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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2201737

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2201737

jeudi 16 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2201737
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSCI RICARD BENDEL-VASSEUR GHNASSIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires enregistrés le 6 avril 2022, le 16 août 2023 et le 7 septembre 2023, la SCEA Les Pinèdes de Saint Martin, représentée par la SCP Richar, Bendel-Vasseur, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) du 4 novembre 2021 rejetant la demande d'aide à la restructuration et à la reconversion du vignoble en application de l'OCM vitivinicole pour le programme d'aide national 2019-2023 pour la campagne 2019-2020, ensemble la décision expresse de rejet de FranceAgriMer du 17 février 2022 rejetant le recours gracieux du 29 décembre 2021 formé contre la décision du 4 novembre 2021 ;

2°) de mettre à la charge de FranceAgriMer une somme de 6 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- FranceAgriMer a commis une erreur de fait et une erreur d'appréciation en estimant que la parcelle A76 n'avait pas été plantée de vignes et qu'elle n'ouvrait pas de droits de plantation ;

- cette appréciation est également entachée d'une erreur de droit au vu des informations contenues dans le casier viticole informatisé ;

- le rejet total de la demande de paiement est disproportionné au regard de la superficie de la parcelle rejetée par rapport à la superficie des parcelles concernées par la demande d'aide à la restructuration ;

- FranceAgriMer a méconnu les principes du droit de la défense et du contradictoire car les conclusions des contrôles opérés, portant sur la parcelle A76, ne lui ont pas été communiquées préalablement à la notification des décisions en litige.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 13 juillet 2023 et le 24 août 2023, l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la SCEA Les Pinèdes de Saint Martin ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relatif au financement, à la gestion et au suivi de la politique agricole commune et abrogeant les règlements (CEE) n° 352/78, (CE) n° 165/94, (CE) n° 2799/98, (CE) n° 814/2000, (CE) n° 1200/2005 et n° 485/2008 du Conseil ;

- le règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles et abrogeant les règlements (CEE) n° 922/72, (CEE) n° 234/79, (CE) n° 1037/2001 et (CE) n° 1234/2007 du Conseil ;

- le règlement délégué (UE) n° 2016/1149 de la commission du 15 avril 2016 complétant le règlement (UE) n° 1308/2013 ;

- le règlement d'exécution (UE) n° 2016/1150 de la commission du 15 avril 2016 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 1308/2013 ;

- la décision INTV-GPASV-2019-21 du 6 septembre 2019 de la directrice générale de FranceAgriMer ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,

- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SCEA Les Pinèdes de Saint Martin est exploitante d'un domaine viticole sur les communes de Leuc et Couffoulens. Au cours de l'année 2014, la SCEA a établi une déclaration d'arrachage portant notamment sur les vignes plantées sur la parcelle cadastrée A76 sur la commune de Leuc, d'une surface de 19 ares. Pour la campagne 2015/2016, elle a déposé auprès des services de FranceAgriMer un dossier d'aide à la restructuration incluant notamment la plantation de la parcelle A76 avec des vignes d'un cépage distinct. Au cours de l'année 2018, la SCEA a établi une nouvelle déclaration d'arrachage de vignes, incluant notamment la parcelle A76, et a motivé cette démarche par les dégâts causés par les inondations alors subies. Pour la campagne 2019/2020, elle a déposé auprès de FranceAgriMer un nouveau dossier d'aide à la restructuration portant sur deux ensembles parcellaires, d'une superficie de près de 7 hectares, situés sur la commune de Couffoulens. Par courrier du 4 novembre 2021, FranceAgriMer a informé la société requérante du refus de sa demande d'aide compte tenu de la mobilisation indue de droits issus de la parcelle cadastrée A 76, dans la mesure où celle-ci n'était pas plantée de vignes. Par courrier du 17 février 2022, FranceAgriMer a rejeté le recours gracieux présenté par l'intéressée. La SCEA Les Pinèdes de Saint Martin demande l'annulation de ces deux décisions.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 42 du règlement (UE) n° 2016/1150, portant sur les contrôles relatifs aux opérations de restructuration des vignobles : " 1. Afin de vérifier le respect des dispositions relatives à l'aide aux opérations de restructuration et de reconversion des vignobles prévue à l'article 46 du règlement (UE) n° 1308/2013, les États membres font usage du casier viticole () 2. Le contrôle destiné à vérifier que l'arrachage, en tant qu'action de restructuration et de reconversion du vignoble, a effectivement eu lieu prend la forme d'un contrôle sur place. Cette vérification peut être effectuée par télédétection lorsque l'arrachage porte sur la totalité d'une parcelle de vigne ou que la résolution du système de télédétection est égale ou supérieure à 1 m². 3. Les superficies donnant lieu au versement d'une aide pour les opérations de restructuration et de reconversion des vignobles font l'objet d'un contrôle systématique avant et après l'exécution des opérations. Les parcelles contrôlées sont celles pour lesquelles une demande d'aide a été présentée. La vérification effectuée avant les opérations comporte également une vérification de l'existence du vignoble concerné, de la superficie plantée en vigne déterminée conformément à l'article 44 du présent règlement et de l'exclusion du remplacement normal des vignobles, tel que prévu à l'article 46, paragraphe 3, deuxième alinéa, du règlement (UE) n° 1308/2013. La vérification visée au deuxième alinéa prend la forme d'un contrôle sur place. Toutefois, si l'État membre dispose d'un outil graphique ou d'un instrument équivalent permettant de mesurer la superficie plantée conformément à l'article 44 du présent règlement dans le casier viticole informatisé, ainsi que d'informations fiables et actualisées quant aux variétés à raisins de cuve plantées, la vérification peut être effectuée par des contrôles administratifs et, par conséquent, l'obligation d'effectuer un contrôle sur place avant l'exécution des opérations peut être limitée () ".

3. L'article 11 de la décision INTV-GPASV-2019-21 du 6 septembre 2019 de la directrice générale de FranceAgriMer, applicable à la campagne d'espèce et relatif aux contrôles administratifs et sur place prévoit notamment : " Outre le mesurage des superficies, [les services de FranceAgriMer] vérifient les caractéristiques des parcelles à arracher et des parcelles après restructuration au moyen notamment des données du casier viticole informatisé () Les contrôles sur place permettent notamment d'établir : - la superficie arrachée ouvrant droit à une aide à la restructuration comportant une indemnisation pour les coûts d'arrachage et les pertes de recette, - la superficie après restructuration ouvrant droit à l'aide, - le respect des critères et conditions définis par la réglementation, - le montant d'aide correspondant. Les contrôles sur place sont réalisés avec déplacement sur le terrain, ou sur image, conformément à l'article 42 du règlement d'exécution (UE) n°2016/1150 ".

4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 665-4 du code rural et de la pêche maritime : " Les agents de l'administration des douanes et droits indirects sont habilités à contrôler le respect des dispositions nationales et du droit de l'Union européenne applicables aux régimes de plantation, aux déclarations portant sur les informations relatives aux caractéristiques des parcelles viticoles, aux déclarations de plantations, d'arrachage de vignes et de surgreffage, à la plantation de vignes mères de greffons et à l'élimination des sous-produits de la vinification par les producteurs, dans les conditions prévues aux articles L. 26, L. 27 et L. 34 du livre des procédures fiscales. Ils peuvent intervenir dans les surfaces viticoles afin de procéder : -au contrôle de la régularité des mentions portées sur les déclarations réglementaires qui doivent être établies lors de la création ou de la modification du parcellaire d'une exploitation ; -au contrôle du respect de la gestion du potentiel vitivinicole prévu par la réglementation du droit de l'Union européenne. Les agents de l'administration des douanes et droits indirects ont accès aux surfaces viticoles pendant les intervalles de temps fixés aux articles L. 27 et L. 34 du livre des procédures fiscales ". L'article D. 665-11 de ce même code prévoit par ailleurs que : " Toute opération d'arrachage, de plantation, de replantation ou de surgreffage de vignes doit être déclarée auprès des services de la direction générale des douanes et droits indirects au plus tard un mois après la réalisation des travaux. La déclaration de plantation ou de replantation doit être complétée par la fourniture d'un document attestant la livraison des plants de vigne, délivré par le pépiniériste ".

5. Enfin, il résulte des dispositions de l'arrêté du 4 avril 2005 relatif à un système automatisé portant organisation du casier viticole informatisé en France que le casier viticole informatisé constitue une base de données, dont la constitution, la mise à jour, la gestion et la maintenance incombe principalement à la direction générale des douanes et droits indirects.

6. Il ressort des pièces du dossier que pour estimer que la parcelle A 76 n'a pas été plantée de vignes au cours de la campagne 2015/2016, FranceAgriMer se fonde sur un rapport de contrôle sur place réalisé le 30 septembre 2016 qui conclut, s'agissant de l'îlot de parcelles intégrant ladite parcelle, à une superficie plantée inférieure à la superficie déclarée. Un document interne relatif à cette demande de restructuration précise qu'aucune réalisation n'était visible sur cette parcelle à l'occasion du contrôle sur place. Par ailleurs, FranceAgriMer a estimé, à la suite d'un contrôle sur écran réalisé le 6 novembre 2018, que la surface de vigne réellement arrachée cette année-là était inférieure à la surface déclarée. Le contrôle précise alors que la parcelle A76 n'est pas plantée de vignes.

7. D'une part, pour contester les décisions en litige la requérante se prévaut des informations contenues dans son casier viticole informatisé qui mentionnaient, tant en 2015 qu'en 2020, l'existence de droits de plantation issus de l'arrachage des vignes de la parcelle A 76. Toutefois, ces seules mentions, qui résultent des déclarations d'arrachage faites par la société et dont il n'est pas établi qu'elles auraient fait l'objet d'un contrôle sur place par la direction générale des douanes et droits indirects, pouvaient régulièrement être remises en cause par les contrôles opérés par FranceAgriMer sur le fondement des dispositions citées aux point 2 et 3 du présent jugement. Dès lors, le fait que les conclusions des contrôles opérés par FranceAgriMer remettent en cause les mentions du casier viticole informatisé n'est pas de nature à caractériser une erreur de droit.

8. D'autre part, si la requérante produit une estimation de dégâts, réalisée le 30 octobre 2018 par un expert agricole, les mentions de celle-ci, englobant les parcelles cadastrées A 75, 76 et 72 sur la commune de Leuc ne permettent pas de conclure que la parcelle A 76 aurait été plantée de vignes. En revanche, les photographies aériennes datées de 2012, 2015 et 2018, versées aux débats, permettent de constater que la parcelle en litige est plantée d'arbres et si la requérante soutient que l'ombre portée par ces arbres ne permet pas de constater la présence de vignes, elle n'apporte aucun élément probant au soutien de ses allégations. En outre, si les résultats du contrôle automatique opéré par le logiciel de déclaration d'opération de restructuration de FranceAgriMer n'a pas relevé d'anomalie de sorte que la mention " OK " a été portée en marge de la demande de la société requérante, celle-ci a uniquement pour objet de confirmer la cohérence de la demande formulée mais ne préjuge pas du versement de l'aide en litige à la suite des contrôles administratifs et sur place réalisés par cet organisme. Dans ces conditions, en se bornant à contester la fiabilité de l'outil de télédétection utilisé par FranceAgriMer, la requérante n'établit pas que la décision prise à son encontre serait entachée d'une erreur de fait ou d'une erreur d'appréciation.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 14 de la décision INTV-GPASV-2019-21 du 6 septembre 2019 de la directrice générale de FranceAgriMer : " Toute divergence constatée entre les informations déclarées et celles constatées lors d'un contrôle sur place sera communiquée au demandeur par FranceAgriMer avant décision d'application d'une réduction ou d'une exclusion basée sur ces constats ". L'article 11 de cette même décision précise que les contrôles sur place sont ceux qui " sont réalisés avec déplacement sur le terrain, ou sur image ".

10. Si le compte-rendu du contrôle sur place opéré par FranceAgriMer le 30 septembre 2016 ne mentionne pas expressément l'absence de plantation de vignes sur la parcelle cadastrée A 76, il est fait état d'une surface plantée inférieure à celle déclarée et la SCEA Les Pinèdes de Saint Martin ne conteste pas avoir signé ce document sans apporter d'observation ou demander d'informations complémentaires. S'agissant du contrôle sur image réalisé le 6 novembre 2018, celui-ci permet clairement de constater que la superficie arrachée correspond à celle des parcelles cadastrées A 75 et 78. FranceAgriMer produit un courriel de notification adressé à la requérante le 18 février 2019. Si celle-ci soutient ne pas avoir reçu ce courriel, l'adresse du destinataire correspond à celle renseignée par la société requérante dans ses dossiers de demande d'aide et aucun élément ne vient remettre en cause les déclarations de FranceAgriMer quant à l'envoi de ce courriel. Par ailleurs, si la société requérante soutient qu'il n'est pas établi que les pièces jointes à ce courrier correspondraient aux résultats du contrôle opéré, le sujet de ce courriel, le corps du message envoyé ainsi que la dénomination des pièces jointes ne permettent pas de douter du contenu des informations envoyées. Dès lors, il résulte de l'instruction que la société requérante a eu connaissance des réserves de FranceAgriMer quant à l'existence de droits issus de la parcelle A76 et le moyen tiré du défaut de contradictoire doit être écarté.

11. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article 2 de la décision INTV-GPASV-2019-21 du 6 septembre 2019 de la directrice générale de FranceAgriMer : " aucune aide n'est accordée si, à la date limite de dépôt de la demande d'aide, le bénéficiaire est concerné par les dispositions relatives () aux plantations non autorisées visées à l'article 71 du règlement (UE) n° 1308/2013 ". L'article 71 ainsi visé prévoit : " 1. Les producteurs arrachent à leurs frais les superficies plantées de vignes sans autorisation. () 5. Les superficies plantées en vigne sans autorisation ne bénéficient d'aucune mesure de soutien nationale ou de l'Union ". Par ailleurs, l'article 50 du règlement (UE) 2016/1149 du 15 avril 2016 complétant le règlement (UE) n° 1308/2013 stipule que : " aucune aide n'est accordée aux producteurs possédant des plantations illégales et des superficies plantées en vignes sans autorisation, visées () à l'article 71 du règlement (UE) n° 1308/2013 ".

12. D'autre part, il ressort de l'article 14 de la décision INTV-GPASV-2019-21 du 6 septembre 2019 de la directrice générale de FranceAgriMer que le refus ou le retrait de l'aide peut être prononcé en cas de fausse déclaration ou de sous-réalisation importante d'une opération déclarée. Dans ce cas, l'article 15 de cette décision prévoit qu'en cas d'avance indûment perçue, le bénéficiaire doit la reverser avec application d'un taux de majoration de 5%.

13. Enfin, lorsque l'autorité compétente constate la méconnaissance d'une condition à laquelle l'octroi d'une subvention a été subordonnée, il lui appartient, sans préjudice des mesures qui s'imposent en cas de constat d'une irrégularité au regard du droit de l'Union européenne, d'apprécier les conséquences à en tirer, de manière proportionnée eu égard à la teneur de cette méconnaissance, sur la réduction ou le retrait de la subvention en cause.

14. Il résulte de l'instruction qu'à la date limite de dépôt de la demande d'aide, la SCEA Les Pinèdes de Saint Martin ne possédait pas de vignes illégalement plantées et n'était donc pas concernée par les dispositions de l'article 71 du règlement (UE) n° 1308/2013. En effet, si FranceAgriMer lui oppose l'utilisation indue de droits d'arrachage issus de la parcelle cadastrée A76, cette parcelle, alors non plantée, ne constituait donc pas une parcelle plantée de vignes sans autorisation au sens des dispositions précitées et la société requérante avait bien présenté une demande d'autorisation de plantation afin d'utiliser les droits dont elle estimait disposer. Dans ces conditions, si FranceAgriMer pouvait régulièrement procéder à une révision du montant d'aide alloué, compte tenu de l'exclusion de droits de plantation pour une superficie de 19 ares, l'établissement public ne pouvait régulièrement, sur le fondement des dispositions précitées, rejeter la demande d'aide portant sur près de 7 hectares. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que la décision prise par FranceAgriMer, qui exclut son éligibilité à l'aide demandée et lui impose un reversement de l'aide majorée de 5% est disproportionnée au regard de l'irrégularité qui lui est reprochée.

15. En conséquence, il y a lieu d'annuler les décisions de FranceAgriMer du 4 novembre 2021 et du 17 février 2022 qui ont rejeté la demande d'aide à la restructuration et à la reconversion du vignoble de la SCEA Les Pinèdes de Saint Martin au titre de la campagne 2019-2020 et prévu un reversement de l'avance perçue majorée de 5%.

Sur les frais du litige :

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de FranceAgriMer une somme de 1 500 euros à verser à la SCEA Les Pinèdes de Saint Martin au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : les décisions de FranceAgriMer du 4 novembre 2021 et du 17 février 2022 qui ont rejeté la demande d'aide à la restructuration et à la reconversion du vignoble de la SCEA Les Pinèdes de Saint Martin au titre de la campagne 2019-2020 et prévu un reversement de l'avance perçue majorée de 5% sont annulées.

Article 2 : FranceAgriMer versera une somme de 1 500 euros à la SCEA Les Pinèdes de Saint Martin sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à la SCEA Les Pinèdes de Saint Martin et à l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer.

Délibéré après l'audience du 2 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Eric Souteyrand, président,

Mme Adrienne Bayada, première conseillère,

Mme Audrey Lesimple, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.

La rapporteure,

A. Lesimple Le président,

E. Souteyrand

La greffière,

M-A. Barthélémy

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 16 novembre 2023.

La greffière,

M-A. Barthélémy

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