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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2201901

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2201901

jeudi 26 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2201901
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP BEDEL DE BUZAREINGUES - BOILLOT - BLAZY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois mémoires complémentaires, enregistrés les 14 avril, 23 août, 7 octobre et 27 décembre 2022, M. A et Mme D C, représentés par Me Lucas, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2022 par lequel le maire de la commune de Mauguio a délivré à la SAS Bonaque un permis de construire pour la réalisation d'un bâtiment comprenant quatre logements sur un terrain situé au 182 avenue du 8 mai 1945 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Mauguio une somme de 2 400 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur recours est recevable dès lors qu'ils ont intérêt à agir contre ce projet dont ils sont les voisins immédiats ; le projet est implanté en limite séparative de leur propriété avec la réalisation d'un toit terrasse accessible ;

- l'arrêté est entaché d'une incomplétude du dossier ; il manque le document sur la prise en compte des exigences de performance énergétique en méconnaissance de l'article R 431-16 du code de l'urbanisme ; aucun plan de division de la parcelle CL247 en méconnaissance de l'article R 431-24 code de l'urbanisme ; le plan PC1 ne correspond pas au plan de masse PC2 qui intègre dans la parcelle CL 247B une bande de terrain appartenant à la parcelle CL 247 A ; cette insuffisance n'a pas permis au service instructeur de s'assurer d'une largeur suffisante pour le passage des véhicules de quatre logements sur toute la longueur de la desserte ;

- il méconnait l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme dès lors que ni le cerfa ni la notice descriptive ne font état de la démolition pourtant indispensable à la réalisation du projet ;

- il méconnait l'article 3 des conditions générales du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet inférieur à 300m² de surface de plancher, ne présente pas une largeur de 4 mètres sur toute sa longueur ;

- il méconnait les règles d'implantation fixées à l'article UD7 dès lors que la construction n'entre pas dans le champ de la dérogation possible à la règle H/2 ;

- il méconnait l'article 11 des dispositions générales du plan local d'urbanisme et l'article R 111-27 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article 12 relatif au nombre de stationnements dès lors que cinq places de stationnement étaient nécessaires ; le placement de deux de ces 5 places ne peut être vérifié ;

- il méconnait l'article UD 13 relatif aux espaces libres et plantations ; les superficies à prendre en compte sont basées sur la surface totale du terrain d'assiette de l'opération ; ainsi avec une superficie déclarée de 545 m² le projet aurait dû comprendre 218 m² d'espaces verts et 272,50m² d'espace libre alors qu'il n'en comprend que 153,40 m² ;

- les calculs relatifs à l'imperméabilisation et eaux pluviales sont erronés ;

- en outre, ils abandonnent les moyens tirés de la méconnaissance de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme, de la méconnaissance du défaut de deux places de stationnement ;

- en outre, le projet méconnait la règle de prospect ne respectant pas un recul minimal de 3 mètres ;

- le projet qu'il autorise ne prévoit pas et ce sans justification, le

raccordement au réseau public d'évacuation des eaux pluviales et d'autre part, en ce qu'il

méconnaît les dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, la SAS Bonaque, représentée par Me Boillot, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à l'application de l'article L. 600-5 ou l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce que soit mise à la charge de M. et Mme C une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le moyen tiré de l'absence de plan de division est inopérant ;

- les autres moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2022, la commune de Mauguio, représentée par la SCP CGCB, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme C une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors d'une part, que les requérants doivent apporter la preuve de l'accomplissement des formatés prescrites à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme à la fois pour leur recours gracieux formé le 11 mars 2022 et pour leur requête tant auprès de la société pétitionnaire que d'elle-même ; d'autre part, les requérants ne démontrent pas leur intérêt à agir contre le permis de construire attaqué ;

- le moyen tiré de l'absence du plan de division est inopérant ;

- les autres moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées le 6 janvier 2023, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité, en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, des moyens nouveaux soulevés par les requérants dans le cadre de leur mémoire enregistré le 7 octobre 2022 tirés, d'une part, de l'incomplétude du dossier en l'absence de plans présentant un raccordement au réseau pluvial et d'autre part de la méconnaissance des règles de prospect par l'implantation du bâtiment principal.

Par un mémoire enregistré le 9 janvier 2023, M. et Mme C, représentés par Me Lucas, ont présenté des observations qui ont été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pastor, première conseillère,

- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,

- les observations de Me Lucas, représentant M. et Mme C, celles de Me Gilliocq, représentant la commune de Mauguio et celles de Me Chavrier, représentant la SAS Bonaque.

Une note en délibéré présentée pour la commune de Maugio-Carnon a été enregistrée le 12 janvier 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Le 15 novembre 2021 la SAS Bonaque a déposé une demande de permis de construire en mairie de Mauguio à l'effet de réaliser un collectif de 4 logements sur la parcelle cadastrée section CL n° 247 B située au 182 avenue du 8 mai 1945. Par arrêté du 17 février 2022, le maire de Mauguio lui a délivré le permis de construire sollicité. Par la présente requête, M. et Mme C sollicitent l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

S'agissant de l'incomplétude du dossier de permis :

2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

3. En premier lieu, aux termes de l'article R 431-16 du code de l'urbanisme :" j) L'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation et, pour les projets soumis aux dispositions de l'article R. 122-2 1 du même code, l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie réalisée en application de l'article R. 122-24-2 de ce code, ou, lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées aux articles R. 172-11 et R. 172-12 de ce code, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 122-22 de ce code, et pour les projets concernés par l'article R. 122-2 ou l'article R. 122-3 du même code, la réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnements en énergie, en application de l'article R. 122-23 dudit code " . Il ressort des pièces du dossier, en tout état de cause, que l'attestation de prise en compte de la réglementation thermique jointe au dossier de demande, était la seule qui, à la date de la demande, pouvait être exigée. Le moyen tiré de la méconnaissance du j) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme doit être écarté.

4. En deuxième lieu, si les requérants font valoir qu'aucun plan de division n'a été joint en méconnaissance de l'article R 431-24 du code de l'urbanisme, il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire a été, préalablement au permis de construire sollicité et obtenu, destinataire d'un arrêté en date du 28 octobre 2021 l'autorisant à procéder à une division parcellaire de la parcelle cadastrée section CL n° 247, désormais cadastrée section CL n° 247 A et 247 B. Dans ces conditions, l'arrêté en litige ne constitue pas un permis valant division de sorte qu'aucun plan de division n'avait à être joint.

5. En troisième lieu, si les requérants font valoir que l'extrait cadastral produit, faisant apparaitre de manière approximative le découpage de la parcelle cadastrée section CL n° 247 par un tracé à main levée, serait incompatible avec le plan de masse du projet, il ressort des pièces du dossier, en tout état de cause, que le plan cadastral précise la division foncière opérée et le plan de masse les limites parcellaires issues du redécoupage cadastral conformément au plan de division de la déclaration préalable du 28 octobre 2021.

6. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le service instructeur n'ait pas été mis en mesure de s'assurer d'une largeur suffisante de la voie pour le passage des véhicules de quatre logements sur toute la longueur de la desserte.

7. Enfin, aux termes de l'article R 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. (..) Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. ".

8. Les requérants soutiennent que " les plans du permis ne présentent pas de raccordement au réseau pluvial alors qu'il n'est pas démontré que ce raccordement soit impossible avec une pompe de relevage ". Il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice descriptive qu'elle précise dans sa partie " desserte pas les réseaux " que " les réseaux seront sous terrain et chemineront depuis le bâtiment jusqu'à l'avenue du 8 mai 1945 en passant par le chemin d'accès " et que l'autorisation d'urbanisme en litige fait l'objet de prescriptions particulières et très détaillées s'agissant de la gestion des eaux pluviales.

9. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 8, que le moyen tiré de l'incomplétude ou insuffisance du dossier de permis doit, en toutes ses branches, être écarté.

S'agissant des autres moyens :

10. En premier lieu, aux termes de l'article 3 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de Mauguio, article intitulé " Accès et voirie " auquel renvoie l'article UD 3 de ce règlement : " () Dans les zones urbaines et à urbaniser du PLU, la largeur minimale des accès aux terrains (chaussée + accotements) est fixée à : () / 4 mètres pour desservir une ou plusieurs constructions de surface de plancher totale inférieure à 300 m² () ". Pour l'application de ces dispositions relatives aux caractéristiques des accès et en l'absence de précision contraire dans le règlement du plan local d'urbanisme de Mauguio, l'accès doit s'entendre du seul débouché sur une voie publique ou privée, ouverte à la circulation, du terrain d'assiette du projet ou, le cas échéant, du passage aménagé sur un fonds voisin permettant de relier ce terrain à une telle voie de desserte.

11. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section CL n° 247 B est desservie par l'avenue du 8 mai 1945 et présente un accès direct depuis cette voie de desserte. Ensuite, le projet prévoit la réalisation d'une voie interne pour accéder à la construction. Les requérants ne peuvent utilement faire valoir que cette voie interne méconnaitrait les dispositions de l'article UD3 relatives aux accès en ce qu'elle présenterait une largeur inférieure à quatre mètres à certains endroits en raison d'un décroché. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le projet d'une surface de plancher totale de 252,20 m², présente un accès conforme de 6,38 mètres. Le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions relatives à la largeur des accès fixées par l'article 3 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de Mauguio ne peut qu'être écarté.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article 7 de la zone UD dans laquelle s'insère le projet de construction : " La distance horizontale de tout point d'une façade ne joignant pas la limite séparative au point le plus proche de cette limite doit être au moins égale à la moitié de la différence de niveau entre ces deux points (L = H/2) sans pouvoir être inférieure à 3 mètres. Toutefois, une construction joignant la limite séparative peut être autorisée dans l'un des cas suivants :- lorsque la hauteur totale de la construction édifiée au droit de la limite séparative n'excède pas 4 mètres et lorsque la longueur mitoyenne totale calculée pour l'ensemble des constructions édifiées en limite séparative n'excède pas 8 mètres ;- lorsque la construction est adossée à une construction existante, de valeur ou en bon état et de

hauteur sensiblement égale, sur le fond voisin ; - lorsque la construction entre dans le cadre d'une opération d'ensemble ou d'un lotissement, à l'exception des limites du terrain sur lequel est réalisée l'opération où seuls peuvent s'appliquer les deux cas précédents ". Les dispositions générales applicables à l'ensemble des zones donnent, pour la règle d'implantation par rapport aux limites séparatives, une définition des constructions annexes sur lesquelles peuvent s'appliquer des dispositions particulières. En particulier il précise que les constructions annexes sont définies comme les dépendances non habitables d'une habitation qui ne créent pas de surface de plancher nouvelle. Et le règlement du plan local d'urbanisme précise qu'en cas de contrariété de règle, il est fait application de la règle la plus stricte.

13. D'une part, les requérants soutiennent que l'interprétation de ces dispositions combinées implique que seules les constructions annexes présentant un linéaire et une hauteur maximale peuvent être implantées en limite séparative de sorte que le projet litigieux qui prévoit la réalisation d'une pièce de vie en limite séparative les méconnaitrait. Toutefois, il résulte de l'article UD7 que ce dernier ne fait aucune référence aux constructions annexes, alors que le règlement du plan local d'urbanisme prévoit s'agissant de la zone UC une règlementation particulière des constructions annexes en limite séparative. Ainsi, les dispositions générales définissant les constructions annexes pour la règle d'implantation en limite séparative n'ont pour objet que de préciser la définition de telles constructions dans la zone UC. Par suite, alors qu'il ressort des pièces du dossier que la construction érigée en limite séparative, dont il importe peu qu'elle soit une dépendance habitable du projet, ne dépasse pas 4 mètres de hauteur et respecte le linéaire de 8 mètres maximal autorisé. Dans ces conditions, l'arrêté ne peut être regardé comme méconnaissant les règles d'implantation par rapport aux limites séparatives fixées par le règlement du plan local d'urbanisme de Mauguio.

14. D'autre part, les requérants font valoir que le projet ne respecte pas la marge de recul de 3 mètres au droit de la parcelle cadastrée section CL n° 248. En particulier ils se prévalent de ce que la mention de 3,02 mètres portée sur le plan de masse est erronée en ce que la société pétitionnaire a inclus dans cette bande la largeur du mur dont ils établissent être les seuls propriétaires. Toutefois, alors que le dossier de permis est déclaratif, et que le plan de bornage ne permet pas avec certitude d'établir que la société pétitionnaire aurait inclus la largeur de ce mur, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD3 doit être écarté.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Mauguio : " Par leur aspect et leur volume, les constructions et autres modes d'occupation du sol ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, au site et au paysage urbain, ni à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

16. D'une part, les dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Mauguio ont un objet analogue à celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres que celles résultant de ce dernier article. Dès lors, c'est par rapport à ces dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de l'arrêté contesté.

17. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le quartier dans lequel s'insère le projet de la SAS Bonaque est composé de maisons traditionnelles de lotissement et de petits immeubles collectifs résidentiels, qui sont dépourvus de caractéristiques architecturales particulières dont il conviendrait de préserver l'harmonie. En outre, le projet qui présente un volume similaire à l'existant, une architecture également similaire, par une toiture à double pente, et une faible emprise, n'est pas de nature à porter atteinte aux lieux avoisinants, au site et au paysage urbaine. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis qu'il conteste méconnaitrait les dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme et l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

18. En quatrième lieu, aux termes de l'article UD 13 relatif aux espaces libres et plantations le règlement du plan local d'urbanisme prévoit que " Les espaces libres doivent représenter au minimum 50 % du terrain d'assiette support de

l'opération dont 40 % d'espaces verts en pleine terre. " . Les dispositions générales du règlement prévoient en toute zone que " Les espaces libres correspondent à la superficie du terrain non occupée par les constructions. Au sein des espaces libres, le règlement distingue :- les espaces verts en pleine terre qui correspondent aux espaces verts plantés et aux

jardins,- les autres espaces libres (terrasses et dallages de plain-pied non significativement

surélevée par rapport au terrain naturel, chemins d'accès perméables ou non,

stationnements non couverts). " et précise que " les superficies à prendre en compte pour le calcul des espaces verts et plantations sont basées sur la surface totale du terrain d'assiette de l'opération ".

19. Les requérants soutiennent que les dispositions précitées étant contradictoires, les 40 % des espaces libres doivent, selon l'application de la règle la plus stricte, s'apprécier sur la totalité du terrain d'assiette du projet de sorte que les 153.4 m² d'espaces verts prévus ne sont pas suffisants et ainsi non conformes au règlement.

20. Toutefois, il résulte des dispositions tant spécifiques applicables à la zone UD que celles générales que les espaces verts et plantations font partie des espaces libres de sorte qu'il n'existe aucune contradiction entre ces dispositions. La seule référence au terrain d'assiette pour apprécier la superficie des espaces verts ne peut être entendue comme excluant le raisonnement en deux temps fixé par l'article UD 13, à savoir 50 % du terrain d'assiette comprenant des espaces libres et dans un deuxième temps, toujours par référence, cette fois indirecte, au terrain d'assiette du projet, 40 % de ces 50 % en espaces verts. Par suite, le terrain d'assiette du projet étant de 545 m², en prévoyant 369 m² d'espaces libres dont 153.4 m² d'espaces verts, le projet de construction doit être regardé comme conforme aux dispositions précitées. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 13 doit, ainsi, être écarté.

21. Enfin, l'article 4 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme prévoient que lorsque, comme c'est le cas en l'espèce, existe un réseau public d'eaux pluviales, les aménagements réalisés doivent permettre et garantir l'écoulement des eaux pluviales dans ce réseau sans générer d'apports dont l'importance serait incompatible avec la capacité de l'émissaire. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice du projet que la société pétitionnaire a prévu de compenser l'imperméabilisation que son projet génère par la création de deux puisards de 10,5 m3. Si les requérants font état de ce que les puisards ne répondent pas techniquement à la volonté affiché de la société pétitionnaire de compenser à hauteur de 120 l/m² l'artificialisation générée par le projet, il ressort des pièces du dossier que la communauté d'agglomération du Pays de l'Or gestionnaire du réseau, a donné un avis favorable le 31 décembre 2021 au projet tel que décrit dans la demande sous réserve de préciser la structure des puisards et qu'elle soit contactée avant tout commencement des travaux des puits d'infiltration afin d'assurer le suivi et valider la conformité de l'installation en fin de chantier. Elle a notamment relevé que " par la compensation mise en place, le projet ne sera pas de nature à aggraver les débits d'apports vers le réseau pluvial du domaine public ". Le permis de construire a, d'ailleurs, été délivré sous prescriptions expresses de respecter les préconisations et réserves détaillés dans l'avis du gestionnaire de réseau. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaitrait les dispositions précitées de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme applicable en toutes zones.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 17 février 2022 par lequel le maire de la commune de Mauguio a délivré à la SAS Bonaque un permis de construire pour la réalisation d'un bâtiment comprenant quatre logements sur un terrain situé au 182 avenue du 8 mai 1945.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mauguio, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme demandée par M. et Mme C au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des requérants une somme de 1 000 euros à verser tant à la commune de Mauguio qu'à la SAS Bonaque sur ce même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : M. et Mme C verseront la somme de 1 000 euros à la commune de de Mauguio au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : M. et Mme C verseront la somme de 1 000 euros à la SAS Bonaque au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A et Mme D C, à la commune de Mauguio et à la SAS Bonaque.

Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lison Rigaud, présidente,

Mme Isabelle Pastor, première conseillère,

M. François Goursaud, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.

La rapporteure

I. Pastor La présidente,

L. Rigaud

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 26 janvier 2023

Le greffier,

M. B.

2

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