jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201617 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président ENCONTRE |
| Avocat requérant | SCP LINCETTO - COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 30 mars, 31 mai et 20 décembre 2022, M. C A, représenté par la SCP Lincetto-Cohen, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de médiation de l'Hérault a rejeté sa demande de logement social présentée le 27 octobre 2021 dans le cadre des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
2°) d'enjoindre à la commission de médiation de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- il devra être justifié de la compétence du signataire du courrier du 28 février 2022 ;
- la mention des voies et délais de recours est incomplète ;
- la décision implicite de rejet est dépourvue de motivation ;
- le rejet de sa demande de logement social est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il vit avec son épouse et leurs quatre enfants dans un logement qui ne dispose que de deux chambres, que sa situation financière ne lui permet pas de trouver un logement adapté à sa composition familiale dans le secteur locatif privé et que son appartement est empreint d'humidité, avec des développements de moisissures, ce qui affecte directement sa santé et celle de l'un de ses enfants ;
- elle est entachée d'une erreur de fait au regard des éléments qu'il a produits.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une décision du 11 mai 2022, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n° 2022-120 du 30 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Mme B, représentant le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a saisi la commission de médiation du département de l'Hérault afin que sa demande de logement social soit reconnue comme prioritaire et urgente. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision, explicite, du 8 mars 2022 par laquelle la commission de médiation a rejeté son recours amiable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par lettre du 28 février 2022, le secrétariat de la commission de médiation a informé M. A de la reprise de l'instruction de sa demande de logement social, qui serait implicitement rejetée en l'absence de décision explicite se prononçant sur son recours amiable avant le 9 mars suivant. Un tel courrier, qui se borne à accuser réception des pièces obligatoires demandées par un courrier du 4 février 2022, tout en précisant la date à laquelle pourrait éventuellement naître une décision implicite de rejet, ne constitue qu'une mesure préparatoire qui ne fait pas grief au requérant. Par suite, M. A n'est pas fondé à invoquer un vice de procédure dont serait entachée la décision attaquée du fait de l'irrégularité de ce courrier. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de ce courrier informatif ne peuvent qu'être rejetées.
3. En deuxième lieu, la circonstance que les voies et délais de recours n'auraient pas été portés à la connaissance de M. A reste sans incidence sur la légalité de la décision contestée.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " 3. II. La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement sur-occupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte des démarches précédemment effectuées. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social et qui se trouvent dans l'une des situations suivantes : - être dépourvues de logement () /- - être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. () ; - avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant l'expulsion du logement ; - être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois () ; - être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret () ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 () () La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus.". Enfin, aux termes de l'article R. 822-25 du même code : " Le logement au titre duquel le droit à l'aide personnelle au logement est ouvert doit présenter une surface habitable globale au moins égale à neuf mètres carrés pour une personne seule, seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus. ".
5. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article L. 441-1-4-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.
6. Pour refuser de reconnaître M. A comme prioritaire et devant être logé en urgence, la commission, après avoir relevé qu'il indique que son logement est inadapté à son handicap, qu'il est empreint de traces d'humidité, que sa superficie est insuffisante pour accueillir sa cellule familiale et sa mère qu'il héberge, avec un loyer excédant ses capacités financières, a retenu que M. A était locataire d'un logement social de type T5 de 106 m² sur la commune de Nantes, qu'il avait quitté sans préciser le motif de sa décision, pour prendre à bail le logement en cause alors même qu'il était inadapté à ses besoins, et qu'il apparaissait ainsi que la situation d'urgence décrite par l'intéressé était de son fait.
7. D'une part, la décision du 8 mars 2022 notifiée au requérant énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.
8. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, notamment des clichés photographiques produits, que M. A ne pouvait manifestement pas ignorer, au moment de l'établissement de l'état des lieux d'entrée dans l'appartement qu'il a décidé d'occuper, avec sa famille, à Perpignan, les signes d'indécence que présentait le logement pour lequel il a conclu un contrat de location le 13 août 2021, alors qu'il bénéficiait d'un logement social à Nantes correspondant aux besoins de sa famille, qu'il a au demeurant fait le choix de quitter sans faire état d'un quelconque motif susceptible de justifier une telle décision. Dans ces conditions, la commission de médiation a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, considérer que M. A s'était lui-même placé dans la situation d'urgence qu'il invoquait pour être relogé sans délai.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 8 mars 2022 par laquelle la commission de médiation de l'Hérault a refusé de reconnaître un caractère prioritaire et urgent à sa demande de logement social.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. La présente décision, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par M. A, partie perdante, sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement et à la SCP Lincetto-Cohen.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
La magistrate désignée,
S. DLe greffier,
D. Lopez
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 février 2023,
Le greffier,
D. Lopez 0dl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026