LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2201524

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2201524

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2201524
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantMOULIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mars 2022, M. A B, représenté par

Me Moulin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault en date du 8 septembre 2021 portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;

2°) d'ordonner la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", et, à défaut, le réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir et, dans l'attente de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 440 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un défaut de motivation s'agissant notamment des circonstances exceptionnelles qui justifient la régularisation de son séjour ;

- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en s'abstenant de saisir la commission du titre de séjour alors qu'il établit avoir résidé habituellement en France depuis 10 ans ;

- la décision est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation car les circonstances développées dans le courrier joint à sa demande de titre de séjour ne sont pas développées ;

- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à l'ancienneté de son séjour et à ses attaches familiales sur le territoire.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 avril 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du

24 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,

- et les observations de Me Moulin, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 8 septembre 2021 le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, ressortissant marocain né en 1975. M. B demande l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, le préfet a développé les considérations de droit et de faits qui fondent sa décision. Si l'intéressé soutient que les éléments contenus dans la lettre jointe à sa demande de titre de séjour ne seraient pas développés, il n'établit pas avoir accompagné sa demande d'un tel document. En tout état de cause, le préfet a mentionné la date alléguée d'entrée en France de l'intéressé, sa situation familiale, marié et père de deux enfants, la détention d'une promesse d'embauche et il a écarté le caractère habituel et continu de sa résidence sur le territoire français compte tenu de la détention d'un titre de séjour espagnol. Si le préfet n'a pas mentionné la circonstance que son épouse, ressortissante marocaine, bénéficie de titres de séjour régulièrement renouvelés, que ses deux enfants sont nés sur le territoire et qu'il a dû faire face en 2019 à la perte d'un enfant mort-né, il n'était pas tenu de relever l'ensemble des circonstances propres à la situation personnelle de l'intéressé mais uniquement celles qui fondent utilement le sens de sa décision. Enfin, alors même que la circulaire du 28 novembre 2012, relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, se borne à énoncer des orientations générales destinées à éclairer les préfets dans l'exercice de leur pouvoir de régularisation des étrangers et qu'elle est donc dépourvue de caractère réglementaire et ne comporte pas de lignes directrices dont les administrés pourraient se prévaloir, le fait que le préfet ne l'ai pas visée n'entache pas décision d'une irrégularité. Dans ces conditions, le préfet a suffisamment motivé sa décision et notamment les raisons pour lesquelles il a estimé qu'il n'y avait pas lieu de régulariser le séjour de M. B. Les moyens tirés du défaut de motivation ainsi que celui tiré du défaut d'examen complet de la situation du requérant doivent être écartés.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".

4. Si M. B allègue être entré en France pour la dernière fois en novembre 2009, il ne n'établit pas. Par ailleurs, s'il soutient résider habituellement sur le territoire français depuis 2008, il ne conteste pas être titulaire, depuis 2006, de titres de résident permanent en Espagne. S'il est établi qu'il a procédé en février 2011 à l'immatriculation en France d'une société de vente ambulante de vêtements, la déclaration préalable de son activité ainsi que le procès-verbal de nomination du gérant, établi en janvier 2011, font état d'une résidence en Espagne. Par ailleurs, si un compte professionnel a été ouvert en janvier 2011 au bénéfice de cette société, avant d'être clôturé dès février 2011, et si une assurance professionnelle a été contractée à compter de juin 2011, ces circonstances ne permettent pas d'établir la présence en France de

M. B alors qu'au demeurant, la société qu'il a créée comprend un co-gérant résidant sur le territoire et qu'aucune précision n'est apportée quant aux conditions d'exercice ou de rentabilité de cette activité. Egalement, la production d'un devis pour assurer un appartement ne permet pas d'établir que M. B était alors locataire d'un appartement. Pour des motifs similaires à ceux-ci-dessus développés, la production d'une attestation d'assurance professionnelle pour l'année 2012 ne permet pas d'établir la présence de l'intéressé sur le territoire. Pour l'année 2013, le requérant ne produit que des ordonnances médicales datées de janvier, février, juillet et octobre qui ne suffisent pas à établir la permanence de son séjour. Pour l'année 2014, seules sont transmises une ordonnance médicale datée de mars et une attestation d'assurance professionnelle pour une période comprise entre juin et septembre. Dès lors, il résulte de l'étude des éléments versés au débat que M. B n'établit pas qu'il réside de façon habituelle et continue sur le territoire français depuis plus de dix ans. Le préfet n'a donc pas méconnu les dispositions précitées en s'abstenant de recueillir l'avis de la commission du titre de séjour.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est marié en octobre 2015 avec une compatriote avec laquelle il a eu deux enfants nés en juin 2016 et novembre 2020 sur le territoire français. Par ailleurs, la femme de M. B réside régulièrement sur le territoire français, sous couvert d'un titre de séjour pluriannuel, et exerce plusieurs emplois d'agent de service à temps partiel sous couvert de contrats à durée indéterminée. Toutefois, il n'est ni établi ni allégué que son épouse ne pourrait pas rejoindre le Maroc. Dès lors, la cellule familiale peut se reconstituer au Maroc, pays dont sont originaires les intéressés, où ils se sont mariés et où résident la mère et la fratrie du requérant. En outre, si M. B fait valoir une promesse d'embauche pour un poste d'employé polyvalent, ni celle-ci, ni la création d'une entreprise dont les conditions d'activité ne sont pas précisées, ne permettent d'établir l'intégration sociale ou professionnelle du requérant sur le territoire. Dans ces conditions, à supposer même que

M. B réside habituellement sur le territoire français depuis son mariage avec son épouse, il n'établit pas avoir transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. En conséquence, c'est sans méconnaître les dispositions et stipulations précitées que le préfet a pu refuser de délivrer un titre de séjour à M. B. Pour les mêmes motifs, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle et familiale du requérant.

7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B à l'encontre de l'arrêté du préfet refusant de lui délivrer un titre de séjour. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais du litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B, au préfet de l'Hérault et à

Me Moulin.

Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Eric Souteyrand, président,

Mme Adrienne Bayada, première conseillère,

Mme Audrey Lesimple, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

La rapporteure,

A. Lesimple Le président,

E. Souteyrand

La greffière,

M-A. Barthélémy

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 28 septembre 2023.

La greffière,

M-A. Barthélémy

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions