publique. En outre, il ressort des pièces du dossier et notamment du premier constat et de ceux établis les 20 décembre, 31 décembre 2021 et 4 janvier 2022, que l'affichage a été réalisé sur une période continue de deux mois et qu'il a été ainsi de nature à déclencher le délai de recours contentieux des tiers à l'encontre de l'autorisation en litige, aucun élément de nature à contredire la continuité et la régularité n'étant, en outre, allégué. Enfin, si Mme A a formé un recours administratif le 2 décembre 2021, dans le délai de recours contentieux, elle n'a pas satisfait les conditions de notification de ce recours à la SAS VB Promotion, pétitionnaire, dans le délai requis par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme rappelées au point 2 et, invitée à régulariser sa requête, elle n'a produit, le 25 mars 2022, que les notifications du recours contentieux. Dans ces conditions, le recours administratif ainsi formé, faute d'avoir respecté ces modalités, n'a pas eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux. Il suit de là que la requête introduite par Mme A, le 15 mars 2022, contre l'arrêté du 19 octobre 2021 est tardive, ainsi que le relève, à juste titre, la commune de Perpignan, et par là même irrecevable.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre fin de non-recevoir, que les conclusions à fin d'annulation présentées contre le permis de construire accordé le 19 octobre 2021 doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision du 17 janvier 2022 :
7. En l'absence de moyen d'annulation présenté contre la décision rejetant son recours gracieux, les conclusions présentées par Mme A contre cette décision ne peuvent qu'être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Perpignan, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu, de mettre à la charge de la requérante les sommes que la commune de Perpignan et la SAS VB Promotion sollicitent sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Perpignan et la SAS VB Promotion en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la société par actions simplifiée VB Promotion et à la commune de Perpignan.
Délibéré à l'issue de l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La rapporteure,
D. Teuly-Desportes
La greffière,
C. Arce
La présidente,
S. Encontre
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 14 avril 2023,
La greffière,
C. Arce
N°2201300 lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026