mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201479 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mars 2022, le groupement foncier agricole (GFA) Les Salicornières, représenté par Me Maurel, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des impositions et des amendes d'un montant de 50 438,55 euros, pénalités comprises, selon avis à tiers détenteur n°267/2021, n°268/2021, n°269/2021 et n°270/2021 en date du 8 décembre 2021, à la suite du rejet par décision du 17 février 2022 du directeur départemental des finances publiques de son opposition ;
2°) de condamner l'Etat au paiement de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable au regard des dispositions des articles L. 281-1 et R. 281-1 et suivants du livre des procédures fiscales ;
- l'action en recouvrement est prescrite pour les créances antérieures au 23 juin de l'année 2017.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, l'association syndicale autorisée (ASA) du Raonel, l'ASA d'écoulement de la basse plaine de Narbonne et l'ASA de défense des berges de la rive droite de l'Aude, représentées par la SCP Lesage Berguet Gouard-Robert, concluent à leur mise hors de cause.
Elles soutiennent que l'Etat (direction départementale des finances publiques de l'Aude) est seul compétent pour défendre cette requête qui constitue une opposition à poursuites.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Aude conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable car tardive en application de l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales ;
- à titre subsidiaire la prescription n'est pas acquise compte tenu des nombreux actes de poursuites intervenues ;
- à titre infiniment subsidiaire le requérant ne fixe pas le montant des créances antérieures au 23 juin 2017 qui seraient prescrites.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le livre des procédures fiscales ;
- l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 ;
- le décret n° 2006-504 du 3 mai 2006 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la signification par l'huissier des finances publiques le 23 juin 2021 de plusieurs notifications de saisie administrative à tiers détenteur relatives à des créances détenues à son encontre par plusieurs associations syndicales autorisées ainsi que par la communauté d'agglomération du Grand Narbonne, le groupement foncier agricole (GFA) Les Salicornières a contesté, par demande du 21 juillet 2021 auprès du directeur départemental des finances publiques de l'Aude l'exigibilité des créances antérieures au 23 juin 2017. Son opposition à poursuites a été rejetée par courrier du directeur départemental des finances publiques du 21 septembre 2021. A la suite de la signification le 8 décembre 2021 de nouvelles notifications de saisies administratives à tiers détenteur relatives aux mêmes créances, le GFA Les Salicornières a envoyé au directeur départemental des finances publiques de l'Aude une nouvelle contestation portant sur l'exigibilité des sommes réclamées. Par décision du 17 février 2022 le directeur départemental des finances publiques a rejeté cette demande. Par la présente requête le GFA Les Salicornières demande au tribunal de prononcer la décharge des impositions et des amendes d'un montant de 50 438,55 euros, pénalités comprises, selon avis à tiers détenteur n°267/2021, n°268/2021, n°269/2021 et n°270/2021 en date du 8 décembre 2021, à la suite du rejet par décision du 17 février 2022 du directeur départemental des finances publiques de son opposition.
Sur la demande de mise hors de cause des associations syndicales autorisées :
2. Le présent litige est un contentieux du recouvrement, relatif à la prescription de l'action en recouvrement du comptable public. Il y a donc lieu, comme elles le demandent, de mettre hors de cause les ASA du Raonel, d'écoulement de la basse plaine de Narbonne et de défense des berges de la rive droite de l'Aude, ordonnateurs d'une partie des titres dont le recouvrement est en litige.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes de l'article 34 de l'ordonnance du 1er juillet 2004 : " Le recouvrement des créances de l'association syndicale s'effectue comme en matière de contributions directes. / L'action des comptables publics chargés de recouvrer les créances selon les modalités prévues par l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales se prescrit par quatre ans à compter de la prise en charge du titre de recettes. ". L'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales prévoit que : " () 3° L'action des comptables publics chargés de recouvrer les créances des régions, des départements, des communes et des établissements publics locaux se prescrit par quatre ans à compter de la prise en charge du titre de recettes. .() ". Aux termes de l'article 54 du décret du 3 mai 2006 : " () Le redevable qui n'a pas effectué le versement demandé à la date limite de paiement fixée par l'ordonnateur reçoit du comptable chargé du recouvrement une mise en demeure de payer avant notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. () L'action en recouvrement des comptables publics est interrompue par tous actes comportant reconnaissance par le débiteur de sa dette à l'égard de l'association et par tous actes interruptifs de la prescription dont les mises en demeure. ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Elles peuvent porter : () ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 ;(). ".
4. Le GFA Les Salicornières soutient que l'action en recouvrement du comptable est prescrite pour " les créances antérieures au 23 juin 2017 " au motif que " jamais aucun acte de poursuite, titre de paiement, de mise en recouvrement n'a été adressé au GFA pour des prétendues créances qui datent pour certaines de 2001 ". Le requérant n'assortit toutefois son moyen d'aucun élément et ne donne aucune précision sur le décompte de la prescription dont il entend se prévaloir au regard de la ou des dates de prise en charge des titres de recettes qui constituerait le point de départ d'une telle prescription, alors même qu'il ne conteste pas avoir reçu, annexé au rejet de sa première opposition par le directeur départemental des finances publiques un " bordereau détaillé de la dette du GFA et des actes de poursuite effectués sur chaque titre ". En outre il fait lui-même état, en contradiction avec sa demande, de la réception " d'avis à tiers détenteur " datés du 8 avril 2021 qui constituent des actes interruptifs de prescription. Par ailleurs, le GFA n'a pas contesté les nombreux éléments produits par le directeur départemental des finances publiques à l'appui de son mémoire en défense faisant état de nombreuses notifications par lettres recommandées non retirées par le groupement ainsi que la réalité des nombreuses saisies administratives à tiers détenteur réalisées en 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018. Le moyen tiré de la prescription d'une partie des créances en litige, pour un montant au demeurant non précisé par le requérant, ne peut donc qu'être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin de décharge présentées par le GFA Les Salicornières doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au GFA Les Salicornières la somme qu'il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les associations syndicales autorisées du Raonel, d'écoulement de la basse plaine de Narbonne et de défense des berges de la rive droite de l'Aude sont mises hors de cause.
Article 2 : La requête du groupement foncier agricole Les Salicornières est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au groupement foncier agricole Les Salicornières, au ministre délégué chargé des comptes publics et à la communauté d'agglomération du Grand Narbonne.
Copie en sera adressée, pour information, au directeur départemental des finances publiques de l'Aude, à l'association syndicale autorisée du Raonel, à l'association syndicale autorisée d'écoulement de la basse plaine de Narbonne et à l'association syndicale autorisée de défense des berges de la rive droite de l'Aude.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jérôme Charvin, président,
M. Hervé Verguet, premier conseiller,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.
La rapporteure,
M. Couégnat
Le président,
J. Charvin
La greffière,
L. Salsmann
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 13 juin 2023.
La greffière,
L. Salsmann
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026