jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président ENCONTRE |
| Avocat requérant | RAYNAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 28 mars 2022 et 12 avril suivant, M. A B, représenté par Me Raynal, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 janvier 2022 par laquelle la commission de médiation de l'Hérault a rejeté sa demande de logement social présentée le 29 septembre 2021 dans le cadre des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
2°) d'enjoindre à la commission de médiation de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande et de définir l'offre de logement à lui proposer compte tenu de ses besoins et de ses capacités, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il est dépourvu de logement, après avoir été hébergé chez un particulier, et sollicite vainement un logement depuis 2015 ; il remplit ainsi les conditions pour que sa demande soit reconnue prioritaire et urgente ;
- la capacité à occuper un logement de manière autonome n'est pas au nombre des critères limitativement énumérés par les dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
- le montant du loyer du logement meublé qu'il loue à La Grande-Motte, de 450 euros, excède ses capacités financières et sa situation est précaire car le bail n'est conclu que pour une durée d'un an.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juillet 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondés.
Par une décision du 5 avril 2022, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Mme C, représentant le préfet de l'Hérault.
Une note en délibéré, présentée pour M. B a été enregistrée le 8 février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a saisi la commission de médiation du département de l'Hérault afin que sa demande de logement social soit reconnue comme prioritaire et urgente. La commission a rejeté sa demande par une décision du 11 janvier 2022 dont M. B, par la présente requête, demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " II. La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement sur-occupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte des démarches précédemment effectuées. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social et qui se trouvent dans l'une des situations suivantes : - être dépourvues de logement () /- ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 () La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article L. 441-1-4-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.
4. Pour refuser de reconnaître M. B comme prioritaire et devant être logé en urgence, la commission de médiation a retenu que, malgré l'envoi d'un courrier de demande de pièces complémentaires, le requérant n'avait apporté aucun élément, d'une part, pour permettre d'apprécier la précarité de ses conditions de vie et l'urgence qu'il y aurait à lui attribuer un logement et, d'autre part, pour vérifier son parcours résidentiel, ses démarches de recherche d'un logement ou d'hébergement et sa capacité à occuper un logement de manière autonome.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a présenté sa demande initiale de logement social le 19 mars 2015 qu'il a renouvelée en dernier lieu le 18 août 2021. Il était donc en attente d'un logement social depuis plus de 36 mois le 29 septembre 2021, lorsqu'il a saisi la commission de médiation d'un recours amiable en indiquant qu'il était dépourvu de logement puis en produisant, le 23 novembre 2021, une attestation d'élection de domicile auprès du centre communal d'action sociale de la commune du Pouget établie le 25 octobre 2021. Si en réponse au courrier de demande de pièces complémentaires qui lui a été adressé le 23 décembre 2021, M. B a produit, le 2 janvier 2022, une attestation de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault relative à l'allocation aux adultes handicapés qu'il perçoit, il ne justifie pas en revanche avoir produit tout document attestant de sa situation, tel un reçu de camping ou d'hôtel ou encore une attestation d'un travailleur social ou d'une association, afin de permettre à la commission de médiation d'apprécier la précarité de ses conditions de vie et l'urgence à lui attribuer un logement, alors qu'il ressort des pièces du dossier que, le 25 novembre 2021, soit antérieurement à sa réponse du 2 janvier 2022, le requérant avait signé un bail d'une durée d'un an pour un logement meublé de type studio de 20 m² à la Grande-Motte. Ainsi et alors même que M. B était en attente d'un logement social depuis plus de 36 mois, la commission de médiation, au vu des seules informations dont elle disposait sur la situation du requérant à la date à laquelle elle s'est prononcée, a, à bon droit, refusé de reconnaître sa demande de logement comme prioritaire et urgente en raison du caractère incomplet de son dossier.
6. Si, dans ses écritures, M. B soutient que la commission de médiation aurait commis une erreur de droit en ce que sa capacité à occuper un logement de manière autonome n'est pas au nombre des critères prévus par la législation et la réglementation du droit au logement opposable, ce motif ne saurait entacher d'illégalité la décision attaquée dès lors que la prise en compte d'une telle considération s'inscrit dans le cadre de l'examen global de la situation du demandeur par la commission de médiation, en vue d'identifier la solution de logement ou d'hébergement la plus adaptée. Par ailleurs, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de l'inadéquation du montant de son loyer à ses moyens financiers dès lors qu'il a signé le contrat de location le 25 novembre 2021 en connaissance de cause, sans au demeurant en informer la commission de médiation, et qu'il ne justifie pas avoir vainement rechercher un logement avec un loyer mieux adapté à sa capacité financière.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 11 janvier 2022 par laquelle la commission de médiation de l'Hérault a rejeté sa demande de logement social présentée dans le cadre des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. B, n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que celles de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas à l'instance la partie perdante, la somme réclamée sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement et à Me Raynal.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
La magistrate désignée,
S. DLe greffier,
D. Lopez
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 février 2023,
Le greffier,
D. Lopez 0dl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026