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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2202023

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2202023

lundi 4 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2202023
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème chambre
Avocat requérantABDOULOUSSEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 février 2022, M. B A, représenté par Me Abdouloussen, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour à compter de la notification du jugement à intervenir, et ce, sous astreinte de cent euros par jours de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer sa situation

dans un délai de deux mois, et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ce versement emportant renonciation de son conseil à la rétribution obtenue au titre de la mission d'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l'arrêté :

- le signataire ne disposait pas d'une délégation de signature régulière, publiée et antérieure aux décisions en litige ;

Sur le refus de titre de séjour :

- il est insuffisamment motivé au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il est entaché d'une erreur dans l'application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- pour les mêmes motifs, il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision lui accordant un délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mai 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C ;

- et les observations de Me Abdouloussen, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant djiboutien, né en 1989, est entré en France, le 1er octobre 2013, muni d'un passeport revêtu d'un visa D valant titre de séjour afin de poursuivre des études puis a obtenu un titre de séjour portant la mention " étudiant " renouvelé jusqu'au 22 septembre 2017. Le 8 septembre 2017, il a invoqué son état de santé et a obtenu, sur ce fondement, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " pour la période du 14 mai 2018 au 13 mai 2019, renouvelée jusqu'au 13 mai 2020. Il conteste l'arrêté du 19 janvier 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler ce dernier titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Par un arrêté n° 2021-I-809 du 19 juillet 2021, régulièrement publié au recueil spécial n° 106 des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de l'Hérault a donné délégation à M. Thierry Laurent, secrétaire général de la préfecture de l'Hérault et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département sous réserve de certaines exceptions dont ne relève pas l'arrêté contesté. Le second alinéa de l'article 1er de l'arrêté du 19 juillet 2021 précise en outre que cette délégation comprend les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrête en litige ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens de la requête :

S'agissant du refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Selon l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

4. L'arrêté contesté vise notamment les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquels le préfet de l'Hérault s'est fondé et l'avis émis le 25 mars 2021 par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Il mentionne de façon circonstanciée la situation de M. A quant à la date et aux conditions de son entrée en France, à son état de santé et à sa situation. Le préfet, qui n'était pas tenu de faire état de manière détaillée de l'ensemble des circonstances caractérisant la situation de l'intéressé, analyse, par ailleurs, l'atteinte portée à sa vie privée et familiale en relevant qu'il est célibataire et sans charge de famille et qu'il ne démontre pas l'impossibilité de regagner son pays d'origine. Il relève par ailleurs que l'intéressé n'établit pas qu'il serait exposé à des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans l'hypothèse d'un retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige serait insuffisamment motivé au regard des dispositions citées au point précédent doit être écarté. En outre, contrairement à ce qui est soutenu, il ressort de cette motivation que le préfet de l'Hérault s'est bien livré à un examen approfondi de la situation personnelle de l'intéressé.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit s'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".

6. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires, doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un accès effectif au traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

7. Pour prendre sa décision refusant l'admission au séjour en France de M. A, le préfet de l'Hérault s'est notamment fondé sur l'avis émis le 25 mars 2021 par lequel le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, il pourrait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Si M. A fait valoir qu'il est atteint de la maladie de Basedow ayant nécessité une thyroïdectomie totale, réalisée le 4 février 2016, avec orbitopathie associée sévère et inflammatoire, en se bornant à produire différentes pièces médicales qui attestent de la réalité de ces affections, détaillent les traitements qui lui sont administrés et confirment la nécessité d'un suivi médical régulier et soutenu, il ne remet pas utilement en cause l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII suivant lequel il pourra effectivement bénéficier à Djibouti des traitements requis par son état, la seule production d'un article de presse sur le dispositif de santé dans ce pays, rédigé dans des termes très généraux plusieurs années auparavant, se révélant insuffisante à cette fin. En outre, le compte rendu opératoire d'une mullerectomie ou chirurgie correctrice de la paupière subie dans le cadre d'une hospitalisation ambulatoire, le 4 avril 2022, postérieurement à l'arrêté contesté, ne saurait établir qu'un traitement en cours ne pourrait être poursuivi dans le pays dont il a la nationalité. Dans ces conditions, il ne saurait être fait grief au préfet de l'Hérault, en refusant d'accorder à l'intéressé un titre de séjour, d'avoir méconnu les dispositions susmentionnées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ". Selon l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger, qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. M. A est entré en France afin d'y poursuivre ses études et a obtenu du 28 novembre 2014 jusqu'au mois de septembre 2017, le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", statut qui ne lui donnait pas vocation à y résider durablement. En outre, s'il s'est vu délivrer, au regard de son état de santé, un titre de séjour " vie privée et familiale " pour la période du 14 mai 2018 au 13 mai 2020, il est célibataire et sans enfant et n'établit pas qu'il serait isolé en cas de retour à Djibouti où il a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans. Dans ces conditions, la seule circonstance qu'il a créé une entreprise de livraison à domicile en 2018 ne suffit pas à caractériser une atteinte disproportionnée portée au droit de l'intéressé de mener une vie privée et familiale normale en France. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le refus de titre de séjour n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire :

10. D'une part, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. ().". Il résulte de ces dispositions qu'une décision portant obligation de quitter le territoire français doit être motivée. Toutefois, la motivation de cette décision se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas de mention spécifique dès lors que ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées.

11. D'autre part, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".

12. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " () Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".

14. En application des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dispose, en principe, d'un délai de trente jours pour s'y conformer. La fixation d'un tel délai par l'autorité administrative n'a pas à faire l'objet d'une motivation particulière de sa part, d'autant qu'en fixant ce délai, le préfet de police ne peut être regardé comme ayant refusé de faire droit à une demande de prolongation qui lui aurait été adressée par l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

15. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur droit de la décision fixant un délai de départ volontaire d'une durée de trente jours n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier la portée et le bien-fondé.

16. En dernier lieu, M. A, qui se borne à se prévaloir de l'existence de son suivi médical pour soutenir qu'il aurait dû bénéficier d'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours, ne justifie d'aucune circonstance particulière relative à sa situation personnelle qui justifierait une prolongation du délai de départ volontaire. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Hérault aurait, dans les circonstances de l'espèce, commis une erreur manifeste d'appréciation en n'accordant pas à M. A un délai de départ volontaire supérieur à trente jours.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

17. D'une part, il ne ressort pas des termes de l'arrêté contesté que le préfet n'aurait pas examiné les conséquences du renvoi à Djibouti sur son état de santé.

18. D'autre part, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi () ". Selon l'article 3 de cette convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

19. Il résulte des motifs qui précèdent que M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en l'absence d'accès effectif à un traitement approprié dans son pays d'origine, il encourrait des risques pour sa vie en cas de retour dans ce pays ou y serait exposé à des traitements inhumains et dégradants. Le moyen tiré de la violation des stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut ainsi qu'être écarté.

20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 janvier 2022 du préfet de l'Hérault doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions tendant à la délivrance du titre de séjour sollicité, ou au réexamen de la situation de la requérante doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, comme celles de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au bénéfice de M. A au titre des frais liés au litige.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Abdouloussen.

Délibéré à l'issue de l'audience du 20 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Besle, président,

M. Verguet, premier conseiller,

Mme Teuly-Desportes, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.

La rapporteure,

D. C

Le greffier,

S. Sangaré

Le président,

D. Besle

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Montpellier, le 5 juillet 2022,

Le greffier,

S. Sangaré

N°2202023sa

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