jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201923 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RAYBAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 15 avril 2022, 18 juillet 2022 et 16 septembre 2022, Mme A et M. D B, représentés par Me Raybaud, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Colombières-sur-Orb a délivré à la SARL Viva Villa - Aclis Promotion un permis de construire un ensemble immobilier composé de six logements individuels à caractère social sur la parcelle cadastrée section B 602 située lieu-dit " La Lye ", ainsi que la décision du 14 février 2022 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Colombières-sur-Orb et de la SARL Viva Villa - Aclis Promotion une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- le dossier de demande est incomplet faute de comporter, en application des dispositions de l'article 431-24 du code de l'urbanisme, un projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs et un plan de division ;
- il n'est pas établi que le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) aurait été régulièrement consulté ;
- le permis attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme et celles de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le terrain d'assiette ne bénéficie d'aucun accès à la route départementale 908, que la largeur de l'accès et de la desserte n'est pas adapté à l'importance des constructions envisagées alors en outre que l'accès existant présente un risque pour la sécurité de la circulation compte tenu du manque de visibilité ;
- il méconnaît les prescriptions du guide technique relatif à l'accessibilité des véhicules de secours et du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie (RDDECI) au regard de la distance le séparant de la borne incendie la plus proche et en l'absence d'aire de retournement ;
- il n'est pas établi que le projet respecte les dispositions de l'article U4 relatives aux eaux pluviales ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et celles de l'article U10 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'aspect extérieur des constructions et leurs abords ;
- le nombre de places de stationnement prévu est insuffisant au regard de l'article U11 de ce règlement ;
- le projet méconnait les dispositions de son article U12 relatives aux espaces libres et plantations.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 mai 2022, 27 juillet 2022, 4 août 2022 et 5 septembre 2022,, la commune de Colombières-sur-Orb, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 572 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir contre le permis contesté ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 31 mai 2022 et 25 août 2022, la SARL Viva Villa - Aclis Promotion conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit fait application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, faute pour M. et Mme B de justifier d'un intérêt à agir contre le permis contesté et de la notification de leur recours gracieux au bénéficiaire du permis dans le délai imparti par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- les observations de Me Dherot, représentant M. et Mme B, celles de Me Liégeois, représentant la SARL Viva Villa - Aclis Promotion, et celles du maire de la commune de Colombières-sur-Orb.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 2 novembre 2021, le maire de la commune de Colombières-sur-Orb a délivré à la SARL Viva Villa - Aclis Promotion un permis de construire un ensemble immobilier composé de six logements individuels à caractère social sur la parcelle cadastrée section B 602 située lieu-dit " La Lye ". M. et Mme B demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté et de la décision du 14 février 2022 rejetant leur recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction. Les fins de non-recevoir opposées en défense doivent donc être écartées.
4. Il ressort des pièces du dossier que les requérants sont propriétaires d'une maison d'habitation située sur la parcelle 576 contiguë au terrain d'assiette du projet et se prévalent de troubles dans leur cadre de vie compte tenu de la construction de deux bâtiments en R+1 en lieu et place d'un ensemble foncier non bâti comportant un vaste couvert boisé. Dans ces conditions, ils justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir.
5. En second lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme: " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un () permis de construire (), le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours () ". En application desdites dispositions, il appartient à l'auteur d'un recours tendant à l'annulation d'un permis de construire d'adresser au greffe de la juridiction copie du certificat de dépôt de la lettre recommandée par laquelle il a adressé copie de son recours à l'auteur de la décision contestée et au titulaire de l'autorisation.
6. Si la SARL Viva Villa - Aclis Promotion soutient que les requérants ne lui ont pas, contrairement aux exigences sus rappelées, régulièrement notifié copie de leur recours, il résulte toutefois de l'article R. 424-15 du même code que : " Mention du permis explicite ou tacite () doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis () ". En conséquence de ces dispositions, l'irrecevabilité tirée de l'absence d'accomplissement des formalités de notification prescrites par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne peut être opposée qu'à la condition que l'obligation de procéder à cette notification ait été mentionnée dans l'affichage sur le terrain du permis de construire.
7. Il ressort du procès-verbal de constat d'huissier dressé le 12 avril 2022 et versé au débat par les requérants que le panneau d'affichage situé sur le terrain d'assiette comportait une mention des délais de recours illisible et il ne ressort pas de la photographie jointe que ce panneau aurait mentionné l'obligation de notification sus-évoquée. Il s'ensuit que la société pétitionnaire ne peut utilement se prévaloir de ce qu'elle n'a pas été rendue destinataire du recours gracieux formé le 29 décembre 2021 contre le permis de construire en litige. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier et notamment de l'historique du courrier recommandé n° 1A17413387635 adressé par M. et Mme B à la SARL Viva Villa - Aclis Promotion que celui-ci a été déposé aux services postaux le 30 décembre 2021 et distribué le lendemain dans le délai de quinze jours francs prévu par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la SARL Viva Villa - Aclis Promotion ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
8. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés ".
9. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de division annexé au dossier de demande de permis de construire et de la rubrique 5.2 du formulaire Cerfa, que le pétitionnaire a demandé un permis valant division au sens de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme. Il ressort de ce plan de division que le projet, s'il prévoit la division en propriété du terrain en trois lots A, B et C, dont les deux lots B et C non bâtis demeureront la propriété de la commune, il ne prévoit toutefois aucune création de voie commune, mais uniquement une servitude de passage consentie par la commune sur le lot C au profit des bâtiments projetés. En outre, il ressort du plan de masse que l'aire de stationnement créée constitue un aménagement propre au lot A accueillant le projet de sorte qu'elle ne saurait être qualifiée d'espace commun. Par suite, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de l'absence de projet de constitution d'une association syndicale chargée de la gestion et de l'entretien des espaces communs.
10. En deuxième lieu, il résulte des articles R. 423-50 et suivants du code de l'urbanisme que le maire de Colombières-sur-Orb n'était pas tenu de consulter le service départemental d'incendie et de secours (SDIS), dès lors que le permis de construire ne porte pas sur la construction d'un immeuble de grande hauteur, d'un établissement recevant du public ou d'une installation classée pour la protection de l'environnement. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de production de cet avis est inopérant, alors, en tout état de cause, que la commune a versé au débat ledit avis.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie () ". Selon l'article R. 111-1 du même code : " les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu. ". Il est constant que la commune de Colombières-sur-Orb dispose d'un plan local d'urbanisme. Dès lors, M. et Mme B ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme de Colombières-sur-Orb : " Accès / Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisins. / Dans tous les cas, les caractéristiques des accès doivent répondre à l'importance et à la destination de l'immeuble ou ensemble d'immeubles à desservir, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficiles la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / L'autorisation d'utilisation du sol peut être subordonnée à la réalisation d'aménagements particuliers concernant les accès en tenant compte de l'intensité de la circulation et de la sécurité publique. Hors agglomération, les nouveaux accès sur les routes départementales sont interdits, sauf autorisation à solliciter auprès de l'administration départementale. / Voies de desserte / Les caractéristiques des voies de desserte doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte, défense contre l'incendie, de protection civile, brancardage, ramassage des ordures ménagères, et des objets encombrants etc. / Les voies se terminant en impasse doivent être aménagées dans la partie terminale de façon à permettre aux véhicules de faire demi-tour sans marche arrière. ".
13. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'accès au terrain d'assiette du projet doit se faire par un chemin situé sur les parcelles B 600 et B 604 appartenant à la commune et pour lequel le pétitionnaire a indiqué sur le plan de division bénéficier d'une servitude de passage. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le terrain d'assise du projet en litige serait enclavé.
14. D'autre part, la conformité d'un immeuble aux prescriptions de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme s'apprécie non par rapport à l'état initial de la voie mais en tenant compte des prévisions inscrites dans le plan local d'urbanisme à l'égard de celle-ci et des circonstances de droit et de fait déterminantes pour leur réalisation qui doit être certaine dans son principe comme dans son échéance de réalisation.
15. Les requérants soutiennent que l'étroitesse et la déclivité de la voie qui dessert le projet de construction ne permettent pas de répondre à la circulation générée par celui-ci et sont insuffisantes pour assurer la sortie sécurisée des véhicules sur la route départementale 908, en l'absence de visibilité suffisante. Il ressort en effet des pièces du dossier, notamment des mentions figurant sur le procès-verbal de constat d'huissier, que cette voie en pente présente à son débouché sur la route départementale une largeur de 3,15 mètres puis une largeur de 3,70 mètres sur une dizaine de mètres avant de s'élargir à nouveau, ne permettant ainsi pas le croisement de deux véhicules de gabarit moyen sur la première fraction de la desserte. S'il ressort du plan de masse qu'est prévu un élargissement de l'accès existant avec la création d'un espace d'attente de 9,81 mètres permettant aux usagers souhaitant entrer, le cas échéant, d'attendre la sortie d'un véhicule avant de s'y engager, la réalisation de ce projet d'élargissement ne peut être regardée comme certaine dans son échéance en l'absence de démonstration des démarches initiées par la commune en vue de mettre en œuvre cette prévision, laquelle se contente de faire état dans ses écritures d'un " avant-projet " de réaménagement de la traversée de son territoire par le département de l'Hérault " en cours de chiffrage ". En outre, la voie d'accès existante est pentue et présente un débouché à angle droit sur la voie publique, avec une visibilité réduite, faisant courir un risque pour les visiteurs ainsi que pour les usagers de la voie. Dans ces conditions, et nonobstant l'ampleur limitée du projet qui porte sur la création de six logements et onze places de stationnement, les requérants sont fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme. En revanche, il ressort du plan de masse que la partie terminale de la voie d'accès permettra au niveau de l'aire de stationnement aux véhicules de faire demi-tour sans marche arrière.
16. En cinquième lieu, si M. et Mme B soutiennent que l'absence d'aire de retournement matérialisée sur les plans de la voie en impasse permettant d'accéder au terrain d'assiette du projet, ainsi que l'absence alléguée de point d'eau incendie en capacité suffisante situé à moins de 200 mètres de l'entrée principale de chaque bâtiment à édifier, constituent une méconnaissance du guide technique relatif à l'accessibilité des véhicules incendie et de secours du SDIS de l'Hérault et du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie (RDDECI) de l'Hérault, ces documents, dont le premier et par ailleurs dépourvu de toute valeur normative, relèvent cependant d'une législation distincte de celle de l'urbanisme, et ne sont pas directement opposables aux demandes de permis de construire. Le moyen tiré de leur méconnaissance ne peut donc qu'être écarté.
17. En sixième lieu, aux termes de l'article U4 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Eaux pluviales / Lorsqu'il existe un réseau collectif spécifique apte à recueillir les eaux pluviales, les aménagements sur le terrain doivent garantir leurs évacuations dans ledit réseau. / En l'absence de réseau collectif, des mesures de précaution propres à éviter l'aggravation de l'écoulement sur les fonds voisins et sur les équipements publics sont à prendre. Elles doivent être infiltrées sur l'unité foncière. () ".
18. Il ressort de la notice explicative jointe au dossier de demande que " les eaux pluviales des toitures seront récoltées et dirigées vers le réseau urbain existant en bordure de l'avenue du Martinet " tandis que le permis litigieux reprend à son article 2 les prescriptions émises par l'Agence technique du Haut-Languedoc sans son avis favorable du 9 septembre 2021, à savoir que " les eaux pluviales devront faire l'objet de mesures spécifiques soit par infiltration dans le sol, soit de rejet dans le milieu hydraulique superficiel ou dans le réseau pluvial de collecte ". Par suite, faute de démontrer l'inadéquation du dispositif de raccordement au réseau pluvial de collecte existant à l'opération projetée, les requérants, à qui incombe la charge de la preuve, ne sont pas fondés à soutenir que ces dispositions ont été méconnues.
19. En septième lieu, aux termes de l'article U10 du même règlement, relatif à l'aspect extérieur des constructions et aménagements de leurs abords : " Les projets de constructions neuves, d'extensions ou de réhabilitations devront s'inspirer des recommandations contenues dans le Cahier de préconisations architecturales () joints en annexe. / Principes généraux / Par leur aspect extérieur (architecture, volumes, proportion des ouvertures, matériaux, teintes, adaptation au sol), les constructions et autres modes d'occupation du sol ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites et paysages. () Des constructions ou extensions de constructions d'expression contemporaines peuvent être admises sous réserve d'être en cohérence avec les typologies architecturales vernaculaires. () Ouvertures / () Les caissons de volets roulants doivent être intégrés aux ouvertures et s'harmoniser avec l'aspect et la couleur des encadrements. Les ouvertures doivent être plus hautes que larges () / Clôtures / () En limites séparatives, les clôtures ne pourront pas dépasser une hauteur totale de 2 mètres et seront composées : - soit d'un mur bahut d'une hauteur maximale de 1 mètre, éventuellement surmonté d'une clôture ajourée ou d'une haie végétale ; - soit d'une haie végétale composées d'essences locales, éventuellement doublée d'un grillage. (.) / Ordures ménagères / Les occupations et utilisations du dol doivent prévoir les aménagements nécessaires à la collecte des déchets urbains. / Dans le cas d'opérations d'ensemble, un abri réservé au stockage des containers d'ordures ménagères ainsi qu'une aire de présentation de ces containers peuvent être exigés. () ".
20. Les dispositions précitées de l'article U10 du règlement du plan local d'urbanisme ont le même objet que celles, également invoquées par les requérants, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Il s'ensuit que c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
21. D'une part, pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions précitées, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
22. Il ressort des photographies versées aux débats que le terrain d'assiette du projet est implanté en retrait de la route départementale, en seconde ligne par rapport aux constructions existantes, composées de maisons d'habitation en pierres et de hauteurs variées. Il ressort de ces éléments que ce secteur, s'il présente une forme d'homogénéité, ne présente pas d'intérêt architectural particulier. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux consiste en la création de deux bâtiments en R+1 dont les façades présentent des ouvertures plus hautes que larges, une volumétrie simple et une toiture à deux pentes en tuiles canal comme les constructions alentours. Les requérants ne sauraient utilement se prévaloir de la typologie architecturale du bâti existant sur le Haut-Languedoc figurant dans le cahier des préconisations architecturales en dépit du renvoi effectué par le règlement du plan, ce cahier n'ayant pas de valeur réglementaire. En tout état de cause, les deux bâtiments créés se rapprochent de la typologie architecturale d'un immeuble de rapport contenue dans ce document. Ainsi les constructions projetées, qui emprunte des codes architecturaux similaires aux constructions avoisinantes, ne sont pas de nature à rompre l'harmonie architecturale des lieux avoisinants.
23. D'autre part, et contrairement à ce que font valoir les requérants, il ressort de la notice descriptive et des plans du dossier de demande que les caissons de volets roulants sont intégrés aux ouvertures. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la collecte des déchets au droit du projet nécessiterait un aménagement particulier. Dans ces conditions, l'absence d'aménagement spécifique pour la collecte des déchets ne saurait caractériser une méconnaissance des dispositions précitées.
24. Enfin, il ressort des pièces que la notice descriptive indique que " les clôtures en limite séparatives à créer, seront constituées d'une clôture en grillage rigide d'une hauteur d'1,80 mètre, doublée d'une haie végétale à des endroits judicieusement choisis " et renvoie au plan de masse du projet, lequel fait bien apparaitre lesdites haies, à l'exception toutefois des limites séparatives Nord et Est. Si le pétitionnaire n'était pas tenu de prévoir la mise en place d'une haie végétale en limite Est du terrain qui borde un chemin séparant le terrain d'assiette des parcelles 556, 654, 559 et 560 qu'il dessert, en revanche il ressort du plan de masse que la haie implantée en limite séparative avec la parcelle 576 ne se poursuit pas sur l'ensemble du linéaire de cette limite. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que les dispositions précitées de l'article U10 sont méconnues en tant que la limite séparative avec la parcelle 576 n'est pas entièrement close par une haie végétale.
25. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U10 du règlement du plan local d'urbanisme doit être accueilli seulement au regard de la méconnaissance des dispositions particulières relatives aux clôtures.
26. En huitième lieu, aux termes de l'article U11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans le secteur Ub uniquement il est exigé : - pour les constructions et aménagements à usage d'habitation, deux places de stationnement par unité de logement ; () ". Aux termes de l'article L. 151-35 du code de l'urbanisme : " Il ne peut, nonobstant toute disposition du plan local d'urbanisme, être exigé pour les constructions destinées à l'habitation mentionnées aux 1° à 3° de l'article L.151- 34 la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement. ". Le 1° de l'article L. 151-34 vise les logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat tandis que le 1° bis de ce même article vise les logements locatifs intermédiaires mentionnés à l'article L. 302-16 du code de la construction et de l'habitation.
27. Il résulte des dispositions de l'article L. 151-35 du code de l'urbanisme citées ci-dessus qu'en dépit des règles de stationnement fixées par l'article U11 du règlement du plan local d'urbanisme de Colombières-sur-Orb, il ne saurait être exigé plus d'une place de stationnement pour chacun des six logements locatifs sociaux que comporte le projet. Dans ces conditions, et alors que le projet comporte onze places de stationnement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U11 doit être écarté.
28. En neuvième lieu, aux termes de l'article U12 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif aux espaces libres et plantations : " () Les plantations existantes à hautes tiges doivent être maintenues ou remplacées par des plantations équivalentes d'espèce indigènes. En outre, les constructions réalisées sur des unités foncières arborées doivent être conçues pour assurer la meilleure préservation possible des spécimens de qualité. ".
29. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet comporte une quinzaine d'arbres de hautes tiges destinés à être supprimés tandis que la notice descriptive indique que " les plantations existantes à hautes tiges seront maintenues lorsque cela est possible ou remplacées par des plantations choisies dans le guide végétal annexé au règlement d'urbanisme ". Le plan de masse localise par ailleurs la plantation de seize nouveaux spécimens correspondant à des arbres et non des arbustes d'après la légende de ce plan. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
30. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B sont seulement fondés à soutenir que l'arrêté du 2 novembre 2021 du maire de Colombières-sur-Orb méconnaît les dispositions des articles U3 et U10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
Sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
31. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. () ".
32. Il résulte de l'instruction que les vices retenus aux points 15 et 24, tirés de la méconnaissance des dispositions des articles U3 et U10 du règlement du plan local d'urbanisme, sont susceptibles d'être régularisés dès lors que la régularisation n'implique pas d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et d'impartir à la SARL Viva Villa - Aclis Promotion un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement afin de produire la mesure de régularisation nécessaire.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de M. et Mme B, jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois, afin de permettre la régularisation des vices mentionnés au point 32 du présent jugement.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et M. D B, à la SARL Viva Villa - Aclis Promotion et à la commune de Colombières-sur-Orb.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Sophie Crampe, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 novembre 2022,
La greffière,
M. C00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026